jour 8 - j'ai deux amis qui sont aussi mes amoureux
mes amis-amoureux je les ai comptés par dizaines
venus se glisser dans les plis de mon corps comme des ombres
à ramper en secret hors des sentiers tracés
mes amis-amoureux n'ont pas voulu mal faire
parfois même à travers la pénombre certains m'ont regardée
mais leurs mains anonymes m'ont brûlée de ce désir qui n'était pas le mien
et j'ai sombré plus d'une fois dans la torpeur des poitrines qui se taisent
c'est toujours l'histoire de l'étoile qui s'éviscère
et qui laisse son corps au bord d'une route
le souvenir hanté de la consistance de la lumière qui tombait par ta fenêtre
je suis certaine que ce jour-là tu m'as vue pleurer
mes amis-amoureux se fichent bien de si je parle ou de si je vis
d'ailleurs l'appellation d'ami est bien trop faste pour ceux
pour qui je ne crois pas n'avoir été plus qu'un bout de chair
mes amants-néants, mes poitrine vides, mes cœurs à dents
ces hommes à qui j'ai donné sans le savoir bien plus que mon temps
elle est finie depuis l'époque des amis-amoureux
et c'est une chance, une joie et un plaisir pour celle
qui n'avait jamais su se donner la parole
elle est close la saison de mon cœur qui s'ignore
je garde vos stigmates comme les coups que vous n'avez jamais osé me porter
ils traceront sur ma peau la carte des contrées où je n'errerai plus
je garde vos regards qui me transperçaient sans me voir
comme phare pour fuir l'amour fantôme que vous me promettiez