jour 23 - danser
petit à petit de tes bras tu m'apprivoises
les rêves sont doux calfeutrée contre toi
nous ondulons au rythme lent des vies tendres
une danse à notre goût, une étape à notre hauteur

seen from Russia

seen from United States
seen from China

seen from Australia
seen from Brazil
seen from United States
seen from United States
seen from Russia

seen from Malaysia

seen from Thailand

seen from Malaysia
seen from India

seen from Germany

seen from United States

seen from Malaysia
seen from Germany
seen from China
seen from Germany
seen from Hungary
seen from Germany
jour 23 - danser
petit à petit de tes bras tu m'apprivoises
les rêves sont doux calfeutrée contre toi
nous ondulons au rythme lent des vies tendres
une danse à notre goût, une étape à notre hauteur
Danser
On danse comme on veut Dans le jardin et dans la nuit Nos voix s'allument Le cercle s'ouvre
On danse comme on veut Nos bras s'élèvent vers les astres Nos pieds réveillent la terre endormie Le sol bat comme un coeur ancien
On danse comme on veut Chacun feu et chacune flamme La liberté circule Elle s'appelle d'un corps à l'autre
On danse comme on veut Et c'est une prière sans mot Une offrande ou un cadeau Quand la joie se fait tribu
/ Fabienne PASSAMENT. 2025
23. Danser
Je n'ai jamais réellement su danser - ne comptent pas les booms du collège. Quelques cours de rock. Un peu de Cha Cha Cha. Une valse éphémère. Rien de flamboyant. Ça rend toujours mieux chez les autres. Le déhanché oriental, les enchaînements de K-Pop, puis il y a moi, avec un corps désarticulé, ne sachant que faire de mes bras. Pour danser, il faut lâcher prise, se laisser porter. Chaque pas devient une phrase, chaque geste un mot secret qui ne s’écrit qu’avec le souffle. Un art de la perdition dans lequel le temps se plie, les frontières corporelles se dissolvent, une constellation mouvante où la gravité n’ose pas régner. Le cœur continue de danser bien après le silence envoûtant. Même quand tout se tait, on peut encore danser a capella juste pour soi.
La maison
Tous les enfants perdus finissent par trouver le chemin de cette maison. C’est le centre de gravité de la forêt – on a beau essayer d’avancer en ligne droite pour sortir, on ne fait que spiraler toujours plus près de cette maison-là. Enfin, pour les enfants perdus. Les adultes n’ont aucun mal à traverser les bois. C’est tout petit, en réalité. Même les chasseurs n’y trouvent aucun intérêt. Il n’y a pas le moindre champignon. On n’y croise que des promeneurs du dimanche, en famille, venus retrouver un peu de nature pour changer de leur quotidien citadin.
Pour les enfants perdus, la forêt est très différente. Plus grande. Plus sombre. Plus inquiétante. S’ils se mettent à courir, ils arrivent plus vite encore au centre. À la maison.
Non, ce n’est pas une maison en pain d’épice, ni une isba montée sur trois pattes de poule. C’est un pavillon tout ce qu’il y a de plus classique, fraichement repeint, avec un petit jardin propret, et une allée accueillante reliant la porte à un portail toujours ouvert. En pleine forêt, c’est tout. Sans trace de voiture ni de garage. Mais il y a un cheval, sur la pelouse à l’arrière de la maison, qui croque les pommes directement sur l’arbre, un grand cheval blanc. Ce serait un peu étrange, de vivre aussi loin de tout et de se déplacer à cheval, mais on vit une époque étrange et des tas de gens tentent des retours aux sources plus ou moins expérimentaux. Donc pourquoi pas.
De toute manière, après avoir erré dans les bois, avoir eu si peur et si faim, les enfants perdus ne se posent pas plus de questions. Ҫa fait des heures qu’ils ont vu que leur téléphone ne fonctionnait plus, et comment peut-on trouver des secours sans téléphone, à moins de demander à quelqu’un ? Et ils sont si soulagés de trouver une présence humaine à nouveau. Alors, ils hésitent, mais ils finissent toujours par prendre leur courage à deux mains et toquer à la porte.
L’accueil peut être différent. Parfois c’est une vieille femme souriante qui ouvre, parfois un grand homme costaud, parfois une jeune fille aux yeux perçants, parfois un autre enfant. Mais c’est toujours quelqu’un qui sait les rassurer immédiatement. Et tant mieux. Après tout, on ne devient pas un enfant perdu par hasard, en lâchant la main d’un de ses parents pendant la balade. Non, ces enfants-là ont déjà été perdus bien avant de mettre un pied dans la forêt. Perdus dans leur vie. À la recherche d’une place. À la recherche d’un sens, d’une identité qui leur correspondrait mieux que le masque qu’on leur force à arborer au quotidien. À la recherche d’eux-mêmes. À la recherche d’un abri, le temps de retrouver des forces, d’être prêt à affronter le monde.
Cette maison-là est un bon endroit pour ça.
Tous les enfants perdus finissent par repartir, tôt ou tard. Ils n’ont pas tous besoin du même temps. Certaines blessures sont longues à guérir, mais certaines révélations frappent comme la foudre. Chacun reste le temps qu’il lui faut. Ҫa ne change rien. Le chemin du retour est court, ils sont de retour dans le monde qu’ils ont quitté en un rien de temps. Un temps qui ne s’est pas écoulé pendant leur absence. Personne n’a même commencé à les chercher. Personne ne s’est rendu compte de rien.
Mais tout est différent à présent, et ils sont prêts à affronter le monde à nouveau.
le déménagement
un an après mon déménagement en cette même ville, sournoisement, ma réflexion me ramène encore à lui, à travers la gestion quotidienne que je fais de mon territoire, de mes territoires, comme si il y avait en moi une petite horloge qui voulait fêter l'anniversaire de ce changement, de ce bouleversement ; comme si il y avait en moi à jamais l'empreinte de deux territoires qui sont deux mondes totalement différents qui ne se rejoignent jamais malgré mes pas qui les fréquentent encore ; la faille
© Pierre Cressant
(jeudi 25 août 2011)
Anamorphose
Lorsque je te regarde avec les yeux d’amour, L’imposture est totale et la déformation Qui s’empare de moi en fait une question De perspective en soi et du monde alentour.
Mais tu es mon miroir et cet aller-retour Du réel eu sublime, expérience illusion Que nous faisons tous deux dans une partition Des dedans et dehors, du vide et du contour.
Où est le point de fuite ? Est-ce une vanité Que de voir et de croire en sa réalité Quand on est aveuglé par tous ces trompe-l’œil ?
Si nous sommes humains à tous les points de vue : Tout est poudre et fiction, au mieux une entrevue Jusqu’à donner du sens pour accepter le deuil.
-Fabienne PASSAMENT. 2023
23. Anamorphose
La réalité se froisse en feuillets d'hypnose. Cette beauté fatale sur cette affiche publicitaire à l'arrêt de bus, mannequin dénué de parfum, si on la capture sans maquillage, elle a les traits qui se distordent, les lignes qui se courbent. On vit au vingt-et-unième siècle du bal masqué. Subtilement déformant ce mascara. Reine du shopping ou relooking passager, on se sent vite pénétré par l'envie de ressembler aux bombasses armées de leurs peaux bien lissées. On nous promet le Graal avec un seul produit Sephora. On nous fait miroiter un corps de sirène, une taille impeccable en omettant bien sûr la retouche Photoshop indispensable. Adieu cellulite, adieu vergetures, adieu les imperfections. Des pommades toujours plus innovantes, des cache-misères toujours plus ingénieux. L'anamorphose superficielle dès l'âge de posséder une Barbie. Mais soyez fières de vos centimètres de tour de taille non conformes, de votre IMC disproportionné, de vos envies indécentes de malbouffe, de votre bidou distendu, de votre visage du matin au réveil, de vos cheveux ébouriffés et de vos cernes sculptées sous vos yeux gonflés. C'est sans doute la meilleure part de nous.
L’odeur de la vie
Juste après la pluie Monte de la terre chaude L’odeur de la vie
L’eau pleure un délai de fraude Que la planète maraude
- Fabienne PASSAMENT. 2022
Lexique : petrichor