jour 2 - en attendant l'aube
perdue dans la tourmente il y a deux ans j'écrivais
cette histoire n'est qu'une suite infinie de premières fois
à chaque mot cette impression de sauter dans le vide
à chaque prise de parole cette ascension de funambule ivre
épuisée, agacée, mon désespoir se ponctuait de colères
rien, rien ne me devenait plus facile à l'usure
on m'avait donc menti depuis toujours ?
ma seule avancée était de comprendre que je n'en mourrais pas
que ma parole n'était pas porteuse de mort
mais qu'à chaque transparence invariablement je vivrais l'estomac qui se décroche et le cœur qui déboulonne
j'en aurais attendu des aubes, des soirs, des ivresses
à prier que les mots me quittent en torrents













