Victoire Tinayre, institutrice, ouvrière lingère, membre de l’Internationale. Elle vient de rentrer dans la quarantaine quand la Commune éclate. On la retrouve aux avant-postes de la construction de la nouvelle société que la Commune aspire à mettre en place. Elle participe activement à l'invention d'un nouveau système éducatif radicalement novateur.
Gratuité, accès réel à l’éducation pour les filles, transformation des écoles privées tenues par l’Église en des écoles publiques gérées par la collectivité, nouvelles méthodes pédagogiques : tout y passe.
Victoire devient notamment inspectrice des écoles primaires du 12e arrondissement. C’est la première femme de l’histoire à être inspectrice dans l’Éducation nationale : pour ça aussi, il aura fallu attendre la Commune !
Mais quand on est #communarde, on ne compte pas ses heures. Après une journée passée à inventer une nouvelle éducation, elle participe le soir aux réunions de « l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés ». Les discussions et l’action de cette Union des femmes sont bien plus larges que ce que son nom laisse entendre : droit de vote, égalité salariale, égalité juridique, etc.. Sur le plan social, elles font partie de l’aile la plus révolutionnaire de la Commune en combattant en même temps l’exploitation salariale et l’oppression des femmes.
Dans cette Union des femmes, la composition sociale est très ouvrière et beaucoup de militantes de l’Association Internationale des Travailleurs (et Travailleuses !) s’y investissent.
Victoire est elle-même proche de l’AIT. Son militantisme politique s’est forgée sous le Second Empire. Ses parents sont des petits artisans vivant dans un village du Puy-de-Dôme. Affichant ses convictions républicaines en 1848, la famille Tinayre subit la répression sous l’Empire. Victoire Tinayre est obligée de s’exiler à Paris où elle travaille comme ouvrière lingère, un métier pénible et mal payé.