Le développement des dispensaires à la fin du XIXe siècle procède d’une double préoccupation : la mortalité infantile, qui ne cesse de croître, et les ravages de la tuberculose dans les milieux populaires. Par ailleurs, l’alarmante contagion de la maladie parmi les soldats de la Grande Guerre fait prendre conscience aux pouvoirs publics des dangers qu’elle représente pour la défense nationale, mais aussi pour l’économie du pays. C’est la loi dite « Léon Bourgeois », du 15 avril 1916, qui impose sur l’ensemble du territoire la création de dispensaires d’hygiène publique. Financés par les communes, les industriels ou les sociétés de secours mutuel, ils sont destinés à l’origine aux plus démunis, le plus souvent dans une situation sanitaire critique, avant d’être ouverts à tous dans le cadre d’une politique d’hygiène publique. Étudier et protéger ce type de patrimoine ne va pas sans difficultés aujourd’hui : édifices modestes à l’échelle de l’histoire de l’architecture contemporaine, les dispensaires sont le plus souvent reconvertis et transformés, quand ils ne sont pas détruits. Ce sujet a cependant rencontré un écho particulier en Bourgogne, avec l’inscription au titre des monuments historiques, en 2011, du dispensaire anti-tuberculeux de Montceau-les-Mines. Construit par l’architecte Marcel Fournier en 1922, il est élevé sur un seul niveau et percé de nombreuses ouvertures qui se rapprochent de la forme des baies dites « thermales ». Il est construit en moellon enduit avec un décor de brique assez soigné, et est couvert d’une toiture à croupes. Son fronton semi-circulaire portant la mention « Dispensaire d’hygiène sociale » est un élément d’architecture assez savante et recherchée pour un petit dispensaire ouvrier. Mais ce n'est pas ce qui lui a valu son inscription au titre des monuments historiques. Son importance dans l’histoire industrielle et sociale de Montceau-les-Mines, et dans celle, plus générale, de la condition ouvrière, a justifié sa protection. Bravo Montceau !










