"Qu’on relise la correspondance de Cicéron ou celle de Pline, ou les lettres que nous ont laissées tant de Français d’autrefois, ou simplement celles qu’échangeaient, il y a quelque cent ans, Stendhal avec Mérimée et avec Mareste, on y remarquera toujours le même caractère : ce sont des hommes qui se retrouvent au-dessus de leur destin, dans une réunion libérale, et qui ont pour principal plaisir d’exercer leur intelligence sur ce qu’ils ont fait ou souffert. Nous comprenons dès lors que de pareilles amitiés deviennent très rares. Le monde moderne les permet à peine. La société d’aujourd’hui n’a plus qu’un étage : dans ce rez-de-chaussée des soucis et des intérêts, alors même que deux hommes éprouvent l’un pour l’autre une sympathie sincère, ils manquent d’un rendez-vous supérieur où se retrouver."
Abel Bonnard, L’argent, 1928.













