So I started this ns4w comic about Tenna hooking up with the addisons and now it's evolved into this whole illigitmate TV child drama I'm far too invested in (baby tv is called Coupon aka Couper)
ITS SO DRAMATIC AND STUPID LMFAO

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So I started this ns4w comic about Tenna hooking up with the addisons and now it's evolved into this whole illigitmate TV child drama I'm far too invested in (baby tv is called Coupon aka Couper)
ITS SO DRAMATIC AND STUPID LMFAO
Crawling out of my cave to drop how my newest fixation has consumed my life to the point where I have made a damn oc for it.
Hi deltarune tumblr, this is Couper, based off of that browser extention scam Honey. They suck terribly, the worse SoCal Valley-Girl ass gold digging twink you can imagine. Yes he and Spamton have beef (everyone hates that guy and Coup is no different), but here the hate runs deep as Couper plots to steal Spam's one chance at FREEDOM for his own CONTROL.
Vite
Je n’écris pas. Je parle. Je n’écris pas vite. Je parle vite. Je n’écris pas aussi vite que je parle. Je ne lis pas vite non plus. Je recopie dans mes cahiers ce que je lis – des fragments. C’est comme ça que j’ai appris à écrire. Tout ça prend du temps. Lire, écrire, recopier à la main. C’est un temps pris sur un autre temps. Un fragment de temps découpé dans une étendue. Une nuée de signes. Il m’arrive de ne pas écrire pendant un long moment. Un coup de mou. Un sale moment. Pas confortable du tout. Parfois plusieurs semaines sans écrire. Plusieurs mois. Rien. Semaines biffées dans l’agenda. Elles ne comptent pas. Comme si elles ne comptaient pas. Le sentiment de perdre mon temps. Telle une machine à l’arrêt. Je n’écris pas. Alors je parle. Je n’ai pas forcément besoin d’un vis-à-vis pour me mettre à parler. Je peux très bien parler tout seul. Je sais me tenir. Je sais vivre seul. Je ne cherche pas forcément la compagnie. Je veux ménager mes amis. Quand je ne les ai pas vus depuis longtemps, je peux appréhender le moment de les revoir. Peur qu’on n’ait rien à se dire. Comme s’il fallait regagner leur confiance. Lorsque j’ai un rendez-vous, il prend soudain beaucoup d’importance, surtout si les rendez-vous se font rares, les quelques-uns qu’il me reste à honorer prennent alors une importance de dingue, je m’en fais une montagne. Lorsqu’il s’agit d’une performance, de ce qu’on appelle ainsi dans le milieu censé être le mien, lorsque je dois performer, c’est-à-dire improviser, je prends le risque de ne pas savoir ce que je vais dire, c’est un saut dans le vide, c’est comme si je parlais en considérant le vide, en moi et tout autour. Pour pouvoir me permettre d’improviser, j’écris en amont dans mes cahiers, beaucoup, comme pour m’échauffer, me donner une sorte d’assise, circonscrire le terrain dans lequel m’ébrouer. Dans l’heure qui précède la prise de parole, je bois quelques gorgées de whisky. Je ne peux pas m’en empêcher. Tout est une question de dosage. Une façon de mieux entendre ce que je dis, ou une façon de l’oblitérer aussitôt. Comme si je cherchais à m’anesthésier. Je vis souvent la parole comme une hallucination. Je cherche à me réveiller de cette parole hallucinée. Je suis toujours en-deçà de ce que j’attendais de moi. Jamais content. Jamais contenté. Comme s’il y avait une fuite dans les pensées qui me viennent. Pensées trouées de toutes parts. La machine à penser est défaillante. Quand j’écris, je peux corriger mes pensées, couper des phrases. Écrire, couper. Je voudrais écrire aussi vite que je parle, puis avoir le temps de couper. Et tout recommencer. Alors seulement j’aurai le sentiment d’avoir fait quelque chose – quelque chose de concret. Je ne travaille pas vite. Je bois vite. Parce que je n’arrive pas à travailler, je peux me mettre à boire. Ça n’arrange rien. Je voudrais vivre vite, vieillir vite, mourir vite, mais ce n’est pas de mon ressort. Et l’on dit que l’art c’est ralentir. Le sentiment de maîtriser une portion de temps. Aucun sentiment de maîtrise. Alors quoi ? Une bombe à retardement. Une œuvre du retard. Une porte qui claque.
Le dernier jour du mois, je descends dans mes ruines, ma lampe ridicule à la main droite. Plus je descends et plus cela me paraît vain. Quelle foi mène-t-elle au noyau de la terre ? Quoi que vous fassiez, toi, ou un autre, ou quiconque, c’est en vain. Oh ! vanité de tous les efforts ! Les victimes continuent à tomber par milliers, par millions, et cette vie, dont tu veux imiter la sainteté, n’est sacrée pour personne et pour rien. Aucune puissance secrète ne désire la maintenir. Aucune probablement ne désire la détruire non plus, mais cela, elle le fait elle-même. Comment une vie, aménagée comme un boyau, pourrait-elle avoir une valeur ? Peut-être tout a-t-il été mieux aménagé chez les plantes, mais que sais-tu réellement des supplices de l’étouffement ? Oh ! l’écœurement se propage et se répand ! Il a sa source dans la mangeaille, tout est en proie à la mangeaille ! La journée paisible que vivent certains n’est qu’une hypocrisie. La chose déchirée est plus vraie. Les gens paisibles recouvrent la terre de feuilles, mais ces filets sont faibles et, même là où ils triomphent, la destruction charnelle continue sous leurs enveloppes vertes. Le puissant se pavane avec son estomac, le vaniteux chatoie de toutes les couleurs de son intestin. L’art loue des danses pour ceux qui digèrent et ceux qui étouffent. Il le fait toujours mieux et son héritage est conservé comme le bien le plus précieux. Certains se flattent de penser que cela pourrait toucher à sa fin et calculent catastrophe après catastrophe. Mais l’intuition plus profonde de ce tourment est éternelle. La terre reste jeune, sa vie se multiplie et il lui vient des formes nouvelles de misère, plus compliquées, plus accentuées ou plus complètes. L’un supplie l’autre : aide-moi, fais que ce soit pire !
Elias Canetti, Le Territoire de l’homme, Albin Michel, 1978
his lil carat bong just came in the mail!!! 💕
my mini scoups fan just got here!!!! 💕✨💓