Où ai-je lu, pensa Raskolnikov en s'éloignant, qu'un condamné à mort disait, une heure avant son supplice que s'il lui fallait vivre sur quelque cime, sur une roche escarpée, où il n'aurait qu'une étroite plate-forme, juste assez large pour y poser les pieds, une plate-forme entourée de précipices, perdue au milieu d'océans infinis dans les ténèbres éternelles, dans une perpétuelle solitude, exposé aux tempêtes incessantes, et s'il devait rester là, sur ce lambeau, sur ce mètre d'espace, y rester toute sa vie, mille ans, toute l'éternité, il préfèrerait encore cette vie à la mort ? Vivre, vivre seulement, vivre n'importe comment mais vivre... Que c'est donc vrai ! L'homme est un lâche... Et lâche est celui qui lui reproche cette lâcheté.







