de peu faut-il que tu t'éloignes pour que je sois plus proche de l'espace que de toi
de peu s'en est-il fallu que nos regards se croisent et voient mourir une étoile
ce peu que l'on a peine à croire souffle les mondes et les anéantit
ce peu, pour peu qu'il nous déserte nous aura lancé dans l'oubli
c'est la poussière dans ton oeil le sable dans la cathédrale c'est le secret inavouable et l'immobile des ossements c'est la promesse du lendemain qui court déjà au crépuscule
c'est l'arme dans le rire et la dent retroussée les langues qui se délient et les peaux déchirées
ce peu qui m'aura privé d'air comme on recouvre un feu de sable ira glisser entre des mains prises de passions redoutables
ainsi se lisse la rive alanguie dessinée et patiente sous la caresse des petites morts

















