source : @cheminer-poesie-cressant
je voudrais m’endormir pour m’éveiller au point précis que je n’ai pas su franchir, m’éveiller au cri de ce rêve, m’éveiller à l’oubli
© Pierre Cressant
(jeudi 26 septembre 2024)
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je voudrais m’endormir pour m’éveiller au point précis que je n’ai pas su franchir, m’éveiller au cri de ce rêve, m’éveiller à l’oubli
© Pierre Cressant
(jeudi 26 septembre 2024)
Stretching, salade énorme et combien de temps faut-il pour oublier (son slip)
Qu’est-ce que la vie sinon l’aurore qui s’efface peu à peu dans l’oubli du crépuscule…
V. H. SCORP
Vieille boîte aux lettres, gardienne des secrets oubliés, où la neige repose sur les mots du passé.
Le temps n’efface rien, il dépose juste une fine couche de poussière sur les blessures.
"Mais j’ai en moi mille pages de cauchemars en réserve, celui de la guerre tient naturellement la tête. Des semaines de 14 sous les averses visqueuses, dans cette boue atroce et ce sang et cette merdre et cette connerie des hommes, je ne [m’en] remettrai pas, c’est une vérité que je vous livre une fois encore, que nous sommes quelques-uns à partager. Tout est là. Le drame, notre malheur, c’est cette faculté d’oubli de la majorité de nos contemporains. Quelle tourbe !"
Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Joseph Garcin, septembre 1930.
de peu faut-il que tu t'éloignes pour que je sois plus proche de l'espace que de toi
de peu s'en est-il fallu que nos regards se croisent et voient mourir une étoile
ce peu que l'on a peine à croire souffle les mondes et les anéantit
ce peu, pour peu qu'il nous déserte nous aura lancé dans l'oubli
c'est la poussière dans ton oeil le sable dans la cathédrale c'est le secret inavouable et l'immobile des ossements c'est la promesse du lendemain qui court déjà au crépuscule
c'est l'arme dans le rire et la dent retroussée les langues qui se délient et les peaux déchirées
ce peu qui m'aura privé d'air comme on recouvre un feu de sable ira glisser entre des mains prises de passions redoutables
ainsi se lisse la rive alanguie dessinée et patiente sous la caresse des petites morts
Dans ce grand « cache-cache » qui se joue dans la mémoire quand on veut retrouver un nom, il n’y a pas une série d’approximations graduées. On ne voit rien puis tout d’un coup apparaît le nom exact et fort différent de ce qu’on croyait deviner. Ce n’est pas lui qui est venu à nous. Non, je crois plutôt qu’au fur et à mesure que nous vivons, nous passons notre temps à nous éloigner de la zone où un nom est distinct, et c’est par un exercice de ma volonté et de mon attention, qui augmentait l’acuité de mon regard intérieur, que tout d’un coup j’avais percé la demi-obscurité et vu clair. En tous cas s’il y a des transitions entre l’oubli et le souvenir, alors ces transitions sont inconscientes. Car les noms d’étape par lesquels nous passons, avant de trouver le nom vrai, sont, eux, faux, et ne nous rapprochent en rien de lui. Ce ne sont même pas à proprement parler des noms, mais souvent de simples consonnes et qui ne se retrouvent pas dans le nom retrouvé. D’ailleurs ce travail de l’esprit passant du néant à la réalité est si mystérieux, qu’il est possible après tout que ces consonnes fausses soient des perches préalables, maladroitement tendues pour nous aider à nous accrocher au nom exact. Proust, À la Recherche du temps perdu, Éditions Quarto/Gallimard, 1999