Mais les démons des ténèbres lui en dérobèrent une partie, et cette partie est l'âme. Il n'y a qu'une seule âme - universellement épandue, comme l'eau d'un fleuve divisé en plusieurs bras. C'est elle qui soupire dans le vent, grince dans le marbre qu'on scie, hurle par la voix de la mer ; et elle pleure des larmes de lait quand on arrache les feuilles du figuier. Les âmes sorties de ce monde émigrent vers les astres, qui sont des êtres animés.
Gustave Flaubert (La Tentation de Saint Antoine)












