Le chanoine Léon Dacheux appartient à une catégorie d’ecclésiastiques ayant su harmonieusement combiner, au XIXe siècle, des activités pastorales de premier plan avec une activité intellectuelle soutenue.
Il a successivement enseigné au petit Séminaire (1859-1868) et au grand Séminaire de Strasbourg (1881-1889), assurant dans l’intervalle la charge de la paroisse catholique alors unique de Neudorf. Dans ce quartier strasbourgeois, son souvenir est perpétué par l’avenue qui porte son nom, reliant la route du Polygone à la rue du Lazaret.
Sa francophilie lui valut quelques ennuis en septembre 1870, alors qu’on l’accusait d’avoir abrité des francs-tireurs dans son presbytère, et lui barra la route de l’épiscopat au moment où lui fut préféré Adolphe Fritzen, un candidat
germanique. Il fut plus heureux dans les études, collaborant de longues années durant à La Revue Catholique d’Alsace, rédigeant une biographie du grand prédicateur Jean Geiler de Kaysersberg, qu’il qualifia d’une manière sans doute un peu anachronique de "Réformateurcatholique". Après le grand incendie de la bibliothèque municipale, en 1870, il eut le souci de reconstituer le texte d’un certain nombre d’ouvrages manuscrits perdus dans les flammes. Il devint en 1892 président de la Société pour la Conservation des monuments historiques d’Alsace, après avoir rejoint le chapitre deux ans plus tôt.
Il décéda en mars 1903, trois ans après avoir publié une belle étude sur la cathédrale, agrémentée de précieuses planches de photographies.