En pleine actualité, avec la procédure de canonisation des époux Martin, ce livre fourmille de détails sur leur vie de famille dans la multiplicité de ses évènements. Ce qui permet de mieux comprendre l’éducation reçue par sainte Thérèse de Lisieux, leur fille et l’éclosion de sa vocation.
L’histoire extraordinaire de la famille Martin, Père Stéphane –Joseph Piat, o.f.m. Préface du Père Pierre Descouvemont, Pierre Téqui, éditeur, 2015,17€
Au nom de leur foi, ils partent servir avec la Fidesco des projets de développement initiés par l’Église catholique au sein de structures locales existantes (dispensaires, centres d’enfants des rues, écoles, fermes écoles, universités, etc.). Guillaume témoigne de son engagement à Cuba.
Le 15 septembre 2014, je quittais Strasbourg et mon poste de professeur des écoles, direction la Havane, capitale de Cuba. L’Église catholique, par le biais de l’association FIDESCO, m’envoyait pour accomplir deux années de mission, accompagné par un autre volontaire, auprès des personnes âgées d’une clinique et également au service de jeunes cubains.
Passer d’enseignant à aide-soignant
Tous les matins, je suis chargé d’accueillir les 50 résidents de mon secteur, à la sortie de la douche pour les sécher, les habiller, leur appliquer quelques soins. Il faut ensuite les conduire à la salle à manger pour le petit déjeuner. La matinée se poursuit par des jeux que nous mettons en place en attendant l’heure du déjeuner durant laquelle nous servons et donnons à manger à ceux qui le nécessitent. Cette immersion dans le monde de la gériatrie, à bien des égards, avait de quoi me déconcerter, moi qui était habitué au monde de l’éducation où la joie et l’énergie des enfants est débordante, dans des locaux propres et désinfectés chaque jour et avec un emploi du temps me laissant peu de répit.
La balance est renversée.
Je n’ai plus la posture du maître mais du serviteur. Je ne suis plus l’aîné qui transmet ses connaissances, je suis le jeune qui se met au pied du sage, de celui qui arrive au bout de son pèlerinage terrestre. Je ne connais ni son histoire, ni les raisons qui l’ont amené dans ce Hoggar.
Cependant, je sais que la clinique Saint-Raphaël est sa dernière demeure, l’équipe médicale étant pour la plupart la seule famille.
Passer d’enseignant à aide-soignant, cela n’est pas courant et pourtant ce n’est pas si incohérent. C’est juste, un rêve d’adolescent qui se réalise, moi qui voulait côtoyer les malades pour les faire rire. Rien ne m’avait préparé à vivre ce brutal changement. Éveiller un enfant à la vie et aider un vieillard qui lutte pour rester en vie, c’est passer d’un monde à un autre. Je puise là ma force en Dieu qui rend capable ceux qu’Il a appelés.
Apprendre à regarder une personne dans sa pleine dignité
Durant les deux premiers mois, j’avais « la boule au ventre » avant d’aller travailler. C’était comme si j’avançais dans une terre inconnue, avec une autre manière de communiquer. Comment regarder la personne humaine au-delà de ses actes, qualités, défauts et de toute son histoire ?
Comment apprendre à regarder une personne dans sa pleine dignité. Je devais laisser le paraître pour rencontrer l’être personnel, pour construire une authentique relation humaine et lui parler avec le coeur. Un jour, je trouvai la réponse à cette question. Je compris que je devais dépasser tout ce qui rendait le « baño » immonde et ses occupants repoussants. Mon regard devait viser plus loin que l’apparence extérieure. Et pour cela, seul un regard d’amour pouvait l’accomplir.
En conséquence, je choisi donc de considérer chaque résident comme un membre de ma famille. Dès lors, mes peurs se dissipèrent et je pus librement choisir d’aimer.
Le chanoine Léon Dacheux appartient à une catégorie d’ecclésiastiques ayant su harmonieusement combiner, au XIXe siècle, des activités pastorales de premier plan avec une activité intellectuelle soutenue.
Il a successivement enseigné au petit Séminaire (1859-1868) et au grand Séminaire de Strasbourg (1881-1889), assurant dans l’intervalle la charge de la paroisse catholique alors unique de Neudorf. Dans ce quartier strasbourgeois, son souvenir est perpétué par l’avenue qui porte son nom, reliant la route du Polygone à la rue du Lazaret.
Sa francophilie lui valut quelques ennuis en septembre 1870, alors qu’on l’accusait d’avoir abrité des francs-tireurs dans son presbytère, et lui barra la route de l’épiscopat au moment où lui fut préféré Adolphe Fritzen, un candidat
germanique. Il fut plus heureux dans les études, collaborant de longues années durant à La Revue Catholique d’Alsace, rédigeant une biographie du grand prédicateur Jean Geiler de Kaysersberg, qu’il qualifia d’une manière sans doute un peu anachronique de "Réformateurcatholique". Après le grand incendie de la bibliothèque municipale, en 1870, il eut le souci de reconstituer le texte d’un certain nombre d’ouvrages manuscrits perdus dans les flammes. Il devint en 1892 président de la Société pour la Conservation des monuments historiques d’Alsace, après avoir rejoint le chapitre deux ans plus tôt.
Il décéda en mars 1903, trois ans après avoir publié une belle étude sur la cathédrale, agrémentée de précieuses planches de photographies.
Les fondements de la mission reposent sur l’envoi des disciples par le Christ pour l’annonce de la Bonne Nouvelle à toute personne en tout lieu et de tout temps. Toujours vivante aujourd’hui, elle s’est adaptée aux réalités de la société.
Les changements sociétaux intervenus au fur et à mesure de l’histoire de l’Église dans le monde ont conduit à redéfinir l’expression, les formes et le personnel de cette mission, en particulier depuis le Concile Vatican II. Le 7 décembre prochain, nous fêterons le cinquantenaire du décret sur l'activité missionnaire de l'Église « Ad gentes » qui a jeté de nouvelles bases de l’activité missionnaire pour les ministres ordonnés, les religieux, religieuses et les laïcs et dont le service de la Mission Universelle - Coopération Missionnaire- OPM est un fruit.
La mission d’abord confiée à des congrégations
Longtemps, la « Mission ad extra » c’est-à-dire vers l’étranger était confiée soit à des congrégations missionnaires masculines comme féminines, soit à des sociétés ou instituts missionnaires de prêtres tels que les Missions Étrangères de Paris.
Puis aux prêtres diocésains
Un premier changement intervient avec l’encyclique Fidei Donum, publiée le 21 avril 1957, par le pape Pie XII, dans laquelle il demande aux évêques d'autoriser leurs prêtres diocésains à répondre aux appels de la mission, notamment en Afrique.
Ils restent attachés juridiquement à leur diocèse d'origine et y reviennent très souvent après plusieurs années. Ils sont appelés prêtres Fidei donum. Aujourd’hui l’envoi de prêtres diocésains se fait surtout dans le sens inverse, issus de jeunes églises vers les pays de l’ancienne chrétienté en Europe. Ils représentent actuellement 15% des prêtres dans les diocèses de France. Nous n sommes témoins en Alsace à travers la cinquantaine de prêtres venus d’Afrique, de Pologne ou du Vietnam qui oeuvrent ou font des études, dans le cadre de la formation continue.
Et enfin aux laïcs
Une autre conséquence de cette encyclique fut la création, à Lyon en 1959, du “ Service du Laïcat Missionnaire” sous l’égide du Conseil Central des OEuvres Pontificales Missionnaires (OPM) devenu par fusion en 1979, le Service de Coopération au Développement à Lyon. L’idée de l’envoi des laïcs en mission faisait son chemin après une encyclique qui visait les prêtres diocésains et cela avant le concile.
L’Église tout entière est missionnaire Le Concile Vatican II de 1961 à 1965 et la publication du décret sur l’activité missionnaire de l’Église « Ad gentes » apportèrent une profonde réforme. Le document rappelle que l’Église, de par sa nature, est missionnaire car elle tire son origine de la mission du Fils et de la mission de Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père.
L’oeuvre missionnaire elle-même comporte des éléments du témoignage chrétien qui se décline pour chaque fidèle en témoignage de vie et en dialogue ainsi qu’en service de la charité. Des éléments constitutifs d’un engagement en coopération humaine, culturelle, professionnelle etc…
Tous appelés
Le dernier chapitre du document rappelle aux différents corps de l’Église leur devoir missionnaire. En ce qui concerne les laïcs, il est notamment dit : « Les laïcs coopèrent à l’oeuvre d’évangélisation de l’Église et participent à titre de témoins, et en même temps d’instruments vivants à sa mission salvifique, surtout si, appelés par Dieu, ils sont affectés par les évêques à cette oeuvre. » Dans tous les domaines de la mission, la participation des laïcs en étroite collaboration avec les ordonnés est indispensable pour que réussissent la mission, la coopération et le développement humain.
L’essor du volontariat
Ce décret du concile a donné un formidable élan à la mission sous la forme d’une coopération missionnaire. En 1966, la création du Service National en Coopération (CSN) incite de nombreuses congrégations religieuses à demander à l’État de détacher des CSN pour soutenir les actions de développement de leurs missions à travers le monde. À leur tour, les Pouvoirs Publics demandent aux évêques de France et aux congrégations d’organiser l’envoi de coopérants au nom de l’Église de France. Dans cet esprit, l’épiscopat crée un service chargé, en son nom, d’organiser la coopération.
Ainsi naît en 1967 la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC). Déjà un an après sa création, elle envoie 700 volontaires notamment en Afrique. Jusqu’à aujourd’hui la DCC, à elle seule, a envoyé plus de 15 000 volontaires dans le monde entier. À partir de 1970 l’envoi de laïcs se développe, en particulier avec les épouses des coopérants, suite à la demande des partenaires qui souhaitent recevoir des femmes pour certaines missions.
Après la chute du mur de Berlin et du rideau de fer soviétique en 1989, le champ d’envoi des volontaires s’élargit à l’Europe centrale et orientale. D’autres mutations interviennent ou sont en cours. La fin du Service National en Coopération et la demande croissante de volontaires, vivant en couple ou ayant une longue expérience professionnelle, ont profondément modifié le paysage de la coopération. Il y a aussi de plus en plus de demandes de courte durée, pour de multiples raisons professionnelles et personnelles (entre un et quatre mois au lieu de une à plusieurs années).
Aujourd’hui, il y a des volontaires de tout âge et de tout état de vie, ordonnés ou laïcs, sur le terrain. Ceci constitue une formidable chance pour l’Église de continuer sa mission par la pratique de la charité et le témoignage de vie de tous ceux qui la composent. L’intention du Concile Vatican II et du décret « Ad Gentes » se trouve davantage réalisée par le service et l’expérience de la Mission-Coopération vécue par des milliers de volontaires qui enrichissent de multiples manières le tissu ecclésial à leur retour en France.
Les témoignages qui suivent veulent illustrer les multiples facettes de cette Mission universelle-Coopération missionnaire.
Nous sommes le 20 novembre 1793. Le son des cloches de la cathédrale annonce le jour de l’introduction de la nouvelle religion des Français.
Impatients, les membres des clubs se réunissent dans les différentes salles de leurs assemblées. À neuf heures, ils se rangent pour la cérémonie qui se profile. Un cortège se forme. Des jeunes filles et des femmes habillées en blanc, coiffées de bonnets rouges phrygiens, suivies du buste de Marat, escortées d’hommes, les uns portant des faisceaux, d’autres armés de piques, précèdent les clubistes mêlés à des propagandistes et à d’autres citoyens.
Suivent le maire, les différentes administrations, les généraux. La musique militaire qui les accompagne joue des airs patriotiques. Le cortège s’arrête un instant devant l’hôtel occupé par le représentant du peuple Baudot pour le recevoir en son sein. De là il se dirige vers l’excathédrale.
Au-dessus du portail se lit, sur fond noir, une inscription en lettres d’or : Temple de la Raison, et au-dessous : Aux ténèbres succède la Lumière. L’intérieur de l’édifice avait subi une métamorphose complète.
En trois jours, « le siège de l’imposture » avait été « nettoyé de tous les ornements ridicules qui servaient aux cérémonies du fanatisme ».
Les monstres à face humain
Le vaisseau de la cathédrale présente désormais un amphithéâtre. Une tribune en planches remplace la chaire de Geiler, ancienne « trace de l’idolâtrie ». Une montagne de bois entassés, de laquelle roulent des blocs de rocher à la suite d’une convulsion de la nature, se dresse à la place de l’autel à l’entrée du
choeur. La déesse de la Nature, d’une dimension colossale, trône à la cime de cette élévation sylvestre.
À ses côtés, la déesse de la Liberté. Des monstres à face humaine, ornés de chasubles et autour d’eux les Saintes Écritures, des encensoirs, des poignards sortent des blocs accrochés à la montagne. Au pied du monticule, un marais dans lequel se trouvent des figurines. L’une tient en main une couronne tachée de sang. L’autre cherche à cacher un livre ouvert dont les feuillets déchirés paraissent couverts de passages mensongers. Dans le temple métamorphosé, les spectateurs ne voient guère de nouveautés. Seuls des drapeaux tricolores, surmontés du bonnet phrygien, décorent les piliers. À côté de la tribune, l’un d’entre eux porte l’inscription : « Le trône et l’autel avaient subjugué l’humanité ». Un autre soutient une pancarte avec : « La raison et la force lui ont rendu leurs droits ».
Des vertus sociales
Lorsque la foule des gens s’installe dans l’amphithéâtre, l’orchestre se fait entendre. L’assemblée entonne des hymnes à la nature. Le jeune maire, Pierre Monnet, monte à la tribune. Dans un discours enflammé sur la nature, la raison, le sentimentalisme, il fait comprendre le but du culte nouveau. Après lui se relaient propagandistes et coryphées1 de la religion naturelle. Après avoir lancé l’anathème sur la monarchie, ils critiquent les prêtres, les taxant d’hypocrites, de fourbes et de débauchés, tout en ne tarissant pas d’éloges sur le règne naissant de la raison et de la liberté. « Nous n’avons plus besoin de prêtres ! Il ne nous faut que des vertus sociales » s’écrie l’un d’eux.
Monte alors à la tribune l’accusateur Euloge Schneider qui, comme grand vicaire de l’évêque constitutionnel Brendel, avait développé les doctrines chrétiennes. Quand il prend la parole, il ridiculise la religion, puis il abjure la prêtrise « embrassée par séduction et victime de l’erreur ». Après Schneider paraît Taffin. Cet autre prêtre, président du tribunal révolutionnaire, déclare : « J’ai toujours porté la soutane avec horreur. Je l’ai jetée aux orties dès que j’ai pu ». Il ajoute qu’il a eu le malheur d’être un serviteur de l’Église, mais qu’il ne l’avait été que pour mieux la déchirer. Il dépose alors sa soutane et déchire ses lettres d’ordination.
L’abjuration faite, l’assemblée s’exclame : « Vive la vérité ! Vive la raison ! » Aussitôt, la musique et les chants retentissent sous les voûtes sacrées. D’autre prêtres abjurent par écrit, déchirent leurs titres de prêtrise, font la promesse de ne plus tromper le peuple ni de l’induire en erreur.
Les missels au feu !
Le représentant Baudot clôture la cérémonie par un discours où il félicite le peuple de se voir délivré de la tyrannie et des erreurs. Il exhorte les citoyens à concourir à la consolidation de la Révolution et, en même temps, menace de peines graves les traîtres. Condamnant toute espèce de charlatanisme, il déclare, quant à lui, renoncer à son état de médecin. Lorsque l’orateur descend de la tribune, on livre aux flammes, sur l’autel de la Raison, diverses reliques et indulgences.
Puis le cortège quitte l’ex-cathédrale pour se rendre sur la place de la Responsabilité. Sont brûlés publiquement quinze chariots de vieux titres de noblesse, des missels, des costumes sacerdotaux, les portraits des anciens évêques de Strasbourg, "despotes ecclésiastiques" selon la terminologie.
L’autodafé précède un dernier hommage au buste de Marat, la carmagnole autour de la guillotine, la procession d’une voiture tendue de noir sur laquelle se trouvent pêle-mêle les insignes des dignités abolies et détruites.
Le projet « Slow Tech » est né d'une rencontre avec Alois Hechenberger, un Autrichien pédagogue du jeu.
– De dimension européenne, il vise à former parents et enfants à une écologie des médias par le jeu. Les actions de Slow Tech se développent en Alsace grâce à l'association Génération Nouvelle, émanation du mouvement des Focolari. Elles peuvent aider les paroisses à la formation des familles.
Comment ne pas devenir dépendant des nouveaux médias qui sont devenus indispensables pour communiquer aujourd’hui ? Il y a quatre siècles Miguel de Cervantès était déjà conscient du problème quand il écrivait le chef-d’oeuvre "Don Quichotte". "Le chevalier au triste visage " avait passé tellement de temps à lire des livres que "sa cervelle devint tellement sèche qu'il perdit son esprit". Don Quichotte est le premier exemple d'une dépendance à un média, le livre en l’occurrence. Aujourd’hui, l'impact des nouveaux médias peut inquiéter : le monde réel s’efface derrière sa représentation virtuelle. Tablettes et smartphones ont envahi notre quotidien, donnant accès à des sources d’information multiples, certes fascinantes mais aussi dangereuses pour qui ne sait pas les maîtriser : violence, pornographie, endoctrinement... et puis ce besoin incessant de rester connecté peut devenir une véritable addiction.
Réconcilier les générations à travers le jeu
Les enfants nés dans ce nouvel environnement sont des virtuoses des écrans, les parents et éducateurs, eux, se sentent bien souvent perdus devant cette nouvelle culture. L’association Nouvelle Génération, née autour d’un noyau de Focolari, a développé un partenariat avec des associations allemandes, hongroises et polonaises et, grâce à un financement « Grundtvig » de l’Union européenne a crée le projet Slow Tech.
L’originalité est de proposer une pédagogie basée sur le jeu. Le jeu est, en effet, un lieu de rencontre intergénérationnel qui favorise des relations saines dans le respect des règles et des autres joueurs. L’activité ludique permet d’améliorer le sens des relations et de trouver un meilleur équilibre personnel par la détente physique et mentale. En ce sens, elle est un modèle pour un usage « écologique » c’est-à-dire, mesuré et sain, des médias.
Apprendre à bien se servir des médias
Des ateliers ont lieu dans les différents pays avec l’objectif, dans un climat de rencontre et d’échanges entre les participants, d’améliorer leurs connaissances des points forts et des faiblesses des médias mais surtout de s’exercer à différentes activités ludiques qui favorisent un meilleur équilibre personnel et améliore le sens des relations. Se servir des médias pour construire une vie familiale plus harmonieuse. Par exemple, en septembre 2014, Génération Nouvelle a accueilli les partenaires des différents pays pour travailler autour du cinéma. Comment opérer un choix de films intelligent, sortir d’une pratique purement individuelle et d’une consommation passive des films, pour s’ouvrir à la rencontre familiale ? Le ciné-débat est un outil formidable pour augmenter l’esprit critique face aux écrans, mais aussi une occasion « ludique » pour rencontrer d'autres personnes dans le respect de leur sensibilité et de leurs points de vue. Une pratique écologique des médias favorise la qualité de la vie familiale et le développement harmonieux de l’enfant.
Des formations de parents sont proposées par Génération Nouvelle.
Pour toute demande de conférences ou de formations : [email protected]
Depuis la mort de son beau-père, Philippe IV d’Espagne, Louis XIV désire tirer à lui, au nom de son épouse Marie-Thérèse, une partie des territoires espagnols. Or, à l’époque, cela ne concerne pas seulement ceux de la péninsule ibérique, mais aussi ceux qui s’étendent au nord du royaume de France. La Guerre de Dévolution (1667-1668) a déjà rapporté à Louis XIV un certain nombre de villes, dont Lille, Tournai, Douai, etc. Toutefois, cela ne lui suffit pas. Avec l’Angleterre, il entame en 1672 ce qu’on appellera la Guerre de Hollande.
Les Alsaciens n’imaginent sûrement pas, à ce moment, que des épisodes de cette guerre vont se dérouler chez eux. Et pourtant… L’empereur Léopold Ier, qui a promis à Louis XIV de rester neutre, ne tient pas parole et s’allie d’abord avec l’Électeur de Brandebourg, puis avec les Provinces-Unies, qui n’ont pas du tout envie de voir la puissance du roi de France trop près de leurs frontières. Du coup, il faut que celui-ci protège les siennes du côté du Saint-Empire. Les troupes françaises commencent par couper le pont entre Strasbourg et Kehl, en novembre 1672.
Supprimer les facteurs de risque
Rappelons que, à cette époque, l’Alsace n’est pas entièrement française. Les traités de Westphalie n’ont cédé à la France que les territoires et les droits patrimoniaux des Habsbourg, par exemple le Sundgau et le Val de Villé, ainsi que le titre de bailli de la Décapole. Mais les membres de cette ligue restent des villes libres d’Empire. De son côté, Strasbourg continue à préserver soigneusement son indépendance. Les seigneuries épiscopales ne sont pas encore détachées non plus de l’Empire. Voilà pour le roi ce que nous appellerions des "facteurs de risque".
Une conquête laborieuse
La ville qui semble la plus résistante des dix est Colmar. Comme Louis XIV vient en Alsace pour se rendre à Brisach, on fait savoir aux Colmariens que le roi serait choqué de voir, en passant, des canons sur les remparts. Ils veulent bien les retirer momentanément. Or le marquis de Coulanges se présente à une porte de la ville avec des soldats, comme pour une simple visite. On les fait entrer… et déjà la ville est occupée, les bourgeois doivent livrer leurs armes.
Deux jours plus tard, les remparts sont démantelés ! D’autres villes de la Décapole seront ainsi privées de défense : Sélestat, par exemple, Wissembourg, Haguenau… Le territoire de Strasbourg, qui ne comportait pas que ses environs immédiats, mais aussi Wasselonne et Dorlisheim, entre autres, était officiellement neutre. Mais le marquis de Vaubrun enfreint cette neutralité en 1674, ce qui amène le Magistrat de la ville à reconstruire le Pont de Kehl, par où le duc de Lorraine et le duc de Bournonville franchissent le Rhin à la tête d’une armée d’Impériaux.
Précisons que la Lorraine n’est pas encore une province française.
La bataille d’Entzheim
Turenne veut les arrêter. Une terrible bataille se livre près d’Entzheim le 4 octobre. Lorsque le soir tombe, des milliers de morts jonchent le sol, et, bizarrement, on crie victoire des deux côtés ! En fait, cet affrontement se solde par un "match nul". L’armée de Turenne se retire vers la Lorraine, laissant le terrain aux Impériaux qui ravagent sans vergogne les villages du secteur. Un parti de Brandebourgeois est monté à Sainte-Odile, pensant sans doute y trouver des trésors. Les quelques Prémontrés qui vivent là-haut ne peuvent pas leur résister. Le plomb des vitraux est arraché, l’orgue emporté. Le prieur est mis à la torture et n’est sauvé que grâce à l’intervention de bûcherons appelés à la rescousse par un religieux qui avait réussi à s’échapper.
Effet de surprise
Nous voilà en décembre 1674. Toutes les armées ont pris leurs quartiers d’hiver, où, selon les traditions de la guerre, on ne les attaquera pas. Toutes ?
Pas celle de Turenne, qui contourne le massif vosgien, entre en Alsace par Belfort (qui est encore alsacien à l’époque) et déboule sur les Impériaux ahuris à Brunstatt, fin décembre. Puis, rusé, Turenne s’engage dans la montagne, pour contourner la ligne de défense rapidement organisée, et emprunte la vallée de Munster. Le 5 janvier 1675, cela lui permet de tomber, pour ainsi dire, dans le dos de Turckheim, occupé par l’Electeur de Brandebourg. Cette fois, sa victoire est claire et nette.
Il ne s’arrête pas là et occupe progressivement presque toute l’Alsace. Un épisode reste mystérieux : celui de la prise de Dachstein, en 1675, qui semble résulter d’une trahison précédée d’un assassinat. Une paix qui tarde à venir La politique de démantèlement de l’Alsace continue en 1677. Ce ne sont pas seulement des villes qui perdent leurs remparts, mais aussi de nombreux châteaux de montagne, du nord au sud de la chaîne vosgienne. Jusqu’à la paix, la région subit les cantonnements, les réquisitions, les pillages et les violences de troupes diverses. Des mercenaires qui ont quitté leurs chefs contribuent largement à l’insécurité.
La Guerre de Hollande s’achève avec la paix de Nimègue, le 5 février 1679. Mais l’Alsace ne va pas tarder à connaître d’autres tribulations avec la Guerre de la Ligue d’Augsbourg !
L’Éducation à la paix ne fait pas partie des programmes officiels du Ministère de l’Éducation. Il faut donc l’inventer et lui trouver un espace. Elle dépendra du regard et de l’orientation donnés par l’enseignant, quelle que soit sa discipline.
Explications
Une revue de presse, par exemple, en sciences économiques et sociales montrera avec acuité l’état des informations d'une situation. Elle interrogera aussi à propos des journaux lus, des radios écoutées, des chaînes de TV et des sites web regardés. Les rythmes des nouvelles nous passionnent ou nous inquiètent, ils s’imposent à nous quotidiennement. Et pourtant le temps des médias n’est pas le temps de la pédagogie.
L’éducation, l’enseignement agit par des transformations lentes, des transformations silencieuses et permet au jeune de se forger un avis, une opinion, un point de vue.
Se forger une opinion
Ce point de vue nécessite d’être confronté à d’autres. Les assemblées plénières trimestrielles par niveau, par exemple quand les élèves de toutes les classes de seconde se retrouvent, facilitent la prise de paroles des élèves et la coopération entre eux, et les interpellations mutuelles. Il s’agit d’un processus qui les responsabilise pleinement. Ces échanges sont ponctués de témoignages, d’expressions musicales, de comptes-rendus d’échanges scolaires,…
Depuis plus de 25 ans le Gymnase développe des échanges avec des lycées européens et plus récemment avec la Chine, l’Inde, la Nouvelle Zélande, les États-Unis, Madagascar… Les lycéens, futurs citoyens du monde, prennent la mesure des différences culturelles, ainsi que des proximités et des convergences, grâce aux familles d’accueil avec lesquelles ils sont en contact.
Ces échanges sont de réelles occasions pour développer tant la construction de soi que la cohésion sociale et la vie en société.
Se situer dans un rapport au monde, réaliser des projets peut donner sens à sa vie. La vie même est un projet. L'essentiel est de "se projeter", de pouvoir répondre à la question "quel est le but de la vie?".
Que la réponse soit "lutter contre la faim", "contribuer à protéger la planète", ou "devenir ingénieur ou artiste",... Chaque réponse permet de mieux appréhender le désir de l'élève. Sa capacité à former des projets permet d'avoir prise sur le réel. La formule affirmée par les élèves de terminales lors du Percent était la suivante : « Vous avez les cartes en mains. À vous de jouer. »
Fondée en 1929 par l’abbé Alphonse Hoch, qui était devenu quatre ans auparavant le plus jeune maître de chapelle de France, la chorale de la cathédrale a donné quelques années plus tard un mémorable concert spirituel à Paris, les 19 et 20 janvier 1935, avec la présence prestigieuse du président Albert Lebrun et du cardinal Verdier, archevêque de Paris.
Revenons d’abord aux origines : la cathédrale n’était pas dépourvue de choeurs avant 1929 : le chant sacré était alors assuré par les séminaristes, une maîtrise d’enfants et un petit ensemble d’hommes. La grande nouveauté fut donc la création d’un nouvel ensemble incluant un important nombre de dames, ce qui créait des possibilités musicales nouvelles.
On peut imaginer que cette décision rencontra de puissantes oppositions. Les règles de l’Église ont longtemps interdit aux femmes la participation aux choeurs liturgiques. L’existence à Strasbourg d’une importante chorale polyphonique protestante, les choeurs de Saint-Guillaume, a très certainement pesé dans l’acceptation par Mgr Ruch de la création d’un ensemble mixte, capable de supporter la comparaison.
Dès les premières années, la chorale de la cathédrale se produit au Palais des
Fêtes de Strasbourg, y interprétant des oratorios de Gounod ou de Liszt. La réputation du groupe parvient à Paris et enclenche l’invitation formulée par la Société Internationale des Amis de la Musique Française, ou SIAMF.
C’est ainsi que cent cinquante choristes alsaciens interprètent durant deux soirs à l’Opéra Comique un programme composé de trois oeuvres : L’enfance du Christ d’Hector Berlioz est jouée le premier soir, en présence du cardinal, tandis que Le déluge de Camille Saint-Saëns et Rebecca de César Franck sont donnés le second, devant le président Lebrun. Il n’est en effet pas question que la chorale interprète des oeuvres qui ne soient pas religieuses, mais le lieu choisi est neutre, ce qui permet d’associer un large public.
Les avis parus dans la presse parisienne et dans la presse alsacienne sont si nombreux et si élogieux qu’un opuscule est publié pour les recueillir. Notons ici que la presse écrite se compose alors d’une pléthore de titres, en grande majorité disparus aujourd’hui.
Selon Le Figaro, un des rares journaux nationaux à paraître encore, « la Chorale de la cathédrale a produit beaucoup d’effet ». La revue Marianne, qui n’a rien à voir avec le magazine contemporain, décrit « un des ensembles vocaux les plus parfaits parmi ceux que nous possédons en France ».
La Croix revient sur l’émulation entre la nouvelle chorale catholique et son aînée protestante, évoquant « les belles sonorités, la parfaite cohésion, le véritable sens artistique et le sentiment profond des nuances que l’Abbé Hoch communique à tous ceux qu’il tient sous sa baguette magique ». La presse alsacienne n’est pas en reste.
Les Dernières Nouvelles de Strasbourg affirment qu’il « n’est pas exagéré de parler de triomphe ».
Quant à l’Elsässer, journal catholique, il remarque, à côté du Chef de l’État, la présence de nombreux ministres et membres du Corps diplomatique et parle d’un « succès gigantesque »
Le mémorable concert de Paris ouvre une série impressionnante de tournées dans les cathédrales de France, en Allemagne, en Italie, en Autriche et jusqu’à Jérusalem. Cependant, comme le précise Louis Burger, qui la préside au moment du cinquantenaire (1979), « la raison d’être de la Chorale [reste], comme son nom l’indique, d’embellir les offices à la cathédrale ».
Que désirez-vous ? Cela fait peut-être longtemps que l’on ne vous a pas posé la question. Ou que vous n’avez ni pensé à la poser autour de vous, ni osé vous la poser.
Les yeux fixés sur la ligne grise des chiffres du chômage, l’esprit obsédé par les violences et les menaces qui nous entourent, comment aurions-nous le culot d’exprimer une attente ? Depuis qu’il ne rime plus avec « grand soir », l’espoir broie du noir. Le bruit que fait le mot heurterait presque les oreilles d’une société rabattue sur le présent, faute de mieux-disant spirituel. En un temps de brouillard, formuler ce que d’aucuns appelaient naguère, non sans une remarquable intuition, un « désir d’avenir », risque d’apparaître comme prématuré. Ou pire, comme ridicule.
Le péché contre l’espérance agit comme un poison lent, détruisant tous les tissus sociaux. Il est temps de se désintoxiquer du négatif. Vite, de l’air ! Du positif !
5ème édition
« Que désirez-vous ? » Ce sera donc, logiquement, le thème des prochains États généraux du christianisme (EGC). Vous me direz peut-être qu’en formulant une telle demande les chrétiens ne sont pas là où on les attend. Ni là où ils ont l’habitude de se situer. Je vous répondrai que c’est tant mieux. Que tel est l’esprit de nos États généraux, depuis leur création à l’université catholique de Lille. Souvenez-vous, d’ailleurs, des différentes éditions et de leur thématique : « Notre époque a-t-elle besoin de Dieu ? » en 2010 ; « Faut-il avoir peur ? » en 2011 ; « Que croire, qui croire ? » à Strasbourg, déjà, en 2012… Et encore : « Qui veut le pouvoir ? », à Lyon, en 2013, en présence pour la première fois d’importantes personnalités politiques. Les États généraux du christianisme ou la culture de l’interrogation provocatrice.
Celle qui gratte la surface, qui appelle au débat dans la société comme dans les Églises.
La vie circule
Le pontificat du pape François fait régner un climat nouveau, réformateur, optimiste et bienveillant. Il réveille son Église, instaure une vraie culture de la liberté de parole et de débat, s’impose comme conscience universelle sur les migrants, et bientôt sur l’écologie. Quand il interpelle l’Europe « fatiguée », pouvons-nous rester inertes ? Et, bien sûr, il n’y a pas que le pape. Des chercheurs spirituels défrichent de nouveaux territoires. Dans toutes les Églises et souvent hors des Églises, dans toutes les périphéries, la vie circule.
Voyez la France, ce grand corps malade. Elle n’est pourtant pas seulement un pays bloqué, politiquement enrhumé et mentalement enrayé. De nombreuses initiatives sociales, économiques, éducatives voient le jour partout sur le territoire. Nous voulons les recenser, leur donner une visibilité et favoriser leur mise en réseau. Les États généraux du christianisme, cette année, seront un accélérateur d’espérance.
Pour leur cinquième édition, les EGC reviennent à Strasbourg, capitale de l’Europe, où ils s’étaient déjà tenus en 2012, avec le succès que vous savez.
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Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie
Tout près des frontières alsaciennes, en entrant dans Sarrebourg par les Vosges, on peut voir à la sortie de Buhl, sur le bord de la route, une croix très particulière. But des promenades dominicales en famille pendant des décennies et origine d’une histoire merveilleuse racontée par les parents et grands parents, la connaissez-vous ?
Les premières batailles initiées ar le commandement français débutèrent le 7 août 1914, soit seulement 5 jours après l’entrée en vigueur, le dimanche 2 août, de l’ordre de mobilisation générale. Mais dès le 5 août, la première armée sous le commandement du général Dubail, devait avancer par les Vosges en direction de Sarrebourg, alors que la deuxième armée, sous les ordres du général de Castelnau devait prendre l’offensive au nord de Nancy.
Les batailles commencèrent en Alsace, sur une ligne Altkirch-Thann. Après un échec relatif des opérations, une deuxième offensive française eut lieu du 14 au 22 août. Elle se conjugua avec les batailles de Lorraine, où l’armée française avait commencé ses attaques dès le 14 août.
La bataille de Sarrebourg
Du 18 au 20 août 1914, celle-ci fera de ce secteur l’un des plus sanglants champs de combats du début de la Première Guerre mondiale. Elle fit en trois jours d’affrontement 10 000 morts dans le camp français et presque autant de combattants allemands laissèrent leur vie dans ce seul secteur. L’État-major allemand souhaitait que l’affrontement ait lieu sur un terrain familier aux troupes de la garnison sarrebourgeoise. Quant aux troupes françaises du général Maud’huy, elles avaient à franchir, entre Sarrebourg et Buhl, un vaste terrain nu, sous le feu des Bavarois. Par ailleurs, certaines unités allemandes s’étaient familiarisées, depuis 1913, avec l’armement des mitrailleuses. Les pantalons rouge garance des soldats français offraient des cibles voyantes à ces nouvelles armes automatiques.
Après la bataille, les victimes des deux camps de belligérants ont été ramassées par les civils réquisitionnés. Les blessés furent dirigés sur des hôpitaux. D’impressionnants chargements de morts entassés sur des charrettes paysannes se dirigèrent en divers lieux d’inhumation, dans des cimetières militaires qui fleurissent un peu partout dans toute la région, et notamment dans le cimetière militaire de Sarrebourg.
La croix de Buhl
Les horreurs de cette bataille sanglante, qui connut son point d’orgue le 20 août 1914, restèrent bien sûr dans les mémoires. Mais ce que la mémoire collective semble avoir privilégié tout autant, c’était un fait exceptionnel, très vite considéré comme une sorte d’évènement à caractère miraculeux. Au cours de la bataille, une croix située sur la route de Sarrebourg à Buhl, érigée en 1875, s’est retrouvée en plein champ de bataille, sur la ligne de feu. Atteinte par un tir d’obus, la croix de bois fut arrachée, alors que l’effigie du Christ, les bras écartés, resta scellée sur son socle. De multiples cartes postales ont été éditées dans les jours qui suivirent les combats. Ces derniers avaient tourné à l’avantage des forces allemandes. Les troupes françaises, sous les ordres du général Maud’huy avaient en effet été contraintes au repli. La croix de Buhl fut photographiée sous divers angles. Parmi les photographies,
on en trouve une restée célèbre, le cliché ayant été pris par le Kronprintz Wilhelm von Hohenzollern en personne. Dominique Richert, fantassin allemand
au 112e régiment d’infanterie, stationné à Mulhouse, avait participé aux premières batailles dans le Haut-Rhin. Son unité fut transférée en ce mois d’août, en Lorraine. Dans "Cahiers d’un survivant3", il relate que son régiment a participé aux combats du secteur de Buhl. Il fut parmi les premiers témoins de l’évènement : « J’eus pour mission, avec un sous-officier et dix hommes, de chercher des munitions à Buhl, afin de remplacer celles que nous avions tirées. À proximité du village se trouvait un calvaire. Un obus avait sectionné le bois de la croix à hauteur des genoux du Christ, arrachant la planche transversale. Le Christ se tenait debout, intact, les bras en croix ». Ainsi cette croix devint très
vite le symbole d’une des batailles les plus meurtrières du début de la Grande Guerre.
L’évènement eut un certain retentissement. Bien des familles accrochèrent une reproduction encadrée de la croix de Buhl dans leur demeure. Outre l’image de la croix, on pouvait y trouver un poème s’efforçant de donner un sens à l’événement. Plusieurs auteurs composèrent ainsi des poèmes en langue allemande sur le sujet. Le poème de A. Schmidlin, que nous reproduisons ci-dessus, est sans doute le plus connu :
La croix sur le camp de bataille
1. Sur le champ de bataille de Sarrebourg
S’élève un monument étrange
Si divinement sublime et clément
Et pourtant empli de douleur
On y voit se dresser solitaire
Le sauveur Jésus-Christ
La croix lui a été fracassée
Mais son image est encore intacte.
2. Les bras élevés en hauteur
Il supplie son père
Ah prend donc pitié,
Oh Père, arrête !
Le sang que j’ai versé
Comme agneau sacrifié pour l’humanité
A-t-il donc coulé en vain
Sur le dur gibet de la croix ?
3. Épargne tes enfants,
Ton Fils répond pour eux
Comme médiateur pour les pécheurs
Avec son propre sang.
Sa croix est certes brisée
Dans cette bataille chaude et sanglante
Il continue cependant inlassablement
La garde toujours fidèle.
4. Même si dans le tumulte de la bataille
La croix est en morceaux
Et si terre et ciel devaient
Sombrer dans l’embrasement du monde
Si tout devait tomber en poussière et s’effondrer autour de nous
Le Sauveur jamais ne mourra
Et son amour non plus.
A. Schmidlin
Ce Christ sans croix se dresse toujours au même endroit4. Il reste le témoin discret et muet de ces journées d’apocalypse.
D’autres combats meurtriers, ceux des cols vosgiens, de la bataille de la Marne, celle de Verdun et bien d’autres viendront s’ajouter à la douloureuse liste de la Première Guerre Mondiale.
Nous avons parfois du désir une représentation corrompue par les objets sur lesquels il lui arrive de se porter obsessionnellement : l’argent, le pouvoir, les biens de consommation… Pourtant, le désir n’est pas l’avidité.
Loin d’être un vice, le désir est le principe même de toute vie et c’est en lui que nous découvrons ce qui a la puissance de nous faire grandir en nous élevant vers les biens les plus hauts. D’un point de vue simplement naturel, le désir est tension vers des biens nécessaires à la vie. L’antilope qui cherche l’eau de la rivière sait que ce qu’elle désire est bon pour elle parce que cette eau est nécessaire à sa survie. Ainsi son désir est déjà un hommage à cette vie qu’elle s’efforce de conserver. Et le plaisir qu’elle éprouve dans la satisfaction de son désir signifie déjà que « cela était bon ».
Désir spirituel du bien
Ainsi, tout désir authentique est tourné vers ce qui est bon. Toutefois, ce qui est bon pour l’homme ne se réduit pas à ce qui lui permet de survivre (manger, boire, dormir…). L’homme est en effet ce vivant qui aspire à autre chose qu’à persévérer tant bien que mal dans l’existence. Il désire une vie bonne, authentiquement humaine, capable de faire grandir en lui ce qu’il y a de plus humain. C’est donc en l’homme que le désir naturel du bon s’élève en désir spirituel du bien.
Un désir humain n’est donc pas une pulsion instinctive. Il n’est humain que lorsque son objet est reconnu par la raison comme condition d’une croissance possible. Manger, boire ou dormir sont indispensables à notre survie. L’amitié, la fraternité, la connaissance, l’amour, la tendresse, la générosité sont indispensables à une vie vraiment humaine. C’est pourquoi il nous faut apprendre à ordonner nos désirs en reconnaissant que les désirs les plus beaux sont ceux qui nous tournent vers les biens les plus élevés, les seuls qui
puissent nous faire grandir.
Oui au plus désirable
Une telle mise en ordre de nos désirs demande de l’exercice. S’exercer, c’est toujours lutter contre des tendances qui nous abaissent en nous jetant dans la pente descendante de nos paresses ou de nos tentations. Tout exercice rend plus fort, et l’exercice spirituel qui nous rend capable de hiérarchiser nos désirs nous rend plus humain. C’est ce qu’on appelle l’ascèse qui ne consiste pas à dire NON au désir, mais à dire OUI au plus désirable, à se disposer à faire l’expérience en nous de plus grand que nous.
Mais le plus désirable, dans nos sociétés consuméristes, est souvent confondu avec ce que convoitent la majorité de nos semblables. La loi du désir mimétique nous fait perdre de vue l’essentiel. Nous avons pris la triste habitude de renverser l’ordre des choses : ce n’est pas parce qu’un bien est désirable que nous le désirons, c’est parce que d’autres le convoitent que nous le jugeons désirable. Étrange renversement de perspective qui nous rappelle que
toute conversion authentique est une conversion, et non une répression de notre désir.
Herrlisheim est une paroisse très ancienne. La christianisation
du village remonte au VIIIe siècle d'après les écrits de 1776 laissés
par l'abbé Philippe-André Grandidier1, bénédictin, historien
strasbourgeois, également historiographe du Roi Louis XVI en
Alsace, auteur notamment de l'Histoire de l'Église et des Princes-
Evêques de Strasbourg.
Rappel historique
En 1277, Herrlisheim possédait déjà une église ; une autre fut reconstruite en 1338, puis en 1483 un nouveau sanctuaire fut édifié, consacré en juillet lors de la fête de saint Arbogast à qui le maître-autel fut dédié. En 1570, Philippe IV de Hanau-Lichtenberg, régnant sur Herrlisheim, avait ordonné à son bailli Florian de Furdenheim, d'interdire la messe et d'imposer la religion protestante à tout le comté.
Chaque seigneur pouvait décider de l'appartenance de ses sujets à telle ou telle confession chrétienne selon le principe consacré par la Paix d'Augsbourg en 1555 « Cujus regio, ejus religio », tel prince, telle religion... Dès 1623, cette église était devenue trop petite. Le culte catholique rétabli en 1687, l'église fut placée sous le patronage de saint Arbogast sans doute sous l'influence du prince-évêque de Strasbourg, collateur de la paroisse. Saint Arbogast, sixième évêque répertorié de Strasbourg dans la seconde moitié du VIe siècle, fut le rénovateur de la vie religieuse ; il oeuvra à la christianisation des habitants notamment dans les zones forestières et montagnardes, et fit construire l'abbaye de Surbourg. Son culte évoluera tant, qu'il sera proclamé patron du diocèse au XVIIe siècle, d'où le lien très profond qui l'unit à ses fidèles. À la fin du XVIIIe siècle, Herrlisheim décida de se doter d'une nouvelle église. Le bâtiment existant fut donc démoli en 1785 et les travaux de construction de la nouvelle église catholique commencèrent en 1786. Elle fut peinte en 1881 et le
choeur dallé. Près de cent ans après sa construction, en 1889, Mgr Pierre-Paul Stumpf consacra l'église au cours d'une visite pastorale.
Dommages de guerre
Cette église fut détruite lors des bombardements de janvier 1945 au cours de l'opération Nordwind. Les combats terribles durant la sanglante bataille de Herrlisheim, lors des violents assauts contre les chars d'infanterie américains, se sont soldés par la destruction de la synagogue, des écoles, de la mairie, de plus de 200 bâtiments agricoles en même temps que celle de près de 80 % des
bâtiments de la commune. Les bombardements intenses (150 obus) eurent également raison de l'église. Elle brûla le 14 janvier 1945. Les murs et une partie de l'entrée résistèrent mais par la suite, le tout fut rasé pour faire place à l'édifice actuel. Dès la fin des hostilités, les offices religieux se déroulèrent dans la salle du restaurant Au Cheval Noir, "de Ràppe" aménagée et mise à la disposition de la paroisse par son propriétaire. En 1946, Herrlisheim se dota d'une église provisoire qui servit jusqu'en novembre 1970, soit 24 ans...
Restaurer l’ancien ou construire du neuf
Après maintes hésitations, le conseil municipal opta pour la seconde solution, la première se révélant trop coûteuse. L'ensemble des travaux a donc été confié à la coopérative de reconstruction des églises et édifices religieux catholiques du Bas-Rhin. L'ancienne église détruite était classée monument historique. Par arrêté du 5 octobre 1962, il a fallu procéder au déclassement
des parties concernées en vue d'une reconstruction moderne. Le monument
commémoratif aux victimes de guerre situé à côté de l'église ainsi que la sculpture placée en face ont été réalisés dans les blocs de grès des colonnes de l'ancienne église en ruines. Le projet des architectes Bertrand Monnet et Fernand Guri fut retenu par le comité supérieur des architectes, la commission
d'art sacré, le conseil municipal et le conseil de fabrique. Mgr Jules Billing, délégué de l'évêque et président de la coopérative de reconstruction, posa la première pierre en juin 1965 pour un édifice de 600 m² pouvant accueillir 850 personnes au total, soit 680 places dans la nef et 170 places dans la chapelle.
Le maître-autel et la grande croix sont de Philippe Kaeppelin, sculpteur de réputation internationale grand spécialiste du mobilier liturgique, les fonts baptismaux d’Irène Zack, mosaïste, sculpteur sur pierre et marbre d'origine russe. Pierre Chavignac a conçu le tabernacle et l'autel de la chapelle de semaine. Les vitraux sont l'oeuvre de Gérard Lardeur3 maître-verrier et sculpteur sur métal.
Conçus dans des tons harmonieux et délicats, ce qui a été relevé par la Commission d'Art Sacré, ils incluent des volumes et structures métalliques créant des reliefs qui entrent dans les différentes compositions. Ils ont été réalisés pour éviter les transparences dans la partie basse des verrières, empêcher l'éblouissement à toute heure de la journée, et assurer une isolation thermique. Les cinq cloches baptisées "Trinité", "Marie", "Joseph", "Arbogast" et "les Anges" ont été bénies en mai 1966 à la demande de l'évêché, par le curé Albert Heitz d'Uhrwiller, aîné des prêtres originaires de Herrlisheim, en présence du curé Camille Haegeli, de nombreux ecclésiastiques et religieuses
ainsi que des autorités civiles locales.
Consécration
Mgr Léon-Arthur Elchinger, évêque de Strasbourg, consacra la nouvelle église le dimanche 15 novembre 1970, lors d’une messe concélébrée par les 13 prêtres originaires de Herrlisheim, tous les vicaires ayant exercé dans la commune, le curé Camille Haegeli, le vicaire Gérard Bauer, en présence du sénateur-maire de Herrlisheim, Michel Kistler.
En août 1971, l'évêque Mgr Jean-Julien Weber célébra la cérémonie d'inauguration du nouvel orgue à console mécanique indépendante de Kurt Schwenkedel. Consacré à saint Arbogast, ce bel édifice que le défunt curé Léon Oberlé appelait affectueusement "la Cathédrale du Ried", représente beaucoup plus qu'un simple lieu de culte. On dit dans nos campagnes que l'on met toujours l'église au milieu du village et que l'on construit autour ; c'est bien vrai tant l'image de notre clocher coïncide avec la place principale, coeur du village, lieu à partir duquel on s'oriente et on se dirige.
L’église n'est pas seulement un lieu de culte qui permet de réunir les habitants autour de la célébration spirituelle de leur foi, mais aussi un lieu de rassemblement, d'animation, de rencontres culturelles, un lieu de réflexion où chacun peut trouver le silence et où chacun peut entrer, quelle que soit sa religion. Témoin de notre histoire, elle accompagne et rythme la vie de notre communauté.
Le Nouveau Messager et Carrefours d’Alsace ont demandé aux paroissiens, via un questionnaire, ce qu’ils désiraient dans les dix années à venir pour la société française, l’Église, leur famille et pour eux-mêmes. Nous avons reçu une quarantaine de réponses émanant la plupart du temps de personnes engagées dans l’Église. Beaucoup de réflexions se rejoignent.
Que désirez-vous pour la société française ?
Les personnes interrogées attendent en général beaucoup des hommes et femmes politiques de notre pays : « une plus grande responsabilisation » pour ce professeur retraité et membre du Directoire de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Moselle ;
« qu’ils enrayent les fractures sociales » d’après ce retraité de Grandfontaine, conseiller presbytéral. Les responsables non seulement politiques mais aussi économiques sont invités à placer l’humain au centre de leurs décisions, plutôt que l’argent. Quelques-uns, en rappelant la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité », aimeraient que ces valeurs soient plus visibles dans notre société.
« Je désire passer du chacun pour soi (…) à une société de relations ou l’autre
n’est pas vu uniquement comme un « objet » de satisfaction » nous dit cet enseignant de Haguenau.
Cependant, la plupart des gens n’attendent pas tout des dirigeants. Ils appellent, comme ce collaborateur de cabinet auprès d’un élu local, au « sens de la responsabilisation individuelle et collective ».
D’autres souhaitent élargir la réflexion au monde et pensent aux inégalités et notamment à la souffrance des migrants. Les questions environnementales reviennent assez régulièrement aussi. « Je désire une société responsable quant à l’écologie et l’avenir de la planète » plaide ce médecin à la retraite de Berrwiller.
Plus généralement, les personnes sondées souhaitent plus de générosité, de justice et de tolérance.
Que désirez-vous pour l’Église ?
Beaucoup de personnes demandent aux autorités religieuses de donner plus de place aux paroissiens de la base dans le processus de décisions. « Une ministérialité instituée et ordonnée de laïcs » selon une réflexion des groupes Jonas. Les sondés pensent aussi que le langage ecclésial n’est pas toujours compréhensible ni adapté au monde actuel. Ils parlent, comme cette Haguenovienne qui participe à l’animation liturgique, de « célébrations eucharistiques coincées dans le rituel qui perd tout son sens (…) les chrétiens sont parfois largués dans le dédale du droit canonique (…) ».
Cet enseignant de Haguenau désirerait que l’Église « soit Parole pour des croyants et des incroyants ». Il revient souvent dans les réponses la demande d’une Église plus ouverte aux exclus et aux petits et davantage en lien avec la société. « Sans juger, sans classer » pour ce président du conseil de fabrique de Rosheim. « Qu’elle ose, au-delà des pratiques rituelles, le défi de la solidarité jusque dans la proximité quotidienne » explique cette intervenante en religion et à la préparation au mariage.
Cette coopératrice de la pastorale de Roeschwoog aimerait, par exemple, que l’Église soit « plus tolérante par rapport aux personnes divorcées remariées ».
Certains d’entre eux encouragent la prêtrise des femmes. La plupart des sondés encouragent le dialogue oecuménique et interreligieux et parlent « d’unité dans la diversité ».
La plupart des personnes qui ont répondu à ce questionnaire ayant dépassé la quarantaine, sont nombreux à s’interroger sur la transmission aux jeunes. Cette paroissienne de Rustenhart souhaiterait que l’Église « réapprenne la foi aux plus jeunes, et qu’elle essaie davantage de les motiver pour leur participation. »
La réorganisation de l’Église revient aussi dans quelques réponses : ce coopérateur pastoral de Vieux-Thann se demande si, dans le milieu rural où toutes les communautés de paroisses ne trouveront peut-être pas les moyens de renouveler leurs responsables, « des communautés plus petites, plus chaleureuses et plus rayonnantes » ne seraient pas plus adaptées.
En parlant « du culte systématique pour cinq à dix paroissiens du dimanche », cette conseillère presbytérale de Heiligenstein aimerait que « nous réfléchissions ensemble à de nouvelles formules à tester. »
Que désirez-vous pour votre famille ?
De nombreux témoignages mettent en évidence la volonté d’unité au sein de leur famille même si elle est éclatée du fait des contraintes professionnelles et familiales (remariage) et malgré la diversité des membres qui la composent. Beaucoup aimeraient en effet que chacun accepte l’autre tel qu’il est. « Que les différents formats de famille soient reconnus et non jugés » espère cette responsable d’animation liturgique d’Haguenau.
Maintenir la solidarité est importante, de même que « les bonnes relations entre les générations » selon cette paroissienne de Rustenhart. Les personnes souhaitent également voir leurs enfants et plus généralement leur famille s’engager pour les autres. « Que chacun soit responsable de ses choix et les assume » pour cet aumônier d’hôpital de Roeschwoog.
Les personnes interrogées sont inquiètes face au chômage et la maladie et aspirent à ce que leur famille continue à vivre dans un monde en paix et libre. Elles espèrent aussi « que [leurs] enfants et petits-enfants puissent continuer à grandir dans leur foi » comme ce professeur retraité, grand-père de trois petits-enfants.
Que désirez-vous pour vous ?
Le mot « bonheur » apparaît souvent, de même que l’envie d’engagement, de spiritualité et d’ouverture aux autres. « Apporter ma pierre, même modeste, à la construction de l’avenir » nous dit ce Strasbourgeois, membre de conseil pastoral.
Ce président du mouvement chrétien des retraités du Bas-Rhin d’Ittenheim veut garder la « FUN attitude » : « distinguer le Futile de l’Utile et ce qui est Nécessaire ».
Fabienne Delaunoy, journaliste au Nouveau Messager
Le mariage de Louis XV en la cathédrale de Strasbourg
Peu de strasbourgeois se souviennent que le 15 août 1725, leur cathédrale a été le témoin d’un évènement historique exceptionnel, à savoir le mariage du roi Louis XV.
Pourquoi faut-il absolument marier le roi Louis XV ?
En 1725, le roi Louis XV est un adolescent de 15 ans, puisqu’il avait cinq ans à la mort de son arrière grand-père, le roi Louis XIV, en 1715. Son mariage constitue une urgence, car il est le dernier vivant de sa branche et son décès entraînerait la transmission du trône au duc d’Orléans, fils du Régent, décédé deux ans plus tôt. Certes, le roi est bien fiancé à la fille du roi Philippe V d’Espagne, elle aussi arrière-petite-fille de Louis XIV, mais celle-ci est encore une enfant de sept ans et il faudrait attendre plusieurs années avant qu’elle ne puisse donner un héritier à Louis XV. La décision est prise de la renvoyer chez son père et de trouver une autre épouse au roi. Sur plusieurs dizaines de princesses européennes envisagées, beaucoup sont éliminées comme étant trop âgées, trop jeunes, de confession luthérienne ou orthodoxe. Le choix se porte finalement sur Marie Leszczynska, fille de Stanislas Ier, qui a régné en Pologne entre 1704 et 1709 mais qui en a été détrôné.
Certes, le parti n’est pas prestigieux car la Pologne est une monarchie élective à laquelle la famille Leszczynski n’a donné qu’un seul et éphémère roi. La dot est chiche, car le roi Stanislas est un exilé assez démuni, mais sa fille a 22 ans, ce qui garantit des naissances rapides et constitue le principal critère recherché.
Le mariage à Strasbourg
Après s’être réfugié dans le Palatinat, le roi Stanislas et sa fille se trouvent établis à Wissembourg depuis 1719. Ils sont donc déjà dans le royaume de France. Or, traditionnellement, la princesse étrangère que le roi de France épouse se trouve accueillie aux frontières du royaume, où elle se dépouille de tout ce qui vient de son pays, que ce soit ses femmes de compagnie ou même
ses vêtements, pour être confiée à la Maison de la Reine, groupe d’officiers
et de domestiques composé à son intention. C’est ce rituel que connaîtra la jeune Marie-Antoinette d’Autriche lorsqu’elle traversera le Rhin entre Kehl et Strasbourg en 1770 pour épouser Louis XVI.
La cité de Wissembourg étant trop modeste, il est décidé que Marie Leszczynska deviendra reine de France à Strasbourg à travers son mariage, avant de rejoindre son époux en cortège royal. Il semble que la localisation alsacienne de la cérémonie ait également été choisie pour des raisons politiques : attacher à la couronne de France la population d’une province fraîchement conquise. De plus, la cathédrale de Strasbourg constitue un cadre splendide pour un tel évènement. Le contrat ayant été signé le 9 août 1725 à Versailles, la date du 15 août est choisie pour la cérémonie.
La fiancée rend ainsi hommage à la Vierge Marie, qu’elle vénère particulièrement, en la fête de son Assomption, qui se trouve être la fête patronale de la cathédrale de Strasbourg.
Un mariage par procuration
Le mariage par procuration, pratique assez courante pour les mariages royaux de l’époque, présente l’avantage de permettre un mariage rapide sans pour autant obliger le marié, en l’occurrence le roi, à se déplacer. Rappelons que les voyages de l’époque sont sans commune mesure avec ceux d’aujourd’hui. Le duc d’Orléans, celui-là même qui aurait tout intérêt à ce que la femme de Louis XV n’ait pas d’enfants, est chargé de représenter le roi au mariage par procuration, en sa qualité de premier prince du sang. Quant au prélat chargé de recevoir les consentements, il s’agit du cardinal Armand-Gaston de Rohan, prince évêque de Strasbourg depuis 1704, cardinal depuis 1712, grand aumônier de France depuis 1713 et qui est entré au conseil de Régence trois ans plus tôt, aux côtés du duc de Bourbon, principal instigateur du mariage avec la princesse polonaise. Certains le disent fils naturel de Louis XIV, ce qui en ferait un grand-oncle du marié…
La cérémonie à la cathédrale
En 1725, le choeur de la cathédrale se présente depuis quelques décennies dans une nouvelle disposition : le jubé a été détruit en 1682, un an après le retour de la cathédrale au culte catholique ; un monumental autel à la romaine a été élevé à la croisée du transept, avec un baldaquin rappelant le style de Saint-Pierre de Rome et surmonté d’une couronne ; les stalles des chanoines ont été déplacées au fond de l’abside. Par ailleurs, des galeries ont été aménagées entre les piliers délimitant le choeur, pour servir aux chantres et aux musiciens.
La fiancée est accueillie au grand portail par le cardinal de Rohan, entouré de quatre abbés mitrés et de l’évêque de Spire, diocèse dont dépend Wissembourg. Le cardinal harangue la princesse en l’invitant à entrer dans la cathédrale, de laquelle les protestants ont été exclus. Marie Leszczynska s’agenouille sur un prie-Dieu couvert d’un tissu de velours semé de lys d’or.
Selon le Rituel alors en usage, le duc d’Orléans passe d’abord au doigt de la fiancée l’anneau béni par le cardinal et lui remet symboliquement treize pièces d’or. Le cardinal pose aux deux fiancés la question rituelle, à cela près que le texte tient naturellement compte de la procuration : « Monsieur le duc d’Orléans, prenez-vous au nom du roi de France la princesse Marie pour épouse ? ». « Marie, je vous prends au nom du Roi comme ma femme et légitime épouse ».
À ce moment précis, la princesse polonaise est devenue reine de France et c’est comme telle qu’elle reçoit les honneurs des gardes présents. La messe se poursuit jusqu’à la communion et la cérémonie s’achève par un Te Deum, avant la signature des registres.
Départ pour Fontainebleau
La nouvelle reine doit rejoindre au plus vite son époux. Le cortège quitte l’Alsace, avec plusieurs carrosses pour la suite et de nombreux fourgons pour les bagages. Le roi Stanislas rejoint par surprise sa fille à Saverne pour l’embrasser encore. Le roi, qui a reçu l’écho de la cérémonie par des courriers, a grande hâte de rencontrer son épouse, mais il devra patienter le temps d’un voyage de trois semaines dans la pluie et dans la boue, au point qu’il faudra faire une fois appel à de robustes paysans pour sauver le carrosse royal qui s’enfonce dans un véritable cloaque. La nouvelle reine attend de voir son époux en contemplant un portrait en miniature qu’il lui a fait parvenir.
Chaque village et chaque ville traversés permettent à la population locale d’acclamer sa nouvelle reine. C’est seulement le 4 septembre que le cortège parvient à Fontainebleau où se célèbre dès le lendemain une deuxième cérémonie de mariage, cette fois en présence des deux époux.
Au Musée Unterlinden de Colmar, une figure féminine éveille en moi une profonde sympathie : la Marie-Madeleine de Lucas Cranach, dans sa Crucifixion, réalisée en 1515-1520. Avec Marie et Jean, Marie-Madeleine (fêtée le 22 juillet) est au pied de la croix, bien reconnaissable à son joli pot de parfum, posé devant elle au sol. Je voudrais ici la regarder en sa beauté, sa bienveillance et sa force de résilience.
Bien sûr, Marie-Madeleine est belle. Marie-Madeleine est toujours belle !
Mince, le corps bien structuré, elle se tient droite sans raideur. Elle porte une robe stricte presque austère, qui cependant met en valeur sa féminité, par le choix du matériau, la coupe et les couleurs. L’habit associe fourrure et tissus précieux. Le col montant, le bustier près du corps, la taille serrée contrastent avec la jupe d’ample tombé, exact, ce que souligne la répartition des couleurs. Il y a toute la majesté du vêtement sombre que magnifient d’audacieuses bandes rouge et or. Les cheveux sont travaillés en une coiffure sophistiquée,
comme maillée, tressée de perles, à la façon de la Renaissance.
Attentive à Marie
J’aime ici la sollicitude de Marie-Madeleine à l’égard de la Vierge. Ces deux femmes, qu’ont-elles de commun ? L’une est depuis toujours sage, pudique, lumineuse et recueillie ; l’autre, autrefois travaillée par des forces obscures, fut non pas une prostituée mais une personne tout à fait bizarre, qui demeure quelque peu déconcertante. Marie est mère, Madeleine femme seule.
Les représentations artistiques les habillent tout autrement et c’est une façon de dire leur différence : Marie est plus sobre en ses atours, beaux presque à son insu, tandis que Madeleine a toujours des habits d’une élégance très recherchée. Souvent, dans la vie quotidienne, ces deux types de femmes ne s’estiment pas, ne s’entendent pas, ne se fréquentent pas. Or, notre Madeleine va vers Marie. Elle se fait du souci pour elle. Elle a mal pour elle. Elle s’est placée tout près d’elle, presque épaule contre épaule. Sa main, ouverte et levée, orientée vers Marie, atteste qu’elle lui parle doucement.
Et la mère, les yeux rivés au sol, écoute. Si elle le peut, ainsi, au pied de la croix où pend son fils mort, c’est que la parole de Marie-Madeleine est ajustée, supportable, voire désirable.
Malgré le deuil
Cette sollicitude à l’égard de la mère émeut d’autant plus que Marie-Madeleine est elle-même profondément malheureuse. Sa détresse est celle des disciples, reconnue en monde juif comme le plus grand des deuils, dont Emmanuel Levinas nous donne quelque écho : « La mort du maître (…) Suprême désespoir : à qui pourrai-je désormais poser les questions ? » Marie-Madeleine ne sera pas loin d’en redevenir folle, comme l’atteste son comportement au matin de Pâques, dans le jardin, avant la rencontre avec le Ressuscité pris pour le jardinier.
Cette femme en présence du chagrin de la mère parvient à sortir de l’enfermement, tout naturel, de son propre chagrin. Elle est capable de voir, de sentir, et de manifester de l’empathie à l’égard de l’autre. Magnifique ! Cela dit à quel niveau spirituel elle vit. Cette beauté, Marie-Madeleine nous la donne, au milieu de l’horreur de la Passion, pour notre propre résilience. Sait-elle qu’elle est, ce faisant, tout à fait dans la mouvance de son Maître ?
Quelques heures plus tôt, en son dernier repas, Il a tendu le vin dans une coupe, le plus beau des objets, conçu pour la célébration, quoi qu’il advienne.
Évelyne Frank (www.evelynefrank.fr)
En grec ancien, le mot poisson s’écrit Ichthus. C’est aussi l’acronyme de Jésus, Christ, Fils de Dieu, Sauveur. À Brumath, Ichtus est un temps fort pour les familles ! C’est une messe intergénérationnelle suivie d’une soirée Jeunes. Reportage !
Pourquoi le signe de croix ? Quel est le sens du pain et du vin ? Beaucoup n’en ont aucune idée ! Pour y voir plus clair, « on se réapproprie le sens, les symboles » souligne Nathalie, une des organisatrices. De fait, chaque messe Ichtus met en valeur un thème.
La messe Ichtus
Ce 14 mars, c’est le thème du Père qui est à l’honneur. On est saisi par la beauté de la célébration : des musiciens jusqu’à la décoration, rien n’est laissé au hasard ! Aux manettes de l’organisation, il y a « une équipe d’amis très soudés à la base » précise Candide, organisatrice. Quant au Père Christophe Lamm, sa parole percutante fait mouche : « Vous avez un Dieu qu’on appelle Père ! Prier, c’est être en confiance face à un Père plein de tendresse. On peut Lui confier nos joies, nos soucis. Pendant le Notre Père, que notre coeur soit vraiment en train de parler au Père de Jésus ! ». Des démarches permettent de créer un esprit d’appartenance, de revenir aux fondements de la foi. Les jeunes en chemin vers la confirmation ont ainsi reçu un tuteur et une bénédiction particulière. Intergénérationnelle, la messe s’adresse à tous : enfants, ados et adultes.
Annie, maman de jeunes préparant leur première communion, est fidèle à ce temps fort, elle qui nous a confié : « Nous, on ne va qu’à la messe Ichtus c’est plus moderne » !
Ichtus pour les ados
À l’issue de la messe, des ados se réunissent pour partager un repas, une catéchèse et un temps de prière. Cela crée des liens et un esprit de fraternité. Ils sont nombreux à se rassembler : « 30 jeunes qui viennent ici librement, ce n’est pas rien ! » signale Nathalie.
Et les ados, qu’en pensent-ils ?
« On rigole, on fait des jeux…. tout le monde est souriant » précise Jean, tout en se régalant d’un hamburger. Un avis partagé par Arthur, habitué du groupe : « On s’amuse. Je fais des rencontres… Je suis ici pour faire profiter les autres de mon expérience ».
Ichtus pour les enfants
en chemin vers la première communion Chaque mercredi suivant la messe, les enfants se rassemblent pour faire mémoire de la célébration et vivre une catéchèse adaptée. « J’adore faire cela » me déclare Catherine Bauer, enthousiaste animatrice. Et c’est parti pour un après-midi bien rempli. Entre la projection d’un dessin animé pour susciter le débat et les jeux en petits groupes, les enfants n’ont pas le temps de s’ennuyer une seule seconde. C’est le cas de Ryan, « On apprend comment pardonner et ce n’est pas toujours facile de pardonner… Ici on apprend le parcours de Jésus. Il fait des miracles. Jésus est impressionnant » conclut-il.
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Les messes et soirées Ichtus ont lieu tous les 2e samedi du mois de l’année scolaire à l’Église de Brumath.