#danslavilleblanche https://www.instagram.com/p/CWQ7GoGMddq/?utm_medium=tumblr
seen from China
seen from Russia

seen from France

seen from Italy
seen from United States

seen from United States
seen from China
seen from United States

seen from Netherlands
seen from China
seen from India

seen from Singapore
seen from Taiwan
seen from Maldives

seen from Netherlands
seen from China

seen from Australia
seen from United States

seen from United Kingdom
seen from Netherlands
#danslavilleblanche https://www.instagram.com/p/CWQ7GoGMddq/?utm_medium=tumblr
Bruno Ganz (1941-2019) Alain Tanner, Dans la ville blanche, 1983
#danslavilleblanche https://www.instagram.com/p/B8g8d9nJNI3/?igshid=qdnx1kno0xd7
#danslavilleblanche https://www.instagram.com/p/BrXrdJTlfOL/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=16pwmpgeb4ilh
Alain Tanner, Dans la ville blanche, 1983
Mes films n’ont jamais pour origine le désir d’une histoire, mais plutôt le désir d’un ou de plusieurs personnages. Tout part de là. Il convient donc de ne pas se tromper lorsqu’un acteur doit venir incarner le personnage. Parfois le choix s’impose de lui-même, et l’acteur existe avant le personnage. C’est lui et personne d’autre. Je n’aurais jamais pu tourner "Dans la ville blanche" si Bruno Ganz avait refusé, alors que je n’avais qu’une très vague idée de ce que serait le film.
Alain Tanner, Ciné-mélanges, Éditions du Seuil, 2007
#danslavilleblanche
J’ai dit ailleurs que l’une des conquêtes les plus essentielles de la modernité, c’est le travail sur la durée du plan. Alors que nous tournions Dans la ville blanche à Lisbonne, il nous est arrivé tout à fait au hasard une petite aventure qui est liée à cette question, celle de la durée, et qui est aussi exemplaire que mystérieuse. Nous étions dans le décor principal du film, la chambre d’hôtel de Paul (Bruno Ganz) qui comprenait deux grandes portes-fenêtres donnant sur le Tage. Ce jour-là, il y avait beaucoup de vent. Quelqu’un ouvrit la porte du décor, créant un violent courant d’air qui traversa la pièce. L’une des portes-fenêtres était ouverte, et le rideau était tiré. C’était un grand et lourd rideau couleur bordeaux. Avec le vent, il se mit à bouger, faisant de grands mouvements, aspiré à l’extérieur et revenant violemment à l’intérieur de la chambre. C’était très beau. Si le terme « érotisme du paysage » avait un sens, il le prenait pleinement à ce moment-là. Un seul coup d’œil entre Acacio de Almeida, le chef opérateur et moi, suffit à nous comprendre. Ce rideau, il fallait le filmer. Acacio cadra la fenêtre et mit la caméra en marche. Nous regardions, fascinés, la danse et le rythme du rideau dans ses allers et retours. Combien de temps fallait-il filmer cela ? Il ne se passait rien d’autre. Ni acteurs ni texte, rien. Simplement le rideau, et la rumeur lointaine du port à travers la fenêtre. Acacio et moi, nous nous lancions quelques coups d’œil, qui signifiaient : on continue. Après une minute et demie, on décida de couper. Regardez vos montres, une minute et demie, lorsqu’il ne se passe rien d’autre qu’un rideau qui danse dans le vent, c’est très long au cinéma.
Alain Tanner, Ciné-mélanges, Éditions du Seuil, 2007