On quitte le monde des psychismes humains pour entrer en communication avec des mondes non humains ou infrahumains. Lorsque Duras invoque la solitude qui accompagne l’acte d’écrire, elle s’interrompt pour décrire la mort d’une mouche, mais comme si justement c’était cela l’acte d’écrire, créer une âme pour la mouche qui lutte contre la mort. Suivant la terminologie de Souriau, l’insecte insignifiant (tonique) est élevé à une sorte de destin épique (dominante), suivant un « principe d’agrandissement », produit à travers l’acte d’écrire. Par quelle communication secrète, inavouée donne-t-on âme et vie aux plantes, aux minéraux ?
David Lapoujade, Les Existences moindres, Les Éditions de Minuit, 2017













