KICKBOXER - RETALIATION (2017) En 2016, la franchise KICKBOXER -initiée en 1989 avec un jeune JCVD en premier rôle- a eu droit à un reboot: inévitable initiative, à laquelle le catcheur Dave Bautista -GUARDIANS OF THE GALAXY (2014-2017) et SPECTRE (2015)- s’était joint pour incarner Tong Po, le bad guy de cet opus du “renouveau”. Je vous laisse voir ce KICKBOXER - VENGEANCE (2016) pour vous faire un avis, la saga originale disposant de cinq épisodes -dont deux réalisés par Albert Pyun -qui avait aussi travaillé avec JCVD pour l’excellent CYBORG (1989)- s’étalant de 1989 à 1995: cette série de films est culte pour bon nombre de pratiquants de sports de combat, à l’instar de l’énorme BLOODSPORT (1988). Un pan du cinéma trop souvent montré du doigt car considéré comme “non cérébral”, bien qu’une certaine “philosophie du combat” soit la thématique directive des longs-métrages KICKBOXER: une bonne raison également pour voir la carrière atypique de l’acteur Sasha Mitchell -le Cody Lambert du sitcom familial STEP BY STEP (1991-1998), plus connu chez nous sous le patronyme de NOTE BELLE FAMILLE-, lui-même protagoniste principal des KICKBOXER 2, 3 et 4 et incarnant David Sloan, frangin du Kurt Sloane campé à la base par JCVD. Après la tentative de Mark Dacascos de relancer la licence avec un KICKBOXER 5 relativement inutile, il aura fallu 11 ans pour retrouver cet univers de pure baston, faite de muay-thaï et de VENGEANCE: destiné à durer, le reboot plaçait cette fois-ci JCVD dans la peau de l’entraîneur du “nouveau” Kurt Sloane, qu’on retrouve bien sûr dans ce KICKBOXER RETALITATION. Suite directe de VENGEANCE, RETALIATION force la curiosité, de par son casting alléchant de nouvelles têtes: Mike Tyson, Christophe® Lambert (qui américanise son blason en CHRIS LAMBERT dans les trailers), Hafþór Júlíus Björnsson -”La Montagne” dans le tv-show GAME OF THRONES (2010-2017)- et… le footballer Ronaldhino, qui lui n’aura aucune ligne de dialogue et servira à entraîner Sloane à esquiver, la pratique improbable se déroulant dans les couloirs d’une prison thaïlandaise en lui lançant des ballons de foot à la figure (on n’en parlera pas). Une agrémentation conséquente non négligeable, autant kitsch qu’alléchante: les événements de ce KICKBOXER - RETALIATION se déroulent donc un an et demi -dans la storyline- après VENGEANCE, avec un opening raté. Kurt Sloane et sa donzelle s’adonnant à une danse valse/tango-électro dans un train en marche, scène à laquelle s’ensuit une séquence de course-poursuite avec des vilains armés: par une astuce de montage, on revient finalement à la réalité pour que RETALIATION pose les fondations de son scénario. Drogué puis enlevé par un certain Mr. Moore (Lambert), Sloane se réveille en Thaïlande après son kidnapping, contraint à accepter un combat non-officiel l’opposant à Mongkut, incarné par le monstrueux Hafþór Júlíus Björnsson: mais avant cela, il va falloir s’entraîner. RETALIATION, conscient de son héritage, va justement appliquer à la lettre les codes de la saga KICKBOXER, de la pose mythique de JCVD (devenant le second “T” du titre du film) à cette ambiance dépaysante propre à la Thaïlande, Mecque de tout pratiquant de sport de combat. Évoluant dans cette prison suite à son arrestation sur le territoire asiatique car désigné comme meurtrier (Tong Po étant mort dans VENGEANCE), Kurt va avoir la chance de retrouver Durand (JCVD), devenu aveugle à cause de Mr. Moore (parce qu’il est très méchant), pour l’aider à se surpasser et atteindre le niveau nécessaire pour défaire Mongkut. Forcément, la miss Sloane se rendra en Thaïlande pour jouer le rôle de la princesse enlevée, un argument supplémentaire pour Kurt d’éclater son musculeux rival. Fouetté, battu, il devra à la fois travailler sa technique et en apprendre de nouvelles, aux côtés d’un Mike Tyson sympathique par exemple. RETALIATION se regarde sans mal, malgré deux séquences ratées forçant les acteurs à se battre sur le toit d’un train en marche: avec 13 millions de dollars de budget, on déplore ces écrans verts du pauvre, horribles et agressifs pour la rétine. Hormis ça, le constat est honorable, toutes proportions gardées, le film se focalisant sur le respect de cet héritage pesant presque trente années: la ligne directrice s’axe sur le combat, le réapprentissage, l’enjeu étant ici différent de la simple vengeance familiale. L’aspect nanar est de mise, comme en témoignent les lieux -prison, temple, arènes illégales- où les méchants déclament à cœur-joie (Lambert encore) et les figurants jouent le jeu: éclairages colorés inappropriés et dialogues sans grande inventivité achèvent le tableau, plaçant KICKBOXER RETALIATION dans la case série B des nostalgiques du bon vieux temps des années 80. Un effort est fourni, décelable parfois grâce à de jolies méthodes filmiques, comme cette caméra suivant le long combat de Kurt contre ces prisonniers qui veulent sa peau, commençant à l’intérieur du bâtiment pour se poursuivre en extérieur et intégrant les décors à même la baston -l’échafaudage de chantier-. Sans atteindre le prestige d’un gros blockbuster, on se réjouit de cette suite du reboot de 2016, qui tente du mieux qu’elle peut de réconcilier ses fans avec son casting tout à fait approprié: on approuve cette démarche honnête, qui persiste à s’inscrire sur la durée. On espère un troisième volet aussi agréable, plaisir coupable -JCVD en vétéran aveugle et fumeur de pipe est un régal- bien moins odieux que d’autres productions actuelles. Alain Moussi est tout à fait crédible en Kurt Sloane, plus cascadeur qu’acteur -et c’est ça qu’on lui demande- et on lui souhaite une longue carrière. Baston! THAÏ FIGHT /20












