Nage Lente
Mon âme contre toi devient un soleil bleu cet astre d'océan dont la houle rayonne elle nage pour te chauffer te remuer, faire trembler la terre où tu habites, embrassée jusqu'aux yeux, entre ton cœur et ta bouche entr' ouverte, jusqu'à l'entrecuisse s'humidéfiant d'accueillir aride ma curiosité
Je t'embrasse en pluie mordue pour sceller tel un secret notre livre, toujours réécrit, de nos péchés intimes délicieux vices arrosant ta peau granulée par mes gouttes
chaudes je descends en rappel ta peau de tendresse d'aspérités bestiales sur tes flammes liquides faisant naturellement couler pour me désaltérer je descends te boire comme incendiaire, pyromane de ton eau vent sur ton sable balayé par mes souffles doigté, léché, caressé, pén- -étré entre les dunes, le pli de ton monde je descends encore
j'ajoute ma ceinture défaite aux serpents sonores que tu lâches quand tu halètes ils mordent, m'enveniment m'amènent au pourpre du sol aux brisures de ta montagne
Tu en saisis ma peau de cuivre partout sur elle tes dents, tes griffes ouvrent, éventrent les laves dévalant dans mes veines des pensées musclées par la pénétration, qui jaillissent entre tes dents, entre tes griffes quand je m' enfouis dans ton être, entre tes lèvres je nage je descends en nage lentement, au rythme de notre corps unifié devenu soleil-oasis, où tu bois, où je nage sur ta langue où je me noie dans les profondeurs cachées Quand tes mots en rappel remontent
Quand je descends mordre la pulpe de ton âme
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