Louise Sartor at Le Consortium

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Louise Sartor at Le Consortium
La disparition occupe une place centrale dans plusieurs œuvres de Felix Gonzalez-Torres. Ainsi les Stacks, piles de feuilles de papier de grands formats, sont destinées à être épuisées par le pillage progressif de l'œuvre par le spectateur, qui peut en emporter avec lui les éléments constitutifs. Littéralement abandonnée, dans le sens d'un abandon fatigué, désespéré, érotique, l'œuvre remet son sort entre les mains de l'autre. Effet pervers, le geste s'inscrit dans une parfaite connaissance des mécanismes contemporains de communication : emporter l'œuvre pour ce qu'elle est, c'est aussi emporter, parfois accidentellement, son sens. Les larges feuilles de papier sont effectivement imprimées d'un court texte, une phrase, un mot. Parfois seulement leur titre habille l'œuvre : Untitled (National Front) est une pile de feuilles rouges bordées de blanc. La disparition progressive de l'œuvre sera parfois déjouée, gratuitement, avec une injustice et une prodigalité dont la mécanique est au cœur même de la vie. Autorisant des "copies sans fin" (endless copies), l'œuvre affirme ainsi un modèle et son contraire, comme ces deux stacks présentés en 1989 portant, l'un, la mention Nowhere better than this place, et l'autre, Somewhere better than this place. L'œuvre se régénère de son propre épuisement : invincible elle ne craint aucune diminution, ne redoute aucune mort, aucune extinction. Son principe personnel crâne devant ceux de la vie, Gonzalez-Torres explique que l'idée de ces pièces est précisément concomitante d'une époque où il était en train de perdre quelqu'un. L'œuvre montre à la vie le mépris qu'elle entretient pour la faiblesse de ses systèmes. À l'occasion de son exposition à la galerie Andrea Rosen en 1990, Felix Gonzalez-Torres avait écrit ce texte qui tenait lieu de dossier de presse : l've been trying to work on the press release... I feel that this particular installation is about vulnerability, about having nothing to lose, about the possibility of renewal through the re-contextualisation of each piece every time it's taken by the viewer. It is also a comment on the passage of time and on the possibility of erasure and dissapearance, it is about the poetic of space, presence and beauty of chance. The same chance that makes love possible. lt is about lite in its most radical definition or demarcation : death. Like all art, it is about leaving this place for another place, maybe better than this place. — Eric Troncy, 1993.
circa 2008-2011. Extraits de travaux/textes de brouillons universitaires persos sur les artistes et l’exposition (Artists: ways of displaying the world.) WARNING: A ne pas reproduire. textes de brouillons.
visuels: siberia, composit, ozone.
adrien missika, a dying generation @ the seabass, fondation d'entreprise ricard, paris, france, www.fondation-entreprise-ricard.com
un lissage, une sorte de valeure moyenne
Eric Troncy, à propos du travail de Xavier Veilhan, in Beaux-Arts magazine 164 1998
"Il va falloir expliquer aux gens dans 20 ans le contexte dans lequel on peut aujourd'hui voir le travail de John Currin comme étant un travail fantastique. Il va falloir que quelqu'un se demande dans quel contexte apocalyptique, ce genre de travail était possible, à quel point il correspondait à des désirs en creux."
Philippe Parreno, cité par Eric Troncy lors de “Peinture Parlée”, Centre Georges Pompidou, 2009
"Il pense qu'il est un génie parce qu'il a mis de la moquette rouge au sol..."
Éric Troncy talking about Philippe Parreno, at the occasion of "Peinture Parlée", Centre Georges Pompidou, 2009