Notes. Effondrement - Déni
Dès 1975, des données scientifiques démontrent l’accélération du réchauffement du climat provoquée par l'activité humaine. Nous savons depuis longtemps que suite aux changements du climat notre civilisation fera face à un bouleversement imminent et que nos institutions seront très sollicitées (santé publique, infrastructures, autorité… ).
Mais même si l’information présage un effondrement de notre civilisation, la réaction des dirigeants comme du peuple est plutôt tiède. Pour le moins, elle a totalement manqué d’efficacité.
En bonne partie, par déni. (Parce que le déni de la réalité est aussi une stratégie de survie).
Considérons deux sortes de dénis (Stanley, Cohen, Foster, 2015)
Par interprétation : nous acceptons les faits, mais les interprétons pour les rendre plus « acceptables » ou moins dangereux pour notre psychologie personnelle.
Par implication : nous acceptons et reconnaissons les conséquences troublantes des faits, et nous nous défoulons dans des activités motivées par une analyse incomplète de la situation. Le déni par implication est commun dans les mouvements environnementalistes. (« faire quelque chose » sans nécessairement affronter le changement inévitable du climat).
Trois facteurs encouragent le déni de l’effondrement de notre civilisation chez les environnementalistes professionnels :
Le premier résulte de la façon dont le monde scientifique fonctionne. Les scientifiques sont réticents à communiquer sous un point de vue catastrophique des résultats qui pourraient troubler les employeurs, les gouvernements, les bailleurs de fonds, le public.
Deuxièmement, un ensemble de facteurs qui influencent le déni sont personnels. Nous sommes des êtres sociaux et notre évaluation de l’information est influencée par notre culture. Nous évitons donc de proférer certaines pensées qui vont à l’encontre des normes sociales et notre identité sociale. Particulièrement lorsqu’il s’agit de partager notre impuissance.
(La peur de la mort engendre un mensonge vital, qui nous incite à investir dans notre culture et notre société pour trouver une sorte de permanence, une survie. Le rappel de notre mortalité nous pousse à défendre nos valeurs et notre culture. Donc, les gens qui ont investi temps et argent dans la société, sont ceux qui ont le plus d’intérêt a conserver le statu quo.)
Le troisième facteur de déni est institutionnel. La culture interne des groupes environnementaux est de paraitre efficace, même si des décennies de militantisme n’ont produit aucun résultat positif sur le climat, les écosystèmes ou certaines espèces. Annoncer la fin inéluctable de notre civilisation n’est pas mobilisateur.
L’effondrement de notre civilisation est déjà commencé. Les institutions gouvernementales que nous nous plaisons encore à qualifier de démocratiques ne le sont plus qu’en apparence. La protection de l’environnement, la lutte à la pollution ne sont que vains discours . Globalement, les humains d’aujourd’hui devront résoudre des problèmes plus ardus que jamais,tant dans la sphère physique que psychologique.