Inside out 2 The Essential and the New emotions part 3: Ennui & Anger 🖤❤
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Inside out 2 The Essential and the New emotions part 3: Ennui & Anger 🖤❤
Les Carnets de l'Apothicaire / The Apothecary Diaries / Kusuriya no Hitorigoto
"Et brusquement je me rendis compte que c'était cela justement que j'aurais voulu entendre depuis le jour où ma fille Nell était morte - non pas l'éternelle sympathie discrète, non pas les platitudes religieuses, non pas les rappels onctueux que je devais m'estimer heureux avec ce que j'avais, mais quelqu'un qui me dirait que oui, la vie était souvent brutale et le destin souvent injuste et que j'avais le droit de m'affliger et d'être en colère."
Susan Howatch - Cashelmara
Vulgaire bout de skotch scellant mes lèvres entre elles
Étranglée vive
Mon souffle se fait court
Mon âme vacille et ploie sous le poids du silence
J’agonise en cet endroit
Laissée pour morte
Cela fait bien longtemps que leur regard ne se pose plus ici
Cette zone désertée
Boudée aux yeux du monde
On me prie de continuer à me terrer là
Dans un coin, simple réceptacle
La Découverte de l’Amérique
On m’imagine terrain vierge de toute vie propre
Et ce pour permettre aux autres d’habiter leur urgence toujours plus urgente que mes urgences
Déferlant
Engloutissant mon droit à l’audibilité
Brisant sur leur passage toutes ces colères
Qui n’ont jamais eu leur chance
Je suis ce tableau noir surlequel viennent s’inscrire les agendas d’autrui qui deviennent mien
Selon la règle d’or consacrée, demeurera toujours plus urgent tout ce qui ne te concerne pas
Désignée grande protectrice de leur paix en ma qualité de grande soeur
Ma définition de l’enfer
Leur paix, ma mort
Hasta la vista
Je suis ravie qu’ma haine vous plaise
Ravie qu'on vous baise
Colère
Je choisis la colère.
Les autres sont en train de sombrer dans le désespoir et la culpabilité. Moi, je choisis la colère. Si tant est qu’on choisisse la planche à laquelle on s’accroche pour ne pas couler.
En un sens, je préfèrerais pleurer. C’est la tristesse qui est attendue d’une personne normale dans ces circonstances, n’est-ce pas ? Mais c’est la colère qui est venue, par réflexe. Ma vieille compagne. Nous nous connaissons bien. Je suis née en colère. Enfant, déjà, la moindre injustice me causait des accès de rage. Autant dire que, dans le monde actuel, la colère me porte chaque jour.
Toi, c’est le découragement qui t’a emportée. Parfois, je me dis que tu aurais dû essayer la colère. Non que ce soit un choix très sain, j’en suis consciente. Dans quelques années, quand on m’annoncera un cancer, je saurai que c’est le prix à payer pour la colère.
En attendant, c’est elle qui me maintient en vie.
(30 jours pour écrire - jour 14 - 14/08/25)
Caboche
Défi d’écriture 30 jours pour écrire, 14 août
Thème : caresses/colère
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« Ah, ne me regarde pas comme ça ! Je suis fachée ! Tu as été vilaine ! Vilain chien !
Elle le sait, et c’est exactement pour ça qu’elle me regarde avec ses grands yeux pleins d’amour et d’espoir. Allons, disent ses yeux, je n’ai pas été si vilaine que ça, n’est-ce pas ? J’ai juste aboyé et refusé de venir quand tu me l’as demandé, jusqu’à ce que tu te retrouve en robe de chambre et en pantoufle dans le jardin, en train de me trainer par le col jusqu’à la maison. J’ai peut-être un peu fait le poids mort pour tenter de rester dans le jardin plus longtemps, mais ce n’est pas comme si ça te faisait mal au dos, tu es mon humaine, tu es la plus forte ! Hélas.
Je tente de l’ignorer. Je ressasse ma colère comme une arme pour rester ferme. Si elle peut faire n’importe quoi et être pardonnée tout de suite après, elle va recommencer. C’est pour son bien que je dois être dure. Enfin, surtout pour le bien du sommeil de tout le quartier. Elle n’a pas idée du boucan qu’elle fait quand elle a repéré un chat, et on est dimanche, il est sept heures du matin, merde à la fin ! Après les voisins vont encore râler, et…
Elle lève une patte pour me la tendre, l’offre de paix par excellence. Bien sûr qu’elle ne veut plus que je sois fachée. Déjà qu’elle pense que je n’ai pas compris qu’elle avait repéré un chat, alors que si, ne t’inquiète pas ma grande, je sais très bien repérer tes aboiements spécial chat. Ce sont vraiment des aboiements de chasse, comme si elle devait rameuter tous les chiens des environs et tous les humains pour qu’on fasse une grande battue et qu’on attrape enfin cette bestiole si tentante. Elle a fait de très très gros progrès pour arrêter d’aboyer sur tout ce qui bouge, y compris le facteur, et je suis très fière d’elle. Mais les chats, rien à faire. En attraper un reste le but ultime de sa vie, à l’entendre.
Tu te prends pour qui, un chien de chasse ? Tu es un golden ! Tu as huit ans, une surcharge pondérale, des bouclettes qui ramènent toutes les herbes sèches du coin à chaque balade, tu es une mémère, pas la chef de meute d’une bande d’attrapeur de chats !
Elle se presse un peu plus fort contre moi et lève encore la patte, l’air de dire « regarde comme je suis gentille ! ». Elle me sourit. Tous les chiens ne savent pas sourire, elle-même ne savait pas quand on l’a adoptée. Elle a mis un an à comprendre le truc et à voir que ça nous plaisait. Maintenant, elle en use et abuse. Je sens le peu qu’il reste de ma colère fondre à vitesse grand V.
Je sais que tu n’es pas une mémère, même si avec l’âge tu ne débaroule plus les pentes à toute allure comme un chamois. Tu es peluche de salon, c’est sûr, mais tu as des rêves et des ambitions : attraper un chat, vaincre le berger suisse d’à coté – qui fait deux fois ton poids, au passage, et lui ce n’est pas du surpoids – et être celle qui tient la laisse pour empêcher ton humaine de vagabonder sans toi à tout bout de champs. Je déteste être celle qui brise tes rêves, mais crois-moi, c’est pour ton bien. Le monde n’est pas prêt pour ton règne.
En même temps, ce n’est pas comme si je ne la comprenais pas. Je suis la première à rentrer toute fière des courses en disant « Devine ce que j’ai trouvé ? » quand j’ai dégotté un objet particulièrement intéressant ou quelque chose de particulièrement savoureux. Je préfère ne pas savoir dans quelle catégorie elle a l’intention de ranger les chats, ceci dit.
En attendant, on va dire que la leçon a été entendue, et avec un grand soupir je prends la patte tendue et je dis « D’accord, d’accord, je te pardonne. C’est fini. Mais tu n’as pas intérêt à recommencer, hein ? »
Autant dire que je me parle à moi-même sur ce point – j’ai pris la patte et j’ai dis les mots magiques « c’est fini », le reste n’est qu’un bruit de fond alors que c’est l’heure du calin, la tête sur mes genoux, la patte sur mon bras qui réclame plus de caresses, et moi qui obtempère docilement, gratouillant tous les meilleurs endroits à gratouiller. Je n’ai même pas encore pris mon café. Arnaqueuse.
En tout cas, elle a déjà réalisé un de ses objectifs dans la vie : elle m’a bien dressée.
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J1 - Sensation / La pièce manquante
"Tu veux dire quoi par là ?" Adrien, les yeux plongés sur la rive et l'eau qui ne cesse de couler, resserre la mâchoire. Un signe subtil, à peine visible de l'extérieur. Il reste silencieux. Dans son ventre, ses tripes jouent du mixer.
Alice le regarde un moment, puis elle aussi jette son regard sur la rivière, comme pour le rejoindre. Seulement, sa patience est consumée. Elle entre-ouvre la bouche pour parler "Ad..."
"J'en peux plus, je suis furieux !" la coupe Adrien en la regardant dans les yeux. "Ton comportement m'exaspère. Je me sens utilisé. Que ce soit consciemment ou inconsciemment, je remarque que quand on se voit, c'est quand que je me rends disponible. Quand c'est moi qui te propose quelque chose, tu es soit déjà occupée, soit a besoin de repos. Et les deux sont légitimes, je peux même pas t'en vouloir."
"Et le pire, c'est que je crois que tu ne t'en rends absolument pas compte, je me trompe ?" Poursuit-il.