Est-ce qu'il avait conscience de m'infliger la pire des punitions, en me conseillant Le Bal du Comte d'Orgel ?
Probablement pas. La douleur vient de la similarité entre mes éprouvés et ceux de Mahaut.
C'est un excellent moyen de faire en sorte que quelqu'un d'infidèle ne le soit plus, par ailleurs. Il n'y a aucun lieu de penser que cette idée lui ai traversé l'esprit, c'est une réflexion qui m'appartient.
En plus, il a évoqué A. à maintes reprises. Or, le raisonnement fonctionne de manière associative. S'il ne m'a certainement pas conseillé le livre pour ce motif, il est évident qu'un parallèle a été établi.
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J'aurais bien aimé le lire avant: ça m'aurait permis de comprendre bien des choses que j'étais incapable de saisir même à travers les paroles. J'aurais pu éviter tant de cassures, de causer tant de tort.
Mais à la place j'ai lu Bel Ami et Madame Bovary, qui dressent un portrait tout autre de l'infidélité. Certes, Flaubert dresse le portrait d'un personnage versatile, inconsistant... carrément pathétique, on peut le dire. Mais il propose quand même l'infidélité comme un moyen d'éloigner l'ennui et le désespoir des Romantiques (fut-ce fugace: "c'est la dose qui fait le poison", fut-ce les préliminaires d'une fin funeste). Et c'est ce point que j'ai retenu, pas consciemment: mais introjecté à l'époque. Ce n'était pas "tromper pour blesser" qui avait de l'intérêt. Ce n'est pas une histoire de manipulation pour créer de la jalousie. Je n'arrive pas à mettre de mot dessus, mais ce n'était pas ça. Parce que c'était un rapport de moi à moi. Bel Ami c'est encore pire, on est face à un George qui à mes yeux pourrait tout aussi bien être une réincarnation de Rastignac. Là, c'est utiliser avec machiavélisme les sentiments des femmes comme moyen d'ascension sociale. J'ai pas introjecté ça, j'en suis sûre.
J'ai introjecté par contre que les relations étaient une manière de "tenir".
Et puis j'ai lu Sade à la même période. Sachant que le premier vrai roman que j'ai lu, à mes 12 ans était 50 nuances de Grey... mes références littéraires en matière de relations étaient vraiment qualitatives... très saines aussi...
Au secours.
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J'veux dire, c'est ok de lire tous ces trucs. C'est amusant, ça aide à développer un point de vue. Mais ça m'aurait été sans doute bénéfique d'être exposée aussi à des œuvres donnant une vision moins fataliste des relations.
Et là, c'est vrai qu'en y réfléchissant, je ne vois pas un seul livre que j'aurais pu lire relatant une relation amoureuse saine. Le Domaine des Murmures était claqué au sol, La Femme Abandonnée aussi et ne parlons pas du Château.


















