La Chapelle expiatoire
Cette chapelle néoclassique fut érigée, comme son nom l'indique, afin d'expier les crimes de régicide à l'encontre du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, guillotinés par la marche de la Révolution en 1793.
Elle se situe à l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine, proche de l'ancienne église du même nom (distante de quelques toises de l'actuelle), ayant recueilli en fosses communes les 1343 décapités de la guillotine, lors de son séjour place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Ironie de l'histoire, lors du mariage de Marie-Antoinette d'Autriche avec le Dauphin (futur Louis XVI) le 30 mai 1770, un grand feu d'artifices est tiré de cette place, alors dénommée Louis XV (voir articles précédents), déclenchant un incendie fortuit, générant une crise de panique: la débandade, depuis connue comme "le grand étouffement", provoquait 133 morts, inhumés en ce cimetière de la Madeleine, là où les rejoindront donc plus tard le roi et la reine... Y furent également inhumés pêle-mêle (sans jeu de mots) Madame du Barry, Madame Roland, Charlotte Corday, Olympe de Gouges, le comte d'Estaing... En 1815, au début de la Restauration, Louis XVIII décida d'élever avec ses propres deniers une chapelle commémorant les défunts derniers souverains de l'Ancien Régime, dont les dépouilles mortelles furent transférées en la basilique de Saint-Denis, nécropole de la Royauté. Il fit appel à l'architecte officiel de l'Empire précédant, Pierre-François Léonard Fontaine, qui l'édifia dans le respect de la charte néoclassique alors en vigueur à l'époque, inspiré par le Couvent de la Reine, élevé par Richard Mique à Versailles pour la reine Marie Lesczynska (épouse de Louis XV). Elle fut achevée en 1826, sous le règne de Charles X. En mai 1871, la Commune de Paris faillit la faire démolir. Le militant royaliste Jacques Libman put la sauver, se prétendant entrepreneur américain intéressé par sa reconstruction outre-atlantique comme attraction touristique !
Le monument accueille un "campo santo", en une esplanade surélevée bordée de cénotaphes à la mémoire des gardes suisses tués lors de la prise du palais des Tuileries le 10 août 1792, également enterrés au cimetière de la Madeleine. Tout autour, se trouvent des bas-reliefs représentant un sablier ailé, symbole du "tempus fugit" latin (le "temps qui fuit"), souvent rencontré dans les cimetières, nous rappelant par la mémoire des disparus le peu de temps dont nous disposons sur Terre.
Crédits : ALM's












