Alors ne dis pas tout, fais comme parfois dans les romans, Je dis Lalalalalalala trois petits points et on doit imaginer ce qu'il y a dedans.
Clémentine Beauvais, Age tendre
seen from United States

seen from South Korea
seen from Sweden
seen from China
seen from Iraq
seen from France
seen from Germany

seen from United States

seen from Malaysia
seen from Malaysia
seen from China
seen from China
seen from Bahamas
seen from Germany

seen from United States

seen from India
seen from United States

seen from Australia
seen from Hong Kong SAR China
seen from Romania
Alors ne dis pas tout, fais comme parfois dans les romans, Je dis Lalalalalalala trois petits points et on doit imaginer ce qu'il y a dedans.
Clémentine Beauvais, Age tendre
Puis nous nous sommes mis à marcher, alors qu'il n'y avait rien à voir, c'était la zone industrielle et ensuite les champs de betteraves. Ça semblait vide de toute humanité alors que c'était l'humanité qui avait tout fabriqué.
Clémentine Beauvais, Age tendre
Je ne me suis jamais sentie aussi heureux que quand je marche rue Georges-Perrec avec toutes les couleurs autour, qui sont mes couleurs à moi. je ne suis jamais aussi malheureux que quand je croise Sola, que je ne comprends pas pourquoi je ne veux pas lui parler, mais garde ses distances. Je me réfugie dans les couleurs.
Clémentine Beauvais, Age tendre
Serge était heureux de me voir mais malheureux du reste de sa vie. Serge : Pff, j'ai encore rencontré une petite nan épatante qui m'a dit, après deux ou trois rendez-vous, que finalement, j'étais gentil, mais c'était pas assez de feu d'artifice ou je ne sais quoi. Moi : Tu es un tuteur de serci et non pyrotechnicien. Serge : Voilà ! J'aurais dû lui dire ça. Moi : Un jour tu rencontreras la bonne personne, ce sera comme une évidence. C'est ce qu'on dit à ceux qui sont seuls quand tout le monde autour est en couple.
Clémentine Beauvais, Age tendre
“Demain, y’a des chances pour que les aut’ gamins se moquent de toi…” "Et pourquoi ça?” j’ai demandé en croisant les bras, pour mimer mon père quand il entendait quelque chose qui lui plaisait pas. Moi qui croyais être la personne la plus cool de l’univers, je voyais pas pourquoi on se moquerait de moi. Mon oncle n’osait pas me répondre : "Parce que t’es une petite grosse en perfecto qui s’appelle Fifi”, alors il a dilué : “Pace’que t’es di-ffé-rente.” Je restais perplexe, il a continué : "Ça veut dire que les autres ne sont pas comme toi, mais ils sont simplement plus nombreux. Pigé?”
(Extrait du roman *Dysfonctionnelle*.)
Le bonheur est un beau salaud : il arrive sans prévenir et vous avez à peine le temps d’en jouir qu’il a déjà pris la porte... alors jouissez du bonheur tant qu’il est là!
(Extrait du roman *Coeur battant*.)
Ces mots sont signés Axl Cendres (1982 - 2019) et je ne me lasserai jamais de les relire.
🇺🇸 Aujourd'hui, retour sur une de mes lectures de vacances américaines. La photo date du 30 juillet dernier, *Des astres* m'a accompagné durant les 3 jours que l'on a passé au parc national du Yellowstone. 🇺🇸
- On se pose cinq minutes ? J'ai des Pépito.
C'est l'histoire de Pénélope. Une fille devenue femme qui a eu une mère-pieuvre aux tentacules épouvantables qui ne lui a laissé aucune chance de vivre sereinement et en confiance. Une mère toxique au possible qui l'a empêchée de devenir elle-même mère… C'est l'histoire de Romane, 17 ans, vive, un brin exubérante, qui a des parents adoptifs d'une compréhension rare. Le genre de parents qu'on aimerait avoir. À l'adolescence, Romane veut connaître sa mère biologique… Les vies de Pénélope et Romane vont se croiser et elles vont combattre toutes deux leurs pieuvres respectives. *Des astres* est une histoire de mères, de filles, de femmes qui fait mal - parfois, qui prend aux tripes -souvent et qui se lit intensément - du début à la fin. On a tour à tour envie de prendre par la main les personnages, de les extirper de situations impossibles, mais surtout de les suivre encore et encore. C'est un roman qui dit la vie comme elle est. Séverine Vidal ne cache rien de la noirceur de certaines âmes et de la force de vie extraordinaire d'autres.
*Des astres* est un superbe roman signé Séverine Vidal et il est paru aux éditions Sarbacane.
Fi-ni.
🇺🇸🏜🎪🚂🇺🇸
Ahh, j'ai trop aimé ce *Toffee Darling* et j'ai des images américaines plein la tête.
Extrait :
Voyager, ça sert à apprécier les gens et les situations. À profiter de la vie, sans abandonner la moindre seconde à l’ennui. Et surtout, à oser être soi-même une bonne fois pour toutes – les angoisses comprises. Parce que c’est épuisant de prétendre qu’on est quelqu’un d’autre, quelqu’un de mieux. En plus, pendant ce temps, qui s’occupe d’être nous?
Toffee Darling, de Joanne Richoux, est paru chez Sarbacane.
*Traverser la nuit* de Martine Pouchain
Tout gosse déjà, je voulais que le bien triomphe et que plus personne ne soit malheureux. Je rêvais d’un monde où les pères ne battraient plus leurs enfants et où les fils ne feraient plus pleurer leur mère. Je voulais qu’il n’y ait plus de chagrin d’amour.
Vous allez sans doute penser que c’est débile ou que ce n’était qu’un délire de gosse, mais j’ai grandi et ça ne m’a pas quitté. Au contraire. On aurait même dit que ça se déployait. Pourtant, quand on voit la gueule de la planète, à la longue on est tenté de s’en laver les mains. Il y a trop de trucs qui ne tournent pas rond, bien trop pour ne pas devenir chèvre à la pensée. Mais je crois que c’est surtout parce qu’on ne prend pas les choses par leur bon petit côté. Ce qu’il faut, c’est revenir à la taille humaine. D’ailleurs, si chacun en faisait autant au lieu de se lamenter, peut-être qu’on serait déjà tirés d’affaire.
Etrenjoie, Picardie.
Jacques Jaron est mort. Blanche, sa fille, a 17 ans. Elle est celle qui fait se retourner les hommes sur son passage, celle qui fait enrager les épouses… elle n’est pas encore adulte mais a déjà causé bien des émois chez nombre d’hommes du village.
Vilor a 25 ans, il est amoureux de Blanche et est gendarme dans ce coin de campagne picarde où il a toujours vécu. C’est lui qui mène l’enquête pour retrouver le meurtrier du père de Blanche. Jacques Jaron n’était pas un homme facile, il surprotégeait sa fille… son meurtre pourrait peut-être être le fait d’un amoureux éconduit qui voulait le champ libre, le maire notamment ?
Vilor mène 1 enquête qui avance laborieusement sinon à coups de verres de gnôle et déceptions dues à Blanche (la jeune femme le rabroue à la moindre approche sérieuse. Aucun mobile n’est trouvé, Vilor et ses collègues piétinent. Un procureur venu d’Amiens va mettre un coup d’accélérateur à l’enquête. La 2ème partie du roman est plus riche dans le nombre d’évènements mais tout autant sourde de non-dits, de secrets… La fin se rapproche et la tension monte considérablement… bientôt, les derniers mots sont là. On ressort abasourdis et sonnés par le dénouement.
(…) la misère est grande (…). Mais quoi faire ?
– (…) au fond, les gens ont juste besoin d’amour. Quand ils en manquent, ils perdent les pédales, et c’est trop tard.
Ruralité, alcool et patois picard (il y a 1 lexique à la fin pour la traduction des passages en picard) sont présents tout du long de ce roman. Il y a aussi la finesse d’écriture de Martine Pouchain, sa capacité à être juste dans les caractères qu’elle décrit. Ce roman n’est pas tellement un policier ou un polar… c’est le portrait d’un bout de société française. Très vite, on sent une tension certaine, une ambiance lourde sourde de secrets, on pressent une révélation terrible qui sera faite en fin de volume…
Pour voir resplendir l’aube, il faut traverser la nuit.
On pense à Guillaume Guéraud pour la force de l’écriture, la psychologie des personnages. Martine Pouchain sait brosser les caractères. C’est dur, c’est noir, et le suspense est excellent tout au long du roman et on a du mal à ressortir de ce texte… (Je le conseille à partir du lycée!)
1 autre roman de Martine Pouchain à découvrir dans la même collection : La ballade de Sean Hopper.
.
Traverser la nuit de Martine Pouchain est paru chez Sarbacane. (Exprim’). 15,50 euros.