Depuis le temps qu’on le dit. Billet MaskSinger: “Emmanuel Macron ou quand t’as tout bien fait pour plaire à l’extrême-droite et ça se voit!“. Même YouGov le dit.
Et on trouvera toujours deux-trois cons pour dire: «Oui mais c’est pas pareil tu comprends? Oh! Tu ne peux pas dire ça, lui si jeune si … Nanmè tu déconnes là, Kewa? Macron proche Extrême-Droite? C’est encore là des propos de Bobo-isla…
Bolsonaro au pouvoir Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême-droite, populiste, nationaliste, sécuritaire, ancien militaire déchu mais nostalgique du régime de la junte militaire, raciste, …
“Nouvelle #ExtrêmeDroite” : les amis du @PrintempsRepub, convergence des luttes … Quand Damien Rieu, membre de FDeSouche et de DefendEurope sollicite ses amis sur Twitter. Il nous livre de facto, …
Toujours un peu plus à droite Laurent Wauquiez se rapproche toujours un peu plus de la droite de la droite, et même de l'extrême. Du jamais dit aussi franchement dans son parti.
Cette extrême-droite qui plébiscite Emmanuel #Macron … Depuis le temps qu'on le dit... Alors chers ex #CopainPS, #ÇaVaToujoursBien ou bien? Bon Dimanche (et surtout la santé) ./LePoint ...
[CGA] Face aux groupuscules et à l’idéologie fascistes : vigilance et résistance collectives !
[CGA] Face aux groupuscules et à l’idéologie fascistes : vigilance et résistance collectives !
Relais
Un nouveau local fasciste à Lyon
Samedi 27 mai 2017 , les militants du Groupe Union Défense, groupuscule nationaliste et fasciste, ont ouvert un nouveau local d’extrême droite à Lyon, le « Bastion Social ». Ce « squat » s’ajoute aux nombreux autres locaux de l’extrême droite lyonnaise, qui a fait de Lyon le centre des groupuscules fascistes et nationalistes en France.
« […] les réseaux sociaux offrent une société mensongère qui plaide le carpe diem en ignorant les relégués. L’agitation du monde actuel favorise l’idiotie qui se répand désormais par les réseaux sociaux pour se ramifier enfin en différent radicalismes. Car, dans un désert idéologique, la consolation va du côté des extrêmes. Le tout à l’ego de notre société laisse un vide spirituel dans lequel s’engouffre l’obscurantisme. L’obscurantisme par le bavardage. »
Philippe Pujol, Seuil, 2017, 127p, 15€
Prix Albert-Londres pour ses articles parus sur les quartiers Nord de Marseille, Philippe Pujol a un cousin, Yvan Benedetti qui dirigeait l’Œuvre Française, groupuscule nationaliste extrême, dissout par Valls après l’assassinat de Clément Méric.
Philippe Pujol s’est dit que ce cousin facho ferait un bon sujet de livre et il ne s’est pas trompé. En racontant l’histoire d’Yvan Benedetti, Pujol retrace non seulement les liens familiaux incroyables qui unissent le « bolch » (Pujol) et le « facho » (Benedetti), liens qui leur permettent, malgré le fossé idéologique qui les sépare, d’entretenir encore et toujours des relations de confiance, de respect et d’écoute, mais aussi et surtout de revenir sur ce qu’est le nationalisme et le fascisme, à l’heure où l’on dégaine le mot « facho » à toutes les sauces, pour tout et n’importe quoi, jusqu’à l’avoir vidé de son sens.
Car, le rappelle si justement Benedetti, le FN, comme la plupart des candidats de droite et les socialistes de Valls, font du populisme. Ils surfent sur un sujet à la mode (en ce moment : l’islam) pour gagner des voix. Ils peuvent varier le discours en fonction de ce qu’attend l’opinion public (migrants, Rom, Bruxelles, Euro, etc …) et séduisent principalement les identitaires, entièrement focalisés sur les immigrés.
Les nationalistes, eux, n’ont jamais varié leur discours. Depuis le boulangisme et Déroulède, Maurras, Céline, Barrès, Drumont et consorts, le discours a toujours été le même : le seul ennemi de la Nation, c’est le Juif.
Et il ne s’agit pas de le « foutre dehors » comme avec les Noirs et les Arabes, puisque le Juif n’a pas de patrie, mais bel et bien de l’éliminer.
La Shoah est une invention américano-judaïque pour permettre aux sionistes de dominer le monde et les images de corps empilés dans les camps de concentration ont pu être tournées suite aux épidémies de typhus qui ont ravagé l’Allemagne et parmi les corps, il y a énormément d’allemands, victime de la maladie.
Ce courant extrême, « qui n’a rien » contre l’Islam à condition que cette religion ne se trouve ni en France, ni en Europe, et envisage même des alliances avec les musulmans puisque ces derniers combattent aussi les Juifs, n’a rien perdu de sa vigueur ni de sa détermination.
Camps d’entrainement, pèlerinage à l’île d’Yeux pour l’anniversaire de la mort de Pétain, organisation de conférences antisémites, procession extrême avec les phalangistes espagnols, bastons organisées avec les antifa et les ligues de défense Juives, les fachos ont la patate et surtout, ils sont très enthousiastes puisque le FN, qui, pour des raisons médiatiques, se débarrasse d’eux chaque fois qu’un bras est trop tendu sur une photo, constitue bien évidemment le cheval de Troie dans lequel les nationalistes vont s’engouffrer pour conserver le pouvoir une fois ce dernier obtenu et établir la seule et unique vision de gouvernance qui existe à leurs yeux : la dictature.
C’est bien d’avoir écrit ce livre. A l’heure où l’on ne parle que des identitaires et leur obsession pour l’islam et les musulmans, c’est bon de rappeler qui se cache derrière, dans l’ombre et combien sont plus dangereux les nationalistes qui rêvent, encore et toujours d’éradiquer les juifs et les homos et les Roms, comme dans les meilleurs moments de l’Histoire française.
Ça fait du bien de se prendre ce coup de pied au cul car à force de n’entendre parler que de limiter les flux migratoire et sortir de la zone euro, on a fini par oublier qu’il y avait une solide base idéologique qui attend son heure pour rouvrir les camps et rallumer les fours.
Une base dont l’idéologie, depuis l’avènement de Sarkozie, pollue le discours politique et médiatique. Avec des « idiots utiles » comme les appelle Pujol (et il cite Nadine Morano pour illustrer l’exemple), les « intellectuels » conservateurs (Zemmour, Finkielkraut, Onfray …) ou des satellites du fascisme tel que Dieudonné, le discours fasciste contamine la parole publique. Des atrocités impossibles à supporter hier (la France est un pays de race blanche) font aujourd’hui « le buzz ».
Dans la dernière partie de son livre, Pujol démontre comment le nationalisme gagne tous les jours un peu plus du terrain idéologique et se prépare pour le moment où le pouvoir sera entre les main de celle qui, enfin, pourra cesser la mascarade de la « dédiabolisation ».
Cette préparation des esprits, Pujol ne le dit pas mais elle ressemble étrangement à celle opérée par les médias, les politiques, les intellectuels et les « artistes » tels que Céline, de l’Affaire Dreyfus à la Seconde Guerre Mondiale. C’est parce que le nationalisme français a gangréné l’esprit de l’opinion publique (et inspiré le fascisme italien et le nazisme allemand) que la victoire immédiate de Pétain a été possible. Contrairement à ce que la blonde fasciste raconte aujourd’hui, non seulement le Vel d’Hiv c’est la France mais Pétain c’est la France. Jamais le Maréchal n’aurait pu établir un gouvernement aussi rapidement si les français n’avaient pas été idéologiquement préparés depuis des années à son arrivée.
Et c’est précisément ce qui est en train de se produire. La haine musulmanophobe des identitaires (Pujol, emploie, hélas l’escroquerie sémantique qu’est le terme « islamophobie » et c’est le seul point sur lequel je me retrouve en absolu désaccord avec lui) permet aux idées nationalistes de gagner du terrain. Chaque jour ou presque, les limites de l’inacceptable sont repoussées.
Ainsi, quand viendra le moment pour les fascistes de prendre le pouvoir, la résistance qu’ils rencontreront sera bien plus faible que celle qui se serait opposée à eux il y a 20 ans. Qui aujourd’hui descendra dans les rues pour un cimetière juif profané comme la France le fit pour Carpentras en 1990 ?
Quand un islamiste tue des enfants juifs en France, on s’en émeut à peine.
Voilà où on en est depuis que l’extrême-droite et son alter-ego l’islamisme (mêmes buts, mêmes intérêts entre les deux) ont pollué le débat public.
Avec Mon Cousin le Fasciste, on réalise donc que le mal est toujours là, en embuscade mais de moins en moins planqué. Structuré, préparé, ordonné, entrainé, paré.
Il n’attend plus que son heure et chaque décision politique que prennent les « défenseurs de la République et de la démocratie » ne font que mettre en danger ce qu’ils assurent défendre.
Avec ce livre qui nous plonge au cœur du mouvement fasciste en France, on mesure un peu mieux les risques que nous font courir des François Fillon corrompus jusqu’à l’os ou des Macron au service du système qui alimente le nationalisme.
C’est donc à lire de toute urgence, 12 jours avant le premier tour de ce qui pourrait devenir, un tournant.