Freaky Mouse & Donald Fuck
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Freaky Mouse & Donald Fuck
Clark Can’t
© Fidia Falaschetti
Donald Fuck
S e m a i n e 8 - 2 / 2
J’ai été marquée par l’exposition « Spyscape », exposition que nous sommes allé voir cette semaine. L’ensemble de cette expérience tournait autour du monde de l’espionnage avec une approche tantôt sérieuse, tantôt récréative. L’exposition nous a présenté le monde de l’espionnage du temps de la seconde guerre mondiale (avec la machine Enigma), ensuite, du temps de la guerre froide (avec la création du KGB et de la CIA), et ce jusqu’à aujourd’hui, où la technologie que nous avons nous même créé nous surveille 24h/24. L’exposition se termine avec des conseils concernant la protection de nos données, afin d’éviter qu’elles ne se retrouvent dans les mains d’un hacker. Mais le plus gros danger, vient-il des hackers ou plutôt des grands groupes et des gouvernements ?
Cette photo met en avant le fait qu'aujourd’hui, les réseaux sociaux sont des outils de surveillance hyper expérimentés, parce qu’alimentés par nous-même.
Fidia Falaschetti | Social Security Cameras, 2014
Apple Care Porcelain By Fidia Falaschetti x K.Olin tribu
French Limoges art porcelain maker K.Olin tribu are proud to announce their first collaboration with Italian artist Fidia Falaschetti. To start off this collaboration K.Olin tribu has turned Fidia’s “Apple Care” artwork into a fine art porcelain. Apple care is uses extra white porcelain / LIMOGES, FRANCE Series of 50 pieces, all numbered. We’ve now seen everything with a grenade pull, BOOOM…
Apple Care Porcelain By Fidia Falaschetti x K.Olin tribu was originally published on The Toy Chronicle
Fidia Falaschetti, rencontre avec un artiste luttant pour un monde moins pire
Quatre ans après notre dernière interview, on a fait le point avec cet inclassable clown de l’art contemporain.
Fidia Falaschetti n’est pas un médecin légiste constatant froidement les morts et leurs causes. Son rôle est au contraire d’échanger avec les vivants, de les faire réagir avant qu’il soit trop tard. Depuis son interview dans Be Street 013 et sa cover “That’s All Fucked!“, notre société a continué de se disloquer, de se détruire. Quatre ans. Seulement 4 ans. Pourtant, tout semble avoir basculé. Lui ne s’est pas trahi. L’artiste a continué de nous fournir matière à réflexion avec des oeuvres teintées d’ironie et des artworks dorés à l’intelligence. Faire le point avec lui à l’occasion de sa participation à l’Art Basel 2015 nous a semblé aussi naturel que de prendre des nouvelles d’un membre de notre famille. Cette deuxième rencontre à un moment clé de sa carrière s’est accompagnée d’un accès en exclusivité aux coulisses de la réalisation de son très beau “Freaky Mouse“ en marbre. Un privilège qu’on est très content de partager avec vous !
Pourquoi « créer un dialogue à travers l’art » est-il toujours aussi essentiel pour toi ?
Et bien, j’ai le sentiment que l’on vit dans une société “sourde et muette“. J’ai réalisé que la plupart d’entre nous n’écoutait et ne répondait pas à ce que l’humanité demande. Notre société contemporaine est plus centrée sur l’individualisme et se perd donc dans un monologue auto-complaisant. Donc, le mot “dialogue“ lui-même est très important aujourd’hui : un “dialogue“ nécessite deux personnes ou plus pour exister, c’est ainsi qu’il devient quelque chose de collectif. En tant qu’artiste, j’essaie juste de relayer des voix qui pourraient rendre le présent beaucoup plus intéressant.
Replonges-nous dans les débuts de ta carrière.
Il était une fois… un petit garçon nommé comme l’une des plus importantes sculptures de l’ère grecque classique, donc les gars, tout commence ici : je n’avais pas le choix ! Quelle phrase pratique. Puis, ma participation à la Biennale de Venise en 2011 a été la confirmation officielle de ce que je ferais de ma vie. J’ai commencé ma carrière en 2008, après plus de 15 ans en tant que designer visuel (photo, vidéo, etc.) et une période très instructive dans le graffiti et le street art. En 2008, j’ai compris que l’art contemporain serait l’“excuse“ parfaite pour faire évoluer ma réflexion et expérimenter avec ma créativité à travers un nombre illimité de médiums. Nous nous sommes rencontrés en 2011, alors que je vivais encore en Indonésie, et j’ai eu l’opportunité de faire cette incroyable cover du Be Street 013 ! Depuis 2011, tout s’est construit solidement, étape par étape, jusqu’à ce que je déménage aux US et que mon art a commencé à être vraiment reconnu et apprécié par la communauté.
A quoi ressemblaient tes premières pistes et recherches ? L’avant-Fidia qu’on connait aujourd’hui.
J’ai toujours été attiré par les trucs cool, impactants et surprenants. Même pendant ma période graffiti, j’ai toujours été à la recherche de choses qui me surprendraient. Je dirais que c’est un de mes plus gros défauts, je m’ennuie très vite, j’ai donc besoin de me surprendre et, je l’espère, surprendre les gens autour de moi, au même titre que le public. J’imagine que dans ma période avant-Fidia, j’essayais de faire des trucs super cool juste pour impressionner les autres, pour leur faire dire “wow“ en regardant mes oeuvres : plus j’essayais, moins les idées intéressantes venaient à moi. Aujourd’hui, j’ai acquis une certaine spontanéité, mon but premier n’est plus d’impressionner les gens. Je souhaite simplement communiquer quelque chose d’intéressant de façon sociale, passionnée et appréciable. C’est uniquement de cette façon que les idées les plus belles et les plus intéressantes peuvent éclore librement et être utiles pour la communauté.
Pourquoi avoir choisi l’humour et l’ironie comme armes ? Exorciser peut-être ?
Il y a beaucoup de choses sérieuses et effrayantes dans notre monde, et j’ai pris la responsabilité de les aborder. Comment pourrais-je être sérieux et cérémonieux en essayant d’en parler ? J’abandonnerais au bout de quelques secondes si je faisais ça. J’ai grandi dans une famille où l’humour était au centre de tout. J’ai appris qu’il était un outil puissant pour transformer des tragédies en quelque chose d’acceptable tout comme l’amour est la clé pour changer le sombre en lumineux. Il est prouvé que le rire stimule les nerfs du visage et qu’il envoie des informations positives à notre organisme. C’est pourquoi j’ai choisi l’humour pour communiquer mes idées ; un sourire provoque une humeur “Yes, we can“; une attitude positive pour ne jamais perdre la foi et continuer de lutter pour un putain de monde meilleur !
Avec le recul, quel regard portes-tu sur ta première expo solo “Servus Versus Servus“ ?
C’était vraiment cool ! J’étais très excité de partager l’affiche avec Nicola Alessandrini, un artiste talentueux et un très bon ami et collègue. J’ai présenté beaucoup de choses, et à cette époque déjà, je commençais à faire des sculptures avec des palettes et des skates. C’était le tout début de ma carrière : 15 ans à être designer ont eu un énorme impact sur mon art.
A chaque projet, ta grammaire visuelle s’est étoffée. Ce sont les idées qui ont dicté l’apprentissage de nouvelles techniques ou le contraire ?
Je suppose que c’est une conséquence naturelle. Un artiste est influencé par des millions d’idées chaque jour. On ne peut en réaliser que quelques-unes et la plupart resteront à jamais des amorces d’idées. Au fil du temps, on prend conscience de ce qu’on fait, et la rivière d’idées et de concepts devient concrète avec une visualisation pratique. Tester, faire des erreurs, échouer, se battre… toutes ces choses permettent de construire un corps de travail solide, lequel évolue en de nouvelles idées et forcément de nouvelles techniques pour les concrétiser. Les sculptures sont dans mon ADN autant que se laisser pousser la barbe est dans l’ADN des enfants : il faut des années pour que les poils sortent et qu’ils deviennent des hipsters ridicules !
Attentats, guerres, catastrophes… Comment as-tu réussi à ne pas sombrer dans le pessimisme et des œuvres plus sombres ?
Ah. Ce n’est pas facile. J’ai été de nombreuses fois à la limite d’abandonner à cause de tout ça. Le monde est devenu tellement fou et je sens régulièrement que je ne peux plus faire face à toute cette folie démoniaque. Comment peut-on continuer avec tout ça ? Comment l’humanité (après toutes les tragédies historiques) peut-elle encore engendrer autant de conneries ? Sommes-nous stupides ? J’ai souvent pensé qu’on était dans un voyage sans fin dans l’univers, à la poursuite de l’amour et de la paix. Je suis sûr qu’être humain est un moment de transition dans ce monde. En parlant métaphoriquement, si l’enfer, le purgatoire, et le paradis existaient, notre monde serait définitivement le purgatoire ! Si c’est le cas, chaque individu a la possibilité de choisir entre le lumineux ou le sombre, la paradis ou l’enfer. Nous (et seulement NOUS) sommes capables de faire de ce monde un endroit meilleur ! J’essaie de faire de mon mieux en tant qu’humain et en tant qu’artiste, en respectant les autres et en ne détruisant jamais la vie ou la nature. Mon art m’aide dans cette révolution non-violente et culturelle faite de vibes positives et de reconnaissance.
Pourquoi avoir choisi de t’installer à Los Angeles ? Qu’y as-tu trouvé ?
J’allais déménager quand j’ai connu Be Street et je me suis dit : “Pas possible ! Je devrais y aller aussi !“. Je suis venu à L.A pour passer un mois. Je suis resté trois mois pour finir. J’avais la chance d’être ici comme artiste, et j’ai décidé d’y bouger mon studio. Concernant L.A, qu’est-ce que je pourrais dire : c’est fou ! Tout se passe ici, des choses incroyables… et c’est sûrement pour ça que je suis resté dans la cité des Anges !
Pour les néophytes, que représente l’Art Basel pour un artiste ?
Le Vatican pour les Catholiques ? C’est le salon d’art le plus important des Etats-Unis, et probablement du monde. Beaucoup de choses se passent à Miami durant cette semaine, et un artiste ne peut pas rater ça. C’est un moment spécial où tu peux rencontrer les autres artistes, des galeries ou des curators internationaux, le tout au même endroit. J’y retrouve des artistes / amis du monde entier, des gens que je ne vois qu’une fois par an à l’occasion de ce salon.
Que vas-tu y présenter ?
Cette année, j’ai ramené pleins de sculptures au CONTEXT MIAMI avec la galerie Fabien Castanier. J’ai réalisé un énorme FREAKY MOUSE de 2 mètres 10, ainsi qu’un autre de 110cm en marbre de Carrare, plusieurs FREAKY MOUSES en chrome (or et fuchsia), le nouveau Donald Fuck et un Meanie Mouse inédit ainsi que des supers frais MELTING FREAKY MOUSE et MELTING DONALD FUCK. Le stand de Fabien est le plus grand du CONTEXT, il y présente de nombreux artworks signés par des artistes / collègues incroyables. Je suis très fier d’exposer avec Mark Jenkins, Speedy Graphito, Rero, JonOne, Stuart Semple, Luke Newton et Miaz Brothers. J’ai aussi une exposition au SCOPE Miami Beach avec Fifty 24 MX Gallery, j’y présente la nouvelle sculpture ROCKING WORSE et cinq nouveaux projets de caméras de sécurité.
En quoi ce “Freaky Mouse“ a une place particulière dans ta carrière ?
Freaky Mouse est arrivé en même temps que moi aux Etats-Unis. Il symbolise mon déménagement. Les gens qui s’identifient à mon art m’ont remercié pour cette tête de cul, et je suis très reconnaissant pour cette connection “ASShome”. L’année dernière, j’ai vendu l’édition en 4 couleurs, et cette année, on se devait de voir plus grand et d’agrandir la famille. Freaky Mouse symbolise l’individualisme contemporain et la folie : un joli personnage un peu perdu et confus, sans dessus dessous, exactement comme la plupart des gens aujourd’hui. Je suis sûr (autant que je suis inquiet) que la portée de ce petit gars va durer un moment.
Pourquoi choisir de travailler le marbre ? Un retour aux sources (clin d’oeil au sculpteur grecque Phidias) ?
C’est exactement ça ! Comment pourrais-je ne pas réaliser de sculpture en marbre avec un tel nom ? Le “process“ a été un superbe voyage pour moi. Le marbre, c’est génial : c’est une alchimie magique ! Il faut dire que ce marbre blanc de Carrare pur vient de l’endroit exact où la plupart des artistes de la Renaissance se fournissaient. Passer du temps dans l’atelier en Italie, à le travailler, a été l’une des expériences artistiques les plus jouissives de ma vie ! J’en suis devenu accro, attendez-vous à plus d’oeuvres en marbre très bientôt !
Pourquoi Mickey reste-t-il un symbole à détourner qui a du sens ? Le visage du capitalisme n’a pas trop changé ces dernières années on dirait…
Je pense que Mickey est l’icône parfaite pour représenter notre siècle : c’est le logo d’une nouvelle génération de Peter Pans ! Il y a une différence énorme entre notre génération et celle de nos parents : est-ce que nos parents auraient passés du temps sur leur PS4 quand ils avaient 45 ans ? Auraient-ils porté des Reebok Pump ou des Bombers à leur âge ? Voilà, on en est là : on a l’impression qu’on ne va jamais grandir et d’une certaine manière, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. On devrait garder un esprit jeune toute notre vie : gagner en sagesse, se responsabiliser, mais avec une petite touche de naiveté infantile. Détourner Mickey en tant qu’icône signifie tout ça.
Les problématiques que tu abordes sont-elles forcément liées à leur époque ? Si oui, comment vois-tu tes œuvres survivre au temps ?
Je pense malheureusement que ces problèmes seront toujours aussi présents dans le futur. Je l’ai tellement dit : “Que ferais-je si le monde dans lequel nous vivons, devenait paisible ?“. Je préfèrerait avoir la chance de ne pas me poser ce genre de questions et faire des sculptures de pommes rouges sans la grenade. Les artistes sont « des thermomètres temporels » : le futur donne la possibilité de comprendre le passé… le réel problème est que “ce présent“ n’offre aucun indice pour prédire ce que le futur va nous apporter !
On sent une nouvelle ambition dans ton travail. Quelle est la suite ?
2016 va tout déchirer. Je suis en train de travailler sur un projet énorme avec des sculptures cool et ironiques qui abordent des thèmes tels que les natifs Américains, la junk food et notre société de consommation. Ces oeuvres seront présentées dans la galerie Fabien Castanier pour un grande exposition solo en automne 2016. Les nouveaux membres de la famille FREAKY (Donald Fuck et Meanie) veulent aussi devenir plus grand : pourquoi ne pas exaucer leur souhait. D’autres projets sont en cours dont un livre FIDIA qui revient sur toutes mes oeuvres depuis 2008. Alors les mecs, ouvrez l’oeil et continuez de tout défoncer !
Be-street.com
Fidia Falaschetti: Social Security Cameras