Une drogue douce...
Personne ne nous avait prévenus.
Il y a quelques années déjà son "Snack-Grill" à Olmeto dans la descente vers Propriano, avait attiré notre attention. Dans le village, mieux vaut rouler au pas, la "grand-route" n'est pas large et la tendance à vouloir tout regarder est grande.
Une vitrine engageante et une promesse de dégustation de produits corses, le projet de tenter l'aventure fut vite bouclé.
Repas de terroir. Généreux. Avec, en plus, la considération - parfois joyeuse et connivente - d’une équipe et de son chef pour leurs clients. Le début d'une agréable dépendance. Nous ne pouvions pas deviner.
Un délicieux rituel s’instaura.
Toujours aller dîner chez Antoine, au moins une fois lors de chaque séjour. Saucisses, figatelli, longe et côtes, saisies dans un immense grill qui se donne en spectacle depuis la salle à manger et fait sur mesure par un ferronnier du village. Ou tranches et copeaux de lonzu, de saucisson, de coppa... Et bien d'autres produits. Tous sources de plaisirs impossibles à oublier et auxquels on ne peut plus renoncer.
Rapidement les poignées de mains se sont faites plus fortes et démonstratives. Elles ont fini par laisser place aux bises et aux mains pressant les épaules ou tapotant les dos. Le tutoiement se mêle désormais de la partie. Les confidences se donnent un espace dans les échanges.
Le limoncello et la liqueur de myrte ne sont pas étrangères au scellement d'une relation de qualité.
Antoine ne laisse à personne le soin de travailler ses porcs et de fabriquer les viandes et les charcuteries qu’il sert dans son établissement et vend dans une petite boutique, sorte de cave à courte distance du restaurant, sur le même trottoir, où sa mère accompagne le client-visiteur afin d'éclairer ses choix, de trancher le jambon, de peser et d'encaisser.
Son équipe de cuisiniers semble éprouver de la fierté à régaler les clients et à les voir revenir. Ils n'en oublient pas les visages et aiment bien poser pour une photo devant le monumental barbecue. La mère d'Antoine que quelques intimes appellent... “La Maman”, supervise le déroulement des opérations et n’hésite pas à orienter le service.
En salle, de jeunes personnes font un apprentissage difficile. Ils réussissent bien ou parfois échouent. Il n'est pas donné à tout le monde de tenir en parfait équilibre son plateau chargé et de ne pas faire l’erreur de servir le limoncello avant le café... Gare ! Antoine et "La Maman" ont des exigences.
Yves Rebouillat
Olmeto, balcon surplombant Propriano s’accroche à sa montagne. Antoine, sa famille et son équipe prennent soin de tous ceux qui font halte ici.
Photographie de Didier Robelus
Photographie de Didier Robelus











