Chroniques du genre humain partie 1
Ces articles n’ont pas la moindre vocation sociologique, ni psychologique, encore moins socio-politique. Toute ressemblance avec des personnages existants ou des faits réels est bien entendue normale, puisque je me suis inspirée des gens que j’ai pu rencontrer pour parler du genre humain. Alors bien sûr, ça ne nous donnera pas du tout un échantillon exhaustif de la population, mais qu’importe. C’est l’été, c’est le moment de rire, certains journaux font vendre en parlant de sexe, nous on va s’amuser en parlant de vous.
Cet été, j’ai voulu découvrir de quoi les humains sont faits et comment ils font pour vivre et pour s’accrocher avec autant de vigueur à l’existence, même lorsque le Grand Rouleau s’acharne sur eux. Au fond, nous faisons tous les choses pour une raison qui nous est plus ou moins propre. Chacun cherche une motivation et chacun en trouve une, sinon quel intérêt y aurait-il à vivre et à faire des projets ?
Commençons par le Pragmatique. En tant que fille de l’une des plus diligentes fidèles de cette paroisse, j’ai eu tout le loisir d’observer ces êtres qui agissent par souci du pratique et du juste. Les Pragmatiques sont disciplinés, ils vivent une vie bien réglée, humble, et sans excès. Par exemple, lorsqu’ils choisissent une voiture, ils vont vérifier en premier lieu que le coffre est assez grand pour accueillir les déchets destinés à être amenés à la déchetterie, et non regarder la puissance du moteur. Evidemment, ils souhaitent un véhicule en état de marche en lequel ils pourront avoir confiance, mais ils font définitivement fi de toute préoccupation esthétique ou aérodynamique.
Sans trop que je sache pourquoi, le deuxième type à me venir à l’esprit est le Flegmatique. Si sur de nombreux points Pragmatiques et Flegmatiques sont similaires, ils se différencient néanmoins sur une chose essentielle : la vie en communauté. Le Pragmatique a besoin des autres pour vivre, alors que le Flegmatique consent à ses pairs le droit d’existence. Dans son flegme légendaire, il a parfois des éclairs d’exigence et il excelle dans l’art de paraître noblement négligé. On le verra souvent grand amateur de jazz, jouant distraitement la mesure du bout des doigts tandis qu’il sirote un verre de vin rouge. En société, il peut sembler rêveur, voire complètement à côté de la plaque, mais ne vous fiez pas à ces mines. Cela veut souvent dire qu’il fait bien peu de cas des gens qui l’environne et des discussions qui égayent la pièce autour de lui. Son esprit ne s’attache pas à des choses aussi futiles, il est destiné à des idées bien plus élevées… Cet air quelque peu snob le différencie de manière efficace et radicale du Pragmatique qui, dans son souci d’efficacité, ne se laissera que rarement aller au babillage commun, mais se complaira dans les discussions importantes et efficaces.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui les enfants, demain on verra nos amis les Utopistes.