Evidemment, la vision change qu'on soit bleu ou pas. C'est un choc, c'est certain, on quitte papa/maman, on vit seul pour la premiere fois et on se retrouve cernĂ© par des frappadingues qui refusent de vous appeler par votre nom, qui vous font porter un deguisement et une pancarte en ville etc...Selon le caractĂšre de chacun, les difficultĂ©s sont diffĂ©rentes, la mienne? se voir appeler bleuse et ne pas pouvoir rĂ©pondre Ă un poil ...Mais est-ce que j'y ai pensĂ© Ă deux fois? non, j'entrais dans une fac avec baptĂȘme, je le faisais, point.
15 jours qui n'ont pas été simples à passer, non pas à cause de l'alcool ( un bleu musulman a fait toute sa bleusaille a l'eau par respect pour sa religion, et ça n'a posé de problemes a personne) mais à cause du rythme ( activité tous les jours + les cours ) et du temps d'adaptation parce que je ne suis pas de celles qui plient facilement avec le vent ...
Mais une fois le bapteme fini, une fois le punch servi, on se rend vite compte qu'on connait tout le monde, que tout le monde t'appelle par ton prĂ©nom, quelles que soient les promotions... On se rend compte qu'on connait des chefs d'entreprise, qui sont lĂ , baptisĂ©s, comme nous, avec leur penne dĂ©glinguĂ©e...Ces gars-lĂ , tu les appelles par leur prĂ©nom, tu les tutoies et dans quelques annĂ©es, ce seront peut-etre les mĂȘmes qui t'aideront Ă trouver un bon job. Puis tu vois aussi tes profs, qui ont un mal de chien a rester dans leur reserve, parce que demain on ne sera plus du mĂȘme cĂŽtĂ© de la barriere..
C'etait plus que quelques jours de tornade, c'etait entrer dans une fraternitĂ© pour le temps des Ă©tudes et plus...de l'eau a coulĂ© sous les ponts depuis ce temps-lĂ , mais je n'ai encore jamais trouvĂ© nulle part une mĂ©thode plus rapide et plus efficace d'intĂ©gration, et ça vaut bien quelques courbatures et quelques meches de cheveux, ça repousse ! ( eh oui, mĂȘme les filles perdaient quelques meches, aux ciseaux, pas Ă la tondeuse, mais ce n'etait pas interdit a l'Ă©poque)
Ma penne, je l'ai toujours, elle a pris des coups, mais elle est toujours lĂ , et je n'envisage en aucune façon de m'en dĂ©faire, mĂȘme si elle devait un jour tomber en morceaux
~ Jess ~