Oui, privilégier le bien-être de son capital humain est synonyme de succès. Mais encore faut-il identifier les différents postes de bien-être. Car un espace parfaitement adapté à l’utilisateur sera inutile dans un open-space froid. Idem pour un espace bureau moderne et attrayant sans aucune ergonomie. Petite mise au point sur l’équilibre du bien-être.
Pour un espace bien équilibré, un seul mot d’ordre : la diversité. Diversité d’espaces de postures et de présences, il faut de tout pour rendre le salarié heureux ! Et l’entreprise doit lui laisser le choix de travailler où bon lui semble. En termes d’espaces, il est important de proposer plusieurs aménagements. Ainsi, chaque collaborateur peut choisir de travailler seul, à deux ou même plus selon les projets. Des zones adaptées, intuitivement reliées entre elles offrent des univers appropriés à chaque type de travail. Physiquement, une diversité de postures évite les problèmes de dos et de surpoids. Des postes utilisables debout, assis, étendu, associés à des technologies mobiles facilitent ce point. Tous les salariés doivent alors être équipés d’ordinateurs portables et de téléphones mobiles. Enfin, la diversité de présences implique interaction physique et virtuelle. Un équipement innovant est donc la clef de ce dernier poste. Plus besoin d’être dans les locaux de l’entreprise pour être performant.
La montée du travail collectif permet à cette nouvelle organisation de s’installer progressivement. Hyper-connecté, le bureau de demain se réinvente surtout dans les usages. Comprendre ces nouvelles pratiques est le premier pas pour évoluer à leur rythme.
Great Place To Work® : le bien-être au travail comme priorité
Depuis 2002, l’Institut Great Place To Work® France accompagne les entreprises qui le souhaitent dans leur transformation culturelle et managériale. Le but : améliorer et promouvoir le bien-être au travail.
Si dans les années 2000, cette thématique ne faisait pas les Unes de l’actualité, la situation a quelque peu changée depuis. Patrick Dumoulin, directeur de Great Place To Work® France, attribue l’explosion des questions autour du bien-être au travail à deux facteurs : l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs français qui ont mis cette question au centre de leurs intérêts et les grandes entreprises du secteur high-tech mondial qui se sont emparées du sujet. Une synergie positive pour porter cette vision du travail.
Dans la lignée de ces précurseurs, Great Place To Work® se positionne comme un expert indépendant. L’objectif est de « construire une société meilleure en aidant les entreprises à transformer durablement leur environnement de travail ». Concrètement, cela passe le plus souvent par une transformation du mode de management. Le système pyramidal encore majoritaire il y a quelques années doit laisser la place à un management de partage. D’autres thèmes transversaux reviennent souvent en matière de bien-être au travail : la conciliation entre vie professionnelle et vie privée par exemple, mais également l’aménagement des espaces de travail.
Ce dernier point est d’ailleurs l’un des sujets de prédilection des dirigeants d’entreprises. Et si l’on demande à Patrick Dumoulin où il aimerait travailler, sa réponse ne se fait pas attendre. Ce serait chez Aramisauto.com, pour les terrasses aérées, les locaux ensoleillés et la superbe cuisine pour se retrouver pendant la pause déjeuner.
Des ajustements et des aménagements qui sont bénéfiques, car des salariés heureux, c’est généralement une entreprise qui marche. Les chiffres viennent le confirmer puisque les structures qui ont obtenu le label Great Place To Work® ont un taux d’absentéisme à 3%, un point plus faible que la moyenne nationale. Le turn-over diminue également, « jusqu’à 60% dans certains grands cabinets de conseil qui travaillent avec nous », confirme Patrick Dumoulin.
Un succès sur lequel il ne souhaite pas se reposer. A l’avenir, Great Place To Work® France souhaite ouvrir plusieurs antennes en régions pour toucher le plus d’entreprises possible. Patrick Dumoulin se dit d’ailleurs très optimiste sur le développement et le renforcement de la thématique du bien-être au travail en France. « Je veux absolument donner la parole aux dirigeants qui réussissent en faisant de leurs entreprises des endroits où il fait bon travailler », conclut-il.
Aujourd’hui, le constat est alarmant : les français ne vont pas bien. Aussi bien physiquement que moralement, ils sont fatigués. Et si ce mal-être venait de nos conditions de travail ? Le chef d’entreprise se doit de trouver des solutions. C’est primordial. Surtout que la santé des collaborateurs impacte également la santé des affaires…
Problèmes de dos, troubles du sommeil, surpoids, diabète, maladies cardiaques, pulmonaires… La liste est longue. Et ces nombreux maux découlent de nos manières de travailler. Car une journée au bureau, c’est presque autant de temps assis. Mauvaise posture et diminution d’activité physique entrainent problèmes dorsaux, surpoids et même obésité. Les poumons n’aiment pas une mauvaise aération, et le moral, le manque de luminosité. Mais ce n’est pas tout ! Le stress, grand gagnant du mal-être, implique à lui seul dépression, burn-out, voire bien pire. Ainsi, on peut lui attribuer presque 60% des journées de travail perdues chaque année. Manque d’implication, absentéisme, surmenage, contre-performances intellectuelles, l’entreprise en paie lourdement les frais.
Quand on sait que 52% des adultes de l’UE sont en surpoids (étude de l’OCDE), et que 12 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour des douleurs dorsales… Il est grand temps de réagir. Un label a d’ailleurs été créé pour identifier les immeubles qui favorisaient la santé et le bien-être des salariés. Pour en savoir plus sur le label Well, lisez l’article « Le label du bien-être ».
Pour EDF, le bien-être passe par un environnement de travail flexible
A proximité de ses lieux de production, Lyon est une place de choix pour EDF qui est implanté dans la ville depuis de nombreuses années. L’entreprise a d’ailleurs acquis, en partenariat avec Gecina, 20 000m² de bureaux supplémentaires dans le quartier de Gerland.
Juliette Borie, Directrice Générale d’EDF IM Solutions, et Valérie Croccel, Responsable Travaux et Aménagement d’espace, expliquent la vision d’EDF en termes d’aménagement des espaces et de bien-être au travail.
D’un point de vue architectural, quels sont les points forts des espaces dessinés par Gecina à Gerland ?
Valérie Croccel : Le bâtiment possède au rez-de-chaussée et au R+1 des lieux d’échanges et de partage : un restaurant d’entreprise, des endroits pour faire du sport, des salles de réunion modulables, etc. La conception de l’immeuble permet donc de disposer d’espaces qui vont contribuer à un environnement de travail positif pour les collaborateurs qui intégreront le site.
Un environnement que vous allez aménager ?
V.C. : Oui, c’est aussi l’aménagement des plateaux proposé par EDF qui va faire la qualité et le bien-être des salariés. Nous nous appuyons sur notre référentiel interne pour les environnements de travail. Il intègre l’identité de la marque EDF au travers de nos locaux et prend en compte les nouveaux modes de travail : en mode projet, à distance, l’arrivée de nouvelles technologies, etc.
Comment cela se traduit-il plus concrètement ?
V.C. : Nous créons une diversité d’espaces de convivialité : un café connecté, des espaces nomades, etc. Nous faisons également très attention à nos règles d’ergonomie, à la position des postes de travail par rapport à la lumière naturelle et au mobilier que nous choisissons. Enfin, nous associons nos collaborateurs dans la définition de leurs espaces métiers et de leurs futurs espaces de travail.
Juliette Borie : Cela entre aussi en compte dans la capacité de nos salariés à travailler de manière plus transversale. Nos locaux doivent pouvoir s’adapter à notre diversité de métiers : centres d’appels, plateau informatique ou centre d’ingénieurs. Tous n’ont pas les mêmes besoins et notre référentiel permet de prendre en compte les spécificités de chacun pour améliorer le bien-être.
Y a-t-il un espace de travail idéal propre à EDF ?
J.B. : Il n’y a pas d’espace de travail idéal car celui-ci dépend beaucoup de ce que nous y faisons. Il faut donc que nos bureaux soient adaptables à la volonté de chacun des utilisateurs et c’est pour cela que quand nous signons un bail, nous sommes très attentifs à cette flexibilité. Nous occupons longtemps les immeubles que nous choisissons et il est nécessaire de pouvoir les retravailler à l’usage, en fonction des équipes qu’ils accueillent. C’est aussi pour cette raison que nous collaborons avec Gecina.