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ON A RENCONTRÉ : NO QUANTIZE
23/07 - COURS MIRABEAU - AIX-EN-PROVENCE
- Cocorico! Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, nous avons lancé la rubrique “On a rencontré” pour mettre en lumière les talents français de demain. Pour cette 2ème édition, nous avons rencontré l’artiste No Quantize dans sa ville natale pour découvrir son parcours, ses projets, et la préparation de son premier album Bird Syndrome. Here we go!
(No Quantize - Bird Syndrome _ work in progress)
Le Disquaire : Salut No Quantize, ravi de te revoir ! Comment vas-tu?
No Quantize : Au top, je suis en train de finaliser mon lancement d’album qui devrait voir le jour d’ici peu.
LD : C’est une très bonne nouvelle que tu nous annonces, on a hâte de voir ça! On va commencer par le commencement, qui es-tu?
NQ : Très bonne question ! (rires) Je me prénomme Sylvain Bremond, 25 ans, musicien et producteur, basé à Aix-en-Provence dans les Bouches du Rhône.
LD : On connaît bien la ville, on peut dire que tu es bien loti ! Parle-nous un peu de ce nom d’artiste original...
NQ : Je suis pas trop mal, c’est vrai ! No Quantize, bonne question. Avant, je me nommais “Sylou” en tant qu'artiste. Tous mes potes me connaissent et m'appellent sous ce nom. À la base, c'était le petit nom que ma mère et ma grand mère me donnaient enfant ! Mais passé un temps, je voulais un autre nom plus original et moins personnel qu'un surnom. Et c'est sans vraiment chercher que l'année dernière "No Quantize" m'est tombé dessus comme une évidence : "Quantize" signifie quantification, qui en jargon de production est le nom d'une fonction qui remet chaque note jouée sur une machine, bien précisément à sa place pour palier aux fautes rythmiques et "gagner du temps". Hors, je suis rapidement devenu fan du procédé, ce grâce à JayDee, Flying Lotus (et j'en passe...). Ca laisse une empreinte humaine sur une machine, à savoir toutes les minces fautes que la pâte humaine produit, rend un toucher plus naturel. Et voir même, progressiste, dans le sens où les fautes de grooves accentuées ont mené jusqu'à ce qu'on appelle aujourd'hui le "Slug", une forme de groove très abusive qui me dévisse la nuque ! Et qui plait fortement aux danseurs moderne de Hip Hop. No quantize, c'est aussi pour moi une forme philosophique qui me parle bien, d'assumer pleinement ses goûts et de pas vouloir forcément plaire, mais mettre notre coeur et nos envies au profit de nos convictions.
🎙 “Je suis un audiophile et je raffole des vieilles bécanes.”
No Quantize
LD : Des références, du vécu, une réflexion... On voit que ton blaz t’évoque une multitude de choses. Maintenant que nous connaissons ta seconde peau, raconte nous ton parcours musical?
NQ : J'ai débuté dans la musique à la batterie à l'âge de 10 ans, poursuivi mon cursus d'apprentissage musical dans plusieurs écoles de musique du Vaucluse, en Jazz, musiques actuelles, en jouant parallèlement dans divers groupes musicaux aux styles tous différents jusqu'à mes 20 ans. Année durant laquelle j'ai rompue momentanément mes liens avec la batterie et me suis penché sur la culture du vinyle, puis des boites à rythme et diverses machines et séquenceurs, avec lesquelles j'ai débuté la production, en abordant la maitrise des techniques liées au Hip-Hop. Je m'inspire énormément des compositions françaises, telles que celles de la Fonky Family, d'IAM, Carré Rouge, Mani Deiz, Goomar, Creestal ... Ainsi que celle des US, allant des productions de Wu-Tang Clan, Dj Premier, Lewis Parker, en passant par J Dilla, Madlib, Flying Lotus, Kev Brown, CM Jones ... Chemin faisant, et me sensibilisant toujours plus aux musiques de tous horizons, le Trip-Hop est venu entre mes mains comme une évidence. Très tôt Bonobo vint faire résonner pendant mon adolescence, l'envie de me diriger vers ces orchestrations aux outils largement divers. S'en suivirent des artistes tels que Shlohmo, Shigeto, Quantic, Morcheeba, Kaytranada.
LD : On sent l’expérience que tu as acquis en traversant de nombreux sentiers avant de trouver ton chemin fructueux ! Ces noms nous parlent aussi beaucoup, tu ne t’es pas inspiré des moins talentueux. Qu’en est-il de ton crew, ton entourage?
NQ : Mon entourage.... il est large ! J'évolue dans un milieu jazz, celui du rock, du Hip Hop aussi. J'ai un trio de Jazz dans lequel je suis batteur, DJ et producteur de 2 groupes de Hip Hop aixois (La Connaixion) et Marseillais (RPF) et batteur dans un groupe de surf rock/psyché avec les talentueux Julien Amiel, Rémi Bernard et Franck Curatalo. Je suis donc entouré de musiciens et de producteurs d'horizons et d'influences fortement diverses, mais aussi de graphistes, street artistes, vidéastes. A ce sujet, je pense à Lucile Martin, talentueuse graphiste/artiste qui design tout le projet en vinyle et CD, qui a réalisé une cover absolument superbe. Je pense aussi à Arthur Hennequin (Meloman Prod.) et Benjamin Fay (Premier oeil), qui sont deux vidéastes et producteurs de talent. Mais pour revenir à la musique, je pense au poto Saligo avec qui on pond un morceau pour mon album ces jours-ci. C'est un producteur et scratcheur de Strasbourg très talentueux et qui voit loin devant, acolyte de Goomar et Dj de Davodka. Je pense à Appolonie, de son prénom Polly, une chanteuse franco-anglaise qui vit à Londres, elle chante Jazz, RnB moderne et bien d'autres styles, avec je ne sais combien de formations musicales autour d'elle ! On a fait un morceau ensemble justement pour Bird Syndrome. Je pense à Fouch le Mot-Dit, un chanteur à texte, grooveur de première qui a fait ses armes dans le rap et qui s'accompagne au clavier dans un trio et un big band funk/jungle/jazz. Je pense à tous mes rappeurs de marseille, du centre ville aux quartiers suburbains, Les Sales Gosses, RPF, FPA, Dj DJEL, Tous Salopards, Anone (Cloch'Art).... avec qui l'emulation collective est d'une effervescence infinie. Je pense au Gala Swing Quartet, un groupe de swing/jazz manouche d'Aix en provence, pour qui j'ai prit le son de leur 3 ème album cette année ("Erreur au wagon bar"), composé de deux guitaristes Tom Valdman et Alexis Desmarais, un violoniste nommé Gaspard Doussiere et Alexandre Florentiny à la basse. Ce dernier avec qui je feature un morceau dans l'album, j'ai rarement rencontré une personne aussi largement cultivé et curieux en musique. Ce type est un vrai couteau Suisse et musicien de talent. Et évidement tous mes potes proches avec qui on ne cesse de faire du son ensemble depuis mes premières production et groupes, qu'ils soient musiciens amateurs, pros ou confirmés, ou absolument pas musiciens. Beaucoup m'apportent énormément dans ma musique, surtout les mélomanes et audiophiles qui m'ont diversifié de manière cruciale. Je pense à Manu Lepine, guitariste manouche d'un potentiel infini, à ma Lucie B. (Loux), Bob et Lalou "Les Couzs", à Adrien Mesples (DJ Ango), Titou, à Anone (Cloch'art), Eugénie B., Tristan dit l'Abbé, super producteur et audiophile, à Clément Serre (Syndicat du Chrome), Felix Beebop, Marie LP, Nathan LL (Jazz Jimi Jazz / The Merry Pranksters), et j'en passe tellement d'autres... la liste est infinie. Quelques uns se retrouveront aussi dans Bird Syndrome, l'album que je suis en train de sortir.
LD : Sacré crew, on peut te considérer comme un professionnel ! On sait que tu prépares un album qui s’annonce tonitruant. Du temps qu’il soit de sortie, as-tu d’autres projets en tête?
NQ : Je n’irai pas jusque là mais je suis bien entouré, oui ! (rires) Je compte continuer à mélanger les pinceaux entre tous mes acteurs et styles de musiques préférés, du moins ce que je maitrise et cherche à maitriser. Beaucoup de nouveaux groupes sortent chaque jours et c'est une bénédiction, le monde de la musique est en perpétuelle expansion, et je compte bien y participer en créant un maximum, et en réalisant pleins de projet musicaux aussi différents les uns des autres.
LD : Véridique ! Le monde musical ne cesse de se développer dans de nombreux styles différents, c’est bien pour ça que nous en sommes fanatiques. Partons sur une question originale, quel est ton objet musical favori?
NQ : Question difficile, pas évident de faire un choix ! Mais puisqu'il le faut, je dirais le vinyle. Raison pour laquelle je sors aussi cet album sur ce support. Ma grand-mère, ma mère et mon père furent les premiers à m'y pousser, jeter l'oreille et comprendre sa subtilité, ce sont aussi eux qui m'ont poussé à foncer dans la musique. Mon grand frère a pris le relais puisqu’il s’investit aussi à fond dans le projet. Je sais vers qui me tourner quand j’aurais besoin d’un manager ! (rires) Je dois beaucoup à ma grand mère, elle a créé en moi cette passion pour le vinyle qui m'a envoyé dans tous les styles du monde. Grâce au vinyl, on a pu échanger sur toutes nos connaissances en musique. Elle a pu découvrir et adorer Flying Lotus par exemple, elle m'a souvent scotché et pour le coup rendu de plus en plus curieux musicalement ! Et pour moi aujourd'hui, creuser des bacs, c'est comme se retrouver au beau milieu d'un marché de producteurs, avec toutes les denrées possibles et imaginables, je suis comme un gamin dans un shop de disque. On a tendance à tout entendre concernant la comparaison entre le vinyle et le reste... aucune comparaison n'est possible, chaque support possède ses avantages et ce n'est qu'une question de goût. Je suis un audiophile et je raffole des vieilles bécanes. Pour faire de la musique et pour l'écouter, c’est un parti pris.
LD : Nous raffolons tout autant de ces bonnes vieilles bécanes ! Une dernière question pour la route, et pas des plus minimes. Dans quel festival rêverais-tu de jouer?
NQ : Le Celebration Days Festival, sans hésitation ! Pour moi le meilleur festival du monde ! (rires) C'est un "petit" festival, bien qu'il grandisse chaque année grâce à son excellente prestation. Situé en Picardie, au beau milieu d'une forêt à Cernoy, près de Clermont de l'Oise. Il a été monté à la base il y a une dizaine d'année par des copains de là-bas. Ils ont juste fait une sorte de "Tribute to Woodstock" dans le jardin d'un pote, et en 10 ans ça s'est transformé en un festival d'une grande finesse, attirant plus de 2000 personnes chaque année, avec des programmations souvent peu connues du grand public, mais d'un talent incroyable. Je peux pas te dire combien d'artistes j'y ai découvert, mais cette année par exemple, Radio Moscow vient jouer chez eux ! Petit à petit le CDF fait son nid. Ce sont 3 jours de musique et de paix, folklore garantie. Et je compte bien y jouer avec mon groupe de psyché l'an prochain !
LD : On ne connaissait pas ce petit coin de paradis, merci pour l’info, on s’y rendra avec plaisir ! On te souhaite de la réussite pour la suite de tes projets qui s’annoncent déjà bien lancés, à bientôt amigo !
🎉 Nous sommes super fiers d’avoir vu le projet crowdfunding de No Quantize atteindre son objectif, et c’est grâce à vous ! En préparation et bientôt dans les backs : un album, des vinyles, un clip et pourquoi pas une tournée nationale? http://bit.ly/2v5zayr
A très bientôt pour une nouvelle édition “On a rencontré”.
iHasta luego!