LES VOYAGEURS
L'espace est plein de signes, le regard
les trouve et les perd dans le même instant,
la légèreté folle du hasard
fait de nos chemins des dessins tremblants,
un bleu gracieux court sous les arceaux
du jour bas et frais où l'on est heureux,
tantôt le ciel bouge au loin sur les eaux
puis fond sur la lèvre en fruit savoureux,
on voit un pays hérissé d'épines,
elles font ensemble un grand bruit aride,
or c'est bien le même où l'onde argentine?...
Nous n'en savons rien, nous allons sans guide.
Les rochers aigus percent des torrents
peu profonds, mais d'une extrême furie,
à peine si l'on résiste au courant
qui nous lave comme un os sous la pluie.
Nous croyons que tout peut nous apparaître,
nous ne bougeons pas de notre fenêtre.















