Odilon Redon Tailpiece from The Flowers of Evil (Les Fleurs du mal) 1890, published 1923
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Odilon Redon Tailpiece from The Flowers of Evil (Les Fleurs du mal) 1890, published 1923
... remembering ...
Charles Baudelaire, 1855
📷 Nadar
" Always be a poet, even in prose. "
LIGNES
Sur des lignes tracées sans but sur le papier ; sur des pages de lignes.
Ennoblie par une trace d'encre, une ligne fine, une ligne, où plus rien ne pue
Pas pour expliquer, pas pour exposer, pas en terrasses, pas monumentalement
Plutôt comme par le Monde il y a des anfractuosités, des sinuosités, comme il y a des chiens errants une ligne, une ligne, plus ou moins une ligne...
En fragments, en commencements, prise de court, une ligne, une ligne...
... une légion de lignes
Alevins de l'eau nouvelle d'un sentiment qui point, parle, rit, ravit ou qui déjà par moments poignarde
Échappées des prisons reçues en héritage, venues non pour définir, mais pour indéfinir, pour passer le râteau sur, pour reprendre l'école buissonnière, lignes, de-ci de-là, lignes,
Dévalantes, zigzagantes, plongeantes pour rêveusement, pour distraitement, pour multiplement... en désirs qui s'étirent, qui délivrent.
Débris sans escorte, le réel déminé,
Souris du souvenir indéfiniment se profilant à 'horizon de la page, ou bien tracés légers d'avenir incertain.
D'aucune langue, l'écriture —
Sans appartenance, sans filiation
Lignes, seulement lignes.
Ceux qui pensent tout savoir n'ont pas d'histoires à raconter. L'intelligence ne consiste pas à ne jamais se tromper, mais à savoir rapidement comment corriger ses erreurs.
📷 « L'art, c'est ce qui résiste : il résiste à la mort, à la servitude, à l'infamie, à la honte. » — Gilles Deleuze
daybreak
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The Count of Monte Cristo, Alexandre Dumas
a spring day 🌼
"D'abord vivre, ensuite philosopher, mais troisièmement revivre. L'homme de la caverne dont parle Platon doit en sortir, contempler la lumière du soleil et, muni de cette lumière qu'il garde dans sa mémoire, rentrer dans la caverne." René Daumal
Henri Cartier-Bresson Funeral of French Poet Paul Éluard (left to right: Elsa Triolet, Louis Aragon, Dominique Éluard , Pablo Picasso), Paris 1952
Un visage à la fin du jour,
Un berceau dans les feuilles mortes du jour,
Un bouquet de pluie nue,
Tout le soleil caché,
Toute la dernière fontaine au fond de l'eau,
Tout le miroir de tous les miroirs brisé,
Un visage dans la balance du silence,
Un caillou parmi d'autres cailloux,
Pour les frondes des derniers reflets du jour,
Un visage semblable à tous les visages oubliés.
Paul Éluard, "Belle et ressemblante" 1932
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A face at the end of the day
A cradle in day’s dead leaves
A bouquet of naked rain
Every ray of sun hidden
Every fount of founts in the depths of the water
Every mirror of mirrors broken
A face in the scales of silence
A pebble among other pebbles
For the leaves last glimmers of day
A face like all the forgotten faces.
Paul Éluard, "Lovely and Lifelike" 1932
Il est rare qu'un artiste soit vraiment un mauvais type. Une petite bassesse par-ci par-là, mais il en reste là. Nos sensations n'accordent pas de temps à des filouteries ourdies sur une trop grande échelle. Dans nos travaux nous mettons notre âme à nu, de sorte que tout le monde peut voir quelle espèce de canaille un artiste aurait pu devenir dans certaines circonstances. L'art est une soupape de sûreté.
SITUATIONS
Dans la situation, il y avait de l'effervescence.
Dans mon tempérament, il y avait sérénité.
Comment s'unir?
Puis la situation changea.
Il y eut coagulation et appel à la coagulation.
Là aussi, notre incompatibilité.
Mon noyau est dur, j'aime qu'il soit dur.
Cependant la vie suivait son inexorable chemin, court et réglé.
Puis il y eut une situation à touffes (et à fleurs).
Cela non plus ne me convenait et toujours le temps passait.
Enfin ces époques passées et bien d'autres encore qui suivirent, une situation se trouva, et dans celle-là il y avait calme.
Mais depuis longtemps toute tranquillité ayant disparu de moi, hésitant à présent et agité, je ne la reconnus pas, ou la reconnus pour une vieille connaissance avec laquelle on sait qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Ainsi la situation fut comme si elle n'avait pas été et disparut à son tour avant que je l'eusse épousée.
COMME LE CHAMP SEMÉ EN VERDURE FOISONNE
Comme le champ semé en verdure foisonne,
De verdure se hausse en tuyau verdissant,
Du tuyau se hérisse en épi florissant,
D'épi jaunit en grain, que le chaud assaisonne :
Et comme en la saison le rustique moissonne
Les ondoyants cheveux du sillon blondissant,
Les met d'ordre en javelle, et du blé jaunissant
Sur le champ dépouillé mille gerbes façonne :
Ainsi de peu à peu crût l'empire romain,
Tant qu'il fut dépouillé par la barbare main,
Qui ne laissa de lui que ces marques antiques
Que chacun va pillant : connue on voit le glaneur
Cheminant pas à pas recueillir les reliques
De ce qui va tombant après le moissonneur.
"I would like to be remembered as a filmmaker who enjoyed life, including pain. This is such a terrible world, but I keep the idea that every day should be interesting. What happens in my days – working, meeting people, listening – convinces me that it’s worth being alive.”
–Agnès Varda in the last interview of her life
Un petit enfant armé d’aiguilles à tricoter les manie habilement comme il a vu faire. Il n’a pas de laine aux doigts ; mais il n’y songe pas. Courageusement il tricote à vide. Enfin il sanglote, se croit maudit parce qu’il manque déjà de la foi suffisante pour voir naître entre ses doigts les chaussettes astrales qu’il tricote pour les pieds froids de ses ancêtres défunts. Jamais il ne guérira de l’amertume profonde qu’a fait naître en lui cet échec.
C’est dans son âme la première atteinte de ce désespoir qu’entraîne dans toutes les âmes occidentales la compréhension abstraite et vide du concept de virtualité. Les chaussettes restent virtuelles, parce qu’il commet déjà la grossière faute héréditaire qui nous empêche de sentir la virtualité non pas comme un monde creux, un état d’attente, mais comme une véritable réalité, invisible pour ceux-là seulement qui ne sont pas éduqués à voir.
"Être soi-même dans un monde qui essaie constamment de faire de vous quelqu'un d'autre est la plus grande réussite” --Ralph Waldo Emerson
Les arbres sont des poèmes que la terre dessine dans le ciel. Nous les abattons et les transformons en papier afin d y tracer l empreinte de notre vide.
*
Le poète est en quête perpétuelle de la note cristalline de son cœur.
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Il doit y avoir quelque chose d'étrangement sacré dans le sel. Puisqu'il est dans nos larmes et dans la mer.