Je reste là, le téléphone lourd entre mes mains. L’hexagramme 20… la contemplation. Je comprends que ce n’est pas le moment de me précipiter, ni de chercher une sortie trop facile. Ce qu’il me demande, c’est de voir clair, de m’exposer à moi-même comme Lilou a eu le courage de le faire. Je dois accepter de me regarder sans fard, avec mes manquements, mes désirs, mes contradictions.
Puis vient le 39, l’obstacle. Et je sais immédiatement de quoi il s’agit : ce blocage en moi, cette peur de perdre, cette honte de n’avoir pas su résister dimanche. Mais l’obstacle n’est pas une impasse. C’est une invitation à inventer une autre manière d’avancer, obliquement, à côté de la voie attendue.
Je sens que si je lui parle ce soir, je ne peux pas seulement avouer. Je dois transformer. Pas une confession sèche, pas une défense maladroite, mais un mouvement vers elle. Lui dire que ce qui s’est passé n’efface rien de ce que j’éprouve, que ce tremblement-là, celui de l’amour, reste intact.
L’hexagramme me souffle que la vérité n’est pas une arme contre moi, mais un détour vers plus de sincérité. Je n’ai pas à franchir l’obstacle de front. Je dois marcher autrement, trouver des mots qui ne soient pas une fin mais un commencement.
Ce soir, je lui écrirai. Pas pour me justifier, mais pour faire de ce trouble une ouverture. Une promesse de lucidité partagée.
À suivre…











