15 / Se tenir par la main
Quand j’ai pris ta main Le regard méchant des autres. - Toi tu m’as souri.
Pourquoi les gens qui sont homophobes sont-ils toujours en train d’imaginer des choses sales concernant les garçons attirés par d’autres garçons ? Ils ne voient pas la tendresse, l’attirance de deux cœurs qui battent l’un pour l’autre. Seulement la sexualité les intéresse. Et même cela, ils le salissent.
Je suis comme je suis, un cœur qui bat et qui vibre. - Juste un être humain
Comme les autres être humains, j’éprouve des émotions, des sentiments. Comme les autres êtres humains, je ressens aussi le besoin d‘être aimé, d’être accueilli, d’être accepté et de pouvoir me livrer en toute confiance dans les bras d’un autre qui à la fois me complète, me console et me donne goût à la vie. Comme les autres hommes.
Tous, garçons et filles espèrent trouver l’âme sœur. - Moi c’est l’âme frère.
Est-ce vraiment un si grand problème d’envisager que l’amour n’est pas genré ? Que je me sens bien à côté de mon ami, que mon cœur vibre pour lui, que je pense à lui tout le temps ou presque tout le temps et que j’ai hâte de le retrouver quand nous sommes séparés ? Près de lui, j’oublie le temps qui passe, je profite de sa présence et me sens fort sans savoir pourquoi. Juste parce qu’il est là.
Faut-il distinguer entre les hommes et les femmes ? - L’amour est l’amour.
L’amour est tendresse aussi. Se prendre dans les bras, se prendre la main, se toucher, se caresser, oser le contact peau contre peau, voilà bien des marques de tendresse qui sont naturelles. Pourquoi les refuser à certains humains sous prétexte qu’ils sont attirés par le même genre qu’eux ? Ce n’est pas d’abord sexuel, c’est juste humain.
Ta main dans ma main, le désir qui nous relie. - Nos corps éveillés.
Parlons quand même de sexualité puisque cela fascine et obsède la communauté des homophobes. Ce qui est triste, c’est de juger et de rejeter les gens sur leurs pratiques sexuelles alors que l’amour n’est pas d’abord une question de sexe, l’amour est d’abord une rencontre.
Il pleut dans ma vie, j'ai froid et tu es là. - Mon coeur en chamade.
Une rencontre entre deux êtres, deux âmes, deux cœurs, deux volontés, deux désirs. L’amour est attirance réciproque et don de soi. Et dans ce magnifique échange, le plaisir de l’autre jusqu’à sa jouissance est plus important que le sien. L’autre, c’est ce qu’il éprouve également.
Je me donne à toi et je me reçois de toi. - Même chose pour toi.
Quel est donc cet instinct primaire qui fait assimiler la sexualité à de la bestialité ? Cela parle davantage de ceux qui la voient ainsi que de ceux qu’ils rejettent et dont ils se moquent. La rencontre sexuelle est un moment de connexion à l’infini, au paradis, à la source éternelle de bienfaisance. Elle l’est, seulement si l’amour a précédé. Sinon, elle n’est que jouissance égoïste, mère de toutes les brutalités. Ce qui, hélas, n’est l’apanage ni des homos ni des hétéros, ni de tous les autres. Bienvenue dans l’humanité.
Tu espères de l’amour qu’il te comble et te ravisse. - Ne me juge pas.
Comme il long parfois le chemin pour s’accepter soi-même et pour croire qu’il y a quelque part un autre être qui nous est destiné. C’est si dur de ne pas être aimé. C’est si dur aussi de ne pas aimer. Alors, quand la rencontre se fait, quand l’amour survient et fait que je peux me reposer tranquillement sur toi sans qu’il ne m’arrive rien de fâcheux, s’il-te-plaît, laisse-moi être heureux.
Se tenir la main, s’endormir contre son corps. - La félicité.
Source illustration : letraspal.tumblr.com
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NB – Après le haïku et le tanka, il fallait bien que je m’exerce au haïbun qui est une composition japonaise qui mêle la prose et le haïku.
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