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Co-directed by me with Sandpiper Animator, Jeremy Galante, character designs by myself and Maria Friske, and music by Alison Cowles and Alex Coté. Sing along next time you brush!
Avec mon complice Vincent Bergeot, expert en animation et outils open source (en particulier OpenStreetMap), nous avons initié en 2015 une activité de médiation aux données numériques. Nous avons l’ambition d’accompagner les collectivités, plus largement les acteurs publics et para-publics dans la valorisation et l’ouverture de leurs données.
Premier acte : animation du programme open data du Département de la Gironde en 2015 et 2016.
Cet article détaille l’action que nous mettons en oeuvre aux côtés des agents de la collectivité.
Quelle culture des données pour des outils décisionnels performants ?
Par Sarah Labelle et Claire Gallon
Aujourd’hui, collectivités, entreprises, associations et individus peuvent disposer à moindre coût d’outils d’aide à la décision et de fouille de données pour optimiser leur gestion, campagne de communication, évaluation de performance... Un panel de différents outils décisionnels contribue à changer les pratiques, les métiers et à créer de nouvelles tensions. L'objectif de l'atelier Infolab du 27 juin lors de l'Open Data Week Marseille, était de se pencher sur le rôle que les données peuvent jouer dans le domaine décisionnel et les approches décisionnelles.
Les interventions de collectivités: Thomas Eisinger (Région Provence-Alpes-Côte d'Azur) et d'associations : Hervé Paris (AlterCarto) ont permis de réaliser un état des lieux et une remise en perspective des outils decisionnels et de leur évolution du fait de l’émergence des données.
L'usage des données est à la base du développement d'indicateurs, d'outils de simulations, d'infographie et « datavisualisations », etc. Autant d'outils décisionnels pour mieux gérer, prévoir et optimiser ressources et stratégies des organisations. Si les outils d'aide à la décision semblaient jusqu'alors réservés aux grandes entreprises et administrations, aujourd'hui tableaux de bord et autres outils d'enregistrement et d'analyse de données sont consultés, produits et alimentés par tout un chacun.
Dans les jeux vidéo, en particulier ceux de stratégies (par exemple les city builders), les « gamers » doivent gérer intelligemment leurs tableaux comportant de multiples indicateurs, pour pouvoir progresser. Dans la vie quotidienne, les exemples de personnes qui trouvent dans la mesure de paramètres biomédicaux (santé, sport) un moyen d'avoir prise sur leur angoisse (comme ces parents) ou d'améliorer leur hygiène de vie (comme le raconte Emmanuel Gadenne) se multiplient. Les outils de traçage, de management des données deviennent monnaie courante et peuvent être utilisés par le plus grand nombre (comme Klout, Graph Search...).
Cependant, les modes de calcul et la nature des résultats ne sont pas forcément explicites et accessibles.
Historiquement, ce sont les administrations qui ont créé des outils de classement qui permettaient de rationaliser l'accès à l'information, de structurer les données pour mieux prévoir et mieux définir leurs actions. Avec le web des données, le nombre de données à traiter augmente, les modalités de calcul se diversifient, se complexifient. L'accès d'un plus grand nombre de personnes à ce nouvel indice qu'est la donnée modifie sans aucun doute la manière dont des décisions sont prises.
Qu'est-ce qui se transforme exactement ? Qu'est-ce que ces nouvelles « métrologies » offrent comme nouvelles possibilités ? Qu'est-ce qu'elles rendent plus visible, lisible, ou au contraire, qu'elles permettent d'évacuer ?
L'aide à la décision, telle qu'elle est développée dans le champ de la « Business Intelligence » ou la statistique publique, est une activité qui mobilise plusieurs acteurs : elle se fonde sur le choix d'informations qui permettent de répondre à des questions posées, qu'elles soient d'ordre prospectif ou analytique. Notons que les acteurs impliqués doivent échanger et déterminer ensemble les objectifs du processus de décision. Dans ce processus, le choix des données et des informations est donc crucial, tout comme le seront les outils mobilisés.
Il s'agissait donc, à travers cet atelier, de confronter plusieurs champs d'aide à la décision : une grande entreprise ayant recours au service du BI, le service de contrôle de gestion d'une grande collectivité, une démarche de consultation publique des citoyens...
Ces différentes interventions ont mis en évidence plusieurs problématiques:
D'une part, l'accessibilité large des données et l'élargissement des dynamiques de « data-driving » questionnent non seulement la manière dont les décisions sont prises, mais aussi la manière dont les métiers et les compétences individuelles sont amenées à évoluer. L'usage de MailChimp par l'équipe de la Cantine de Rennes est une excellente illustration de la professionnalisation marketing de l'équipe associative. Ou encore la démarche de mécénat d'outils de gestion de données pour les associations, et les formations associées, animés par les Ateliers du Bocage - SolidaTech / Emmaüs France, en lien avec SAP.
La présentation d'Hervé Paris portait sur une plate-forme de données cartographiques sur la santé et sur le territoire de Lyon. Plusieurs actions ont été menées parallèlement : l'équipement de différents services d'outils statistiques territorialisés, la mise en place d'ateliers de débat. L'usage de cette plate-forme visait à ce que les données deviennent des instruments de dialogue entre les services et d'implication des citoyens et des associations dans les processus de décision. L'enjeu est à la fois citoyen et décisionnel : est-ce que l'usage des données peut renouveler la manière de fabriquer les politiques publiques ? L'enjeu est que les espaces de décision soient fermés. Au contraire, par l'accès aux données, il devient possible de redistribuer la parole et de redessiner les processus de décision.
Également, la nature des outils mobilisés joue un rôle déterminant dans l'interprétation des données collectées et mobilisées, cela influence les conditions du débat. Les outils utilisés ne sont pas dénués de « visions stratégiques » (de considérations sur la manière dont on manipule au mieux des données à des fins décisionnelles). Quelle est la marge de liberté laissée aux acteurs qui les utilisent ? Les outils sont-ils « boîte noire », c'est-à-dire des machines à calculer dont il est difficile de comprendre les équations ou les modèles qui arrangent et redistribuent les données?