Another interview in which Gaspard stresses that he is an only child! He even comments on "Lisa Ulliel" (who doesn't exist btw):
Lisa Ulliel, la soeur inconnue de Gaspard Ulliel
C'est une usurpation. Je ne sais même pas si cette fille existe et comment elle a réussi à faire croire tout ça. Je n'ai pas de soeur, ni de frère, je suis fils unique. Je ne sais pas d'où sort cette information. En plus il y a des photos d'elle sur Internet, ça serait une blonde je crois... Quoi qu'il en soit c'est complètement faux.
A rough translation:
Lisa Ulliel, Gaspard Ulliel's unknown sister
That's a usurpation. I don't even know if this girl exists and how she managed to make all of this believable. I don't have a sister, neither a brother, I'm an only child. I don't know where this information came from. Moreover, there are photos of her on the Internet, it was a blonde I believe... Anyway, this is completely false.
Thanks to little-polonophile for sending the link to me! Here is the complete text:
"SAINT LAURENT" : LES TROIS ANECDOTES PERSONNELLES DE GASPARD ULLIEL
De l'amour, du scandale, des belles choses, la maladie... "Saint Laurent" de Bertrand Bonello a tous les ingrédients d'un bon film. Et c'est encore mieux vu des coulisses, vu par Gaspard Ulliel, alias Yves Saint Laurent. Entre mensonges, confessions et monstruosités, l'acteur nous livre trois anecdotes plutôt appétissantes...
La scène la plus difficile à tourner
Ça peut paraitre assez cliché, mais j'insiste sur le premier jour de tournage qui était un vrai examen de passage. J'avais passé plusieurs mois à construire ce personnage. Sans forcément le montrer à Bertrand Bonello. On a travaillé ensemble, on était en contact permanent mais on a chacun gardé un certain secret dans le travail. Il n'y a aucun moment avant le premier jour de tournage où j'ai joué devant lui en lui montrant ce qu'allait être mon Saint Laurent et donc le sien. C'était comme au théâtre, il y a eu le premier coup de rideau. C'était assez angoissant de révéler à l'équipe et à Bertrand mon personnage. J'étais aux aguets, j'essayais de guetter la moindre information dans son regard, de la même façon que je regardais comment réagissait l'équipe.
Lisa Ulliel, la soeur inconnue de Gaspard Ulliel
C'est une usurpation. Je ne sais même pas si cette fille existe et comment elle a réussi à faire croire tout ça. Je n'ai pas de soeur, ni de frère, je suis fils unique. Je ne sais pas d'où sort cette information. En plus il y a des photos d'elle sur Internet, ça serait une blonde je crois... Quoi qu'il en soit c'est complètement faux.
Saint Laurent, ce "monstre" fantasmé
J'aime bien parler de Yves en tant que "monstre" parce que ce n'est pas forcément comme ça qu'on le voit de prime abord. Mais il y a cette idée qu'il va s'approprier la femme, la manipuler. C'est ce que Bertrand montre dans la scène avec Valéria Bruni Tedeschi... En l'espace de quelques minutes, il va complètement la changer. Il a aussi cette scène où une femme vient lui annoncer qu'elle est enceinte, il la rassure et la congédie l'instant d'après. Ce n'est pas inspiré de la réalité, c'est plus un fantasme que Bertrand peut avoir. C'est son "Saint Laurent".
date of publication: February 19, 2015 (includes republished interview from September 25, 2014)
language: French
source
Note: It's an interview with Gaspard and Louis Garrel.
For those who are still confused because people spread the rumour that Gaspard has a sister: this is one of the examples where he says he is an only child: "Je suis fils unique."
César 2015 : Rencontre avec Gaspard Ulliel et Louis Garrel
"Saint-Laurent" est nommé à 10 reprises dont les catégories Meilleur film, Meilleur réalisateur (Bertrand Bonello), Meilleur acteur (Gaspard Ulliel) et Meilleur second rôle masculin (Louis Garrel).
"Les beaux gosses". Par Nicolas Schaller et Sophie Grassin. Article publié le 25 septembre 2014.
Pour incarner Yves Saint Laurent, artiste en proie au doute, et Jacques de Bascher, dandy fatal, Bertrand Bonello, qui célèbre toujours dans ses longs-métrages « la beauté finissante des choses », voulait des physiques contemporains. Il les a trouvés chez Gaspard Ulliel filmographie jusque-là un peu bazar) et Louis Garrel (acteur estampillé film d'auteur). Le premier se dépasse en incarnant avec une finesse fantomatique et fébrile le couturier, le second campe avec une grâce assurée et féline l'objet de sa passion. Comment ont-ils vécu l'aventure ? Comment conçoivent-ils leur métier ? Comment envisagent-ils l'après-« Saint Laurent » dans un système lui aussi touché par la crise ? Réponses.
TéléObs. - Vous connaissiez-vous avant de tourner « Saint Laurent » ?
Gaspard Ulliel. - On s'était croisés plusieurs fois dans des cocktails. Et, juste avant le film, Bertrand [Bonello, NDLR] a insisté pour que les acteurs passent par une séance de travail commune.
Louis Garrel. - Là, ça vient en deux secondes. On voit si c'est possible ou pas [il claque des doigts]. Au départ, Bertrand m'a essayé en Saint Laurent. Mais je n'arrivais pas à m'immiscer dans le rôle, je ne savais pas où mettre l'imaginaire. Quand il m'a parlé de De Bascher, je me suis dit : ça, oui.
Il existe très peu d'infos sur Jacques de Bascher...
L. G. - C'est ce qui m'a tout de suite allumé. J'en avais entendu parler une fois par Karl Lagerfeld. Et le mec qui faisait la manche devant la libraire La Hune à Saint-Germain-des-Prés, Jean- Jacques, racontait que Lagerfeld avait eu un amant mort du sida. De Bascher, c'est comme un livre qui s'ouvre sur un trou noir. Il m'a tout de suite fait penser à une toile de David Hockney que j'avais vue chez une amie, le portrait d'un homme à la moustache proustienne ; j'ai appris par la suite que c'était lui !
G. U. - Moi, Saint Laurent et son rapport à la création, à la célébrité, à la solitude et aux doutes me parlaient. Je suis fils unique. Cette idée de se construire seul, même si je n'ai pas éprouvé la même souffrance que lui, de se créer son propre monde, me renvoyait à pas mal de souvenirs d'enfance.
L. G. - Je vais peut-être sortir une connerie mais il me semble que c'est Saint Laurent qui finit par ressembler à Gaspard plutôt que l'inverse. La première fois que je t'ai vu, ce qui m'a frappé, ce n'était pas tant ta voix ou ton mimétisme qu'un truc de corps. D'ailleurs, dès notre première scène, tu étais torse nu.
G. U. - Sur un canapé en cuir mou.
L. G. - Assez vite, on s'est dit : il faut que ce soit une histoire d'amour. On a eu un plaisir fou à pousser la sensualité un peu plus loin à chaque scène. Gaspard, c'est de l'eau claire. Comme Romain Duris, avec qui j'ai tourné « Dans Paris ». [S'adressant à lui] Tu n'es pas trop névrosé, il me semble ?
D'où la scène du baiser qui n'était pas dans le scénario.
G. U. - Bertrand nous l'a proposée un soir. On lui a répondu : on te donne une prise. Sauf qu'il n'a pas coupé. J'ai un souvenir très fort des scènes avec Louis. Notamment celle de l'orgie chez de Bascher. On dînait tous les deux à la cantine et quand on est arrivés sur le plateau, les figurants étaient déjà en train de s'embrasser contre le mur sur une musique à la Pink Floyd. Toute la scène était là. A la fin de la prise, les figurants continuaient à se choper.
L. G. - Avec Bertrand, on n'a pas cette sensation d'avoir un feu lumineux braqué sur soi, on fait partie d'un monde sensoriel. Pour moi, il filme la vie imaginaire de Saint Laurent, ses cauchemars et ses rêves. J'ai le sentiment que tout le film est recouvert d'un voile de satin.
Comment avez-vous vécu la guerre des deux films sur Saint Laurent ?
L. G. - Pure bataille industrielle.
G. U. - C'était l'affaire des producteurs. A un moment, elle a vraiment mis le film en danger. Je travaillais sur le personnage depuis 2012 et je me disais que ce serait une grosse frustration si le projet avortait.
Le film dessine le portrait d'une époque, de 1967 à 1976.
L. G. - Plus jeune, je la voyais comme un âge d'or. J'entendais les gens dire :« Ah, cette époque magique ! Ah, nous, c'était tellement fort d'un point de vue esthétique, artistique, politique... » J'ai fini par comprendre que c'était de la mystification, une pure projection romanesque. Et un truc pour flinguer les générations d'après. Merci, on est déjà suffisamment perdus comme ça. Je ne suis pas sûr que les années 1970 ne ressemblaient pas au merdier quotidien dans lequel on se débat aujourd'hui.
Louis, vous venez du cinéma d'auteur pur et dur. Vous, Gaspard...
G. U. - ... de nulle part.
Non, mais d'un cinéma plus populaire, moins identifié. Alors que Louis, par exemple, est l'acteur fétiche de Christophe Honoré et de son père, Philippe.
G. U. - C'est quelque chose dont je rêve. Mais mon parcours s'est imposé comme ça, sans ligne directrice, à travers mes choix. Je ne voulais pas rentrer dans une case, ce n'était peut-être pas la meilleure des idées : je n'avais pas d'identité aux yeux de la profession. J'ai voulu prendre du recul, j'ai levé le pied. « Saint Laurent » arrive à un moment-clé. C'est comme si je l'avais attendu depuis des années.
L. G. - La perception que l'on a de nous tient davantage à ce que l'on renvoie sexuellement. Gaspard arrivait avec un physique tellement étrange et doux. Les gens fantasmaient vachement sur toi. Tu donnais une telle grâce à tes personnages, tu trimballais un truc d'éternel enfant. Avec « Saint Laurent », tu bascules dans quelque chose de plus agressif sexuellement.
Louis, vous n'en avez pas marre des films d'auteur ?
L. G. - Je ne réfléchis pas comme ça. Je fais les films de Christophe Honoré dans le même état d'esprit que José Garcia quand il fait « la Vérité si je mens ! ». Dans la même sorte de joie. Après, j'ai été pleutre. Je ne sortais pas trop de mon pré carré. Je me faisais une idée du métier à la Jean-Baptiste Poquelin, j'avais le fantasme de la troupe à la Mnouchkine. J'avais même un groupe de théâtre mais on s'est engueulés. Là, je viens de tourner avec Maïwenn. Je la trouve forte. J'y ai rencontré Vincent Cassel : quel charisme, quelle beauté, quelle sensualité et, en même temps, quelle sécheresse !
Vous êtes tous deux l'égérie d'un parfum. Un truc de filles, non ?
L. G. - Je ne sais pas trop quoi dire, là.
G. U. - Cela m'a permis, durant cette période de remise en question, de bénéficier d'un confort financier non négligeable.
L. G. - « Confort financier... », la phrase n'est pas mal.
G. U. - Certes, j'avais un peu peur d'abîmer le fantasme des metteurs en scène. Mais il y avait Scorsese [réalisateur du spot publicitaire pour le parfum Bleu de Chanel, NDLR].
L. G. - Moi, mon parfum [Valentino Uomo, NDLR] sent hyper bon.
Condition sine qua non ?
L. G. - Non je ne savais pas ce qu'il sentait quand j'ai accepté. Cela dit, la mode, j'avais tendance à trouver ça snob et idiot. En grandissant, j'ai compris qu'un vêtement ou un objet, ça peut être très triste. Il suffit de voirles pays où on ne sait pas s'habiller, où ce culte-là est absent. La beauté d'une robe, c'est estimable.
Vous avez tous les deux des envies de réalisation ?
L. G. - J'ai un projet [une adaptation de « la Vie de Marianne », de Marivaux, NDLR] mais j'ai tellement le trac. Pas de peau de l'ours avant de l'avoir tué.
G. U. - Après le bac, je me rêvais davantage réalisateur qu'acteur. Cela me semblait plus accessible. Je me sens beaucoup moins prêt aujourd'hui. Faire un film, c'est une très lourde responsabilité, il faut avoir quelque chose à dire. Mais je préférerais être cinéaste : l'attente de l'acteur entre chaque projet m'est de plus en plus insupportable. Ce n'est pas évident de rebondir après une expérience comme « Saint Laurent ». Il serait idiot de ma part d'espérer un rôle de la même ampleur tout de suite. J'ai eu beaucoup de propositions mais j'ai un mal fou à me positionner.
Si on vous le proposait, de qui aimeriez-vous réaliser le biopic ?
G. U. - Alors là...
L. G. - D'un mec qui travaille dans la banque. Je n'y comprends tellement rien. Le cinéma, il faut que ça serve à un truc : apprendre à draguer une fille, à se démerder avec ses enfants... ou comprendre le système bancaire !
Comment vivez-vous la crise actuelle dans le cinéma ?
L. G. - Les films ne sont pas plus difficiles à faire - ils l'ont toujours été mais aujourd'hui, si on tourne un film à perte, on a l'air d'être le mauvais élève. Pourtant, on a les moyens, notre système de financement est très bien fait. Il devrait rester une marge pour des films qui ne rapportent pas d'argent mais qui entrent dans une recherche artistique.
G. U. - On n'a plus le droit à l'erreur.
L. G. - C'est dû à la morale budgétaire ambiante : on a des déficits, la guerre qui se prépare, les banques qui « collapsent », on ne va pas en plus dépenser à perte. Nous sommes tous un peu patriotes et hyper bons citoyens. Par exemple, je ne connais pas encore bien Emmanuel Macron [le ministre de l'Economie, NDLR] mais je n'ai rien contre lui. Même Valls : il va au Medef, d'accord, mais quand il lance « Employés, employeurs, il faut qu'on s'y mette ! », je l'entends. Moi, chaque matin, j'aimerais bien pouvoir me dire : « Tiens, le pays va mieux. Le boulanger est content. »