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New OC and a new friend
Please, wake up. (Cyrius & Isabelle) (Complete)
Isabelle, toujours au chevet de son frère, veille sur lui. De son côté, Cyrius parvient à trouver en lui le courage nécessaire pour rendre visite à Aiden. La rencontre entre la soeur d'un côté, et le petit ami de l'autre, ne se passe pas forcément de la meilleure des façons, même si la conséquence finale n'est pas si désastreuse...
Finalement, Cyrius était de retour. Lui qui, pourtant, n’avait pas prévu de revenir dans ce bâtiment, à cet étage, devant cette porte. Mais ça avait été plus fort que lui. Ses pas, une nouvelle fois, l’avaient un peu guidé par automatisme jusqu’au couloir de réanimation. Il avait gravit les marches sans vraiment les voir, l’esprit échappé vers un endroit encore inconnu à sa conscience.
Le jeune homme avait fait l’effort de venir jusqu’à la porte. Mais, une fois la main sur la poignée, il n’avait pu se résoudre ni à l’ouvrir, ni à franchir les derniers mètres qui le séparait de Celui-qui-ne-se-réveillerait-plus.
Pour ça, il aurait fallu du courage. Mais voilà. Toute once de courage s’était échappée de Cyrius. Et plus le temps passait, plus la lâcheté revenait prendre possession de lui.
C’était au dessus de ses forces. Sa main glissa contre le panneau de la porte, et le blond posa son front se colla au bois. Il se mordait très fort les lèvres. Pour ne pas hurler.
- Il va falloir que tu entres pourtant Cyrius.
Le jeune homme sursauta, et se retourna d’un coup, faisant face à une infirmière. Son esprit restait encore un peu embrumé de sa dernière nuit - piquée d’instants de flottements - et il mit un temps avant de la reconnaître. Anna. Elle avait travaillé dans le service où Cyrius était soigné, et il la connaissait plutôt bien. Elle aussi.
- Je sais. C’est dur. Mais Aiden Lending a besoin de ses proches. Tu connais aussi bien la théorie qui affirme qu’on entend ce qui se passe autour de nous quand on est dans le coma.
Il y aurait pu avoir de l’ironie dans sa voix. Après tout, combien de fois avait-elle vue Cyrius jurer à l’équipe soignante qu’il détestait un certain Aiden ? Mais elle avait rapidement compris que Cyrius ne racontait jamais toute la vérité. Le mystère faisait parti intégrante de lui.
- Comment va-t-il ?
La voix enrouée du blond lui arracha presque un sourire douloureux. Il n’avait plus rien à voir avec l’être solaire qui n’hésitait jamais à faire le clown dans les couloirs de l’hôpital.
Un jour, elle avait dû lui courir après, alors qu’il s’était emparé d’un fauteuil roulant pour faire la course avec un enfant paralysé. Quand elle les avaient enfin retrouvé, à l’autre bout du bâtiment, le sourire de Cyrius et de l’enfant était tel qu’Anna n’avait jamais osé les réprimander pour quoi que ce soit. Cyrius avait toujours su amener un peu de chaleur, presque de la joie, dans les couloirs désinfectés de l’hôpital.
Aujourd’hui, il semblait à Anna qu’il avait à la fois perdu cette joie, et une partie de lui même.
Les mains de Cyrius tremblaient trop violemment. Elle n’eut pas le coeur de lui mentir.
- Son état est stable. Les médecins ont levé le coma artificiel. On attend juste qu’il se réveille de lui-même maintenant.
- Ça fait plus de dix heures ? Les signes.. Son esprit le bloque n’est-ce pas ?
Anna aurait voulu sourire. Elle se rappelait des paroles de Docteur Sanchez, au temps où elle travaillait dans son service. "Vous ne trouverez pas plus perspicace que Cyrius Millers concernant les diagnostics. Dommage qu’il préfère être un artiste plutôt que médecin."
Elle n’eut pas le besoin de l’approuver. Il avait compris.
- Entre Cyrius. Je viens avec toi si tu veux.
L’infirmière aurait juré voir comme une once de soulagement dans les yeux de Cyrius. Un soulagement éphémère.
Elle ouvrit d’un geste la porte, plaçant ses mains sur les épaules Cyrius et le poussa avec douceur à l’intérieur. Si Anna adressa un sourire confiant à la soeur d’Aiden assise dans un coin de la pièce, Cyrius lui, ne sembla pas remarquer la jeune femme.
Ses yeux gris fixaient le corps d’Aiden, toujours immobile, toujours pâle. Entouré de ses machines clignotantes et chuintantes. Il se figea, ses poings se serrant presque avec rage. C’était entièrement de sa faute. Tout était de sa faute.
- Cyrius.. Murmura Anna. Vas-y. Essaie, ça ne coûte rien. Je sais qu’il a besoin de toi.
Alors enfin, et seulement après une dernière sensation de perte totale de contrainte, Cyrius osa franchir les derniers pas qui le séparait d’Aiden. Il ne sentait pas le regard d’Isabelle sur lui, tandis que ses doigts vinrent s’entremêler à ceux de son amoureux. Il traça des cercles qu’il aurait voulu apaisant sur la peau fine et marquée de veines bleutées.
- Hey Lending. .. Il serait temps de te réveiller maintenant.
Il ne vit pas non plus Anna s’éclipser discrètement pour lui laisser une certaine intimité. Mais entendre la voix d’Isabelle le fit sursauter une nouvelle fois. Violemment.
Il tourna son regard orageux vers elle, la fixant droit dans les yeux. Comme pour lui demander comment elle osait le déranger maintenant. Sa main toujours dans celle d’Aiden.
Depuis l’annonce que son petit frère avait très peu de chances de lui revenir, Isabelle s’était jetée à corps perdu dans la théorie d’Anna. Elle n’arrêtait pas de lui parler, s’imaginant que chaque mot, chaque syllabe était un pas de plus pour Aiden.
- Je te jure, papa et maman deviennent fous. J’espère que ces connards vont vite être attrapés, qu’ils puissent venir te voir. Te voir par Skype ne leur a pas suffit.
Elle passa une main dans les cheveux de son frère et sourit en repensant à ce que ses parents avaient dit à Aiden pour qu’il sorte de son sommeil. Son sourire s’élargit un peu plus alors qu’elle repensait à leur enfance.
- Tu as toujours tout fait pour les rendre fous. Depuis que t’es petit. TU te souviens quand tu avais caché le chat dans le frigo pour qu’il arrête d’avoir chaud? Le pauvre était gelé en sortant. Papa et maman en était malades, mais le chat ne t’en a que plus aimé bizarrement.
Un éclat de rire, un peu forcé, mais quand même présent, résonna dans la pièce, avant de s’éteindre brusquement lorsque la porte de la chambre s’ouvrit.
Qui venait rendre visite à Aiden? Ce n’était pas l’heure des relevés par les infirmières, ce qui signifiait que quelqu’un était venu pour voir Aiden. Son coeur bondit de joie, et un léger sourire vint prendre place sur ses lèvres. Quelqu’un allait l’aider à ramener Aiden. Enfin.
Son sourire mourut aussitôt qu’elle reconnut celui venu parler à Aiden. Elle aurait préféré ne jamais le voir. Parce que si son frère était dans ce lit, c’était en grande partie la faute de celui qui venait de rentrer.
Millers.
Anna eut beau lui adresser un mince sourire d’encouragement avant de quitter la pièce, Isabelle n’était pas prête à laisser Millers s’approcher d’Aiden, malgré son air abattu et les paroles qu’il prononça.
- Qu’est-ce que tu fais là? T’as pas l’impression que c’est de ta faute qu’il dans cet état?
Elle était violente, et injuste, car Aiden lui avait dit qu’il savait ce qu’il faisait, mais il fallait trouver un coupable, et celui-ci était tout désigné. Elle fixa Cyrius d’un oeil noir, attendant qu’il réponde. Ou s’en aille, ce qui ne serait peut-être pas plus mal.
Le regard d’Isabelle sur lui perturbait Cyrius. Il avait déjà cette flamme de rage. Si sombre et brûlante. Aiden avait la même quand il s’énervait.
Le jeune homme blond serra un peu plus fort la main d’Aiden. Dans un premier temps, il ne répondit rien à la réplique violente d’Isabelle.
Il y avait une différence entre se savoir coupable, et se l’entendre dire. On l’avait même accusé, un peu plus tôt dans la soirée, d’avoir lui même tenté de mettre fin à la vie de celui qu’il aimait. C’était encore plus douloureux de se tenir alors à ses côtés, de seconde en seconde.
Mais il s’accrochait avec de plus en plus de force à sa main. Sentant le regard d’Isabelle se durcir.
Cyrius ne put s’empêcher de lui répondre avec une nonchalance qui ne masquait pourtant pas une certaine acidité.
- De ma faute ? Oh si, je sais que c’est de ma faute s’il est là. Je l’ai vu se prendre la balle qui m’était destiné sans réagir. Je l’ai vu se vider de son sang sans bouger jusqu’à l’arrivée des secours.
Il tourna son regard ombrageux sur la jeune femme. Lui adressa un large sourire, très crispé pourtant.
- J’ai été généreux sur ce coup là.
Cyrius avait presque envie de pousser Isabelle en dehors de la pièce. Ne comprenait-elle pas qu’il souffrait lui même de la situation ? Que ni l’un ni l’autre n’avait eu de vraie maîtrise de la situation.
Si Cyrius ne le sentit pas revenir, son courage reprenait petit à petit place. Il s’assit sur le bord du lit, glissant sa main contre la joue d’Aiden.
- Lending, va falloir penser à te raser. Sérieux, tu fais négligé là.
Son regard brilla un peu, presque amusé. Eclat de courte durée.
D’un geste distrait, il remonta les manches de sa chemise au dessus de ses coudes pour passer sans gène sa main dans les cheveux bruns d’Aiden. Non sans avoir gratter légèrement l’intérieur de son bras droit au passage.
Isabelle se vit dans un premier temps être superbement ignorée par Millers qui se contenta de tenir la main d’Aiden, son petit frère, et de le regarder. Sans savoir pourquoi, la présence du blond dans la même pièce qu’elle lui donnait envie de le frapper.
Comme si la haine qui animait son frère était passée en elle. Sentiment ridicule, puisqu’Aiden avait arrêté de détester Cyrius un bon moment auparavant. Mais de son côté, elle en voulait au blond, encore plus qu’elle en voulait à Aiden de la laisser seule.
Elle s’apprêtait à lui renvoyer une pique pour le faire réagir lorsqu’il prit la parole de lui-même, coupant court à toute inspiration de la jeune femme.
Isabelle ne put s’empêcher de frissonner en entendant le récit - court mais poignant - du blond. Elle avait presque oublié que lui aussi avait vécu la scène, aux côtés d’Aiden qui plus est. Et qu’il devait probablement se sentir coupable de la situation.
Mais réaction égoïste oblige, Isabelle aurait préféré mille fois soutenir Aiden au chevet de Millers que de voir le blond serrer la main de son frère à l’heure actuelle. Surtout lorsqu’il lui sourit. Isabelle souffla fortement.
- J’ai envie de t’arracher la tête. Isabelle vrilla son regard dans celui du blond. On dirait que tu t’en fous. Que tout ça n’est qu’une blague. Sauf que c’est sérieux. Aiden est dans le coma, et il risque de ne pas se réveiller. Et tu es là, à te foutre de ma gueule. Bordel, Millers, essaie d’être un peu sérieux! Je croyais que tu l’aimais, Aiden!
Elle avait presque crié ses derniers mots, pour empêcher sa voix de se briser. Parce que si elle était en colère contre le blond qui se trouvait toujours debout, elle était surtout triste pour Aiden, car elle comprenait que Millers n’aimait pas vraiment son frère.
Il l’exclut de nouveau, et s’assit auprès d’Aiden sur le lit. Il passa d’abord une main sur la joue de son frère, et Isabelle se mordit la lèvre. Pourquoi se montrait-il si tendre alors qu’il se moquait d’Aiden? Avait-elle mal interprété les signes?
Elle continua à réfléchir lorsqu’elle vit le blond passer ses mains dans les cheveux d’Aiden, geste que seule elle avait fait jusqu’ici. Elle était partagée entre le laisser faire, et se battre à nouveau verbalement contre lui.
Isabelle était prête à le laisser tranquille lorsqu’elle le vit se gratter l’intérieur de son bras. Et une idée horrible vint s’insinuer dans son esprit. Elle avait déjà vu d’autres personnes faire ça, lors d’un épisode sombre de sa jeunesse. Elle espérait simplement qu’elle se trompait.
- Dis-moi que ce que tu fais n’est pas du à ce que je pense que tu as fait? Dis-moi que je me trompe ou tu te barres d’ici tout de suite.
Sa question n’était pas claire, mais elle savait que Cyrius avait compris. A lui de lui donner la bonne réponse, et il avait intérêt à pas se planter. Même si dans sa tête, elle connaissait déjà la réponse.
Cyrius préférait ignorer Isabelle plutôt que lui porter une trop grande attention. Il sentait venir d’elle des élans de rage, et de colère. Pensait-elle sérieusement qu’il était le seul responsable dans l’état de son frère ? Pensait-elle sérieusement qu’il devait en porter seul tout le fardeau ?
Et surtout avait-elle raison ?
Si Cyrius avait dans un premier temps refusé tout contact avec Aiden, aillant plus peur de couler en le voyant que de se sentir apaisé, il comprit soudainement que le jeune homme toujours inconscient était en réalité son dernier rempart. Dernière barrière entre lui et la folie qui le guettait.
Encore plus face à sa soeur, qu’il ne connaissait pas.
Lui parler lui sembla alors une bonne idée. Comme si Cyrius était toujours capable de créer une bulle rien qu’à eux. Son doigt glissa lentement contre sa joue, remontant sur l’arrête du nez, avec douceur.
Le blond ferma lentement les yeux. Se souvenant du rire d’Aiden. De ses dernières paroles.
Alors il murmura dans un souffle, mais il savait qu’Isabelle l’entendait quand même. Comme Aiden s’il était toujours avec eux.
- J’étais avec lui jusqu’au bout. Il m’a dit.. Il m’a dit de te dire qu’il t’aimait Isabelle.
Et ses doigts fins continuèrent de glisser sur la peau de l’être inconscient. Redessinant le contour de ses pommettes.
Une larme solitaire roula sur la joue de Cyrius. Isabelle avait raison, il le savait. C’était de sa faute. De son unique faute.
Sa voix pourtant, malgré qu’elle était rauque, brûlait d’une force nouvelle. Apaisante ?
- Lending, je ne sais pas à quoi tu joues, mais le rôle de la Belle aux Bois Dormant ne te va pas spécialement. Tu es trop jeune pour ça. .. Tu n’as plus rien à craindre. Ce qui s’est passé à la NYADA.. C’est fini. Ça ne reviendra pas. Tout va bien maintenant. Je suis toujours là. Toi aussi. Et celui qui.. Qui a fait ça ne fera jamais plus de mal à personne. Ni à toi, ni à moi, ni à lui-même. Il n’en a plus la possibilité, tu comprends ? Tu n’as plus rien à craindre. Tu n’as plus qu’à ouvrir les yeux.. Je ne dis pas que ça sera tout les jours facile. Je ne te mentirais pas, ça ne le sera pas. Tu vas te réveiller avec des cauchemars pleins les yeux, et tu vas sursauter encore longtemps au moindre claquement de porte. .. Mais je serai là. On va s’en sortir Aiden. Ensemble.
Isabelle ne disait plus rien, au grand soulagement de Cyrius. Ou du moins, si elle s’exprimait, il ne l’entendait pas. Perdu quelque part loin. Loin, avec le souvenir du regard d’Aiden gravé sur ses pupilles.
Il n’avait plus envie de partir. Mais sa tête lui tournait un peu. Peut-être à cause des larmes qui ne sortaient plus.
Cyrius se demanda si Aiden les entendait. Si c’était à lui de prendre la décision de partir ou de rester. Avec sa main dans la sienne, il eut alors la sensation qu’il devait aussi lui laisser la possibilité de partir en paix. Si telle était sa décision.
Il l’aimait assez pour le laisser partir. Malgré la douleur qui lui brûlait les entrailles.
- .. Mais si tu décides de nous quitter Aiden.. Merci. D’avoir été là, d’avoir fait ce que tu as fait. Tu as le droit de vouloir lâcher et d’être épuisé. Personne ne t’en voudra. Tu peux partir..
Cyrius se releva, avec un petit sourire aux lèvres. Il était à la fois soulagé, et brisé de douleur. Il se pencha une dernière fois vers son amoureux, déposa un baiser sur son front et murmura dans un souffle :
- Je t’aime.
Il n’avait plus rien à dire. Il se sentait épuisé.
Une fois debout, Cyrius glissa son regard gris glacial dans celui d’Isabelle. Il ne nia rien, ni la trace de piqûre, ni le mot “drogué” qu’il lisait sur son visage. Il sourit amèrement, secouant ses cheveux blonds.
- Quoi, tu oserais me mettre à la porte ? ..
A sa grande frustration, Isabelle ne put se donner le droit d’arrêter Cyrius dans ses gestes. Il n’avait jamais vu personne regarder Aiden de cette façon, et les gestes qu’effectuaient le blond… Ils étaient sincères, et la jeune femme se dit que ces gestes valaient peut-être plus que mille mots.
Elle croisa les bras, debout, attendant une prochaine réaction de Cyrius, l’espoir qu’Aiden finisse par ouvrir les yeux toujours présent. Mais une seule personne les rouvrit, et ce n’était pas son frère.
Elle plaqua sa main contre sa bouche en entendant les paroles du blond, à peine audibles. Elle tenta de se maîtriser mais ne put contenir un sanglot étouffé.
J’étais avec lui jusqu’au bout. Il m’a dit.. Il m’a dit de te dire qu’il t’aimait Isabelle.
Isabelle n’avait jamais douté de l’amour de son frère. Mais les deux jeunes gens se le disaient rarement, car c’était inutile entre eux. Cependant, entendre que tout ou partie des derniers mots d’Aiden avaient été pour elle…
C’était beaucoup trop dur.
Elle tourna le dos à Cyrius, le temps de retrouver suffisamment de self control pour endurer le reste de cette visite. Elle se retourna pour entendre les paroles du blond à Aiden, qui la touchèrent peut-être plus que de raison.
Cyrius faisait des promesses. Des promesses qui sonnaient vraies, crédibles et tenables aux oreilles de l’étudiante. Il disait la vérité à Aiden, et malgré la colère qu’elle ressentait vis-à-vis de l’étudiant en art, elle éprouva de la reconnaissance.
Elle n’osait rien dire cependant, ne voulant pas troubler ce moment qui n’appartenait qu’à Aiden et son petit ami. Oui, Isabelle comprenait ce que son frère pouvait trouver au blond. Le caractère, le physique aussi. N’était ce petit détail qui la dérangeait, elle l’aurait trouvé parfait pour Aiden.
Oh, et si l’on exceptait aussi sa colère envers lui.
Un long silence s’installa, seulement perturbé par le bip bip incessant des machines rappelant qu’Aiden était encore avec eux, même si le lien qui existait entre eux était ténu. Il n’appartenait qu’à eux de le rendre plus dense, et de faire revenir Aiden.
Cyrius, lui, en avait décidé autrement. En donnant le droit à Aiden de partir s’il en avait envie. D’abord profondément choquée, Isabelle s’écroula sur le siège le plus proche. Comment pouvait-il autoriser à Aiden de partir… de les laisser seuls, ici?
Puis elle se mit à réfléchir. A essayer de se mettre du côté d’Aiden. De se battre contre les pires images que son cerveau pouvait lui envoyer. De lutter pour se réveiller, mais d’être constamment piégé. Sans échappatoire.
Elle ne le faisait que depuis quelques instants, mais elle se sentait déjà haletante, et avait du mal à respirer. Elle rouvrit les yeux, et observa Cyrius, qui baisait le front d’Aiden. Elle s’interrogea sur la maturité dont il avait fait preuve. Mais était-ce vraiment de la maturité, ou était-elle simplement égoïste?
Peut-être un peu des deux. Décidément, Millers remontait dans son estime.
Enfin… ça c’était avant. Avant qu’il ne la regarde, plongeant ses yeux gris dans les siens. De grands yeux expressifs, qui à l’heure actuelle n’exprimaient que fatigue et tristesse. Et qu’il ne lui offre ce sourire, et cette réplique.
Quoi, tu oserais me mettre à la porte ? ..
Cette question la ramena des années en arrière, alors qu’elle hébergeait une amie - maintenant rayée de ses contacts à jamais - qui venait de se faire renvoyer de chez elle.
Au bout de quelques semaines, Isabelle avait remarqué que son “amie” se piquait. Le pire était la fierté qu’elle en retirait. Sa famille avait une politique très stricte en matière de drogue, et elle aurait déjà du lui demander de quitter la maison familiale. Mais Sanah était son amie, et elle avait voulu l’aider.
Jusqu’au jour où Sanah demanda à Isabelle d’aller l’approvisionner, jurant que c’était la dernière fois. Elle avait failli se faire attraper par la police, et n’avait du sa chance qu’à Aiden qui l’avait délestée de la marchandise avant qu’elle ne se fasse arrêter par la police pour contrôle.
Elle avait tellement eu peur qu’elle avait jeté la drogue dans un terrain vague, et demandé à Sanah de quitter les lieux sur le champ.
Quoi, tu oserais me mettre à la porte ? ..
Tels avaient été les mots de Sanah, et oui, Isabelle l’avait forcé à partir. Depuis, elle exécrait par dessus tout les drogués de toute espèce.
- Oui je te mettrai à la porte. Sans aucun remords. Parce que mon frère mérite mille fois mieux que quelqu’un qui se drogue. Surtout quelqu’un dans ton état.
Elle vit l’éclair dans les yeux de Cyrius. N’était-il pas au courant qu’Aiden lui confiait tout? Non? Tant pis. Elle poursuivit.
- Je t’aurai déjà foutu dehors en te voyant te gratter le bras si je n’avais pas l’impression que tu es sincère avec lui, dit-elle en désignant son frère du regard. Je te laisse deux choix. Soit tu te casses, et tu ne reviens pas. Soit tu t’asseois, et tu m’expliques pourquoi t’as fait cette connerie.
Cyrius se mordit la lèvre, alors Isabelle asséna son dernier argument, qui ferait choc, elle le savait.
- Sache que lui non plus ne supporte pas les drogués. Alors fais-ton choix, mais fais le vite. Et fais le bon.
Le temps que Cyrius passa aux côtés d’Aiden le brisa un peu plus. Il ne savait pas si voir son petit ami lui avait fait du bien, ou si au contraire, il se sentait encore plus mal qu’avant. La sensation était étrange.
Il avait laissé se former autour d’eux deux une bulle intimiste. Entre celui-encore-debout-mais-plus-pour-longtemps et celui-qui-ne-se-réveillait-toujours-pas. Ignorant parfaitement la perte de contrôle d’Isabelle. Il ne vit pas ses larmes, ne l’entendait plus renifler. Ne comptait plus celui qu’il avait trop longtemps détesté.
Mais Cyrius sentit ses dernières onces de courage s’envoler. Il lui semblait qu’il avait tout dit. Il lui permettait de continuer, ou d’abandonner. Même si la douleur de le perdre lui paressait alors insurmontable.
Le réalisateur se détourna du lit. Le coeur aux bords des lèvres.
Il évita dans un temps le regard d’Isabelle. Avant de lui répondre avec une désinvolture qu’il savait parfaitement agaçante. Elle remettait en cause son amour pour Aiden - mais n’avait-elle pas raison de le faire ? Elle le jugeait. Pensait pouvoir lui apporter une quelconque aide.
Cyrius ressentit un élan de colère le saisir. Comment osait-elle penser pouvoir le comprendre ? Comment osait-elle penser pouvoir tout décider ?
Il hésita d’abord, indécis. N’avait-elle pas raison ? Risquait-il vraiment de tout perdre ? Le blond secoua la tête. Il avait déjà tout perdu. L’indécision se changea en une acidité tenace.
D’un pas félin, un peu trop joué, le regard brillant d’une lueur qu’il savait mauvaise - instinct retrouvé de ses anciens face à face avec Aiden -, Cyrius s’approcha d’Isabelle. Assez près pour la perturber.
Il n’y avait rien de joueur, de cette sensualité malsaine animant les combats visuels ou physiques des deux anciens ennemis. Il était face à sa soeur. Cyrius ne jouait pas. Il n’y avait que cette douleur quelque part, qui lui faisait perdre la tête.
Il ne se gêna pas pour se coller contre elle, lui attrapant le poignet. Et il souffla à l’oreille de la jeune femme, la voix vibrante d’une colère froide :
- Ah oui, tu crois vraiment que je vais me confier à toi ? Tu veux que je te racontes quoi Isabelle ? Ce que j’ai vu ce jour là ? Quand Lending s’est écroulé devant moi en se prenant la balle qui m’étais destiné ? Le sang qu’il perdait sans que je stoppe l’hémorragie ? Comment j’ai appuyé sur la gâchette pour abattre celui qui nous faisait face ? Tu veux que je te raconte quoi Isabelle ? .. Les cris, le sang, et son regard vide ? Tu veux que te racontes l’horreur de ce qu’il a vécu ? De ce que j’ai vécu ? Crois-moi, tu n’as aucune envie de savoir.
Il la fusilla du regard, lâchant le poignet qu’il avait attrapé. Il s’éloigna d’elle en sifflant :
- Et surtout aucune raison de savoir ça. Tu n’es que sa soeur. Et tu n’es rien pour moi.
Cyrius se dirigea à grandes enjambées vers la porte. Il masquait ses mains tremblantes en serrant les poings. Aucun regard vers le lit d’Aiden.
Mais avant de partir, la main sur la poignée, il se tourna vers Isabelle une dernière fois. Son sourire ironique était revenu sur son visage.
- Je vais te dire une bonne chose que tu vas devoir te mettre bien au fond de ta caboche de Sainte Nitouche Coincée. Tant qu’Aiden respirera, tu vas me voir encore et encore. Tu ne m’empêcheras pas de rester là. Drogue ou pas drogue. .. J’en ai rien à foutre de ce que tu peux penser. Tu ne peux décider ni de sa vie, ni de la mienne. Je fais ce que je veux de mon corps. Alors tes menaces, tu vas les foutre au cul de quelqu’un d’autre. Et au passage, baise cette personne un bon coup, ça te décoincera.
Il lu toute l’animosité dans le regard de la brune. Ce qui déclencha un rire nerveux plutôt glaçant, qui secoua les épaules du blond.
- Et crois-moi, Aiden m’a dans la peau. Après tout.. Je suis son petit ami.
Isabelle n’apprécia pas du tout le rapprochement qui s’opéra entre Cyrius et elle. Elle n’apprécia pas non plus le regard mauvais qu’il lui jeta. Apparemment Cyrius avait décidé d’être ironique et s’était mis en colère.
Dans un sens, cette nouvelle étape dans leur confrontation ne dérangeait pas plus que cela Isabelle. S’il fallait s’énerver, elle le ferait, sans une hésitation. Elle espérait juste qu’il ne se mettrait pas à la frapper, comme il le faisait avant avec Aiden. Elle était consciente qu’elle ne parviendrait pas à se défendre face à lui.
Elle eut l’impression qu’il allait réellement la frapper lorsqu’il lui attrapa le poignet. Elle supporta la prise violente sans sourciller, peu désireuse de céder le moindre pouce de terrain au blond.
S’il voulait la guerre, il l’aurait. Pour sûr.
Isabelle écouta d’abord Cyrius lui cracher son venin à la figure. Tant bien que mal, elle se força à écouter le laïus de l’étudiant en entier. Bien sûr, ce qu’il disait se tenait, même si elle ne le lui avouerait pas. Sous la colère, la peine s’entendait, mais la douleur dans son poignet empêchait Isabelle de la plaindre. Doucement, mais sûrement, la pression montait. Mais elle ne disait rien.
Jusqu’à ce que Cyrius dépasse les bornes.
Tu n’es que sa soeur.
Alors qu’il lâchait son poignet - mais pas son regard, qu’il fusilla allègrement - le blond ne tarda pas à se rendre compte de son erreur. Isabelle éclata de rire. Un rire sans joie, un rire ironique… Puis la jeune femme avança vers Cyrius, l’obligeant à reculer à chaque phrase, l’intensité de sa voix allant crescendo.
- Ecoute moi bien, espèce de petit merdeux. Je m’en fous de savoir ce qu’il s’est passé dans cette école, d’accord? Oui, tu as vu des choses horribles. Oui, tu as vu Aiden se vider de son sang, parce qu’il s’est sacrifié. Pour toi. Parce qu’il t’aime. Tu as tué ce connard qui l’a mis dans cet état? Formidable, tu veux une médaille? T’es pas le seul à avoir fait ça tu sais? L’horreur que tu as vécu? Honnêtement, je m’en contrefous. Arrête de te victimiser. Tu es debout. DEBOUT. Aiden, lui, est allongé dans ce putain de lit, DANS LE COMA. Et comment tu le remercies de t’avoir sauvé? Hein comment? En te piquant, comme le pauvre lâche que tu es. Je sais même pas ce qu’Ai peut trouver à un gars comme toi, qui n’a même pas le courage d’affronter la réalité, et qui préfère se planquer derrière la piquouze.
Isabelle perdait son sang froid de façon impressionnante. Elle qui se retenait depuis des jours de partir en vrille, Cyrius lui servait de défouloir.
- Je ne suis que sa soeur, c’est bien ce que tu viens de dire? Laisse moi rire. Je pense que tu n’as pas bien compris comment on fonctionne dans la famille. On a pas le même concept de frère et soeur que tu veux bien le croire. Alors range tes airs supérieurs. Ça ne te va pas du tout, Cyrius.
Elle appuya bien sur l’utilisation du prénom, au courant de la haine du blond pour son prénom. Un sourire carnassier prit place sur le visage de la jeune femme alors que l’autre grimaçait.
Isabelle resta sur place alors que Cyrius se dirigeait rapidement vers la porte. La main sur la poignée, il se retourna pour verser un peu plus sa bile sur Isabelle, qui l’accueillit avec un haussement de sourcils.
- Tu crois vraiment ce que tu es en train de dire? Ecoute bien ce que la Sainte Nitouche Coincée, qui d’ailleurs doit l’être un peu moins qu’un connard sans rein qui a passé sa vie sans alcool ou autre choses de ce genre, a à te dire. Si je lui dis la vérité, à savoir que tu te transformes en un putain de junkie, il n’aura même pas besoin de moi pour te jeter. Et pour ce qui est de t’empêcher de rester là, je pense que tu me connais mal. S’il faut que je reste là H24 pour qu’il n’ait pas besoin de revoir ta sale gueule de blondinet en chaleur, je le ferai. Crois-moi, ce ne sont pas des menaces en l’air.
Elle se tut, fusillant à son tour Cyrius du regard. Elle était plutôt forte à ce jeu là. Moins qu’Aiden, mais tout de même. Sauf que ce regard ne fit que déclencher le rire du blond. Un rire détestable par ailleurs.
- Il t’a dans la peau. Mais tu ne le mérites pas. Tu es trop faible pour mériter quelqu’un d’aussi bien qu’Aiden. Mais t’as raison, dégage, ça vaut mieux.
Elle se retourna, et prit une profonde inspiration, espérant que lorsqu’elle se retournerait, Cyrius serait parti, et qu’elle pourrait se calmer tranquillement.
Elle se trompait lourdement.
C’est à cet instant, et à cet instant seulement, que Cyrius se rendit compte à tel point il n’en pouvait plus. Le regard d’Isabelle était impossible à soutenir. Ses paroles vrillaient ses tympans, le brisait, comme jamais il ne l’avait été auparavant.
Il chancela, s’appuyant brusquement au mur. Sa tête lui tournait, son ventre lui faisait mal.
Tu es debout. DEBOUT. Aiden, lui, est allongé dans ce putain de lit, DANS LE COMA.
Il était debout. Mais ses forces l’abandonnaient. Elles s’envolaient, et il n’était pas capable de les rattraper.
Je sais même pas ce qu’Ai peut trouver à un gars comme toi, qui n’a même pas le courage d’affronter la réalité, et qui préfère se planquer derrière la piquouze.
Cyrius ne bougea pas plus que ça, appuyé au mur. Son regard s’était fait vide, lointain. Il encaissa la colère d’Isabelle sans broncher. Sans tiquer. Sans ciller. Peut-être même ne la regardait-il plus. Peut-être même ne l’entendait-il plus.
Si je lui dis la vérité, à savoir que tu te transformes en un putain de junkie, il n’aura même pas besoin de moi pour te jeter.
Nouvelle attaque. Le regard de Cyrius se porta involontairement sur le corps toujours immobile. Elle n’avait pas tord, la belle-soeur. Aiden ne voudrait jamais de lui. Pas avec de la drogue dans les veines. Pas avec cette sensation d’amertume de l’adultère toujours coincée dans la gorge.
Et encore moins avec du sang sur les mains.
Mais c’était ce qu’il était devenu. Infidèle, drogué, et tueur. Ce qu’il serait encore quelques mois. C’était tellement plus simple d’oublier par moment.
Il n’arrêterait pas.
Cyrius regarda Isabelle se détourner, non sans lui avoir donner de l’ordre de partir de la chambre. C’est ce qu’il aurait dû faire. Mais il ne parvenait pas à s’y résoudre, accrocher à l’image d’Aiden si paisible.
Inconsciemment, il ne souhaitait plus que ça. Dormir. Longtemps. A son tour.
Un sourire brisé passa sur son visage, et il fit face une ultime fois au regard d’Isabelle. Y plongeant ses yeux orages.
Cyrius ne pleurait pas, mais son regard était éteint.
- Je suis désolé Isabelle. Veille sur lui. Tu as raison, je ne reviendrais pas. Il a toujours été mieux sans moi.. Je n’ai pas ma place ici.
Il ouvrit la porte, comme un automate, et se glissa à l’extérieur de la petite chambre. Laissant les dernières onces de son envie de se battre derrière lui.
Isabelle s’était attendue à beaucoup de choses de la part de Cyrius - au vu des histoires qu’Aiden lui avait racontée - mais certainement pas au vide qui fit face à ses propres déclarations.
C’est pourquoi Isabelle, Isabelle la gentille, refit surface. La jeune femme se sentit brusquement coupable d’avoir infligé tant de violence au jeune homme, même s’il ne s’agissait que de violence verbale.
Pourtant, elle n’arrivait pas à ouvrir la bouche, ne serait-ce que pour s’excuser, ou émettre le moindre son. Cyrius, lui, restait là, immobile, silencieux.
Jusqu’au moment où il se dirigea vers la porte, et qu’Isabelle l’attaqua une dernière fois, avant de lui tourner le dos. Le silence s’abattit une nouvelle fois dans la petite chambre aux murs blancs. Il devint tellement insupportable qu’elle se retourna une dernière fois, et qu’elle croisa le regard de Cyrius. Ce qu’elle vit la remplit de tristesse et de culpabilité.
Les yeux gris pourtant si expressifs quelques instants auparavant s’étaient éteints.
Ainsi que le ton sur lequel il annonça à Isabelle qu’il devait partir. Qu’elle avait raison. Son coeur se serra, et elle s’en voulut un peu plus. Qui était-elle pour empêcher son frère de voir quelqu’un qui l’aimait autant?
Elle voulut ouvrir la bouche pour rattraper le coup, mais Cyrius s’était déjà glissé hors de la chambre, laissant Isabelle seule avec son remord. Un peu abattue par cette première rencontre avec le petit ami de son frère, Isabelle se dirigea vers la fenêtre lorsqu’elle entendit quelqu’un tousser.
Elle regarda vers la porte et ne vit personne. Elle se tourna à nouveau vers la fenêtre lorsque.
Quelqu’un. Tousser…
Isabelle se tourna cette fois vers le lit où était Aiden. Et elle fondit en larmes.
Aiden avait ouvert les yeux.
Elle s’assit sur le lit, et commença à caresser les cheveux de son frère, qui lui souriait. Dans un mélange confus de rires et de sanglots, Isabelle parla pour la première fois depuis des jours à son frère, qui cette fois, pourrait lui répondre.
- Ai… Espèce de petit con. Je t’interdis de recommencer un coup pareil… Mon Dieu…
Le doux sourire présent sur le visage de son frère se transforma en rire.
- Quel accueil. Ça me fait plaisir de te voir aussi, Isa.
La jeune femme renifla, et éclata de rire, et Aiden en profita pour se moquer à nouveau.
- Parfaitement sexy. Mais continue de renifler, je t’en prie.
- Ne me fais pas regretter d’être restée attendre que tu te réveilles, toi. Et ne profite pas de ta faiblesse pour être un immonde petit personnage.
Aiden rit à nouveau et tendit - difficilement - les bras vers elle. Elle s’autorisa un instant de faiblesse et laissa son petit frère l’étreindre. Ces jours avaient été tellement durs…
- Isa? Est-ce que Cyrius va revenir, malgré ce qu’il a dit?
Silence.
- Oh… Tu as entendu… ça?
- Je n’ai pas tout entendu. Mais j’ai entendu une partie. Et je crois que… que c’est sa dernière phrase qui m’a fait revenir. Je voulais l’empêcher de partir. Aiden soupira. Je n’ai pas été assez rapide.
- Hey… Je suis sûr qu’il va revenir. S’il t’aime autant qu’il le dit, il reviendra. Je suis sûr qu’il reviendra demain.
Elle ne savait pas à quel point elle se trompait.





