Cyrius profita du baiser que lui offrit Aiden avant de lui répondre. Avec la plus grande douceur du monde, il glissa ses mains sur les hanches de son petit ami - fiancé - futur époux - ex ennemi et le colla à lui.
Comme il profita encore plus de l’étreinte qui suivit ses paroles, répondant sans retenu au baiser plus passionné du brun. Mais les mots qu’il avait prononcés tournaient en boucle dans son esprit.
Cyrius savait qu’il aurait pu survivre de ce qui le rongeait. Mais sa chance était passée quand il avait refusé, au dernier moment, le rein de sa soeur l’été précédent. Son coeur maintenant faisait des siennes, encore plus épuisé depuis que le blond avait perdu pied avec les drogues. Cyrius avait compris que ses derniers résultats sanguins et cliniques étaient loin d’être bon. Il n’avait même pas eu besoin de les voir pour sentir tout au fond de lui que tout se détraquait. Petit à petit, mais sûrement.
La greffe d’un rein ne lui suffirait plus. Il lui faudrait désormais un coeur.
Aiden ne semblait pas encore comprendre pleinement le côté irréversible de la situation. Après tout, le jeune homme ne lui avait pas dit pour la greffe avortée. Ou pour le papier signé de sa main chez le notaire, interdisant à toute personne de sa famille de lui faire don de l’un de ses reins. Il l’aurait certainement tué sur place pour avoir gâché une telle opportunité. Mais Cyrius lui, n’avait pas peur de partir. Ça ne l’effrayait pas. Il était même confiant. Et le blond savait qu’Aiden finirait par accepter tout ça. Un jour. Il était juste encore trop tôt. Ils venaient de se retrouver.
Alors Cyrius se contenta d’un sourire énigmatique en guise de réponse. C’était le bal ce soir. Hors de question de venir tout gâcher avec ses petits problèmes de santé. Et la présence du brun avait tendance à lui faire tourner la tête.
Un rire clair s’échappa de ses lèvres quand Cyrius sortit sur le ton de la plaisanterie :
- Je sens qu’on va s’engueuler pour savoir qui va prendre le nom de l’autre. Cyrius Lending, ça pue et ça manque de charme. Aiden Millers par contre…
Joueur, encore bien vivant et tout à fait lui, Cyrius glissa ses lèvres dans le cou d’Aiden, connaissant parfaitement sa sensibilité. Murmurant sur un ton suave.
- Ça me donne presque envie de perdre le peu de dignité qu’il me reste en ta compagnie, et dans ce couloir là, tout de suite, maintenant.
Ses mains s’aventuraient déjà à déboutonner la chemise d’Aiden, sans jamais vraiment toucher la peau qu’elles dévoilaient petit à petit. Avant de s’arrêter, en se glissant sur les hanches.
- Je t’aurais bien proposer qu’on attende la nuit de noces pour passer à l’étape supérieure, mais j’aurai jamais la patience. Et j’ai épuisé ma niaiserie pour ce soir. Je suis pas une princesse disney encore vierge donc…
Cyrius s’amusa de la rougeur des joues d’Aiden. Il ne pût s’empêcher de retourner à l’exploration de son torse pendant encore quelques secondes, non sans lui offrir un baiser à faire s’évanouir une grand-mère puritaine.
- Donc.. Ce soir ? Tu viens dormir avec moi ? J’ai une chambre pour moi tout seul. Et le matelas de Jessie à disposition.
Il faudrait un jour, qu’il arrête de sourire comme un gamin.
Cyrius ne répondit pas aux paroles d'Aiden lui interdisant de le quitter avant longtemps. Il eut simplement droit à un sourire en coin, qui déclencha l'exaspération, mais aussi le désir de l'acteur. Le brun se demanda si son fiancé - rien que pensait au terme le rendait tout chose - éludait consciemment la question ou s'il ne s'en rendait pas compte, pris dans l'intensité des événements.
Aiden aurait parié pour la première solution. Il connaissait suffisamment Cyrius aujourd'hui pour savoir quand ce dernier lui mentait. Mais il laissa couler, peu désireux de gâcher un tel moment.
- C'est ça, ta gueule, répondit Aiden en riant. Hors de question que je change mon nom, c'est bien compris? Et si jamais Lending te plaît pas, tu n'as qu'à garder ton propre nom. Même si ça serait vraiment dommage... ajouta le brun en volant un nouveau baiser au réalisateur.
Cyrius se mit ensuite à jouer de ses lèvres sur le cou du troisième année, qui dut se mordre la lèvre pour ne pas gémir de plaisir, ici, dans ce couloir. Néanmoins, il devait avouer que la perspective de se faire surprendre avait quelque chose de légèrement excitant. Aussi laissa-t-il Cyrius continuer ses agissements.
- Surtout, ne dis rien ou je vais vraiment le perdre, ce peu de dignité qu'il me reste... commença Aiden.
Ce faisant, il sentit que Cyrius déboutonnait un à un les boutons de sa chemise, la veste de costume déboutonnée elle aussi depuis longtemps. Les sens à fleur de peau, il frissonna à chaque fois que le blond effleura son torse.
De son côté, il s'amusa lui aussi à déshabiller Cyrius. Une fois sa chemise ouverte, le brun défit la cravate nouée autour du cou de son petit-ami, et laissa le tissu glisser sur la peau nue du blond, frôlant le torse puissant du réalisateur du bout des doigts.
Subitement, les mains de Cyrius trouvèrent leur point d'ancrage sur les hanches du brun. Il rit doucement lorsqu'il entendit le troisième année plaisanter. Il se contenta de passer son doigt sur le torse de son petit ami jusqu'à le coincer entre la peau et le pantalon du blond, avant de déclarer.
- Sache que tu t'es peut-être amusé avec les filles, mais tu es encore vierge de toute relation avec les mecs. Moi par contre... Aiden leva les sourcils, tout en déboutonnant le bouton du pantalon du blond. S'il eut soudain très chaud, ce n'était rien en comparaison de Cyrius, qui donnait l'impression d'irradier de chaleur. L'acteur lui offrit un sourire charmeur avant d'ajouter. Du coup, je serais votre guide ce soir, princesse...
Le réalisateur ne répondit pas tout de suite, préférant s'attarder sur le torse du californien qui accepta son sort avec plaisir. Finalement, après un baiser des moins chastes, Cyrius lui demanda s'il acceptait de venir dormir avec lui cette nuit là. Aiden répondit, le regard mutin.
- Tu comptes vraiment dormir toi? Moi pas.... Bref, je te suis, mais vite, très vite...
Il n'ajouta rien, Cyrius ayant très bien compris où le californien voulait en venir. Le blond attrapa la main d'Aiden, et le guida jusqu'à sa chambre.
Elyn lui sourit. Visiblement, ils essayent de s’en sortir de la même façon. Et ça semblait marcher pour tous les deux. Aiden avait l’air vraiment en forme.
Il devait y avoir eu quelque chose avec Cyrius, mais Elyn n’osa pas poser de questions de peur de sauter à pieds joints dans quelque chose qui ne la regardait absolument pas. Elle lança simplement un regard désolé vers le jeune homme, comme pour lui montrer que si il avait besoin, elle était là.
Puis il lui montra les messages de Lee, et elle cru halluciner. Il avait l’air presque hyperactif - même si Elyn savait parfaitement que ça arrivait de plus en plus souvent -, comme un enfant qui se préparait à son premier goûter d’anniversaire. Définitivement, son petit ami n’avait pas fini de la surprendre.
- Ok, je te crois.
Elle explosa de rire à ce qu’il lui dit ensuite. Il aurait presque eu l’air sérieux si un petit sourire ne se faisait pas voir sur son visage. Mais Elyn continua dans ce petit jeu, s’y complaisant parfaitement.
- Oh mais je te dirais qu’il faut que tu te changes, et que c’est pas négociable ! Un clin d’oeil, un sourire en coin. Eh ben vois le bon côté des choses, même si Lee a saccagé tout le reste de ta chambre, au moins ton costume est toujours en vie !
Attiser la curiosité de quelqu’un comme Elyn n’était pas vraiment la meilleure chose à faire. Elle n’était pas du genre à être très patiente, et Aiden ne faisait que la faire mariner avec des phrases qui ne l’avançaient vraiment pas - même si dans d’autres circonstances elles pourraient être étranges. En gros, il la rendait folle. Elle n’avait qu’une envie : le secouer dans tous les sens en lui criant de se dépêcher de tout lui dire. Mais elle ne fit rien et se contenta de gesticuler comme une gamine devant le lit de ses parents le matin de Noël.
Et enfin, il cracha le morceau. Elyn eut envie de sauter de joie, mais seul un grand sourire apparu sur son visage.
- Une chanson ? En duo ? Impossible de résister ! Elle l’attrapa par le bras et le tira vers la chambre qu’il partageait avec Lee. Allez va te changer et dépêche toi, j’ai trop hâte d’y être maintenant !
Définitivement, cette soirée promettait d’être géniale.
Elyn le laissa tranquille avec Cyrius et Aiden lui en fut réellement reconnaissant. Il était déjà suffisamment sur les nerfs à cause du blond pour en remettre une couche en expliquant les détails à la jeune femme, même s'il avait pleine confiance en elle, et qu'elle lui laissait l'occasion de se confier si jamais il avait réellement besoin.
Les deux yeux de la danseuse s'agrandirent comme des soucoupes à la lecture des messages entre Aiden et Lee. Il ne put s'empêcher de rire lorsqu'elle lui annonça que finalement, oui, elle le croyait.
- Je te prendrai une photo du sol en rentrant dans la chambre si tu veux. Que tu vois ça de tes propres yeux.
Le sourire en coin qu'il avait affiché en feignant d'être outré par les propos d'Elyn ne le quitta pas alors qu'elle entrait également dans le petit jeu que l'acteur avait mit en place. Il leva un sourcil avant de répondre, d'un air bourgeois parfaitement imité.
- Oui, et heureusement pour Lee. Cela m'aurait pleinement peiné s'il avait du rembourser la totalité du prix de ce costume. Surtout que je me serais retrouvé dans l'obligation de le tuer. Je ne peux effectivement pas me présenter à cette petite sauterie vêtu de ces haillons.
Il vit Elyn se retenir difficilement de rire, mais resta sérieux, jusqu'à ce qu'il enchaîne sur son idée d'embarquer l'étudiante avec lui. Si son petit jeu l'amusait beaucoup, il semblait qu'Elyn était beaucoup moins portée sur la patience. Si bien qu'Aiden cracha finalement le morceau, attendant la réponse de la danseuse.
Qui ne se fit pas attendre, Elyn acceptant sa proposition avec un large sourire sur son visage. Elle l'attrapa ensuite par le bras pour qu'il aille se changer rapidement. Il sourit et déclara.
- Oui m'dame, je me dépêche. A tout de suite m'dame.
Le silence qui suivit sa demande était trop long, trop pesant, trop surpris. Les yeux sombres d’Aiden rencontrèrent ceux de Cyrius pour ne plus les lâcher. Le blond eut l’impression de passer sous un scanner. Comme si il cherchait à comprendre ses véritables intentions.
Et puis…
Aiden accepta. Ce n’est alors qu’à ce moment là que Cyrius comprit pleinement ce qui était entrain de se passer : il allait se marier. Avec Aiden. Il allait avoir ce qu’il n’avait jamais pensé pouvoir connaître.
Son cerveau se mit à analyser complètement la situation. Il voulait que ça soit fait le plus rapidement possible, s’installer avec Aiden dans un appartement pas trop loin de l’école, mais aussi de sa famille, adopter un chien - il rêvait d’avoir un chien depuis des années - et surtout, passer tout son temps libre avec le brun. A cette idée même, Cyrius se jeta sur les lèvres d’Aiden, lui offrant un baiser enflammé.
Avant de se prendre une douche froide.
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi ? Parce qu’il était désolé. Qu’il avait le besoin presque viscérale de lui prouver qu’il ne voulait plus que lui.
Parce qu’il était malade. Et que les années restantes étaient passées à des mois. Et que les mois se transformaient en semaines.
Parce que…
- Je t’aime.
Cyrius glissa une de ses mains sur la joue d’Aiden, dessinant des petits cercles concentriques sur la peau rasée. Il embrassa le coin de ses lèvres. Continuant de sourire.
- Parce que je t’aime. Et que je suis un égoïste.
Au moins n’aurait-il jamais le temps d’apprendre à être délicat. A maitriser l’art du tact.
- Mais j’aurai préféré que tu refuses, parce que ça va te faire souffrir. .. Je veux que tu sois avec moi dans le temps qu’il me reste ici. Je veux qu’on ait une vie de couple digne de ce nom, parce qu’il y a toi et il n’y a que toi. A jamais. Je veux être une étape de ta vie, et je veux construire un petit quelque chose avec l’homme que j’aime. Un petit quelque chose que tu garderas avec toi pour toujours. Je veux me réveiller le matin à tes côtés, et dormir dans le même lit que toi après qu’on se soit envoyé en l’air une bonne partie de la nuit. Je veux que ma famille te reconnaisse comme celui que j’ai choisi, et qu’elle puisse te dire que tu as été là pour moi. Je veux qu’on ait notre appartement, notre lit, notre vie. Je veux qu’il y ait des photos de nous deux dans les albums, des souvenirs en commun et.. Je veux qu’on ait toutes les choses que Glenn n’a pas pu avoir avec Cyann. Je veux marquer ta vie avant que tu deviennes le brillant acteur hollywoodien oscarisé que tout le monde connaîtra. Je veux que tu sois ma vie et que tu le restes jusqu’au bout. Je veux que tu sois avec moi pour que je puisse participer un instant au brillant avenir qui t’attend. Je veux partir en paix, en sachant que je t’ai rendu heureux, en sachant que j’ai pu t’aimer jusqu’au bout, que je me suis battu pour toi et que tu es près à me laisser m’en aller, parce qu’on aura prévu ça ensemble. Je veux t’épouser maintenant.. Parce que je suis sûr que je ne suis pas amoureux de toi.
Il fit une pause dans sa tirade. Peut-être que Cyrius avait les larmes aux yeux, mais elles n’étaient pas dues à la tristesse.
- Je ne suis pas amoureux de toi Lending. Je suis dingue de toi.
Aiden attendit la réponse de Cyrius, qui mit du temps à venir. A la place de mots, ce fut d'abord un baiser d'une rare intensité auquel l'acteur eut droit. Une fois trouvé la volonté de le repousser, Aiden vit son petit-ami se plonger dans ses pensées. Le brun pouvait voir l'intensité de la réflexion du réalisateur. Il cherchait ses mots, ceux qui feraient comprendre à Aiden à quel point il tenait à lui.
Finalement, deux mots sortirent de la bouche du blond. Deux mots d'apparence banale, qu'Aiden aurait pu envoyer balader aisément. Mais ces deux mots, cette simple phrase, donna au californien l'envie de sourire comme un adolescent.
Il se retint, cependant, et attendit la suite, acceptant sans rechigner les caresses du troisième année sur ses joues, ainsi que le léger baiser au coin de ses lèvres.
Aiden devait reconnaître une qualité à Cyrius. Une fois lancé, il était impossible de l'arrêter. L'acteur écouta la longue plaidoirie de son petit-ami-peut-être-futur-époux sans prononcer un mot. Il conserva un masque d'expression neutre, même s'il bouillait littéralement à l'intérieur.
Pour plusieurs raisons, en réalité. La première était bien entendu la joie d'entendre de tels mots sortir de la bouche de celui qu'il aimait. Il avait simplement envie de dire oui à tous les projets de Cyrius, de lui promettre tout ce qu'il souhaitait entendre, juste pour le retrouver et laisser cette sale histoire derrière eux, même si le brun savait qu'il ne pourrait pas oublier aussi facilement.
Ce qui semblait étrange au yeux du troisième année était la soudaineté de la proposition mais aussi et surtout, son empressement à dire oui. Agir sans réfléchir était à l'exact opposé du caractère posé et en perpétuel questionnement d'Aiden.
Il s'interrogea sur son soudain changement de comportement, et trouva finalement une piste de réponse. Certains termes de Cyrius sonnaient étrangement aux oreilles du brun, comme si son petit ami voyait le bonheur qu'il leur promettait uniquement sur le court terme. Comme si...
Aiden ne voulait pas le croire. Cyrius ne pouvait pas penser comme cela. Non, il ne devait pas, il n'avait pas le droit d'avoir ce genre de pensées. A son tour, il embrassa le blond le plus tendrement possible, avant de répondre, insufflant dans sa voix le maximum de conviction.
- D'accord.... d'accord, on va se marier. Parce que je t'aime aussi. Parce que même si tu m'as fait du mal, je t'aime beaucoup trop pour te fermer la porte. J'ai besoin de toi. Ces derniers jours ont été épouvantables. Je me suis réveillé chaque matin en pensant à toi, trop fier pour venir te voir... Moi aussi je veux être avec toi. Je veux qu'on construise quelque chose ensemble... Il se mit à rire, conscient du ridicule et de la niaiserie de la situation. Bordel, on est à peine majeur, mais je dis oui à ta demande, parce je te veux à mes côtés, ici, maintenant, et pour longtemps. Parce que je suis amoureux de toi, espèce de crétin, et que passer une seconde de plus sans te tenir la main, sans t'embrasser, sans voir tes yeux me fixer, je refuse. Il attrapa la main de Cyrius et la serra fort, avant de se jeter sur ses lèvres, heureux comme jamais.
Il enlaça ensuite le blond un petit moment, des larmes de soulagement et de joie coulant le long de ses joues. Finalement, il se remit face au blond, et l'attrapant par les épaules, exprima le reste de sa pensée.
- Mais écoute-moi bien. Je ne veux pas que tu sois là pour une "petite étape de ma vie" ou "le brillant acteur hollywoodien oscarisé" mais pour longtemps, très longtemps. Je sais pas où tu veux en venir, ou plutôt j'ai peur de savoir, mais il est hors de question que ce soit le cas. Pas de "Je veux partir en paix, en sachant que je t’ai rendu heureux, en sachant que j’ai pu t’aimer jusqu’au bout, que je me suis battu pour toi et que tu es près à me laisser m’en aller, parce qu’on aura prévu ça ensemble."
Il plongea son regard dans celui de Cyrius, le plus sérieusement du monde, avant de déclarer.
- Si tu crois que je vais accepter ce genre de choses, tu te mets le doigt dans l'oeil. Jusqu'à la clavicule. C'est clair?
Comme elle s’y était attendue, Aiden s’en voulait de ce qui lui était arrivé. Mais elle ne le considérait pas comme coupable, ça n’avait jamais été le cas et il n’y avait pas de raison que ça change. Noah n’avait pas été de cet avis, mais Elyn l’avait raisonné, et finalement il avait accepté que le brun n’était en aucun cas responsable.
Même si Elyn faisait ce qui lui était possible pour aller bien, elle ne se considérait pas comme un exemple, loin de là. Bien qu’elle soit douée pour s’occuper des autres, mettre tout ça en application sur son propre cas n’était pas aussi simple.
- C’est pas ta faute. C’est celle de personne, et surtout pas la tienne Aiden. C’est arrivé, c’est tout. Elle marqua une pause pendant quelques secondes. Il n’y a pas d’exemple à prendre, j’essaye juste de sourire et de plus y penser.
Elle haussa les épaules et se concentra sur un sujet bien plus léger. Elyn savait que Lee tenait à elle, il le lui avait bien assez prouvé, mais l’entendre de la bouche d’Aiden avait vraiment quelque chose de rassurant. Lui et Lee semblaient assez proches, et elle croyait sans hésitation ce que l’acteur lui disait.
- Je pourrais te dire la même chose pour Cyrius, je l’ai vu quand tu étais encore dans le coma. Il était vraiment mal…
Voir Aiden s’en sortir avait du libérer pas mal de personnes. Noah lui avait raconté sa discussion avec Isabelle, la soeur du brun. Et de ce qu’il lui avait dit, elle semblait vraiment triste et fatiguée. Cyrius était lui aussi au plus bas, surtout parce qu’il pensait que c’était de sa faute si Aiden était entre la vie et la mort. Le voir dans cet état avait déchiré Elyn.
Elyn sortit de ses pensées quand Aiden parla de l’état dans le quel Lee avait pu mettre leur chambre. Lee était tellement ordonné que ça lui avait presque fait peur la première fois qu’elle avait vu ça. Comment aurait-il pu mettre sa propre chambre sans dessus dessous ?
- Lee ? Non, je peux pas te croire. Elle rit. Et oui, il vaudrait mieux que tu ailles te changer. Désolée de te dire ça, mais on a vu mieux comme tenue de soirée.
Ce qu’il lui dit ensuite piqua sa curiosité, et son regard brilla un peu plus. Quelque chose qui pouvait être soit génial, soit désastreux ? Bien évidemment qu’Elyn serait de la partie ! Elle était toujours la première à se lancer dans des progès fous - qui ne finissaient pas forcément bien, il fallait l’avouer -, elle adorait l’inconnu, la nouveauté, et surtout, elle adorait s’amuser.
C’est avec un sourire malicieux qu’elle répondit à Aiden. Elle avait hâte de savoir à quoi il pensait.
- Même sans savoir ce que c’est, j’en suis ! Mais qu’est-ce que tu prépares ?
Dans son esprit, des tonnes de possibilités tournaient en rond, mais elle était incapable de deviner. Dans tous les cas, ça risquait d’être une soirée géniale.
Elyn tenta de rassurer Aiden, expliquant qu'il ne devait pas se sentir coupable, et qu'il était de toute manière inutile de revenir sur le passé. Même s'il ne partageait pas le point de vue de la jeune femme, Aiden n'ajouta rien, sachant pertinemment que la discussion ne mènerait à rien.
Il savait qu'elle ne lui en voulait pas, mais lui se sentirait coupable un bon moment encore, avant qu'il ne finisse pas relativiser les événements et qu'il comprenne que ressasser ce qu'il s'était passé ne modifierait pas le cours des choses.
Le californien était réellement admiratif du courage d'Elyn et de sa capacité à ne plus y penser. Même si elle disait "seulement" essayer, Aiden trouvait qu'elle donnait plutôt bien le change autour d'elle. Il lui sourit également avant de lui répondre.
- Oui, je comprends. C'est la même chose pour moi. Avancer avec le sourire, et arrêter de repenser à tout ça.
La moitié seulement de ce que venait de dire Aiden était vrai. Il avançait effectivement avec le sourire, montrant à tout ceux qu'il fréquentait que tout allait bien, et qu'il se remettait parfaitement de ses blessures. Mais il ne parvenait pas à effacer de sa mémoire les atrocités qui le prenaient dès qu'il se retrouvait seul ou qu'il fermait les yeux.
Il garda son sourire collé sur son visage pour ne pas montrer sa confusion à l'étudiante qui se tenait devant lui et l'écouta parler de Cyrius, qui aurait été vraiment mal de le savoir dans le coma. Un rire moqueur s'échappa des lèvres du brun avant qu'il ne déclare, un peu froidement.
- Vraiment mal, oui je veux bien te croire... Mais pas forcément pour les raisons que tu croies...
Il ne dit rien de plus, n'ayant pas vraiment envie de raconter que Cyrius s'était éclaté, défoncé, avec son ex pendant que lui se battait pour revenir parmi les vivants. C'était assez humiliant comme cela.
Elyn se mit à rire lorsqu'Aiden parla de l'état dans lequel Lee avait plongé leur chambre. Elle annonça qu'elle ne le croyait pas. Souriant toujours, l'acteur plongea les mains dans sa poche pour y sortir son téléphone, et montrer les messages à la danseuse.
- Alors, toujours sceptique? Il rit à son tour. Tu me vexes. Je croyais que l'on ne devait pas juger sur les apparences? Et si je n'avais pas d'autres tenues, comment tu te sentirais là? Il rit à nouveau. Non, vraiment, j'ai ma tenue qui m'attend dans mon placard. Dieu merci, Lee n'y a pas touché.
Le regard brillant d'Elyn confirma au troisième année qu'il avait eu raison de se fier à son instinct pour une fois. La jeune femme semblait emballée par son projet, sans même savoir de quoi il en retournait. Elle lui demanda cependant la nature de ce que préparait Aiden, et c'est avec une timidité feinte qu'il répondit.
- Oh, et bien... je me disais qu'on pourrait peut-être... tu vois, rien que toi et moi... Il se retint de sourire devant la mine de plus en plus intriguée d'Elyn, on pourrait peut-être... enfin si tu le veux bien sûr... on pourrait... mais ne te sens pas forcée surtout... Il vit que la jeune femme était au supplice et n'attendait qu'une chose, qu'il crache le morceau. Alors il sourit, et proposa. Qu'on pourrait chanter sur scène pendant le bal. En duo, si tu veux.
Il rit brièvement, se rendant compte de la stupidité de sa proposition, mais il attendit tout de même qu'Elyn ne réponde. Qui sait, elle aurait peut-être la folie d'accepter...
Lee : Involontairement hein ? ... Tu sais faire la lessive ? Laisse. Je le ferai !
Lee : Quelle vie... Je pourrai m'y faire je crois. C'est pas comme si je me faisais avoir par tout le monde depuis ma naissance !
Lee : Il l'est ! Et je suis ravi de te rendre si euphorique ! Une grande première, dis donc :)
Lee : ... Tu voudras en parler ? On verra ça plus tard.
Lee : Gossip NYADA est une salope. Tu as une réputation. Ou du moins tu en auras une, un jour... Enfin !
Lee : Bon alors... je te garde une danse, c'est noté =P ! On se retrouve sur place ?
Lee : Je compte sur toi !
Aiden: J'aime tellement ce côté schizophrène de ta personne qui répond tout seul à tes propres questions :D
Aiden: Je sais pas, j'étais pas là le jour de ta naissance. Désolé d'avoir manqué ça!
Aiden: Voilà. On verra ça plus tard. C'est pas important.
Aiden: Je m'attache pas à ce genre de choses. Surtout de la part de Gossip. Elle a tellement pas de vie qu'elle s'oblige à stalker celle des autres la pauvre.
La musique était forte. Les lumières trop lointaines, et trop éparses pour que les élèves distinguent vraiment quelque chose, dans le hall reconverti en salle de bal. Il y avait de quoi manger. De quoi boire aussi, avec de l’alcool intégré en cachette. Mais Cyrius fuyait ce coin là. Pas question pour lui, ne serait-ce que d’être tenter de poser ses lèvres sur un verre ayant contenu de l’alcool. Il avait trop peur des conséquences.
Le blond se demandait ce qui l’avait poussé à venir. Il n’avait plus de nouvelles de Jessie depuis son envoi en désintox’ - leur trip improvisé était tombé à l’eau, mais Cyrius préférait savoir son presque frère proche de la guérison qu’entrain de sniffer n’importe quelle substance dans leur chambre d’hôtel. Il n’avait plus de nouvelles d’Aiden depuis leur séance prise de tête à l’hôpital. Il était alors venu seul. Seul dans une tenue assez classe mais confortable, avec dans l’idée de danser un peu, de reprendre contact avec son école, et de partir se bourrer de somnifères pour dormir son quota d’heures.
Mais voilà. Une fois pris dans l’ambiance, après avoir souri à deux, trois personnes, discuté avec d’autres, danser même un tout petit peu, Cyrius se mit à chercher une seule personne du regard.
Et au bout d’un temps, il le vit.
Entrain de papoter, un verre à la main.
Cyrius ne réfléchit pas plus que ça. Il fonça juste vers lui, l’attrapa par le bras, et l’entraîna à l’extérieur. Profitant de sa surprise.
Jusqu’au couloir. Là, Aiden commença à se débattre, à râler. Cyrius étouffa ses plaintes dans un baiser. Avant de poser son front contre le sien.
- Je suis désolé. .. Pour ça, pour tout. .. Je reverrai pas Lily. Jamais. Je verrais pas d’autres gens. Je toucherais plus à la drogue ni à l’alcool. Je tiens à toi. J’ai toujours tenu à toi, et je t’ai détesté pour ça. Mais je veux plus de ça maintenant. ..
Et il sortit la première phrase qui lui traversa l’esprit. Mais il se savait sincère. Plus qu’il ne l’avait jamais été.
Aiden n'avait prit aucune nouvelle de Cyrius depuis ses aveux à l'hôpital. Le californien ne savait pas s'il devait vraiment se faire à l'idée que son couple avec le blond était de l'histoire ancienne ou s'il devait continuer à espérer que les choses finissent par s'arranger.
C'est pourquoi il avait décidé de laisser une chance au réalisateur. Une dernière. Pendant le bal. Ils iraient chacun de leur côté, Aiden ayant soigneusement évité Cyrius ces derniers jours, au cas où ce dernier ait eu l'envie de lui demander d'être son cavalier.
Il était donc arrivé au bras d'Elyn, avec qui il avait bien discuté depuis leurs retrouvailles dans les escaliers. Il n'avait pas cherché Cyrius du regard, sa fierté le lui interdisant.
L'acteur était plutôt content de la soirée qu'il passait. Il discutait avec ses camarades, dansait de temps en temps, riait beaucoup, et surtout, personne ne se prenait la tête avec la fusillade de la semaine précédente. Aucun étudiant - qu'il ait ou non assisté aux événements de l'intérieur - n'avait envie de ressasser l'horreur que tous avaient vécu.
Le bal était arrivé au bon moment, leur permettant à tous et à toutes de laisser les idées noires de côté et de s'amuser tous ensemble. Le corps enseignant semblait aussi plus laxiste sur les règles, Aiden ayant vu plusieurs bouteilles d'alcool trainer dans les coins sans réaction des chaperons.
Il était en train de discuter avec plusieurs élèves de son cours d'écriture du prochain scénario que leur avait demandé leur professeur lorsqu'il sentit une main attraper son bras et le tirer vers lui.
Aiden tourna la tête pour découvrir le propriétaire du bras. Cyrius. Il aurait du être content de le voir. Savoir que le blond avait prit l'initiative aurait du lui faire plaisir. Après tout, c'est ce qu'il avait espéré de cette soirée.
En réalité, le troisième année était agacé. Agacé de voir le réalisateur. Le voir lui rappela à quel point il était en colère et déçu de son comportement, et qu'en fait, il ne voulait pas le voir. Pas maintenant, alors qu'enfin, après des jours d'errance et de cris silencieux, il passait une bonne soirée en compagnie de gens qu'il appréciait.
Cyrius allait tout gâcher. Quoiqu'il prononce, Aiden ne pourrait pas faire semblant de ne pas avoir entendu, ou de ne pas être affecté. Depuis trois ans, chaque mot que prononçait le blond provoquait un impact sur le petit brun qu'il était. Et l'acteur savait que ce que Cyrius allait dire serait important. Important pour lui, mais aussi important pour eux.
C'est pourquoi il se mit à râler et se débattre, protestant qu'il ne voulait pas entendre ce qu'il avait à dire, et qu'il devait le laisser tranquille. Que rien de ce qu'il pourrait dire n'arrangerait les choses.
Cyrius ne lui laissa pas le temps de poursuivre ses plaintes, ses lèvres se collant contre celles du californien, qui répondit au baiser, en colère contre lui-même. Pourquoi n'arrivait-il pas à résister aux baisers de Cyrius, même lorsqu'il était pleinement en colère contre lui?
Son petit-ami-ou-ex-petit-ami s'excusa ensuite, parlant rapidement, promettant un tas de choses. Il promit qu'il ne reverrait plus Lily et qu'il ne toucherait plus à rien qui pourrait le détruire. Et surtout qu'il tenait à Aiden.
Le coeur de l'intéressé manqua un battement. Il avait plusieurs fois rêvé entendre ces mots sortir de la bouche de Cyrius sans trop y croire. Sauf que cette fois, c'était vraiment le cas.
Mais quelque chose le retenait. Comment pouvait-il être sûr que Cyrius ne disait pas cela en l'air. Il avait l'air sincère mais Aiden avait apprit à se méfier des apparences. Cyrius pouvait très bien dire au californien ce qu'il avait envie d'entendre sans en penser un seul mot.
La suite des événements prit le brun de court. Cyrius venait-il bien de... de lui demander de l'épouser? Aiden observa le blond, à la recherche de la moindre preuve qu'il plaisantait ou se moquait de lui. Il n'y vit que la sincérité et l'attente d'une réponse.
Pourquoi Cyrius lui demandait-il cela maintenant? Qu'est-ce qui pouvait bien lui passer par la tête pour demander à Aiden de l'épouser? Pensait-il vraiment qu'il récupérerait son petit ami de cette façon?
Mais plus que de la folie, Aiden ressentit une réelle urgence dans la question du blond, comme si cette folle demande était nécessaire pour lui. Comme s'il allait...
Non. Non, cela ne pouvait pas être ça. Aiden devait se tromper, son esprit l'envoyant dans la mauvaise direction. Mais alors... alors pourquoi proposer de l'épouser?
Il devait savoir. Aiden devait trouver les réponses à ses questions. Alors il décida de jouer plus loin, même s'il savait pertinemment qu'il regretterait ses paroles.
- D'a... d'accord. J'accepte. J'accepte de t'épouser. Mais avant, une seule question...
La californien vit le regard du blond s'éclairer, ce qui ne fit qu'accentuer la culpabilité qu'il ressentait actuellement.
Après avoir appris que Cyrius était enfin sorti du coma, Aiden n'a qu'une seule idée, le retrouver, et pouvoir enfin de nouveau lui parler. Après des retrouvailles plutôt mouvementées, Cyrius annonce la vérité à l'acteur. Vérité qui n'est ni bonne à dire, ni bonne à entendre.
Après quelques jours de rétablissement forcé, Aiden fut de nouveau capable de tenir sur ses jambes. Grâce à l’aide d’Isabelle et du personnel médical, il avait rapidement reprit des forces.
Tout le monde le traitait avec sympathie, visiblement heureux qu’il s’en soit sorti à peu près correctement. A part la vilaine cicatrice qu’il garderait à vie à l’épaule, et la rééducation nécessaire pour ne pas risquer de séquelles, rien n’indiquait qu’il avait survécu à une fusillade, ni qu’il sortait tout juste du coma.
Oui, Aiden paraissait fort. Il souriait beaucoup, discutait avec tout le monde avec gentillesse, et ne montrait aucun signe de détresse émotionnelle, même avec la psychologue venue évaluer son état.
Pourtant, en son for intérieur, il ne rêvait que d’une choser. Hurler sa douleur. Hurler contre les images qui l’assaillaient une fois les yeux clos. Hurler contre tout ceux venus lui exprimer leur joie de le revoir parmi eux, alors qu’il ne les connaissait presque pas.
La seule personne qu’il avait réellement besoin de voir n’était pas en état de quitter sa chambre. A peine sorti du coma, comme lui, Cyrius était forcé de garder le lit, et malgré ses nombreuses demandes, Aiden n’avait pas obtenu l’autorisation de se rendre à son chevet.
Au bout du vingtième élève de son cours de dramaturgie venu lui offrir des fleurs - sa chambre ressemblait maintenant à une tombe qu’on aurait ornée de gerbes florales - reçu avec le sourire, Aiden décida qu’il était temps de sortir, et d’aller rendre visite à son petit-ami, avec ou sans l’accord de l’équipe médical.
Armé de sa perfusion sur roulettes, et de ses jambes un peu tremblotantes, le californien sortit dans le couloir, évitant soigneusement les infirmières. Enfin, les infirmières évitèrent soigneusement de croiser le chemin d’Aiden. Lent comme il était, il n’aurait pu éviter personne.
Parvenant enfin devant la chambre de Cyrius, l’acteur s’apprêta à frapper, lorsqu’il décida qu’une entrée fracassante serait plus amusante. Il ouvrit la porte à la volée, prêt à voir la réaction du blond… lorsqu’il le trouva profondément endormi.
- Pour l’entrée fracassante, on repassera, marmonna Aiden.
Il songea un instant à s’en aller, revenant lorsque Cyrius serait réveillé, mais la chaise posée au chevet du blond semblait absolument confortable, et il n’avait aucune envie de retourner dans sa chambre tombale recevoir la visite d’un énième camarade de classe dont il n’avait strictement rien à faire.
Alors, il partir s’installer sur cette chaise située près du visage de Cyrius. Aiden avait beau savoir qu’il était sorti du coma, et qu’il dormait simplement, le coeur du californien se serra d’inquiétude. Son petit ami avait fait le con, et il voulait savoir pourquoi.
Cyrius était vraiment beau lorsqu’il dormait. Encore plus que lorsqu’il était réveillé. Sans son regard gris si expressif, il semblait… paisible. Doucement, le troisième année passa le revers de sa main sur le visage de son amoureux, avant de lui déposer un doux baiser sur les lèvres.
Aucune réaction.
- Sympa…, dit Aiden, amusé de voir combien le sommeil de Cyrius était profond.
Il prit la main du blond dans la sienne, et se mit à attendre, perdant petit à petit le fil du temps. Ce genre de perte de la réalité lui arrivait de temps en temps. Il pouvait alors rester une heure dans la même position et agir comme si une simple minute venait de s’écouler.
L’étudiant ne se rendit compte qu’il s’était endormi qu’au moment où la main de Cyrius passa dans ses cheveux, le réveillant par la même occasion.
Il ouvrit les yeux, et vit que le blond l’observait en souriant, et le brun fit de même, se rendant compte que pour la première fois depuis son retour dans le monde des vivants, il avait dormi sans subir de cauchemars.
- Hey… dit-il simplement.
Depuis son réveil, Cyrius se demandait parfois s’il pouvait ouvrir les yeux sans voir quelqu’un à ses côtés. La nuit, il se réveillait des fois en sursaut, quand son sommeil le plus lourd ne l’engourdissait pas. Il y avait alors toujours une infirmière pour passer alors sa tête dans l’entrebâillement de la porte. La journée, il piquait du nez fréquemment. Quand il ouvrait les yeux, c’était toujours pour voir l’une de ses soeurs à ses côtés (jamais Cyann pourtant) ou une connaissance de la NYADA.
Ce jour là, Cyrius était allé faire un tour dans le service de pédiatrie. Le contact des enfants - de ses petits patients comme il les appelait - lui faisait un bien fou. Il ne pouvait le nier. C’était même visible à la lecture de ses expressions. Petit à petit, le blond se remettait à sourire plus franchement. Ses yeux étaient moins cernés, sa peau moins pâle. Même les doses de calmants en tout genre et de somnifère qu’il prenait diminuait progressivement.
Les premiers jours, Cyrius avait eu l’interdiction formelle de recevoir des visites, ou de sortir de sa chambre. S’il n’avait pas bravé cet ordre en allant voir le Dr Sanchez, il savait qu’il moisirait toujours dans le fond de son lit. Maintenant, il pouvait aller et venir à sa guise en pédiatrie, et même dans le service qui prenait soin de lui. Les infirmières commençaient à être habituées à le voir arriver tout sourire dans leur salle de repos. Il s’asseyait alors à leur côté, bavardant joyeusement à certains moments, se contentant d’écouter presque paisiblement à d’autres.
Ce jour là, donc, Cyrius avait passé une petite heure de la matinée avec ses petits patients, essayant de leur apprendre - non sans mal - une chanson de Britney Spears. Le choix s’était révélé désastreux, et le vacarme assourdissant.
Après le repas, pris dans sa chambre, Cyrius n’avait pas pu empêcher ses yeux de se clore sous le coup de la fatigue.
Il n’eut pas à lutter bien longtemps avant de s’endormir.
Une nouvelle fois, quand il ouvrit les yeux, Cyrius se rendit compte qu’il n’était pas seul. La tête de cheveux bruns appuyés sur son lit le firent dans un premier temps se figer. Puis, il comprit qui venait lui rendre visite.
Aiden.
Un sourire un peu flottant passa sur ses lèvres tandis qu’il l’observa dormir. Il entendait presque un léger ronflement s’échapper des lèvres de son petit ami.
Bien entendu, Crystal avait mit Cyrius au courant du réveil d’Aiden. Un soulagement indescriptible l’avait saisit à cette nouvelle. Mais rapidement, la culpabilité de ne pas avoir été là, d’avoir faillit à son propre courage en se droguant, et aussi le fait d’avoir trompé le jeune homme avec Lily, avait saisit Cyrius à la gorge. Et il n’avait rien fait pour accélérer le moment de leurs retrouvailles. A croire qu’il était vraiment un lâche.
Mais son absence le rongeait de plus en plus. Comme de l’acide dans son ventre.
Avec plus de douceur qu’il ne l’aurait souhaité, la main de Cyrius effleura la joue du dormeur, remontant précautionneusement le long de sa tempe. Puis elle se perdit dans les cheveux d’Aiden.
Le contact réveilla le comédien. Cyrius se figea une nouvelle fois, avant de sourire en croisant le regard sombre.
Ses yeux..
Il enleva sa main, sans pour autant cesser un seul instant de le regarder. Pupilles grises contre brunes.
- Salut Lending.
Il y eut un silence entre eux deux. Un simple salut, puis un silence.
Que Cyrius finit par briser, son sourire moqueur revenant à la charge. Ses yeux fixèrent pendant quelques secondes les lèvres du brun.
Ses lèvres…
- C’est cool que t’ais arrêté de te la jouer Belle aux Bois Dormant. Pire interprétation de toute ta vie.
Enfin, il pouvait parler.. Lui même avait décidé de se couper de la réalité pendant quelques heures - quelques jours ?.
- Au moins t’es pas devenu amnésique. Paraît qu’il y a une élève du professeur Adler qui l’est depuis.. Depuis.. Voilà.
Retour sur les lèvres d’Aiden. Cyrius sentit quelque chose se briser en lui.
- Redresse toi. lui ordonna le blond.
Dès qu’Aiden se rapprocha involontairement de lui dans l’amorce de son geste, le réalisateur se pencha vers lui, saisissant son menton, et colla ses lèvres presque violemment sur les siennes.
Retrouver le regard de Cyrius. Plonger à nouveau dans ces prunelles grises. Aiden accueillait ces retrouvailles avec un soulagement palpable. Il se laissa submerger par le regard orageux du blond, souriant, silencieusement.
Cyrius le salua, et Aiden ne répondit pas, battant simplement des cils. Le silence qui s’installa n’avait rien de gêné. Les deux étudiants n’avaient tout simplement pas besoin de parler.
Cependant, Aiden ne put s’empêcher de se pince la lèvre inférieure. Il ressentait à l’encontre de Cyrius une pulsion qu’il n’avait pas vraiment eu le temps de ressentir pendant la fusillade.
Il avait envie de Cyrius. Ici, et maintenant. Et pour se rendre désirable, Aiden comptait bien séduire le beau blond.
Sans quitter le regard du réalisateur, il passa sa main sur son avant-bras, laissant ses doigts glisser doucement. Le frisson qu’il sentit traverser Cyrius le fit sourire doucement.
Autant que le coup d’oeil bien voyant qu’il jeta aux lèvres du brun.
Aiden rit doucement face à la remarque moqueuse de son petit-ami. Il ne répondit pas tout de suite, continuant son manège comme si de rien n’était. L’étudiant se sentait brûlant de fièvre et de désir, et il espérait qu’il communiquerait cette flamme à Cyrius.
- Faudrait que tu te rases. Tu fais négligé là, répondit-il finalement, un sourire en coin sur le visage. Oh mon Prince, ajouta-t-il, haussant les sourcils.
L’acteur n’avait pas oublié la raison de sa venue. Demander des comptes au blond. Lui demander pourquoi il avait fait le con. Lui faire promettre qu’il ne recommencerait plus.
Mais Cyrius était tellement séduisant, dans sa fine tenue hospitalière…
- En même temps… comment oublier ça? demanda-t-il, embrassant doucement la main du blond. Il ajouta dans un souffle. Plutôt mourir que de t’oublier…
Il se racla la gorge, sans savoir s’il avait envie ou non que Cyrius l’ait entendu. Il n’eut pas le temps d’y penser longtemps que le blond lui ordonna de se lever.
Surpris par l’intensité de la demande, Aiden se releva aussitôt, et sentit les lèvres de Cyrius se coller contre les siennes. Le brun n’en demanda pas plus, et répondit aussitôt au baiser.
Le baiser était intense, presque violent. Le souvenir d’une chambre de l’internat renforça un peu plus le désir qui brûlait en lui. Ses lèvres toujours rivées sur celle du troisième année, Aiden prit place sur le lit, ses jambes disposées de part et autre du corps de Cyrius.
De sa main droite, il attrapa la tignasse blonde du réalisateur, tandis que la gauche explorait le torse musclé de son amoureux. Quittant les lèvres de Cyrius, Aiden s’attaqua à son cou, n’épargnant aucun centimètre carré de ses baisers fiévreux.
- Tu m’as manqué… souffla-t-il entre deux baisers
Une brûlure. Voilà ce que ressentait Cyrius à cet instant. Une immense brûlure qui s’insinuait en lui, et le consumait. Elle partie du bas de son ventre, ahurissante de fougue, envenimant ses veines, son coeur, avant d’atteindre son cerveau.
Du désir.
Mais un désir réveillé par les doux soins d’Aiden. Qui apparu avec la caresse de ses doigts sur son avant bras, se propagea en lui à la lecture de la flamme dans ses yeux sombres, explosa sous ses baisers.
Il n’avait jamais ressenti ça. Jamais aussi fort. Jamais aussi violemment.
Il le voulait. Maintenant.
Tant pis pour le lieu, tant pis pour ce qu’il avait fait, tant pis pour les circonstances, tant pis pour tout. Ce qui le rongeait était beaucoup trop puissant.
Aiden s’attaqua à son cou. Instinctivement, Cyrius rejeta la tête en arrière, s’accrochant aux épaules de son petit ami.
Des flash d’une rencontre au détour d’un couloir, de baisers échangés à Las Vegas ou même du Lending souriant de première année marquaient ses pupilles.
Un rire rauque échappa à Cyrius en entendant la voix d’Aiden.
Tu m’as manqué. Oh.. Il n’en doutait pas.
- J’vois ça. … Mais..
Sans prévenir, Cyrius le repoussa, joueur. Il cherchait ses lèvres sans vraiment l’embrasser, avançant de plus en plus en se redressant. Jusqu’à ce qu’Aiden se retrouve sous lui, la tête à l’opposé de l’oreiller.
- Si tu continues comme ça..
C’était maintenant au tour de Cyrius de jouer. Ses mains se firent un plaisir de glisser sans retenue sous la fine couche de sa tenue d’hôpital sans pourtant la lui ôter. Encore et encore. De plus en plus bas.
Son regard était déjà fiévreux.
- .. Je ne réponds plus de rien.
Cyrius appréciait visiblement le moment. Il rejeta la tête en arrière, offrant l’intégralité de son cou en pâture aux baisers enfiévrés d’Aiden. Qui s’en donnait à coeur joie, remontant parfois le long du visage pour embrasser le blond à pleine bouche.
Le blond se laissa faire jusqu’au moment où Aiden prit la parole. Le rapport de force s’inversa aussitôt. Les deux mains qui s’agrippaient auparavant à ses épaules le repoussèrent, et l’acteur se retrouva en peu de temps assis sur les genoux de Cyrius…
Avant de se retrouver sur le dos, le visage de son petit-ami au-dessus du sien. Aiden ne put s’empêcher de sourire, et releva la tête pour voler un long baiser à Cyrius, avant de se mordre les lèvres alors que le blond parlait.
Il s’apprêtait à répondre lorsqu’il sentit deux mains brûlantes se glisser sous sa tenue. Il ne put s’empêcher de frissonner, et de laisser échapper un léger gémissement. Il avait toujours été à fleur de peau, et sentir ces deux mains glisser sur son corps en était trop pour lui.
Les doigts de Cyrius glissèrent de plus en plus bas, et Aiden releva les yeux vers le blond, qui le regardait, brûlant de désir.
Je ne réponds plus de rien.
- Tu m’en diras tant… Cyrius continua sa descente, et Aiden se mordit la lèvre, prêt à montrer son intimité la plus totale au réalisateur lorsqu’un éclair de lucidité traversa son esprit. Cy… Ahh, Cyrius, attend une seconde.
Surpris par la réaction brutale du brun, Cyrius libéra Aiden, qui l’embrassa vivement avant de se lever hors du lit. Il se dirigea à toute vitesse vers la porte, et enclencha le verrou. Qu’ils ne revivent pas la mésaventure de la dernière fois.
- Cette fois… On sera plus tranquille, dit-il en souriant, se retournant vers Cyrius. Maintenant… à l’attaque.
Joignant le geste à la parole, Aiden se débarrassa de son haut, qu’il abandonna au sol. Il retrouva Cyrius sur le lit et prit de nouveau les commandes. Il fit enlever le haut de Cyrius et commença à s’amuser avec le torse parfait de son petit-ami.
Aiden était parti pour aller jusqu’au bout des choses mais il sentit rapidement que quelque chose clochait. Cyrius ne répondait plus à ses baisers, comme s’il était préoccupé par quelque chose d’autre. Ce qui se révélait être légèrement vexant.
Bien décidé à passer à l’acte avec un Cyrius totalement avec lui ou pas du tout, Aiden s’assit sur les cuisses du blond et croisa les bras.
- Bon, qu’est-ce qu’il se passe? Et pas la peine de me dire que ce n’est rien. Personne n’est aussi indifférent quand je l’embrasse. Et j’embrasse très bien! prévint Aiden, souriant, ne s’attendant pas à ce qui suivrait quelques instants après.
Cyrius perdait complètement la tête, collé à Aiden. Ses baisers ne lui suffisaient clairement plus, et ses mains se faisaient de plus en plus insistantes.
Il aurait peut-être pu se refréner s’il ne sentait pas son petit ami aussi réceptif. S’il n’avait pas la sensation qu’il voulait ça autant que lui.
Comme si.. Comme si chaque seconde comptait encore plus que la précédente.
Avec un sourire, il lui laissa se détacher, et aller fermer la porte avec empressement. Cyrius ôta de lui même le haut de sa tenue, restant ainsi torse nu.
C’est là qu’il aperçu, encore légèrement visible, le bleu presque disparu dans le creux de son cou.
Douche froide.
Il était allongé sur un lit défait depuis plusieurs heures, encore chaud de leurs instants précédents. Les cheveux de Lily lui caressaient le visage, pendant qu’elle mettait toute sa sensualité dans cet ultime baiser. Son corps nu, collait au sien.
- Jamais.. Jamais Cyrius.
Il entendait de nouveau son rire trop rauque. Trop douloureux.
- Jamais quoi ?
- Je suis à toi. A jamais.
La sensation dans l’aiguille dans son bras lui arracha alors un frisson de plaisir anticipé.
Aiden n’était pas un prince. Pas un de ceux des contes. Ses baisers n’arrivaient pas à enlever le goût de sang et d’amertume qui se répandait dans la bouche de Cyrius.
Il essaya pourtant, de ressentir une nouvelle fois le désir. Il serra Aiden dans ses bras, mais il mourait de nouveau.
Ses souvenirs revenaient. Comment.. Comment avait-il pu faire ça ?
Aiden finit par percevoir le manque de vivacité de Cyrius. Il s’assit sur ses cuisses, lui souriant toujours avec la même douceur. Le coeur du blond lui faisait mal.
Il ne pouvait tout simplement pas faire ça. Le laisser s’offrir à lui.
Avec de la douceur, mais aussi beaucoup de douleur, Cyrius repoussa Aiden. Ne pouvant atteindre le sol, il prit son propre haut pour en revêtir le torse nu de son petit ami. A son regard perdu, il comprit qu’il allait vraiment, vraiment, tout gâcher.
- On peut pas faire ça.
Cyrius laissa un temps s’écouler. La douleur s’atténuait petit à petit. Pour laisser une rage immense se déverser à l’intérieur de lui. Une rage contre lui même.
- Je peux pas te faire ça.
Et il balança la vérité, comme une bombe, comme un tabou révélé, entre eux deux, sur le lit de l’hôpital :
- J’t’ai trompé.
Cyrius se crû même obligé de préciser :
- Avec Lily, mon ex. Elle.. Elle me piquait avec ses seringues d’héroïne. Et.. Et on faisait l’amour quand on était déchirés. Entre deux prises. .. Je sais même plus combien de fois.. On.. J’ai.. J’ai décroché au bout d’un moment.. Je.. Aid..
Il se prit la tête entre les mains, incapable de regarder plus longtemps les grands yeux sombres de son petit ami.
- Je suis qu’un connard.
L’ambiance se refroidit immédiatement. Aiden aurait presque pu palper le changement d’atmosphère. Néanmoins, il ne pensa pas une seule seconde à ce qui allait arriver. Il perdit malgré tout son sourire lorsque Cyrius le rhabilla. Il ne comprenait pas du tout ce qu’il était en train de se passer sous ses yeux. Mais une chose était sûr, cela ne lui plaisait pas du tout.
On ne peut pas faire ça.
Aiden se sentit encore plus perdu. Pourquoi ne pouvaient-ils pas faire ça. Pour ne pas perdre la face, le brun prit le parti de sourire et de se moquer de Cyrius.
- Quoi, tu as peur? demanda-t-il, un sourire en coin. Ne t’en fais pas, ça va très bien se passer… ajouta-t-il, se dirigeant à nouveau vers le cou si appétissant de son petit ami.
L’acteur n’eut pas l’occasion d’avancer son visage que Cyrius l’attrapait à nouveau par les épaules. Sans brusquerie mais assez fermement pour qu’il comprenne qu’il était inutile de tenter de reprendre là où ils en étaient.
Je ne peux pas te faire ça.
L’inquiétude s’inscrivit sur le visage d’Aiden. Il était vraiment perdu. Et il commençait à se poser des questions. Cyrius voulait-il rompre avec lui? Avait-il finalement compris qu’il ne voulait pas de lui dans sa vie?
Le coeur du californien se serra. Lui qui avait tant redouté ce moment… Il ne pouvait pas se laisser faire sans combattre. Sans tenter au moins de retenir le blond.
- Qu’est-ce que tu racontes? Je comprends rien. Me faire quoi? Je… j’ai fait quelque chose de mal?
Cyrius répondit finalement, donnant la véritable raison d’un seul coup, sans qu’Aiden n’y soit préparé.
J’t’ai trompé.
Aiden faillit perdre l’équilibre sous le choc de l’annonce. Il avait mal compris. Il avait forcément mal compris. Aiden s’apprêta à le lui demander lorsque Cyrius lui donna des explications complémentaires.
Plusieurs émotions s’emparèrent d’Aiden. La colère, pour commencer. Qu’il ne put contenir en lui, sifflant entre ses dents
- Cette salope… Si je l’attrape… Il vit que Cyrius ouvrait la bouche pour parler, mais il l’en empêcha. Tais toi. Il leva une main vers lui, l’intimant au silence par le geste également. S’il te plaît. C’est à cause d’elle que t’es dans cet état. Putain, comment t’as pu…
Il ne termina pas sa phrase, se rendant compte qu’il était toujours sur les cuisses de son… de son quoi? Pouvait-il dire de son amoureux au vu des événements actuels?
Le dégoût s’était lui aussi insinué en Aiden. Il se dégagea lentement du lit, se remettant debout, refusant pour la première fois depuis longtemps de croiser le regard de Cyrius. Il se sentait trahi, sali par la personne qu’il aimait. Il se débarrassa du haut du blond pour remettre le sien qui traînait sur le sol.
- Je… je croyais que tu m’aimais. J’y ai cru. Vraiment. Je… je me suis jeté dans tes bras. Plus rapidement que je l’ai jamais fait. Et tu m’annonces… ça.
Il se retourna, prenant de longues inspirations pour refouler les larmes involontaires qui menaçaient de couler le long de ses joues. Il ne voulait pas se montrer faible devant Cyrius. Lui montrer qu’il était anéanti par ce qu’il venait d’entendre.
- Je suis revenu pour toi putain… marmonna-t-il, assez fort pour que Cyrius entende qu’il parle sans comprendre le sens de ses mots.
Peine perdue. Les larmes commencèrent à tomber toutes seules, énervant un peu plus le troisième année.
- Comment j’ai pu être assez con pour croire que tu m’aimais? Après tout, ça tombe sous le sens, non? T’as fait ça pour m’humilier un peu plus après ces deux ans? Pour changer un peu? Aiden mima des applaudissements, son coeur s’émiettant un peu plus à chaque frappe de ses mains. Bravo… Tu fais un acteur extraordinaire. Je te reconnais au moins ça.
Il se mordit l’intérieur de la joue pour ne rien ajouter qu’il pourrait regretter plus tard. Il sentit le regard du blond peser sur lui mais il refusa toujours de le regarder. Aiden ne voulait pas prendre le risque de se perdre dans les prunelles orageuses de Cyrius. De se perdre dans les yeux de celui qui lui avait menti.
Qui l’avait trompé. Et qui en plus, avait le culot de lui avouer avoir arrêté de compter le nombre de fois où lui et cette… cette salope l’avaient fait.
- Oh merci de préciser. J’espère que t’as prit ton pied? J’avais tort de m’inquiéter pour toi… Apparemment tu t’amuses bien avec elle. Continue. Je t’en prie.
Je suis un connard.
- Je confirme, dit Aiden, même s’il ne le pensait qu’à moitié, une partie de lui toujours accrochée aux quelques moments qu’il avait passé avec Cyrius. Dans cette salle de classe plus particulièrement, avant qu’il ne se prenne une balle dans l’épaule.
Il se dirigea vers la porte et mit la main sur la poignée. Mais il ne put se résoudre à partir tout de suite. Il avait encore trop de questions à lui poser. Cependant, une seule sortit de sa bouche.
- Pourquoi?
Il s’apprêta à ouvrir la porte, certain que Cyrius ne répondrait pas, lorsque la voix du blond s’éleva derrière lui.
Cyrius savait qu’il allait faire de la peine à Aiden, en lui avouant tout. Il savait qu’il allait devoir faire face à sa douleur. A sa rage. Il s’y était préparé. Mais pourtant, rien ne lui fit plus mal que de voir tout ce qu’il avait prédit se peindre sur son visage.
Il ne se sentait pas mal de lui avoir gâcher ses espérances. Non. Il se détestait.
Chaque geste d’Aiden lui faisait mal. Chaque regard blessé, où les larmes étaient présentes sans pourtant couler, lui fendait l’âme. Il aurait bien anticipé un geste pour le retenir. Mais le blond n’y arrivait pas. Ses mains tremblaient trop.
Alors il les serra en deux poings.
Et il se prit comme une énorme gifle ce qu’il ne pensait jamais plus entendre. Aiden pensait qu’il le détestait. Qu’il avait joué avec lui.
Se doutait-il une seule seconde que si Lily et lui, ça s’était terminé, c’était sous les cendres même de son nom ? Se doutait-il une seule seconde de tout ce que Cyrius avait enduré pour lui ? De la mauvaise manière, certes, mais sans jamais remettre en cause ce qu’il ressentait ?
Visiblement non. Visiblement Aiden ne s’enfermait que dans sa propre douleur. Incapable de voir tous les remords dans les yeux gris.
La rage contre lui même se mua alors en une nouvelle rage contre celui qu’il avait pourtant fini par ne plus détester.
- … Lily n’est pas une salope. Elle a crû bien faire.
Cyrius s’obligea à souffler. Une fois. Deux fois.
Puis il enfonça, encore, encore, le couteau dans la plaie. Au moins se sentait-il vivant. Encore un peu. Même s’il regrettait déjà tout ça.
- J’ai embrassé Lee. Aussi. Ton pote. Complètement déchiré. Il paraît. Pas de souvenir. Gossip est venu fouiner son nez dans ce qui la regardait pas.
La douleur d’Aiden. Y faire face, encore et encore. Utiliser l’ironie ?
- Mais bien sûr Lending.. J’ai pris mon pied à te faire croire que j’avais des possibles sentiments pour toi. T’as sauté droit dans le panneau. T’étais tellement en manque d’amour ? Ou de sexe ? Dis-moi tu t’es branlé combien de fois en pensant qu’on était ensemble ?
Cyrius se sentait débile. Complètement idiot. Mais il faisait tout pour garder encore un peu, un tout petit peu, sa prestance. Même si ses mains tremblaient avec violence.
Il s’était décidé à le laisser partir. Peut-être que c’était ça, cette douleur énorme, dans sa poitrine. C’était ça la sensation de se faire plaquer, d’avoir perdu quelqu’un, de souffrir. Ce qu’il n’avait jamais ressenti avec Lily.
Mais le “pourquoi ?” raisonna dans la pièce.
Cyrius n’y répondit pas. Pas dans un premier temps. Le temps que la question monte à son cerveau, qu’il l’analyse, et que la réponse vienne le plus naturellement à ses lèvres.
En atténuant la douleur et la rage contre Aiden.
- Parce que je te hais Lending. Je ne t’ai jamais autant haïs que maintenant. C’était moi qui devait me prendre cette balle. Pas toi. Tu n’avais pas le droit…
Et enfin, le regard clair rencontra de nouveau les yeux sombres. La voix se termina dans un seul souffle.
- Il s’est écroulé. Paf. Une balle dans sa cage thoracique, juste après toi. C’est moi qui ai tiré cette fois-ci. C’est moi qui l’ai tué. .. Je peux pas vivre avec ça. Je peux pas vivre en sachant que je l’ai tué. Et que j’ai faillit pas te louper non plus. Je peux pas Aiden ! Je peux pas. .. Alors oui, je suis allé voir ailleurs, mais c’était pas volontaire. J’arrivais pas.. J’arrivais pas à entrer dans ta chambre. Pour voir quoi ? Toi inconscient ? J’en ai rien à faire de toi inconscient ! Je te veux toi en entier, toi en un seul morceau, toi vivant ! Ton sourire, ton rire, tes yeux. Tout. Je veux tout de toi. Tout, toi en entier. Je veux t’avoir pour moi seul. Vivant. Pas mort, pas raide, pas déjà froid ! Je pouvais pas ! Je peux pas… Lily je l’ai croisée par hasard. Je l’ai suivi par hasard. Je l’ai baisé par hasard. Mais je ressentais rien, tellement rien. Même avec la drogue. Mais c’était tellement plus facile Aiden. T’existais plus. J’existais plus. Et il y avait plus de mec mort, plus de toi inconscient, plus de moi pathétique, plus de ma putain de maladie, plus de tout ça. Plus de nous. Plus rien.
Cyrius savait que son discours était anarchique. Sans vraiment de sens. Ses yeux se perdaient dans le vide. Il se prit de nouveau la tête dans les mains, tremblant des pieds à la pointe de ses cheveux défaits.
- T’étais mort, j’étais mort. Point.
Il était bon à interner, il le savait.
Cyrius enfonça le couteau dans la plaie, remuant bien la lame, élargissant la blessure qui faisait saigner son coeur depuis que Cyrius lui avait dit l’avoir trompé avec Lily.
- Bien, sûr, répondit-il en hochant la tête. Quelle personne admirable, Lily. Fais-moi penser à aller la remercier comme il faut. Il se frappa le front du plat de la main, avant de reprendre. C’est vrai je suis vraiment con. J’avais oublié. La prochaine fois que je croise une ex un peu triste, je l’emmène avec moi, je la saute je sais pas trop combien de fois, et je la pique. Il offrit un grand sourire à Cyrius. Et je dirai que je pensais bien faire.
Son sourire s’effaça, et un air colérique prit place sur le visage du brun. Il fronça les sourcils, et son ton se fit dur, cherchant à enfoncer Cyrius dans la culpabilité qu’il semblait afficher.
- Non. Lily reste et restera une salope irresponsable. Qui a failli te tuer. Et tu es un connard irresponsable. D’avoir fait ça.
C’était dit. Les mots qu’il retenait depuis que Crystal lui avait annoncé l’overdose de Cyrius. Il avait tenu bon devant la petite soeur du blond mais il avait du pour cela user de toute son jeu d’acteur, car tout en lui bouillait.
- Je me réveille, et j’apprends quoi? continua Aiden devant l’air offensé du réalisateur, j’apprends que t’as failli te foutre en l’air à cause de l’héro. Tu m’as fait peur, espèce d’enfoiré!
La dernière phrase aurait du être violente, mais l’effet ne fut pas au rendez-vous, la voix du troisième année se brisant d’un seul coup. Il se reprit rapidement, refusant de donner l’impression à Cyrius qu’il craquerait devant lui. Il se jeta sur l’aveu suivant du blond, commençant à rire.
- Pauvre Lee, ça a du le surprendre. Il s’interrompit, hésitant sur la réaction à avoir face à ce baiser. Après tout, il avait bien embrassé Cyrius alors qu’il était en couple avec Pearl… Aiden choisit d’être honnête. Tu sais quoi? A la limite, ce baiser, je m’en fous. T’étais déchiré, tu t’en souviens pas, et j’ai fait pire. Et je sais que Lee ne t’intéresse pas. Et surtout, tu ne l’intéresses pas. Non, ce que je ne supporte pas, c’est…
Il ne termina pas ses explications, conscient qu’elles étaient inutiles. Cyrius savait pertinemment pourquoi Aiden était blessé et en colère. Pourtant, il enfonça le clou, se moquant cruellement de ce qu’Aiden pensait de son comportement.
Une flamme de rage passa dans le regard auburn de l’acteur. Il serra les poings, les dents, mais offrit un sourire immense au blond avant de déclarer, acerbe.
- Excuse, moi, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me branler ces derniers temps… Tu comprends, une balle dans l’épaule, un coma prolongé, tout ça tout ça…
Aiden sut tout de suite qu’il avait frappé fort. Trop fort. Une partie de lui s’en voulut immédiatement, car il ne voulait pas rendre Cyrius responsable de ce qu’il s’était passé. Une autre était ravie de la souffrance qu’il lui infligeait. Un combat intérieur s’engagea entre ces deux parties, et c’est finalement la culpabilité qui l’emporta.
- Désolé, c’est pas ce que je voulais dire…
La main sur la poignée, Aiden écouta Cyrius déclarer qu’il le détestait. Il le détestait parce qu’il s’était pris cette balle à la place du blond. Aiden se tourna lentement, avant de simplement dire.
- Je ne regrette rien…
Il accepta enfin de croiser le regard du blond. De nouveau leurs prunelles se mélangèrent, et seuls ces deux yeux gris existaient pour Aiden.
Et cette voix. Qui lui expliquait tant bien que mal ce qu’il avait ressenti. Ce qu’il ressentait. Qu’il avait tué celui qui l’avait presque tué. Qu’il n’avait pas pu venir le voir dans son état. Que Lily n’était pas un acte volontaire. Que la drogue ne l’était pas non plus. Aiden écouta Cyrius dire qu’il avait choisi la solution de facilité pour ne plus penser à rien.
Aiden vit sa vision se troubler et il comprit que des larmes de douleur s’apprêtaient à couler. Il prenait une partie du poids de la douleur du blond sur ses épaules et se sentait écrasé. La partie raisonnable de sa personne comprenait pourquoi Cyrius avait craqué. Mais l’autre était trop blessée pour le pardonner.
Il était perdu. Devait-il s’en aller, et réfléchir de son côté à ce que Cyrius venait de dire, ou rester, et s’exprimer à son tour. La décision fut vite prise.
Il mit de nouveau la main sur la poignée, prêt à rentrer dans sa chambre, lorsque Cyrius ajouta quelque chose qui fit hoqueter Aiden.
T’étais mort. J’étais mort. Point.
Cyrius était-il sérieux? Ressentait-il réellement ce qu’il venait de dire? Son amour pour Aiden était-il aussi fort. Il se retourna doucement vers le lit pour voir que le blond avait enfoui son visage dans ses mains.
Dire qu’il était surpris n’était pas suffisant. Aiden était estomaqué parce qu’il venait d’entendre. Mais aussi touché, et profondément ému. Jamais il ne se serait attendu à cela de la part de celui qu’il avait haï si longtemps.
Doucement, il reprit sa place sur le lit du blond, et attendit que Cyrius ne se calme, ce qui lui laissa le temps de penser à ses prochaines paroles. Finalement, son petit-ami releva la tête, et offrit un visage surpris à Aiden. Visiblement, il ne s’était pas attendu à ce que le brun ne reste.
- Cyrius… Tu… te rends compte de ce que tu viens de dire? Parce que… Parce que…
Parce que ça change tout, voulut dire Aiden, sans y parvenir cependant.
A la place, il soupira profondément, et attrapa machinalement une des mains de Cyrius.
- Qu’est-ce qu’on va faire?
La question était sincère, et Aiden espérait vraiment que Cyrius lui apporterait une réponse. Parce que de son côté, c’était le flou total.
Il y avait cette impression. Trop présente, trop marquante, trop pesante. Cette impression d’être de nouveau dans la moiteur étouffante du stress d’un vendredi étouffé dans ses souvenirs. Une arme à la main. Le corps d’Aiden. Cette sensation d’être de nouveau plus de quatre ans avant, dans une salle de ce même hôpital. Perfusion dans le bras. Diagnostic affolant devant lui. Cette monstruosité d’un déjà vu d’abandon. Comme dix ans auparavant. Quand il était revenu à la vie après être passé sous une voiture. Ou quand il avait appris que l’autre Millers n’avait, elle, pas survécu à ce qui le rongeait.
Tourbillon de vie encore en lui.
Mais pour combien de temps ?
Cyrius avait cette impression, impensable. Indéchiffrable. Celle d’avoir tout perdu.
Et ça faisait mal.
Aiden murmura des choses qu’il n’entendit pas. Il tremblait trop peut-être. Cyann avait raison. Il était égoïste. Il n’y avait plus qu’une seule chose qui lui importait : sa propre douleur.
Le reste ? Rien à foutre.
Alors, quand Cyrius releva lentement la tête, il fût plus que surpris. Aiden était revenu s’asseoir, le regardait presque avec douceur, avait saisi sa main dans la sienne. Sa question resta en suspend, entre eux, pendant de longues minutes.
Cyrius se sentait comme un enfant. Il n’avait plus que des sensations à fleurs de peau. Comme à chaque fois qu’il se trouvait en présence de son ancien ennemi.
Inconsciemment, le blond entremêla ses doigts aux siens. Serrant fort. Il l’aimait plus que tout.
Il ne voulait pas le supplier. Mais il le fit quand même, d’une certaine manière.
- J’en sais rien. Mais me laisse pas Aiden. J’peux pas.
Et puis, une nouvelle fois, sans réfléchir et avec impulsivité, Cyrius le saisit dans ses bras forts, le ramenant contre lui. Il ne l’embrassa pas, ne laissa pas glisser ses mains sur son torse, comme il l’avait fait auparavant. Il se contenta de le tenir contre lui, son souffle se perdant dans le creux de son cou.
- .. Je veux vivre.
Aiden avait arrêté de penser à autre chose qu’à cette question. Qu’allaient-ils devenir. Cyrius. Lui. Leur couple. Il se posait vraiment la question. Peut-être que leur couple n’était pas fait pour exister. Aiden n’avait-il pas avoué à Cyrius qu’il l’aimait juste avant de mourir? L’avait-il dit simplement pour partir plus léger?
La réponse lui apparut rapidement. Non. Il était réellement amoureux de Cyrius. Il le sentait, tout au fond de lui. Jamais il ne s’était senti aussi malheureux, ou n’avait eu envie de faire quelque chose pour améliorer les choses.
Il y avait bien eu Pearl, mais Aiden se rendait compte qu’à côté de ce qu’il ressentait pour le blond, les sentiments qu’il avait éprouvé pour la jeune femme n’avait jamais été amoureux.
Pouvait-il pour autant pardonner à Cyrius d’un seul coup, au nom de ses sentiments? Non, bien entendu. Non seulement l’orgueil et les sentiments d’Aiden avaient été meurtris, mais Cyrius s’était drogué. Et avait failli en mourir. Et Aiden avait énormément de mal avec la drogue, et avec ses habitués.
Oui, le brun en voulait au blond. Si jamais il décidait de pardonner ses actes à Cyrius, il était certain qu’il ne les oublierait pas de sitôt. Et que le réalisateur allait devoir faire ses preuves.
Mais ils n’en étaient pas là. A l’heure actuelle, les cartes étaient dans les mains de Cyrius, et Aiden attendait de voir ce que le réalisateur allait répondre à sa question. Voir si leur couple valait vraiment la peine de se battre pour lui aussi.
Le silence s’installa. Longuement. Aiden ne fit aucune mouvement, ni en faveur, ni contre Cyrius. Il n’était pas fâché de cette lenteur, au contraire. Plus Cyrius réfléchirait, plus il serait convaincu de sa réponse, et Aiden n’aurait pas à lui tirer les vers du nez.
Il ne put toutefois s’empêcher de répondre à la pression des doigts de Cyrius lorsqu’il entremêla leurs doigts. Même blessé, même en colère, ce simple contact faisait battre son coeur un peu plus fort.
Cette faiblesse l’exaspérait. S’il n’était pas capable de résister à la simple liaison de leurs mains, comment pouvait-il résister à Cyrius tout entier?
Il écouta attentivement la supplique à peine voilée du blond, un peu surpris. Visiblement, Cyrius ne plaisantait pas tout à l’heure. Aiden se mordit la lèvre, se retenant de sourire de plaisir, en même temps qu’un plan germait dans son esprit.
Il n’en était pas très fier, de ce plan. Mettre en pratique le pouvoir qu’il semblait détenir sur Cyrius. Mais cela lui permettrait de vérifier si les actes de Cyrius étaient au niveau de ses paroles.
Néanmoins, les jeux n’étaient pas encore fait. Aiden ne savait toujours pas si Cyrius méritait sa seconde chance. Et même si ses derniers gestes emplirent l’acteur de sentiments amoureux, son cerveau lui ordonnait de faire marche arrière. C’est pourquoi il se détacha du blond, et prit la parole.
- Tu veux vivre… Mais est-ce que tu veux vivre avec moi? Je veux dire, est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous? Qui me dit que la prochaine fois, tu ne vas pas recommencer?
Il s’interrompit, et plongea son regard dans celui de Cyrius. Au contraire des autres fois, il ne s’y noya pas, et resta en retrait, sondant les prunelles grises. Il posa une ultime question, peut-être la plus importante à ses yeux.
- Pourquoi j’aurai de nouveau confiance en toi?
Aiden restait sans bouger dans les bras de Cyrius. Et ses nouvelles questions restaient en suspend entre eux deux, une nouvelle fois. Le blond ne les comprenait pas vraiment.
Mais est-ce que tu veux vivre avec moi ? Est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous ? Tu ne vas pas recommencer ?
Et la plus douloureuse :
Pourquoi j’aurai de nouveau confiance en toi ?
Le regard gris rencontra le regard brun. Longuement, pendant un temps interminable.
Et Cyrius ne répondit rien. Parce qu’il ne savait pas.
Il lâcha Aiden, doucement, glissant cette fois-ci ses mains le long de ses bras, de ses avant-bras, jusqu’à que ses doigts viennent une nouvelle fois s’entremêler aux siens. Lentement, très lentement, il se pencha vers lui, toujours silencieux, incapable en réalité d’émettre le moindre son.
Il ne pouvait pas le rassurer. Pas tout de suite. Pas comme ça. Pas maintenant. Il n’était pas près à de telles promesses.
Avec lenteur, il embrassa Aiden dans le cou, profitant de sa surprise pour y tracer un sillon de baisers. Et puis, il l’embrassa à pleine bouche pour étouffer les paroles qui naissaient sur ses lèvres. Avec la même douceur, et presque la même douleur, que celle utilisée quelques semaines auparavant. Au casino de Las Vegas.
- CYRIUS MILLERS.
Le blond se redressa un peu brusquement, se tournant vers le Dr Sanchez qui venait de faire son apparition dans la petite chambre de l’hôpital. Ses yeux sombres brillaient d’une lueur nouvelle, entre mécontentement face à son patient, et un amusement presque maternel.
- Combien de fois vais-je devoir vous dire que les relations sexuelles sont interdites dans mon service ?
Elle regarda Aiden et leva les yeux au ciel. Cyrius ne protesta même pas, profitant de cette distraction pour se relever et se positionner à bonne distance de son petit ami.
- Je sais que vous êtes certainement très heureux de retrouver votre.. Votre compagnon, mais …
- Je sais, j’arrive. C’est bon, je suis prêt.
- Les enfants vous attendent Cyrius. Et s’il vous plait, s’il vous plait, pas de chanson de Britney Spears cette fois-ci. Ils sont en âge d’apprendre des comptines..
Le médecin reparti aussi rapidement qu’elle était venu, non sans avoir adressé un sourire confiant à Aiden. Cyrius, lui, ne le regardait déjà plus.
- Tu devrais partir.
Aucun réponse pour ses questions précédentes. Aiden ne bougea pas. Le blond haussa les épaules, et ne se gêna pas le moins du monde pour se déshabiller entièrement et enfiler des vêtements propres juste sous son nez.
Un silence un peu étrange s’installa entre eux. Cyrius finit par le briser.
- Je ne sais pas. Si tu peux me faire encore confiance.
Et c’est lui qui quitta la pièce, sans un regard.
Les deux étudiants se regardèrent. Longtemps. Regard clair contre regard sombre. Une question en attente d’une réponse. Qui ne vint jamais. Aiden eut beau attendre de Cyrius qu’il ouvre la bouche, qu’il essaie de faire un effort pour répondre, rien ne vint.
Aiden fut infiniment déçu. Lui qui pensait sincèrement que Cyrius se battrait pour eux, il se rendait compte que ce ne serait probablement jamais le cas. Et que si le blond prenait enfin conscience qu’il fallait qu’il réagisse, il serait peut-être trop tard, et l’acteur ne savait pas s’il serait capable d’ouvrir à nouveau la porte.
Le californien perdit tout intérêt pour le présent, et laissa ses yeux voguer dans le vide, préférant arrêter de penser à ce qu’il vivait. Mettre sa douleur et sa déception sur pause était pour le moment préférable à les laisser l’envahir. Il ne voulait pas provoquer de réaction qu’il regretterait par la suite.
Comme mettre son poing dans la figure de Cyrius par exemple. Pour lui faire comprendre physiquement le mal-être qu’il venait de lui faire ressentir émotionnellement.
Mais il ne fit rien de tout cela, et laissa Cyrius glisser ses doigts le long de ses bras, jusqu’à entremêler leurs deux mains. A l’heure actuelle, il ne ressentait plus rien. Les doigts de Cyrius auraient très bien pu être ceux d’un inconnu qu’il aurait eu la même réaction.
Aiden ne s’aperçut pas que le réalisateur s’approchait de lui. Tout en lui s’était arrêté un instant, et il avait perdu conscience de la réalité. Réaction post traumatique disaient les médecins. Son corps et son cerveau préféraient le déconnecter un instant du monde, lui évitant ainsi de sombrer dans la folie ou dans des crises d’humeur excessives.
Il sentit à peine les lèvres de Cyrius se poser sur son cou, comme un simple frôlement sur sa peau. Lorsque le blond l’embrassa directement, l’acteur répondit machinalement au baiser, sans pour autant y mettre de passion, ni même aucune émotion.
Pour l’heure, il était devenu une machine, incapable d’éprouver la moindre émotion. Et c’était peut-être pour le mieux, vu la situation.
Le brun n’écouta pas ce qu’il se passa ensuite. Il se rendit simplement compte que plus rien n’entravait sa respiration par la bouche, et qu’il était maintenant tranquille de ce côté-là. Il entendit vaguement une discussion à côté, mais n’y prêta aucune espèce d’attention.
La voix de Cyrius lui apparut cependant très clairement lorsqu’il annonça qu’il ne savait pas s’il pouvait encore lui faire confiance. Sans s’en rendre compte, Aiden fronça les sourcils et serra les poings, tandis qu’une larme solitaire coula le long de sa joue.
Un temps indéterminé plus tard, il sortit de la chambre occupée par Cyrius, et se rendit de nouveau de sa chambre, refusant de voir quiconque tant qu’il ne serait pas capable de faire semblant que tout allait bien pour lui.
Aiden restait sans bouger dans les bras de Cyrius. Et ses nouvelles questions restaient en suspend entre eux deux, une nouvelle fois. Le blond ne les comprenait pas vraiment.
Mais est-ce que tu veux vivre avec moi ? Est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous ? Tu ne vas pas recommencer ?
Et la plus douloureuse :
Pourquoi j’aurai de nouveau confiance en toi ?
Le regard gris rencontra le regard brun. Longuement, pendant un temps interminable.
Et Cyrius ne répondit rien. Parce qu’il ne savait pas.
Il lâcha Aiden, doucement, glissant cette fois-ci ses mains le long de ses bras, de ses avant-bras, jusqu’à que ses doigts viennent une nouvelle fois s’entremêler aux siens. Lentement, très lentement, il se pencha vers lui, toujours silencieux, incapable en réalité d’émettre le moindre son.
Il ne pouvait pas le rassurer. Pas tout de suite. Pas comme ça. Pas maintenant. Il n’était pas près à de telles promesses.
Avec lenteur, il embrassa Aiden dans le cou, profitant de sa surprise pour y tracer un sillon de baisers. Et puis, il l’embrassa à pleine bouche pour étouffer les paroles qui naissaient sur ses lèvres. Avec la même douceur, et presque la même douleur, que celle utilisée quelques semaines auparavant. Au casino de Las Vegas.
- CYRIUS MILLERS.
Le blond se redressa un peu brusquement, se tournant vers le Dr Sanchez qui venait de faire son apparition dans la petite chambre de l’hôpital. Ses yeux sombres brillaient d’une lueur nouvelle, entre mécontentement face à son patient, et un amusement presque maternel.
- Combien de fois vais-je devoir vous dire que les relations sexuelles sont interdites dans mon service ?
Elle regarda Aiden et leva les yeux au ciel. Cyrius ne protesta même pas, profitant de cette distraction pour se relever et se positionner à bonne distance de son petit ami.
- Je sais que vous êtes certainement très heureux de retrouver votre.. Votre compagnon, mais …
- Je sais, j’arrive. C’est bon, je suis prêt.
- Les enfants vous attendent Cyrius. Et s’il vous plait, s’il vous plait, pas de chanson de Britney Spears cette fois-ci. Ils sont en âge d’apprendre des comptines..
Le médecin reparti aussi rapidement qu’elle était venu, non sans avoir adressé un sourire confiant à Aiden. Cyrius, lui, ne le regardait déjà plus.
- Tu devrais partir.
Aucun réponse pour ses questions précédentes. Aiden ne bougea pas. Le blond haussa les épaules, et ne se gêna pas le moins du monde pour se déshabiller entièrement et enfiler des vêtements propres juste sous son nez.
Un silence un peu étrange s’installa entre eux. Cyrius finit par le briser.
- Je ne sais pas. Si tu peux me faire encore confiance.
Les deux étudiants se regardèrent. Longtemps. Regard clair contre regard sombre. Une question en attente d'une réponse. Qui ne vint jamais. Aiden eut beau attendre de Cyrius qu'il ouvre la bouche, qu'il essaie de faire un effort pour répondre, rien ne vint.
Aiden fut infiniment déçu. Lui qui pensait sincèrement que Cyrius se battrait pour eux, il se rendait compte que ce ne serait probablement jamais le cas. Et que si le blond prenait enfin conscience qu'il fallait qu'il réagisse, il serait peut-être trop tard, et l'acteur ne savait pas s'il serait capable d'ouvrir à nouveau la porte.
Le californien perdit tout intérêt pour le présent, et laissa ses yeux voguer dans le vide, préférant arrêter de penser à ce qu'il vivait. Mettre sa douleur et sa déception sur pause était pour le moment préférable à les laisser l'envahir. Il ne voulait pas provoquer de réaction qu'il regretterait par la suite.
Comme mettre son poing dans la figure de Cyrius par exemple. Pour lui faire comprendre physiquement le mal-être qu'il venait de lui faire ressentir émotionnellement.
Mais il ne fit rien de tout cela, et laissa Cyrius glisser ses doigts le long de ses bras, jusqu'à entremêler leurs deux mains. A l'heure actuelle, il ne ressentait plus rien. Les doigts de Cyrius auraient très bien pu être ceux d'un inconnu qu'il aurait eu la même réaction.
Aiden ne s'aperçut pas que le réalisateur s'approchait de lui. Tout en lui s'était arrêté un instant, et il avait perdu conscience de la réalité. Réaction post traumatique disaient les médecins. Son corps et son cerveau préféraient le déconnecter un instant du monde, lui évitant ainsi de sombrer dans la folie ou dans des crises d'humeur excessives.
Il sentit à peine les lèvres de Cyrius se poser sur son cou, comme un simple frôlement sur sa peau. Lorsque le blond l'embrassa directement, l'acteur répondit machinalement au baiser, sans pour autant y mettre de passion, ni même aucune émotion.
Pour l'heure, il était devenu une machine, incapable d'éprouver la moindre émotion. Et c'était peut-être pour le mieux, vu la situation.
Le brun n'écouta pas ce qu'il se passa ensuite. Il se rendit simplement compte que plus rien n'entravait sa respiration par la bouche, et qu'il était maintenant tranquille de ce côté-là. Il entendit vaguement une discussion à côté, mais n'y prêta aucune espèce d'attention.
La voix de Cyrius lui apparut cependant très clairement lorsqu'il annonça qu'il ne savait pas s'il pouvait encore lui faire confiance. Sans s'en rendre compte, Aiden fronça les sourcils et serra les poings, tandis qu'une larme solitaire coula le long de sa joue.
Un temps indéterminé plus tard, il sortit de la chambre occupée par Cyrius, et se rendit de nouveau de sa chambre, refusant de voir quiconque tant qu'il ne serait pas capable de faire semblant que tout allait bien pour lui.
Revoir Aiden était comme marquer le point final de ce cauchemar qu’avait été la fusillade. La boucle était bouclée, ils allaient bien, et tout ça ne leur empêcherait pas de vivre leur vie comme ils le voulaient.
Elyn ne savait pas vraiment si il culpabilisait de l’avoir laissée seule. Mais si c’était le cas, elle ne lui en voulait pas, elle ne lui en avait jamais voulu. Il avait eu bien assez mal pour en rajouter une couche.
Quand il lui dit ne pas devoir bouger trop brusquement son épaule, Elyn se demanda si elle ne lui avait pas fait mal en le serrant un peu trop fort, mais il n’avait pas l’air de s’en plaindre.
Elle lui sourit. Il allait bien, après son coma c’était tout ce qu’Elyn pouvait lui souhaiter. Elle sentit directement qu’Aiden n’osait pas lui poser clairement sa question mais elle n’avait plus honte d’en parler. Ses cicatrices faisaient partie de ce qu’elle était, tout comme celle d’Aiden.
- Ca s’arrange bien pour moi, autant sur le plan physique que moral. J’ai eu du mal au début, mais tout ça s’effacera au bout d’un moment et on n’y pensera plus.
C’était ce qu’elle se disait depuis quelques temps. Ses marques disparaîtraient en même temps que les mauvais souvenirs. Et même si il devait rester quelque chose au final, ça lui permettrait de voir qu’elle était bien là, bien vivante, et qu’elle avait réussi à surmonter un épreuve comme ça. A côté, une audition pour une grande compagnie de danse semblait presque facile !
Elyn ne comprit pas trop cette histoire de période d’essai, mais Aiden n’avait pas l’air de vouloir en parler. Elle se contenta d’hocher la tête et de rougie quand le brun parla de Lee. Elle oubliait par moment qu’ils étaient colocataires et qu’Aiden devait entendre parler d’elle un peu trop souvent à son goût.
- C’est encore assez nouveau, mais pour le moment ça se passe plutôt bien. Elle lui sourit, tentant de chasser le rouge de ses joues sans vraiment y parvenir. Depuis quand était-elle timide ? J’étais sensée le retrouver avant d’aller au bal, mais je le rejoindrais là bas. Il doit en avoir marre que je sois toujours en retard à force.
Elyn rit doucement puis regarda Aiden. Il n’était pas vraiment habillé pour sortir.
- Tu y vas aussi ?
Elle n’osa pas lui demander si il avait prévu d’y aller avec Cyrius, vu ce qui s’était passé entre le blond et Lee. Si elle avait pardonné à son petit ami, Aiden ne l’avait peut être pas fait.
Elyn offrit un sourire à Aiden qui lui fit chaud au coeur. Elle semblait apparemment aussi contente de le voir que lui l'était. L'acteur n'aurait jamais pensé cela possible quelques jours auparavant, mais il se rendait compte qu'il se sentait proche d'Elyn.
Il faut croire que frôler la mort rapproche étrangement les gens, même lorsqu'il ne s'agit que de quelques minutes. Le californien sourit en retour à la jeune femme, l'observant de haut en bas, tentant de ne pas laisser son regard traîner trop longtemps sur les cicatrices qui zébraient les bras d'Elyn.
A sa grande surprise, elle était plus positive qu'il n'aurait pu le penser à première vue. L'optimisme dont elle faisait preuve était tout à son honneur et Aiden hocha doucement la tête, ravi d'entendre ces mots.
- Tant mieux. Quand j'ai appris ce qu'il t'était arrivé... je dois te le dire, je me suis senti vraiment coupable. Je le suis toujours d'ailleurs. Mais voir que tu restes positive, je trouve ça franchement impressionnant. Beaucoup devraient prendre exemple sur toi.
Aiden ne put s'empêcher de sourire en voyant Elyn se mettre à rougir alors qu'il parlait de son couple avec Lee. Il était vrai que depuis son retour, le troisième année avait beaucoup entendu parler de la danseuse. En bien, évidemment.
- Tant mieux si ça se passe bien de ton côté aussi. Ça me ferait de la peine pour Lee si ça ne collait pas entre vous. Il est vraiment très accroché à toi. Mais je pense que tu le sais, ajouta-t-il en plaisantant.
Il éclata franchement de rire lorsqu'elle parla de son retard et du probable agacement de Lee vis-à-vis de son défaut. Il sourit à une Elyn surprise et annonça
- Vu l'état dans lequel il a annoncé avoir mis la chambre, ce n'est que justice. D'ailleurs... il jeta un coup d'oeil sur sa montre... Il serait temps que je monte me changer. Je suis pas vraiment... en tenue comme tu peux le voir.
Il fit la moue un moment, réfléchissant au projet qui l'habitait depuis quelques jours déjà. Il avait pensé agir seul mais maintenant qu'Elyn était là, il songeait que ce pourrait être intéressant de l'embarquer avec lui.
- Dis-moi, Elyn... si je te propose quelque chose qui pourrait se révéler soit génial, soit désastreux, qu'est-ce que tu dis? T'es avec moi?
Un coup d'oeil à la danseuse et Aiden sourit. Il n'avais pas manqué l'étincelle d'intérêt qui était apparue dans les yeux d'Elyn. Il attendit sa réponse avec impatience.
Lee : C'est toi qui joue au maniaque là ! Tu vois, je savais même plus... ça craint !
Lee : Haaaan ! Tu m'as caché des choses ? :0 Nan mais ça devrait aller ! Shoot dedans au pire. Balance les par la fenêtre si tu es énervé. Tant que tu me laisses au moins un caleçon quoi...
Lee : Tu paraissais pas détendu ! Aaaah, ça fait trop longtemps qu'on ne s'est plus cotoyés, j'ai perdu la main ! Faut vraiment qu'on se retrouve tous les deux un jour, pour remédier à ça, et vite ! (j'ai pas envie de me faire avoir par un ancien comateux toute ma vie !)
Lee : Mon costume est très bien ! ... Enfin, je crois.
Lee : J'y ai pas pensé une seule seconde. (c'est peut-être à moi de me sentir con pour le coup !) Mais sans vouloir te vexer... je n'aimerais pas spécialement non ! Amis c'est déjà pas mal ;)
Lee : ... N'en veux pas trop à Cyrius. On était morts tous les deux (la faute à qui si maintenant je me bourre la gueule à tout vas ? :0), il se rendait pas compte, et je lui ai peut-être laissé entendre des choses... Involontairement évidemment.
Lee : Et pourquoi pas ? Tu as peur pour ta réputation ? Une danse avec ton colocataire que tu aimes tant, ça devrait pas te tuer ! :3 (et quel honneur tu auras de voir mon sublime costume de très près !)
Aiden: Mais non. Je ne vais pas faire ça. Au pire, j'écraserai involontairement tes affaires. Mais vraiment involontairement, évidemment.
Aiden: C'est là tout mon art. Paraître ce que je ne suis pas ;) (Tu te feras toujours avoir par un ancien comateux. C'est la vie :/)
Aiden: Mais si, il doit être très bien.
Aiden: Je peux vraiment te faire croire n'importe quoi. C'est extraordinaire. J'adore!
Aiden: Oh ce n'est pas ça le pire. Mais on s'en fout :)
Aiden: Ma réputation? J'ai une réputation? Ah celle du vieux comateux! Je ne pense pas que je puisse l'entacher en dansant avec toi ;)
Lee : Aucune raison vraiment ! C'est juste un peu plus le bazar que d'habitude... Quelques fringues qui trainent... (il se pourrait que je ne me rappelle plus la couleur du parquet...)
Lee : Détends-toi !
Lee : Et je n'ai jamais fait de discours sur le mensonge en début d'année... =P Malgré tout je n'ai pas menti... Disons que depuis la fusillade, j'ai revu mes priorités.
Lee : Si tu veux parler du costume Prince Charmant soigneusement emballé dans une housse noire glauque, et trônant dans ta penderie, alors non, il n'a rien. (quand je l'ai vu ça m'a fait pensé à un enterrement, j'ai flippé, du coup j'ai préféré de pas toucher > paix à mon âme !)
Lee : C'est toujours agréable de savoir que sa petite-amie plait à d'autres ! Mais si tu avais été intéressé... enfin bref ! Disons qu'on aurait été quittes ! :)
Lee : ... Cyrius est complètement dingue de toi (au cas où tu l'aurais pas encore remarqué ;)). La seule chose grave qui pourrait t'arriver, c'est qu'il danse comme un pied et que tu te retrouves sans les tiens à la fin de la soirée !
Lee : En dehors de ça, aucune raison que ça se passe mal ! Vraiment.
Lee : (au cas où, je danserai avec toi si tu veux, histoire de laisser souffler tes pauvres pieds ;D)
Aiden: Ah oui quand même. Lee. On a pas de parquet. C'est du linoléum...
Aiden: Omg... Je dois marcher sur les murs pour éviter tes vêtements ou pas ?
Aiden: Je suis parfaitement détendu. Je te fait marcher et toi tu cours x)
Aiden: Si tu trouves ça flippant j'attends de voir la gueule de ton costume tiens. Je sens qu'on va rire >
Aiden: ... Ok. On s'est mal compris. Je croyais que tu parlais de toi. Que j'étais intéressé par toi. Bizarrement je me sens con.
Aiden: Ne t'en fais ni pour Elyn, ni pour ce qui s'est passé avec Cyrius. Je sais ce que qu'il s'est passé. Tu n'as rien à te reprocher.
Aiden: Toi au moins.
Aiden: Oui tu dois avoir raison... Ça va bien se passer.
Être à l’heure, ça n’avait jamais été dans les habitudes d’Elyn. Elle était toujours en retard d’au moins cinq bonnes minutes si ce n’était pas plus. Et elle avait beau tout faire, ça ne changeait pas. Même si elle se levait une demie heure plus tôt que d’habitude, elle arrivait quand même à se mettre en retard.
Ce soir là ne faisait pas exception, mais pour une fois elle ne risquait pas de rater le début d’un cours de danse ou un devoir. Elyn devait rejoindre Lee avant d’aller au bal, sauf qu’elle n’était pas encore vraiment prête. Son maquillage était à moitié terminé - un seul oeil maquillé, ce n’était définitivement pas super -, et ses cheveux ressemblaient encore à un nid de corbeau abandonné depuis un moment. Sa robe traînait sur son lit en attendant d’être portée.
Cette robe, Elyn avait eu bien du mal à la trouver. Déjà, trouver une robe aussi habillée en trois jours, ça n’avait rien de simple, mais avec en plus un budget et un emploi du temps serré, ça relevait du miracle. Et malgré ça, une jolie robe blanche l’attendait sagement, jetée quelques dizaines de minutes plus tôt sur son lit.
Elyn termina son maquillage en s’appliquant le plus possible, et attacha ses cheveux dans un chignon élégants avant d’enfiler sa robe. Elle lui arrivait au dessus du genou, juste assez longue pour cacher les cicatrices sur ses cuisses. Celles de ses clavicules et de ses bras étaient visibles, mais ça ne lui posait pas vraiment de problème.
La brune regarda son téléphone et se crispa en voyant l’heure. Elle était définitivement en retard. Lee avait l’habitude, mais ça ne se faisait quand même pas.
Elyn attrapa ses chaussures et essaya de ne pas vaciller en se mettant debout. Les talons, ça n’était définitivement pas son truc. Elle était bien mieux à plat, comme si elle n’était pas assez grande comme ça.
Un coup de parfum plus tard, elle était dans le couloir, se dirigeant vers la chambre de Lee. Il allait encore tenter de faire la gueule, mais comme toujours, il finirait par en rire. Ca ne lui avait jamais vraiment posé de problème.
Quand elle arriva en bas des escaliers, Elyn se retrouva face à quelqu’un et se stoppa rapidement avant de se retrouver à foncer dans cette personne. Une fois stabilisée, elle reconnut facilement qui se tenait devant elle.
- Aiden ! Ca me fait plaisir de te voir. T’as l’air en forme.
Elle ne put s’empêcher de le serrer dans ses bras. Elle avait appris qu’il s’en était finalement sorti, et qu’il était de retour à l’internat mais elle n’avait pas eu l’occasion de le revoir.
Elyn s’écarta au bout de quelques secondes et regarda Aiden avec un sourire qu’elle avait du mal à cacher. Elle avait vu dans quel état étaient Lee et Cyrius quand il était encore dans le coma, et le voir comme ça était en quelques sorte un soulagement.
- Comment tu vas ?
Si toute la soirée lui offrait de telles surprises, il ne faisait aucun doute qu’elle serait géniale.
Lorsqu'il avait reçu les messages de Lee, une vague d'inquiétude avait parcouru Aiden. Qu'avait fait son colocataire? Le temps de quitter la salle d'eau commune dans laquelle il s'était lavé et coiffé, et de parcourir les couloirs le menant à sa chambre, le brun avait eu le temps d'imaginer plusieurs scénarios.
Et celui qui revenait le plus souvent était l'explosion nucléaire. Surtout lorsque Lee parla de tiroirs ouverts. Aiden s'était promis de faire preuve de beaucoup de patience envers le canadien. Le pauvre était stressé, et il avait un peu pété les plombs. L'acteur ne devait pas lui en vouloir.
Aiden priait simplement pour que ses biens les plus précieux soient encore en état. Sinon, il ne donnait pas cher de Lee.
Il avait donc dévalé les couloirs, à moitié habillé, sans faire attention aux autres étudiants qui se pressaient vers la salle de bal de la NYADA. Il allait être en retard, et il détestait ça, mais il devait vérifier dans quel était d'insalubrité était rendue sa chambre.
Et son costume se trouvait dans son placard, de toute façon.
Il arriva en bas des escaliers, et sans regarder où il allait, mit la main sur la rampe pour se donner l'élan nécessaire pour terminer son ascension.
Le brun se rétablit sur ses deux pieds arrivé en haut et se stoppa net, une odeur de parfum qu'il connaissait parvenue sous son nez. Une odeur qu'il connaissait. Un souvenir repassa devant ses yeux. Et il ne put s'empêcher de sourire en s'accrochant à la rampe tandis qu'une jeune femme déboulait devant lui.
Comme lors de la fusillade, Elyn avait failli le renverser. Sauf que cette fois-ci, le contexte était beaucoup moins mortel. La jeune femme le reconnut elle aussi rapidement, et son visage se fendit du même sourire que celui qui ornait celui d'Aiden.
Elle le prit dans ses bras et le troisième année lui rendit son étreinte avec plaisir. Il avait été horrifié et désolé d'apprendre ce qu'il s'était passé pour elle. Et malgré les dires d'Isabelle, une pointe de culpabilité faisait son apparition lorsque les marques sur ses bras se faisaient visible.
Il aurait du rester avec elle, au lieu d'égoïstement partir rejoindre Cyrius. Il le savait. Mais quelque chose lui disait que s'excuser maintenant gâcherait le moment. Et il ne voulait surtout pas faire retomber l'ambiance qui était si bon enfant.
- Moi aussi je suis content de te voir. Vraiment. Il offrit un nouveau sourire à Elyn. Ça va plutôt bien. Je dois juste faire attention à ne pas trop bouger l'épaule. Du moins pas trop brusquement. Mais sinon ça va! Et toi alors, comment ça s'arrange pour toi?
La question était claire, mais pouvait facilement être perçue d'une autre manière. De cette façon, Aiden laissait la liberté à Elyn de ne pas répondre vis-à-vis de son traitement si elle n'en avait pas envie.
- A part ça... reprit-en en réponse à l'autre question d'Elyn, ça va aussi. Cyrius est plus ou moins en période d'essai... Il s'interrompit, se grattant nerveusement la nuque, avant de changer de sujet. Et Lee, alors, ça file le parfait amour à ce que je vois. Et entends. Lee n'a littéralement qu'un mot à la bouche, et c'est ton nom, ajouta Aiden avec un sourire en coin.
Il y avait cette impression. Trop présente, trop marquante, trop pesante. Cette impression d’être de nouveau dans la moiteur étouffante du stress d’un vendredi étouffé dans ses souvenirs. Une arme à la main. Le corps d’Aiden. Cette sensation d’être de nouveau plus de quatre ans avant, dans une salle de ce même hôpital. Perfusion dans le bras. Diagnostic affolant devant lui. Cette monstruosité d’un déjà vu d’abandon. Comme dix ans auparavant. Quand il était revenu à la vie après être passé sous une voiture. Ou quand il avait appris que l’autre Millers n’avait, elle, pas survécu à ce qui le rongeait.
Tourbillon de vie encore en lui.
Mais pour combien de temps ?
Cyrius avait cette impression, impensable. Indéchiffrable. Celle d’avoir tout perdu.
Et ça faisait mal.
Aiden murmura des choses qu’il n’entendit pas. Il tremblait trop peut-être. Cyann avait raison. Il était égoïste. Il n’y avait plus qu’une seule chose qui lui importait : sa propre douleur.
Le reste ? Rien à foutre.
Alors, quand Cyrius releva lentement la tête, il fût plus que surpris. Aiden était revenu s’asseoir, le regardait presque avec douceur, avait saisi sa main dans la sienne. Sa question resta en suspend, entre eux, pendant de longues minutes.
Cyrius se sentait comme un enfant. Il n’avait plus que des sensations à fleurs de peau. Comme à chaque fois qu’il se trouvait en présence de son ancien ennemi.
Inconsciemment, le blond entremêla ses doigts aux siens. Serrant fort. Il l’aimait plus que tout.
Il ne voulait pas le supplier. Mais il le fit quand même, d’une certaine manière.
- J’en sais rien. Mais me laisse pas Aiden. J’peux pas.
Et puis, une nouvelle fois, sans réfléchir et avec impulsivité, Cyrius le saisit dans ses bras forts, le ramenant contre lui. Il ne l’embrassa pas, ne laissa pas glisser ses mains sur son torse, comme il l’avait fait auparavant. Il se contenta de le tenir contre lui, son souffle se perdant dans le creux de son cou.
Aiden avait arrêté de penser à autre chose qu'à cette question. Qu'allaient-ils devenir. Cyrius. Lui. Leur couple. Il se posait vraiment la question. Peut-être que leur couple n'était pas fait pour exister. Aiden n'avait-il pas avoué à Cyrius qu'il l'aimait juste avant de mourir? L'avait-il dit simplement pour partir plus léger?
La réponse lui apparut rapidement. Non. Il était réellement amoureux de Cyrius. Il le sentait, tout au fond de lui. Jamais il ne s'était senti aussi malheureux, ou n'avait eu envie de faire quelque chose pour améliorer les choses.
Il y avait bien eu Pearl, mais Aiden se rendait compte qu'à côté de ce qu'il ressentait pour le blond, les sentiments qu'il avait éprouvé pour la jeune femme n'avait jamais été amoureux.
Pouvait-il pour autant pardonner à Cyrius d'un seul coup, au nom de ses sentiments? Non, bien entendu. Non seulement l'orgueil et les sentiments d'Aiden avaient été meurtris, mais Cyrius s'était drogué. Et avait failli en mourir. Et Aiden avait énormément de mal avec la drogue, et avec ses habitués.
Oui, le brun en voulait au blond. Si jamais il décidait de pardonner ses actes à Cyrius, il était certain qu'il ne les oublierait pas de sitôt. Et que le réalisateur allait devoir faire ses preuves.
Mais ils n'en étaient pas là. A l'heure actuelle, les cartes étaient dans les mains de Cyrius, et Aiden attendait de voir ce que le réalisateur allait répondre à sa question. Voir si leur couple valait vraiment la peine de se battre pour lui aussi.
Le silence s'installa. Longuement. Aiden ne fit aucune mouvement, ni en faveur, ni contre Cyrius. Il n'était pas fâché de cette lenteur, au contraire. Plus Cyrius réfléchirait, plus il serait convaincu de sa réponse, et Aiden n'aurait pas à lui tirer les vers du nez.
Il ne put toutefois s'empêcher de répondre à la pression des doigts de Cyrius lorsqu'il entremêla leurs doigts. Même blessé, même en colère, ce simple contact faisait battre son coeur un peu plus fort.
Cette faiblesse l'exaspérait. S'il n'était pas capable de résister à la simple liaison de leurs mains, comment pouvait-il résister à Cyrius tout entier?
Il écouta attentivement la supplique à peine voilée du blond, un peu surpris. Visiblement, Cyrius ne plaisantait pas tout à l'heure. Aiden se mordit la lèvre, se retenant de sourire de plaisir, en même temps qu'un plan germait dans son esprit.
Il n'en était pas très fier, de ce plan. Mettre en pratique le pouvoir qu'il semblait détenir sur Cyrius. Mais cela lui permettrait de vérifier si les actes de Cyrius étaient au niveau de ses paroles.
Néanmoins, les jeux n'étaient pas encore fait. Aiden ne savait toujours pas si Cyrius méritait sa seconde chance. Et même si ses derniers gestes emplirent l'acteur de sentiments amoureux, son cerveau lui ordonnait de faire marche arrière. C'est pourquoi il se détacha du blond, et prit la parole.
- Tu veux vivre... Mais est-ce que tu veux vivre avec moi? Je veux dire, est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous? Qui me dit que la prochaine fois, tu ne vas pas recommencer?
Il s'interrompit, et plongea son regard dans celui de Cyrius. Au contraire des autres fois, il ne s'y noya pas, et resta en retrait, sondant les prunelles grises. Il posa une ultime question, peut-être la plus importante à ses yeux.
Cyrius savait qu’il allait faire de la peine à Aiden, en lui avouant tout. Il savait qu’il allait devoir faire face à sa douleur. A sa rage. Il s’y était préparé. Mais pourtant, rien ne lui fit plus mal que de voir tout ce qu’il avait prédit se peindre sur son visage.
Il ne se sentait pas mal de lui avoir gâcher ses espérances. Non. Il se détestait.
Chaque geste d’Aiden lui faisait mal. Chaque regard blessé, où les larmes étaient présentes sans pourtant couler, lui fendait l’âme. Il aurait bien anticipé un geste pour le retenir. Mais le blond n’y arrivait pas. Ses mains tremblaient trop.
Alors il les serra en deux poings.
Et il se prit comme une énorme gifle ce qu’il ne pensait jamais plus entendre. Aiden pensait qu’il le détestait. Qu’il avait joué avec lui.
Se doutait-il une seule seconde que si Lily et lui, ça s’était terminé, c’était sous les cendres même de son nom ? Se doutait-il une seule seconde de tout ce que Cyrius avait enduré pour lui ? De la mauvaise manière, certes, mais sans jamais remettre en cause ce qu’il ressentait ?
Visiblement non. Visiblement Aiden ne s’enfermait que dans sa propre douleur. Incapable de voir tous les remords dans les yeux gris.
La rage contre lui même se mua alors en une nouvelle rage contre celui qu’il avait pourtant fini par ne plus détester.
- … Lily n’est pas une salope. Elle a crû bien faire.
Cyrius s’obligea à souffler. Une fois. Deux fois.
Puis il enfonça, encore, encore, le couteau dans la plaie. Au moins se sentait-il vivant. Encore un peu. Même s’il regrettait déjà tout ça.
- J’ai embrassé Lee. Aussi. Ton pote. Complètement déchiré. Il paraît. Pas de souvenir. Gossip est venu fouiner son nez dans ce qui la regardait pas.
La douleur d’Aiden. Y faire face, encore et encore. Utiliser l’ironie ?
- Mais bien sûr Lending.. J’ai pris mon pied à te faire croire que j’avais des possibles sentiments pour toi. T’as sauté droit dans le panneau. T’étais tellement en manque d’amour ? Ou de sexe ? Dis-moi tu t’es branlé combien de fois en pensant qu’on était ensemble ?
Cyrius se sentait débile. Complètement idiot. Mais il faisait tout pour garder encore un peu, un tout petit peu, sa prestance. Même si ses mains tremblaient avec violence.
Il s’était décidé à le laisser partir. Peut-être que c’était ça, cette douleur énorme, dans sa poitrine. C’était ça la sensation de se faire plaquer, d’avoir perdu quelqu’un, de souffrir. Ce qu’il n’avait jamais ressenti avec Lily.
Mais le “pourquoi ?” raisonna dans la pièce.
Cyrius n’y répondit pas. Pas dans un premier temps. Le temps que la question monte à son cerveau, qu’il l’analyse, et que la réponse vienne le plus naturellement à ses lèvres.
En atténuant la douleur et la rage contre Aiden.
- Parce que je te hais Lending. Je ne t’ai jamais autant haïs que maintenant. C’était moi qui devait me prendre cette balle. Pas toi. Tu n’avais pas le droit…
Et enfin, le regard clair rencontra de nouveau les yeux sombres. La voix se termina dans un seul souffle.
- Il s’est écroulé. Paf. Une balle dans sa cage thoracique, juste après toi. C’est moi qui ai tiré cette fois-ci. C’est moi qui l’ai tué. .. Je peux pas vivre avec ça. Je peux pas vivre en sachant que je l’ai tué. Et que j’ai faillit pas te louper non plus. Je peux pas Aiden ! Je peux pas. .. Alors oui, je suis allé voir ailleurs, mais c’était pas volontaire. J’arrivais pas.. J’arrivais pas à entrer dans ta chambre. Pour voir quoi ? Toi inconscient ? J’en ai rien à faire de toi inconscient ! Je te veux toi en entier, toi en un seul morceau, toi vivant ! Ton sourire, ton rire, tes yeux. Tout. Je veux tout de toi. Tout, toi en entier. Je veux t’avoir pour moi seul. Vivant. Pas mort, pas raide, pas déjà froid ! Je pouvais pas ! Je peux pas… Lily je l’ai croisée par hasard. Je l’ai suivi par hasard. Je l’ai baisé par hasard. Mais je ressentais rien, tellement rien. Même avec la drogue. Mais c’était tellement plus facile Aiden. T’existais plus. J’existais plus. Et il y avait plus de mec mort, plus de toi inconscient, plus de moi pathétique, plus de ma putain de maladie, plus de tout ça. Plus de nous. Plus rien.
Cyrius savait que son discours était anarchique. Sans vraiment de sens. Ses yeux se perdaient dans le vide. Il se prit de nouveau la tête dans les mains, tremblant des pieds à la pointe de ses cheveux défaits.
Cyrius enfonça le couteau dans la plaie, remuant bien la lame, élargissant la blessure qui faisait saigner son coeur depuis que Cyrius lui avait dit l'avoir trompé avec Lily.
- Bien, sûr, répondit-il en hochant la tête. Quelle personne admirable, Lily. Fais-moi penser à aller la remercier comme il faut. Il se frappa le front du plat de la main, avant de reprendre. C'est vrai je suis vraiment con. J'avais oublié. La prochaine fois que je croise une ex un peu triste, je l'emmène avec moi, je la saute je sais pas trop combien de fois, et je la pique. Il offrit un grand sourire à Cyrius. Et je dirai que je pensais bien faire.
Son sourire s'effaça, et un air colérique prit place sur le visage du brun. Il fronça les sourcils, et son ton se fit dur, cherchant à enfoncer Cyrius dans la culpabilité qu'il semblait afficher.
- Non. Lily reste et restera une salope irresponsable. Qui a failli te tuer. Et tu es un connard irresponsable. D'avoir fait ça.
C'était dit. Les mots qu'il retenait depuis que Crystal lui avait annoncé l'overdose de Cyrius. Il avait tenu bon devant la petite soeur du blond mais il avait du pour cela user de toute son jeu d'acteur, car tout en lui bouillait.
- Je me réveille, et j'apprends quoi? continua Aiden devant l'air offensé du réalisateur, j'apprends que t'as failli te foutre en l'air à cause de l'héro. Tu m'as fait peur, espèce d'enfoiré!
La dernière phrase aurait du être violente, mais l'effet ne fut pas au rendez-vous, la voix du troisième année se brisant d'un seul coup. Il se reprit rapidement, refusant de donner l'impression à Cyrius qu'il craquerait devant lui. Il se jeta sur l'aveu suivant du blond, commençant à rire.
- Pauvre Lee, ça a du le surprendre. Il s'interrompit, hésitant sur la réaction à avoir face à ce baiser. Après tout, il avait bien embrassé Cyrius alors qu'il était en couple avec Pearl... Aiden choisit d'être honnête. Tu sais quoi? A la limite, ce baiser, je m'en fous. T'étais déchiré, tu t'en souviens pas, et j'ai fait pire. Et je sais que Lee ne t'intéresse pas. Et surtout, tu ne l'intéresses pas. Non, ce que je ne supporte pas, c'est...
Il ne termina pas ses explications, conscient qu'elles étaient inutiles. Cyrius savait pertinemment pourquoi Aiden était blessé et en colère. Pourtant, il enfonça le clou, se moquant cruellement de ce qu'Aiden pensait de son comportement.
Une flamme de rage passa dans le regard auburn de l'acteur. Il serra les poings, les dents, mais offrit un sourire immense au blond avant de déclarer, acerbe.
- Excuse, moi, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de me branler ces derniers temps... Tu comprends, une balle dans l'épaule, un coma prolongé, tout ça tout ça...
Aiden sut tout de suite qu'il avait frappé fort. Trop fort. Une partie de lui s'en voulut immédiatement, car il ne voulait pas rendre Cyrius responsable de ce qu'il s'était passé. Une autre était ravie de la souffrance qu'il lui infligeait. Un combat intérieur s'engagea entre ces deux parties, et c'est finalement la culpabilité qui l'emporta.
- Désolé, c'est pas ce que je voulais dire...
La main sur la poignée, Aiden écouta Cyrius déclarer qu'il le détestait. Il le détestait parce qu'il s'était pris cette balle à la place du blond. Aiden se tourna lentement, avant de simplement dire.
- Je ne regrette rien...
Il accepta enfin de croiser le regard du blond. De nouveau leurs prunelles se mélangèrent, et seuls ces deux yeux gris existaient pour Aiden.
Et cette voix. Qui lui expliquait tant bien que mal ce qu'il avait ressenti. Ce qu'il ressentait. Qu'il avait tué celui qui l'avait presque tué. Qu'il n'avait pas pu venir le voir dans son état. Que Lily n'était pas un acte volontaire. Que la drogue ne l'était pas non plus. Aiden écouta Cyrius dire qu'il avait choisi la solution de facilité pour ne plus penser à rien.
Aiden vit sa vision se troubler et il comprit que des larmes de douleur s'apprêtaient à couler. Il prenait une partie du poids de la douleur du blond sur ses épaules et se sentait écrasé. La partie raisonnable de sa personne comprenait pourquoi Cyrius avait craqué. Mais l'autre était trop blessée pour le pardonner.
Il était perdu. Devait-il s'en aller, et réfléchir de son côté à ce que Cyrius venait de dire, ou rester, et s'exprimer à son tour. La décision fut vite prise.
Il mit de nouveau la main sur la poignée, prêt à rentrer dans sa chambre, lorsque Cyrius ajouta quelque chose qui fit hoqueter Aiden.
T'étais mort. J'étais mort. Point.
Cyrius était-il sérieux? Ressentait-il réellement ce qu'il venait de dire? Son amour pour Aiden était-il aussi fort. Il se retourna doucement vers le lit pour voir que le blond avait enfoui son visage dans ses mains.
Dire qu'il était surpris n'était pas suffisant. Aiden était estomaqué parce qu'il venait d'entendre. Mais aussi touché, et profondément ému. Jamais il ne se serait attendu à cela de la part de celui qu'il avait haï si longtemps.
Doucement, il reprit sa place sur le lit du blond, et attendit que Cyrius ne se calme, ce qui lui laissa le temps de penser à ses prochaines paroles. Finalement, son petit-ami releva la tête, et offrit un visage surpris à Aiden. Visiblement, il ne s'était pas attendu à ce que le brun ne reste.
- Cyrius... Tu... te rends compte de ce que tu viens de dire? Parce que... Parce que...
Parce que ça change tout, voulut dire Aiden, sans y parvenir cependant.
A la place, il soupira profondément, et attrapa machinalement une des mains de Cyrius.
- Qu'est-ce qu'on va faire?
La question était sincère, et Aiden espérait vraiment que Cyrius lui apporterait une réponse. Parce que de son côté, c'était le flou total.