Félicien Rops (1833 - 1889) - Satane semant l'ivraie

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Félicien Rops (1833 - 1889) - Satane semant l'ivraie
Trois paraboles et du grain à moudre (Mt 13,24-43)
#BLOG éclairages sur l'Evangile de Matthieu, Trois paraboles et du grain à moudre (Mt 13,24-43) #dimanche
16ème dimanche (A) Mt 13,24-43
Après celle du semeur, trois autres paraboles se suivent, ou plus exactement : deux petites paraboles encadrées par celle sur l’ivraie et son interprétation. Leur disposition n’est pas dû au hasard. Elles forment un ensemble qui participe à la compréhension du Royaume, chacune apportant son grain à moudre.
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Terre !
Terre enfin...
Ce que j'aime dans la campagne où je vis, plus que ma maison, c'est le bout de nature attenant que j’appelle le "jardin".
Il y a peu, arbres, pelouse, massifs et "espace à jardiner", ont été mis en place sans atermoyer. Pas question alors de perdre plus d'une saison.
Aujourd'hui, l’ensemble est à peu près harmonieux mais il ne me convient pas.
J'ai donc entrepris d'en modifier l’organisation, de redéfinir des contours, de transférer en pleine terre des plantes et des petits arbustes qui vivotaient en pots et qu’avec lassitude, je ne cesse d'arroser l'été et de rempoter chaque printemps.
Je remanie ce qui est en place et qui peut encore bouger.
Je viens de reconfigurer le potager, trop difficile à entretenir. Mais sans grand effort cérébral, en réduisant le vaste rectangle à un petit carré. Une végétation folle dominée par les chardons concurrençait, sans grande lutte, mes légumes et prenait sur eux un avantage funeste, les empêchant de trouver leur place ou en contrariant leur croissance. Travailler la terre, collante par temps humide, dure sous la chaleur, est une affaire ardue.
La complexité et l’extrême rigueur de l'œuvre verte, géométrique, experte et belle de mon voisin le jardinier, m'ont dissuadé de tenter d'en adopter les principes d'ordonnancement : lignes droites sans défaut, tunnels amovibles de protection et de réchauffement, dispositif contre les vents, cultures protectrices d'autres végétaux, pérennité des productions...
Pas question non plus donc d'y créer un séduisant désordre, un fouillis savant et poétique... faute d’irrésistible inspiration. Seulement d'une année l'autre, veiller à alterner les cultures. Réfléchir un peu, calculer à peine, ne pas laisser trop de place à l'imagination. Aller vite et bien.
Une bande dédiée aux herbes fines et quatre ou cinq cultures de saisons suffiront. L'été, des tomates, des courgettes, des aubergines, des haricots. Des concombres ? L'hiver, une variété, voire une deuxième, pas davantage. Des fèves par exemple. Plus jamais l'ail, ni l'oignon, trop d’attente, trop de soins. Le tout disposé avec application mais sans égard pour les normes "à la française" des jardins d'antan et d'à côté. Il faudra cependant que le tout me plaise et soit d'un accès facilitant l’entretien et la cueillette.
Dans l'aire maraîchère libérée par l'opération de resserrement, travailler le terrain, l’ameublir, extraire les racines des chardons semblables à de longues mèches profondément enfouies dans la matière, réserver les emplacements destinés à recevoir les petits arbres et les plantes vivaces une fois libérés de leur pot, les placer, les arroser abondamment, ratisser, amender la parcelle au moyen du terreau issu du compost, disposer les graines du futur gazon, se débarrasser en déchetterie des dizaines de kilos de cailloux amenés en surface et extraits d'abord à la pelle, puis par poignées et enfin l'un après l'autre, avec deux fois deux doigts.
Il me fallait aussi revoir les massifs.
Les élargir pour rendre harmonieuses les proportions de chaque élément du petit paysage. Arracher l'ivraie et le chiendent qui s’étaient solidement implantés, intriqués aux racines des vivaces et aux robustes rhizomes des iris. Employer la manière forte : couper, arracher, extraire, jeter, composter, replacer, arranger avec netteté et précision les bordures. Manier résolument la fourche-bêche, la bêche, la pioche, et pour parachever le tout, le râteau et même le balai.
Pour davantage d'efficacité et de méticulosité, agir, à l'occasion, genoux appuyés au sol et lunettes chaussées.
Expulser les grosses larves blanches qui ont envahi les pots en les offrant à l'appétit insatiable des oiseaux. Modeler la glèbe à la main, l’étaler, trier en humant les parfums de l'humus qui récompensent des efforts déployés pour faire beau.
Tailler les arbres fruitiers qui, en trois ans, n’ont formé que de longues branches parties à l'assaut du ciel et ont oublié de produire ce pourquoi ils ont été plantés : satisfaire les envies de croquer des fruits frais et fournir matière à pâtisseries, à confitures. Le cerisier a consenti au fleurissement, les pruniers, n'ont pas eu cette délicatesse ! Seul un figuier encore nain, récemment installé, isolé, a réussi là où les autres ont démérité.
Passer une dernière fois en revue la haie, couper, tailler les arbustes en les dotant de belles formes.
Réunir en tas tous les déchets verts, les broyer, les mettre à composter.
Haubaner les arbres hauts menacés par les vents d'Ouest et l'Autan, après avoir ôté les tuteurs anciens qui les blessaient. Et continuer à craindre les tempêtes.
Sculpter le houppier d'un mûrier-platane dont les branches secondaires pointent vers le soleil au lieu de se développer en parasol, avec pour objectif un été avec ombre et chaise longue dessous. Un rêve toujours lointain.
Puis, alors que, justement, le soleil s’apprête à disparaître mais que la lumière est encore belle, se reculer, corriger un peu, ratisser encore, remettre, quelques minutes, les mains dans la terre, retoucher une dernière fois, sachant que rien n'est jamais définitivement achevé.
À la fin (quand ?), attendre.
Regarder tous les jours, évaluer, vérifier, guetter une évolution tandis que rien ne se passe en surface. Savoir qu’il faudra sortir de ce bout final d'automne puis de l'hiver qui ne se hâte pas. Patiemment, voir venir. Et, un jour ou l'autre, constater enfin que les enracinements ont réussi. Ou échoué.
Dans l'attente, se réfugier à la maison.
Lire peut-être.
Écrire. Sûrement. Pour donner à voir combien prendre soin d'un bout de planète apporte du bonheur. Sans excès de zèle, en se sentant faire corps, oui, physiquement, avec elle.
Au fait, cet aggiornamento m'a pris près d'une semaine.
Fabien Borgogne
Pourquoi Dieu ne fait-il pas justice immédiatement? Le Seigneur est clément et compatissant, patient et grand par la fidélité. Le Seigneur est bon envers tous, sa compassion s’étend sur toutes ses œuvres […] Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous ceux qui sont courbés.