Toi, le vivant, qui as voulu nous faire à ton image en notre humanité, entends notre chagrin et nos larmes quand un être cher est enlevé à notre tendresse qui ne peut plus s’exprimer. Voudrais-tu nous laisser comprendre que tu sais pleurer aussi sur nous quand nous souffrons, quand nous agonisons, quand nous errons loin de toi puisque tu nous créas à ta ressemblance ? À nous qui te cherchons à notre image, en ce que nous comprenons de ta bonté, accorde-nous l’honneur de ta tendresse et de ta consolation aussi parfaites d’équilibre que ta juste bonté. Ne nous laisse pas gémir trop démesurément en nos douleurs chagrines. Ainsi, nous nous émerveillerons de l’attention que tu nous portes et, chavirés en nous-mêmes, nous témoignerons de ta tendresse auprès de ceux qui sont en souffrance dans le deuil ou en proie à des maladies incurables. Consens à voir, en nous, l’image de Jésus, ton fils, effondré par la mort de son ami le plus cher, Lazare, mais qui puise la force de dire et redire inlassablement à chacun : « Viens ; suis-moi ». Notre Dieu de bonté, vers qui, sinon vers toi-même, Jésus nous entraînerait-il si nous consentons à le suivre ? Donne-nous de laisser, non pas tant nos morts que nous pouvons chérir encore malgré la séparation, mais nos chagrins mortels de désespérance. Toi, le vivant, qui as voulu nous faire à ton image, accorde-nous de suivre Jésus jusqu’au bout, par-delà la croix, à l’instant de ton éternité où il te plaît de le relever de la mort pour nous faire t’adorer dans la joie consolante de ta gloire.









