Crossroads Festival 2017
Photo David Tabary
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Crossroads Festival 2017
Photo David Tabary
http://jojobeam.bandcamp.com/
Bigre! Premier concert de 2015, si j'exclus la très réussie bande son live d'un Sherlock Holmes muet et centenaire projeté à la cinémathèque française il y a peu (3615 ma life). De façon peu surprenante, le retour aux affaires est dû aux apôtres parisiens de l'éclectisme musical, j'ai nommé l'écurie en-v'là.
On démarre avec Jojobeam dont les gaziers des regrettés Seven of Nine nous avaient dit tant de bien. J'en avais compris qu'ils étaient de Besançon, d'où une certaine surprise lorsque je reconnais FX-en-v'là derrière la basse. En fait, il y a écrit Lille sur le flyer, mais avouons franchement qu'au final, on se cogne complètement de la traçabilité des bestiaux. Jojobeam, ça part un peu dans tous les sens, avec une banane constante, un humour un peu moins égal et une sacrée pêche qui sert un set noise-punk ultra-efficace. La voix d'FX me rappelle celle de McLusky, celle de son collègue gratteux ne m'en rappelle aucune, mais complète bien le tableau. Ce qui me frappe surtout lorsque ça chante, c'est le songwriting, la capacité à faire des vraies chansons, avec de la mélodie à faire remuer le popotin. Derrière, une batterie inspirée appuie (tabasse) tout cela, pour une prestation des plus convaincantes.
Das Modell enchaine pour ce qui est annoncé comme leur dernier concert. Bah merde. En terme de patate, autant dire qu'on rivalise sans problème avec les prédécesseurs, avec une formation qui présente la même physionomie. Les compositions donnent aussi dans un registre similaire, mais s'avèrent beaucoup plus directes, exploitent à fond chacun des riffs, oublient les fioritures pour s'acharner sans vergogne là où ça a déjà commencé à saigner. On aura renoncé à la bonne humeur potache sur le chemin (ou presque les jojos remontant sur scène pour quelques chœurs), pour aller se faire masser le conduit auditif au marteau-piqueur. En toute délicatesse donc.
Hélas, l'humour douteux, on va se le reprendre sur le coin de la face avec un autre trio saturé, Guru Meditation, qui parsème son set de vannes improbables et de blind tests hasardeux. Je concède n'être que modérément client, mais j'ai vu, et surtout entendu pire. En terme de performance musicale, on ne s'éloigne pas tant du concept général de la soirée, et en fait, la progression au travers des 3 groupes se révèle assez cohérente et judicieuse. On a là quelque chose de peut-être encore un peu plus sombre, mais aussi plus vaporeux. Le côté foutraque du début de soirée ayant laissé place à des digressions et circonvolutions plus sérieuses, mais sans doute aussi plus convenues. Et si le fait de jouer dans la fosse rend l'atmosphère plus intime, je ne suis pas certain de conserver ce moment certes très honnête gravé dans ma mémoire.