KIN (2018) Au premier abord, KIN ressemble à un dérivé de cette vague de teen-movies héroïques faisant de ses héros de jeunes adolescents promis à un destin plus grand: et en plus de ça, le film des frères Jonathan et Josh Baker arbore sa plus belle parure de long-métrage moderne, au visuel techno-terne grisâtre, avec une grosse dose de S-F pour le background. On doute donc énormément de KIN, guettant la moindre gaminerie pour pester: fort heureusement, le film s’avère être assez original, bien soutenu par Zoe Kravitz, Dennis Quaid et James Franco -eux en arrière-plan par rapport à la trame dramatique “road-trip fraternel”, très réussie. KIN, c’est l’histoire de ce gosse adopté qui erre la journée, séchant les cours pour aller faire de l’urbex, afin de récolter des métaux pour gagner quelques sous: une errance solitaire symbolique, avec ce père adoptif veuf sévère, et ce demi-frère qui sort de taule, qui mènera le pré-ado à découvrir un mystérieux artefact. Une usine abandonnée où gisent d’étranges soldats vêtus de combinaisons issues d’une technologie ultra-avancée, et un ray-gun surpuissant abandonné, ce sont les fondations de KIN: affilié à l’arme, le petit Jimmy va devoir fuir les meurtriers de son père aux côtés de son demi-frangin, ce dernier tentant d’échapper à sa dette envers ses “créanciers” l’ayant permis de survivre en prison. Sortant de l’ombre, deux individus similaires aux cadavres découverts dans l’usine désaffectée prennent en chasse l’arme -un désintégrateur futuriste aux dégâts monstrueux, faisant de KIN un road-movie mature et inattendu, piochant sa base là où il faut -tout commence à Detroit, la ville de ROBOCOP (1987), propice à une S-F urbaine de qualité-. Twisté d’une élégante manière pour son final inattendu et prometteur, KIN a le bon ton de prendre le temps pour donner de la consistance à ses protagonistes, faux stéréotypes lissés par les affiches cinéma prenant ici une dimension narrative capitale: à la façon d’un reveal énorme augmentant de façon exponentielle son champ d’action, le film prend la direction d’un final qu’un PANDORUM (2009) ne renierait pas. Intelligent, KIN est de loin l’exception qui confirme la règle des teen/kid-movies actuels -THE DARK TOWER (2017) l’a prouvé, par exemple-: mais comme on nous le suggère, il faudra patienter quelques années pour en voir l’alléchante suite. On tient avec ce long-métrage un discret renouveau du genre, bien que conséquent et valable pour un public adulte: une introduction brillante à une saga de S-F moderne, faisant de KIN la préface d’un univers travaillé -narration, son, image et designs ultra-classe- et intéressant -nombreuses thématiques et niveaux de lecture- qu’on espère retrouver avec les promesses annoncées -quelque chose d’immense et épique-. Le titre français, KIN - AU COMMENCEMENT a beau mal sonner, il n’est pas menteur. A voir absolument! BIG FUCKIN GUN /20











