the Karamon Gate at Nikko Tōshō-gū
seen from Indonesia
seen from United States

seen from Malaysia
seen from United States

seen from Spain

seen from Poland

seen from Spain
seen from United States
seen from United States

seen from Spain

seen from Denmark
seen from United States
seen from Netherlands
seen from Germany
seen from United Kingdom

seen from Spain

seen from Malaysia
seen from United States
seen from Philippines
seen from South Africa
the Karamon Gate at Nikko Tōshō-gū
Nijo Castle, Kyoto
Nijo Castle, Kyoto
Une œuvre en détail, la porte Karamon du Toshogu de Nikkô.
Les visiteurs récents au mausolée de Tokugawa Ieyasu à Nikkô le savent, la très célèbre porte Yomeimon est actuellement en réparations, invisible.
Nous avons cependant notre petit lot de consolation, la porte karamon, ou porte chinoise, dernière porte du sanctuaire, elle sépare les quelques privilégiés admis jusque là du bâtiment contenant le kami de Ieyasu. Elle se devait donc d’être somptueuse.
On l’a surnomme porte chinoise du fait de la forme arrondie de sa toiture qui est motif ancien repris de la Chine. Dans ce cas précis cependant la décoration vient encore renforcer l’aspect chinois.
La porte est constituée de différentes essences d’arbres ainsi que d’ornement dorés dans le style luxueux d’Azuchi-Momoyama (dont la pensée centrale peut se résumer : “plus ça brille mieux c’est”). La majeure partie de la porte est recouverte d’un emplâtre blanc (couleur funéraire) et, par contraste, chaque pilier porte des appliques de bois non peint représentant des dragons ou des branches de cerisiers (les fleurs sont figurées dans une essence plus claire pour rendre leur blancheur). Ces appliques se détachent par endroit du pilier pour donner du relief à l’ensemble.
C’est surtout sur le linteau que les sculpteurs ont démontré leur talent. le registre montre une scène de palais chinois d’époque Song où l’empereur se situe au centre entouré de ses fonctionnaires (portant les coiffes de magistrats) et ses courtisans. Dans les ailes du palais sont figurés des instruments de musique (de cour). Ieyasu était shogun, dictateur militaire, pas empereur... N’y aurait-il pas là un petit message “discret” des Tokugawa aux visiteurs pour indiquer qui était le réel patron au Japon? D’autant plus, sacrilège, l’empereur représenté au centre serait figuré avec les traits de Ieyasu (et à voir la bouille empâtée aux grosses joues, il faut admettre qu’il y a une ressemblance).
Le registre supérieurs donnent des scènes naturelles évoquant le paradis bouddhiste de la Terre Pure (oui, nous sommes dans un sanctuaire shintô, ne vous posez pas de questions). On y retrouve encore les 4 animaux “royaux” de l’iconographie chinoise : dragon, licorne, phénix et lion. Une série de 12 appliques de bronze doré représentent aussi les 12 signes du zodiaque chinois.
Bref, comme on pourrait s’y attendre dans un bâtiment avec cette fonction, Tokugawa Ieyasu nous est représenté comme un Fils du Ciel, saint bouddhiste, kami shintô, ordonnant les hommes et la nature autour de sa personne, rien de moins.