Petits coins du Japon : Koyasan (préfecture de Wakayama)
Dans sa partie la plus septentrionale, la préfecture de Wakayama devient le territoire de la montagne sainte de Koyasan et de ses nombreux temples tous classés au patrimoine de l’UNESCO. Même en dehors de Koyasan cette partie de la préfecture est riche en sites intéressants, et pas seulement pour les amateurs de temples. C’est encore une région difficile d’accès pour les touristes étrangers mais les efforts et le temps passés en valent la peine.
1- Faire l’expérience d’une nuit en temple à Koyasan. C’est une activité phare dans tout Wakayama mais aussi dans tout le Japon. Les retraites spirituelles d’une semaine ou plus ou tout simplement une nuit en temple sont la grande affaire du Mont Koya, une ville de temple fondée au VIIIe siècle par le moine Kobo Daishi. Koyasan compte pas moins de 52 shukubo, logements en temple avec tous leurs particularités. Selon le lieu que vous choisissez vous serez plus ou moins immergés dans la vie du temple et ses règles. On retrouve cependant toujours la même base : vous passez une nuit dans une salle commune en tatami sur des futons. L’extinction des feux se fait très tôt pour correspondre au rythme des moines et vous dégustez un exemple de shojin ryori : la cuisine des temples. Le shojin est une cuisine entièrement végétarienne et particulièrement inventive pour offrir au corps ce dont il a besoin sans transgresser la compassion envers tous les êtres vivants. Koyasan est particulièrement réputé pour ses différentes manières d’accommoder le tofu (koyadofu) et le rendre semblable à une viande par sa consistance. Faite avec peu, cette cuisine n’a eu d’autre choix que d’innover. Selon le temple où vous logerez vous aurez aussi la possibilité de faire l’expérience de la méditation ajikan, spéciale à ces lieux. Les shukubo proposent aussi des ateliers de calligraphie (shodo), de copie de sutras (textes sacrés bouddhistes), copie d’images sacrées ou encore assister au service du matin du temple (qui a lieu généralement entre 6h00 et 6h30 au soin de la cloche). Le logement en temple est loin d’être la manière la plus confortable de dormir au Japon mais en venant au mont Koya vous savez que vous ne venez pas pour le confort mais pour une expérience unique dans un des lieux les plus sacrés du Japon.
2- Se détendre près des plages et onsen de Shirahama. Shirahama est l’un des onsen les plus connus et fréquentés du Japon avec le Dogo onsen de Matsuyama. Cela près de mille ans que les voyageurs s’y arrêtent pour prendre les eaux chaudes. On y trouve pas loin de 120 établissements thermaux. L’endroit est aussi réputé pour sa grande plage de sable blanc, celles-ci sont rares au Japon, l’archipel est en effet secoué par le volcanisme et les séismes, ses côtes sont donc généralement découpées en hautes falaises comme on peut en voir non loin de là en se baladant dans la nature intacte du parc des falaises Sandanbeki. Les visiteurs recherchent beaucoup ces paysages naturels intenses et se dirigent en particulier vers le rocher Engetsu-to. Ce rocher sur la mer forme un arc par lequel depuis la côte on peut voir le soleil se lever. Sur la page elle-même on trouve des onsen, il n’est pas courant de pouvoir se baigner dans une piscine d’eau thermale à moins de 10 mètres de l’océan avec un paysage quasi-tropical face à soi (l’onsen Shirasuna). On peut conseiller en particulier le Saki no Yu qui est un onsen public en plein air, face à l’océan. On profitera aussi de Shirahama pour ses nombreux restaurants très animés remplis de jeunes venus se détendre entre eux. Ashiyu Yokocho est particulièrement agréable avec ses restaurants qui ont la particularité d’offrir des bains de pied d’eau thermale à leurs clients. On mange et on boit en gardant les pieds au chaud dans l’eau.
3- En apprendre plus sur la production de la sauce soja à Yuasa. La sauce soja est l’un des ingrédients les plus connus de la cuisine japonaise. C’est un des produits qui s’est exporté le plus facilement, vous trouvez ainsi des sauces soja dans tous les supermarchés en France. Cette sauce soja a justement été inventée dans la préfecture de Wakayama à Yuasa au XVIe siècle comme un produit dérivé de la célèbre pâte de miso. En visitant la maison Kadocho fondée au en 1841 vous pourrez voir des cuves de fermentation de plus d’un siècle encore utilisée pour une production « à l’ancienne ». Cette sauce soja, vendue dans la boutique à côté du musée, est plus forte en goût et donne vraiment l’impression de gouter une version plus ancienne du shoyu. C’est une très bonne étape pour tous ceux qui veulent faire du tourisme gastronomique au Japon. En étant encore à Wakayama vous pourrez goûter cette sauce soja avec le poisson frais local ou dans la soupe des Wakayama Ramen, la variante locale de ce plat national.
4- Faire l’expérience de la production d’objets d’arts en laque à Wakayama. Au centre Uruwashikan vous pourrez tenter un atelier de réalisation de laque makie. Ces objets de laque, souvent des plateaux et de la vaisselle sont décorés à la feuille d’or par un patient travail de peinture. Le makie est un artisanat local depuis le XIVe siècle et avait son centre autour de Wakayama à Kainan. Le centre Uruwashikan propose une initiation à cet artisanat et un parcours pédagogique pour découvrir ses règles et son histoire. On peut y voir en particulier les cuves contenant la laque et les objets utilisés pour l’appliquer sur les cœurs en bois. Comme toujours le centre est associé à un magasin vendant les œuvres produites sur place. Cela va de la vaisselle laquée aux coques d’Iphone laquée à la feuille d’or. L’artisanat japonais sait vivre avec son temps.
5- Découvrir le marché aux poissons de Wakayama. Le Kuroshio market est le marché aux poissons de Wakayama. Vous pouvez avoir déjà visité le marché Tsukiji de Tokyo ou d’autres marchés au Japon mais Kuroshio est un des seuls à proposer des démonstrations pour les visiteurs. Ce sont en particulier les démonstrations de découpe du thon qui attirent sur place. Les pêcheurs peuvent découper un énorme thon d’une main experte en quelques coups de couteau, ils le font devant vous de la manière la plus spectaculaire possible. Il existe de plus un espace public de BBQ, vous achetez votre poisson ou votre thon et vous avez juste en face du marché des grills déjà prêts à utiliser pour régaler, il faut juste penser à apporter une sauce ou un accompagnement pour avoir un excellent déjeuner sur le port. Tant que vous êtes à Wakayama, profitez-en pour jeter un coup d’œil au château local qui est une reconstruction fidèle en bois. On peut voir des expositions d’armes et tenter une cérémonie du thé pour un petit prix.
A noter : Depuis Wakayama vous avez la possibilité de faire une traversée en ferry de 2 heures vers Tokushima dans l’île de Shikoku et d’explorer les chemins de pèlerinage de Kobo Daishi. Il est facile de reprendre le train jusqu’à Takamatsu et revenir sur l’île principale du Honshu en un peu plus de deux heures. C’est un moyen original et peu connu de traverser cette région du Japon.









