“Stick It In Your Mind” : le live mix à Ixelles débriefé !
#SublimationIsWar, le concept podcasterroriste, n'obéit qu'à deux règles intangibles : éclectisme et qualité musicale. Les deux premières mixtapes éditées sous ce label (disponibles en ligne sur toutes les plateformes) ont surpris les auditeurs, peu habitués à ce type d'audaces dans les DJ sets contemporains; elles ont aussi reçu de bonnes critiques de spécialistes. L'étape suivante fut de défier un contributeur externe pour ce que l'on appelle communément une Battle. Ce fut "Tits, Ass And Pussy", un mix explosif et qui sent le souffre réalisé en duo compétitif avec l'artiste underground Yeti Popstar. Il fallait ensuite quitter le confort du studio et se frotter à un vrai public, pour sublimer en live. Il y avait une demande pour cela. Ce fut chose faite au Korner Ixelles le 15 octobre dernier. Le set a été enregistré et il s’agit désormais de la troisième référence disponible sous le label #SublimationIsWar. (*) Son titre : "Stick It In Your Mind".
(Attention, spoiler : ce débriefing comprend des indications précises sur le contenu de la playlist du live mix.)
Stick It In Your Mind, titre que l'on traduirait approximativement en français par Enfoncez-vous ça dans la tête. L'ordre est scandé par Richard 23 sur Commando Mix de Front 242 et ré-utilisé ici dans un mash-up original avec Driftin de The Hacker. Cet enchaînement a lieu alors que l'on s'apprête à transiter vers le morceau final et conclusion spectaculaire du live-act : une véritable surprise pour les mélomanes insolents (et cinéphiles).
L'univers du Western marié à de l'Electro Body Music, c'est tout un pan de l'identité #SublimationIsWar.
Les auditeurs attentifs des deux premières mixtapes n'auront pas manqué les références multiples à la culture country, qui émanent de celles du Western. Le rock’n’roll y puise une partie de ses racines profonde; c’est dans son ADN. La musique électronique n’en est qu’une variation aidée par la technologie. Je ne vois absolument aucune incompatibilité entre country, electro, ou même house. Comme je n’en voyais déjà aucune entre rock, new-wave, punk, electro et musiques de films lors de mes DJ sets au DNA, et ailleurs, en 2008. Au diable les étiquettes; l’important, c’est que les morceaux choisis soient bons. Les frontières entre les styles sont faites pour être franchies, sinon c’est la sectarisation culturelle.
La new-wave, et ce que l’on appelle communément le post-punk, sont bien présents dans ce live mix.
The Cure, Alan Vega, The Bollock Brothers, The Neon Judgement, Fad Gadget et Joy Division figurent tous à la playlist de ce set d’une durée d’1h29. Il est donc difficile de nier qu’il y a une forte coloration new-wave dans Stick It In Your Mind. Il y avait une envie justement de jouer un set tels que je les concevais en 2008 ou 2009 (à la Pilgrimage Party au West-Side, par exemple) car aucun n’a jamais été enregistré. J’y place donc le fameux enchaînement entre Soft Cell, Serge Gainsbourg et Joy Division dont je parlai avec nostalgie dans le podcast #SublimationIsBack “Oh Isn’t It Wild ?”. J’enchaîne toutefois les trois titres dans un ordre différent que par le passé. À côté de ça, on entend aussi James Brown et Ennio Morricone !
Plusieurs morceaux ont déjà été entendus dans les mixtapes #SublimationIsWar.
Et pour cause, je vois les mixtapes #SublimationIsWar I & II comme des opus à part entière; c’est un diptyque conceptuel. La prestation live au Korner Ixelles prenait place dans le cadre d’une soirée labellisée #SublimationIsWar (et dont l’affiche était illustrée par la couverture du premier tome), j’abordai donc ce set tel un groupe qui tourne pour défendre son nouvel album. Avec aussi le mindset du concept, un esprit commando : prendre possession des lieux, accomplir le plan, ne faire aucun prisonnier, se retirer.
On y entend plusieurs titres mis en avant dans les mixtapes, et non des moindres; mais amorcés avec des enchaînements différents cependant. On s’y délecte ainsi, par exemple, de Panic de Lloyd Green, la bande-son d’un Western imaginaire que Tarantino a oublié d’utiliser dans l’un de ses films. On omet cette fois d’y superposer le speech d’Iggy Pop chez Dick Cavett (“I hate punk rock”), pour vraiment faire primer la musique (quasi totalement inconnue en Europe).
Tout aussi inconnu du public européen, The Fuzz de Grady Martin se devait d’être présenté en live également. Tout comme, dans un autre style, la reprise détonnante de Be-Bop-A-Lula par Alan Vega : pour moi, l’une des interprétations les plus singulièrement rock’n’roll de tous les temps.
Je conclus ce débriefing en remerciant encore une fois mon guest DJ, Stefke van Namen, pour son warm-up tout en finesse et son after-show explosif. Stefke avait été présenté aux auditeurs de Sublimation à l’occasion du podcast #SublimationIsBack “Prêt pour la bagarre”. Je remercie évidemment également toutes les personnes qui avaient fait le déplacement au Korner ce soir-là, et le staff du bar pour son accueil chaleureux.
Stick it in your mind !!!
(*) C'est technique mais "Tits, Ass And Pussy" est parue sous le label #SublimationBattle, faisant bien de "Stick It In Your Mind" la troisième sortie de #SublimationIsWar.








