QUAND HOLLANDE MONTRE SA GARDE AU LIEU DE LA MONTER …
L’Obs nous présente la jeune garde du Président Hollande. Petite sémiologie picturale d’une photo désastreuse.
C’est juste une image. Mais pas une image juste comme dirait Godard. Ou alors juste à coté de ce qu’elle est censée nous dire. Car avant de dire, une image montre. Celle-ci nous montre en double page d’ouverture de la section « Grands Formats » de l’Obs, trois jeunes femmes et trois jeunes hommes. La parité est sauve. Les six, quatre trentenaires et deux quadras, prennent la pose dans un décor lambrissé, au milieu d’ors et de soie damassée. Ceux-là sont la jeune garde du président de la République nous dit la légende. Celle-là même dont il s’est entouré pour lui « confier les clefs du pays » ! Diantre !
Le message se veut clair. « La relève, elle est là » (c’est Hollande qui parle, donc mal). Et le Président Hollande, il (c’est moi qui parle comme lui, parce que je l’aime bien) n’est pas largué. Parce que le Président, il s’appuie sur ces forces « vives », sur cette génération 2.0 pour renouveler la politique, rester en contact avec la réalité et accessoirement préparer son éventuelle candidature à une réélection abreuvée de ce sang vendu comme neuf par ce publireportage élyséen de l’Obs (qui lui-même n’est plus nouveau, et ce depuis longtemps).
Des jeunes au pouvoir ? Très bien ! Mais que nous montre l’image derrière les mots ? Six personnages en quête d’hauteur ayant atteint les sommets du pouvoir et de la tristitude ! Six figures de cire engoncées dans les habits du pouvoir, comme empaillées dans un décor aussi statique que leur posture est figée et leur regard fixe, forcement fixe. Le cliché donne l’impression d’avoir été pris au Musée Grévin et non à l’Elysée. Bonjour les forces vives censées remettre la France en mouvement !
Juste une image. Mais une image juste à coté. Le chromo est construit comme une peinture classique. Avec cette composition en triangle savamment ordonnée. La jupe rouge en point de fuite, symbole de puissance, de conquête, mais aussi d’ambition. Et de fait, que voit-on ? De petits marquis contemporains. Après les Ménines de Vélasquez, les Minimes de Hollande !
Des tronches de petits vieux certes, mais des tronches surdiplômées nous survend l’auteur zélote de ces élites ! Tous, ou presque, sont effectivement diplômés de l’ENA ou de L’ENS. « C’est gens-là » pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron ne sont effectivement pas « illettrés ». C’est bien pour cela que ces bons apôtres ne travaillent pas pour GAD mais pour GOD himself, dans le saint des saints de la politique.
Terrible tableau évoquant la reproduction des élites (Bourdieu revient ! Ils sont devenus encore plus fous !), sa déconnexion du réel (On sent que ces cerveaux ont du se frotter à la réalité la plus âpre) et sa dégénérescence aussi tant la scène est catatonique et glaçante ! Même la si pétillante Nathalie Ianetta, ancienne journaliste sportive, à l’air d’une mamie confite dans les ors et les fastes de la République !
Allez, n’accablons pas plus ces Tanguis de la politique, sous peine de tomber dans le délit de sale gueule. Laissons les jouir de leurs prérogatives pour les quelques mois qui leur restent avant de peut-être redevenir jeunes et vivants. A regarder une dernière fois cette édifiante photo, j’entends d’ailleurs une voix les appeler, celle du Président peut être :
« Les enfants à table ! La République est servie ! Il faut manger tant que c’est encore chaud ! »
Par Raging Beef








