Le Théâtre Marigny
Ce bâtiment circulaire trône sur le carré éponyme des Jardins des Champs-Elysées depuis 1894, rappelant par son architecture celle du Cirque d'été de Paris (ou Cirque de l'Impératrice sous le Second Empire), édifié en ce lieu dès 1841, ayant vu défiler de grands noms de l'acrobatie équestre, tel François Baucher sous la Monarchie de Juillet.
Auparavant, une petite salle, nommée "Château d'Enfer", est édifiée au sein du même carré, peu après la révolution de 1848, proposant des spectacles de "fantasmagories", héritières des prestidigitations de modestes planches d'attraction présentées ici depuis 1835. En 1855, la première exposition universelle de Paris se profilant, Jacques Offenbach obtient la concession du terrain afin d'y édifier son théâtre des Bouffes-Parisiens d'été (ceux d'hiver se trouvant toujours rue de Monsigny, dans le 2ème arrondissement). Il y créera son célèbre opéra-bouffe Orphée aux Enfers. En 1859, la salle est reprise par Charles Debureau, fils du fameux mime Jean-Gaspard Debureau (figuré dans le film Les Enfants du Paradis, de Marcel Carné, en 1940). Céleste Mogador lui succède, avant que le théâtre ne soit repris en 1865 pour devenir un cabaret sous le nom de "Folies Marigny". En 1881, le bâtiment est démoli pour présenter deux ans plus tard un panorama (attraction présentant des dioramas circulaires, très en vogue au XIXème siècle), dans un nouveau bâtiment édifié par Charles Garnier. Edouard-Jean Niermans, l'architecte du Moulin Rouge, fait détruire le Panorama de Garnier pour construire en 1894 un nouveau théâtre en rotonde à l'emplacement de l'ancien Cirque d'Eté, s'inspirant de son architecture. Ce nouveau théâtre monumental, d'une capacité de 1000 personnes, fut dirigé par de grands noms, tels Abel Deval, Léon Volterra, puis son épouse Simone Volterra (qui permit à Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud d'y fonder leur troupe Renaud-Barrault en 1954), Elvire Popesco, Robert Manuel, Jean Bodson (qui entreprend la transformation de l'annexe du Petit-Marigny en seconde salle de 311 places, d'abord nommée Gabriel, puis Popesco, en hommage à sa précédente metteure-en-scène)... Jusqu'à Robert Hossein, y ayant monté de 1982 à 2007 des grands succès du théâtre populaire, dont Kean, d'après Alexandre Dumas, ayant porté Jean-Paul Belmondo aux nues. Pierre Lescure prit sa suite, avant une longue phase de cinq années de travaux, précédant une réouverture en grande pompe en 2018, avec la comédie musicale Peau d'Âne, inspirée du film de Jacques Demy, aux compositions de Michel Legrand, avec Jean-Luc Choplin pour nouveau directeur.
On a longtemps accusé Edouard Niermans, l'architecte de cette rotonde, d'avoir été à l'origine d'un défaut de conception, ayant fait s'affaisser le lanternon sommital un soir de représentation du Diable à Paris, en 1927. Or, il s'agirait de décors trop pesants qui seraient responsables de cette inclinaison, volontairement conservée par les travaux de rénovation des années 2010.
Crédits : ALM’s
















