L’autre nuit est toujours l’autre, et celui qui l’entend devient l’autre, celui qui s’en rapproche s’éloigne de soi, n’est plus celui qui s’en rapproche, mais celui qui s’en détourne, qui va de-ci, de-là. Celui qui, entré dans la première nuit, intrépidement cherche à aller vers son intimité la plus profonde, vers l’essentiel, à un certain moment, entend l’autre nuit, s’entend lui-même, entend l’écho éternellement répercuté de sa propre démarche, démarche vers le silence, mais l’écho le lui renvoie comme l’immensité chuchotante, vers le vide, et le vide est maintenant une présence qui vient à sa rencontre.
Maurice Blanchot, L’Espace littéraire, Gallimard, 1955









