Résidence de recherche et de création avec l’équipe artistique du spectacle “Le pire n’est pas (toujours) certain.
Je réunis mon équipe pour quinze jours dans la salle de spectacle Bourgois de la MC93. Il s’agit de confronter le texte que j’écris au plateau et de fouiller les pistes qui s’ouvrent à nous. Nous travaillons comme des fous souvent avec la joie des explorateurs...
Le spectacle sera créé à l’automne prochain. le temps est notre allié, plusieurs résidences sont prévues d’ici là. Celle-ci est déterminante dans les choix dramaturgiques et scénographiques. Je coupe, recolle, remonte les scènes... les comédiens découvrent, improvisent, proposent... Le plateau “bouge”, c’est à dire qu’il se transforme au fur et à mesure des essais. Quelques moments du spectacle futur apparaissent. Je réécris certaines scènes pour que s’éclaire le propos, les fils conducteurs.
L’expérience est passionnante, c’est la première fois que j’écris de bout en bout un spectacle... avec quelques références de taille : Chamoiseau, Claudel, Arendt, Tabucchi... Et de fait, c’est sans doute la première fois que je me livre tant...
Le projet est né d'une expérience tout à fait personnelle. J'ai passé plusieurs semaines à Thessalonique en Grèce, à l'accueil des réfugiés qui viennent du Moyen Orient. À l'aller, j'avais pris le bus avec une amie metteure en scène comme moi, Leyla Rabih, de Dijon à Thessalonique en passant par Zagreb, Sarajevo, Pristina et Skopje. J'ai fait à ce moment-là, le chemin inverse du chemin de fuite des réfugiés. Lorsque je suis arrivée en Grèce, les frontières venaient d'être bloquées, notamment à Idoméni à la frontière macédonienne où un camp qui s'était créé spontanément venait d'être démantelé. Je suis donc arrivée puis restée à Thessalonique plusieurs semaines où j'ai travaillé avec des grecs et avec des réfugiés qui aidaient d'autres réfugiés...
Je suis passée de camps en camps, la plupart repris et gérés par des militaires. Et avec une association grecque basée à Thessalonique, je me suis chargée plus précisément de la distribution de vêtements et de nourriture. A ce moment là, pendant toutes ces semaines, je n'ai plus pensé au théâtre et j'ai lâché ma caméra, mon enregistreur... J'étais là-bas, j'aurais pu y rester longtemps.
Je suis tout de même repartie, toujours de bus en bus, mais seule cette fois, en passant par Belgrade, Budapest et Vienne, où j'ai rencontré dans chacun de ces endroits, des groupes d'activistes qui œuvraient pour l'accueil aux réfugiés.
En rentrant à Paris, je ne savais plus faire du théâtre. Ou plus exactement, je ne savais plus si je pouvais continuer à en faire avec ce que j'avais dans la tête. J'ai alors été accueillie à Bobigny, en résidence à la MC93 et j'ai écrit une pièce : « Le pire n'est pas (toujours) certain ».
LE PIRE N’EST PAS (TOUJOURS) CERTAIN
Catherine Boskowitz Écriture et mise en scène
Distribution (ordre d'apparition) : Marcel Mankita un activiste, la femme à la torche, Nègre de Feu, le Chien, Abdoukarim. Nanténé Traoré une activiste, Jumana, le Chien. Frédéric Fachéna un activiste, l'homme attaché au mât, Désiré, le Délégué européen aux affaires migratoires (Michel), le Chien. Estelle Lesage une activiste, Enfant 3, la Fée Clochette. Andreya Ouamba un activiste, enfant 4, le Chien, le fils de Jumana. Catherine Boskowitz L'Europe.
Jean-Marc Foussat Musicien (composition et interprétation). Laurent Vergnaud Créateur Lumière. Jean-Christophe Lanquetin Scénographe. Zouzou Leyens Costumière. Laura Baquela Assistante à la mise en scène. Kosta Tashkov et Khalid Adam Stagiaires technique plateau. Avec l'accompagnement amical de Anne-laure Amilhat Szary, géographe, professeure à l'Université Grenoble-Alpes et à Pacte, Laboratoire de Sciences Sociales.
Photos de la résidence de janvier 19 à la MC93 :