" Nous allons ensuite développer notre style d’attachement en fonction de la façon dont les adultes autour de nous vont répondre à nos besoins et à nos émotions.
Quand nos besoins ne sont pas pris en compte, que nos émotions ne sont pas reconnues, notre première réaction quand on est petits, petites, et c’est une réaction très saine, c’est de protester contre cette perte de connexion, on crie, on pleure, on réclame de l’attention ou on se met en colère pour reconnecter avec l’autre.
Mais à force de voir ses tentatives rejetées, ignorées ou dénigrées « j’ai pas le temps là », « arrête de pleurer », « c’est pas beau une fille qui crie », « tu racontes n’importe quoi, papy peut pas avoir fait ça », « grandis un peu, tu fais toujours des histoires pour rien », « t’es plus jolie quand tu souris », ce qu’il se passe, c’est qu’on se blinde, on perd la confiance dans la relation.
On cherche donc des moyens de ne plus ressentir le chagrin et la colère provoquées par cette rupture de connexion. Il y a plusieurs façon de se protéger. On peut développer un style d’attachement qu’on appelle Evitant.
Dans ce style, on apprend peu à peu à ne plus ressentir grand’ chose, on se laisse convaincre que l’on n’a besoin de personne, on compense la pauvreté affective par l’accumulation des biens matériels, parce que c’est plus sûr, c’est moins compliqué, et moins douloureux.
A l’opposé, on peut développer un style d’attachement dit anxieux, où l’on compense la perte d’affection en surenchérissant dans le lien, en se préoccupant à l’excès des autres. Le terme technique pour cette attitude c’est l’Overcare. Le sur-soin.
Ces modèles, que décrit Carol Gilligan correspondent, pour le premier, à l’archétype de la socialisation masculine, et pour le second à l’archétype de la socialisation féminine. Dans les deux cas, c’est une mutilation."
in : Victoire Tuaillon - Le coeur sur la table - episode 9. L’ingénieur et l’infirmière.

















